Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 : Différences entre les sexes au niveau de la scolarité et de l'emploi chez les Inuits

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Principaux constats :

Introduction

L'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2012, menée par Statistique Canada, est une enquête nationale sur les Premières Nations hors réserve, les Métis et les Inuits de six ans et plus. Plus de 38 000 Autochtones de partout au Canada y ont participé, pour un taux de réponse de 76 %.

L'article « Expériences au chapitre de l'éducation et de l'emploi des Premières Nations vivant hors réserve, des Inuit et des Métis : certains résultats de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 » a été publié le 25 novembre 2013 par Statistique Canada. C'est le premier à rendre compte des données de l'EAPA de 2012. Le rapport décrit les expériences au chapitre de la scolarité et de l'emploi des répondants âgés de 18 à 44 ans qui ont terminé leurs études secondaires (les « finissants ») et de ceux qui ne les ont pas terminées (les « décrocheurs »). Il comprend une analyse des expériences personnelles, familiales et scolaires vécues durant la dernière année scolaire et présente des profils de la situation d'activité sur le marché du travail en fonction du niveau de scolarité. Le rapport renferme en outre des comparaisons entre les Autochtones et les non-Autochtones, établies à l'aide de statistiques comparatives portant sur les non-Autochtones issues de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011.

Le présent résumé de recherche donne un aperçu des principales constatations sur les différences entre les sexes tirées des résultats des répondants inuits en milieu scolaire et sur le marché du travail. Il fait partie d'une série de trois résumés de recherche distincts sur les différences entre les sexes au sein des groupes autochtones du Canada. Les deux autres portent sur les différences entre les sexes au niveau de l'éducation et de l'emploi chez les répondants des Premières Nations vivant hors réserve et les répondants métis.

Contexte

Les Inuits du Canada sont uniques. Leur culture, leurs connaissances et leurs croyances diffèrent de celles des autres Autochtones canadiens. Historiquement, les terres inuites couvraient près du tiers de la superficie terrestre du Canada, allant de la côte est du Labrador jusqu'à l'extrémité nord de l'île Ellesemere, et à l'ouest, jusqu'à la partie est du territoire du Yukon. En 2011, l'Enquête nationale auprès des ménages a révélé que 59 445 personnes s'identifiaient comme des Inuits au Canada, ce qui représente 4,2 % de la population autochtone totale et 0,2 % de la population canadienne totale. Près des trois quarts de la population inuite habitent l'Inuit Nunangat (« la terre natale des Inuits », qui regroupe le Nunatsiavut, le Nunavik, le Nunavut et la région désignée des Inuvialuits).

Principaux résultats

Finissants et décrocheurs

Les paragraphes qui suivent décrivent les parcours scolaires des répondants inuits de sexe masculin et de sexe féminin à l'EAPA de 2012 qui sont âgés de 18 à 44 ans. Les répondants y sont divisés en deux groupes : les personnes qui avaient terminé leurs études (« les finissants ») et celles qui ne les avaient pas terminées (« les décrocheurs »). L'EAPA de 2012 a permis de constater que 42 % des répondants inuits répondaient aux exigences pour obtenir un diplôme d'études secondaires. Les femmes (46 %) étaient beaucoup plus susceptibles d'avoir un diplôme d'études secondaires que les hommes (36 %). L'Enquête nationale auprès des ménages Note de bas de page 1 a révélé que 89 % des membres de la population non autochtone âgés de 18 à 44 ans avaient au moins un diplôme d'études secondaires ou l'équivalent en 2011 (figure 1).

Figure 1 : Proportion d'Inuits et de non-Autochtones âgés de 18 à 44 ans qui détiennent un diplôme d'études secondaires selon le sexe, Canada, 2011-2012

Source : Statistique Canada, Enquête auprès des peuples autochtones, 2012; Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 1

Ce diagramme à bandes compare la proportion d'hommes et de femmes Inuits ayant obtenu des diplômes d'études secondaires au Canada lors de la conduite de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 (EAPA) avec les totaux pour les Inuits et les non-Autochtones au Canada. Des diplômes d'études secondaires étaient détenus par 36% des hommes Inuits, 46% des femmes Inuits, 42% des Inuits au total et 89% des non-autochtones.

Âge à la fin des études

L'âge moyen à l'achèvement des études secondaires chez les Inuits et Inuites est de 18,3 ans, ce qui est légèrement supérieur à l'âge d'obtention du diplôme d'études secondaires au Canada, qui est de 18 ans. La majorité des finissants (85 %) ont terminé leurs études secondaires sans interruption, soit 87 % chez les hommes et 84 % chez les femmes. Au moment de l'EAPA, environ 5 % des répondants étaient inscrits à un programme d'équivalence d'études secondaires. Il y avait peu de différences entre les sexes : environ 3 % des décrocheurs et environ 8 % des décrocheuses étaient inscrits à de tels programmes. Un peu plus de la moitié de tous les décrocheurs inuits étaient inscrits à une école secondaire pour adultes.

Raisons d'abandonner les études secondaires

Les décrocheurs inuits étaient âgés de 17,1 ans en moyenne au moment de leurs études les plus récentes, et aucune différence significative entre les sexes n'a été relevée à cet égard. Cependant, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à avoir interrompu leurs études secondaires plus d'une fois, soit dans une proportion de 40 % contre 28 %, respectivement. La principale raison donnée par les répondants inuits pour avoir abandonné leurs études secondaires variait selon le sexe : les femmes ont le plus souvent mentionné une grossesse ou la nécessité de s'occuper de leurs enfants (38 %), tandis que les hommes ont le plus fréquemment cité des difficultés scolaires (22 %), un manque d'intérêt (15 %) et le désir d'avoir un emploi (11 %).

Obstacles à la poursuite des études

L'EAPA de 2012 a également permis d'interroger les répondants inuits de 18 à 44 ans au sujet de leurs projets d'études supplémentaires et des obstacles à la poursuite de leurs études. Les facteurs qui empêchent les décrocheurs et les finissants du secondaire de poursuivre leurs études différaient. Certaines différences ont également été cernées entre les sexes. La figure 2 montre que 66 % des décrocheuses ont mentionné des problèmes familiaux comme obstacle. Ce pourcentage était plus élevé chez les décrocheuses que chez les finissantes (44 %), les décrocheurs (37 %) et les finissants (27 %). En outre, un plus grand nombre de décrocheuses (43 %) que de finissantes (29 %) ont cité des contraintes de temps (trop occupé, pas le temps d'étudier) comme obstacle à la poursuite de leurs études. Chez les hommes, 35 % des décrocheurs et 22 % des finissants ont mentionné cet obstacle (figure 2).

Figure 2 : Obstacles à la poursuite des études chez les décrocheurs et les finissants du secondaire inuits de sexe masculin et de sexe féminin âgés de 18 à 44 ans

Source : Statistique Canada, Enquête auprès des peuples autochtones, 2012.

La description textuelle de la figure 2

Ce diagramme à bande compare les obstacles à la poursuite des études chez les hommes et les femmes inuits décrocheurs et finissants du secondaire:

  • 66% des femmes décrocheuses inuites ont cité les préoccupations familiales comme un obstacle et 43% ont cité des contraintes de temps.
  • 44% des femmes décrocheuses inuites ont cité les préoccupations familiales comme un obstacle et 29% ont cité des contraintes de temps.
  • 37% des hommes décrocheurs inuits ont cité les préoccupations familiales comme un obstacle et 35% ont cité des contraintes de temps.
  • 27% des hommes décrocheurs inuits ont cité les préoccupations familiales comme un obstacle et 22% ont cité des contraintes de temps.

Profil d'études postsecondaires

L'EAPA de 2012 rapporte également que 26 % des répondants inuits âgés de 18 à 44 ans avaient un certificat, un diplôme ou un grade postsecondaire. En comparaison, l'ENM de 2011 a révélé que 64 % des non-Autochtones du Canada dans le même groupe d'âge possédaient un diplôme d'études postsecondaires. Environ 5 % des répondants inuits fréquentaient un établissement d'enseignement postsecondaire pour la première fois en 2012. Par ailleurs, 9 % d'entre eux avaient commencé leurs études postsecondaires, mais ne les avaient jamais terminées, et 61 % n'avaient jamais fréquenté un établissement d'enseignement postsecondaire.

Les profils d'études postsecondaires des hommes et des femmes inuits étaient semblables, mais certaines différences ont été relevées entre les sexes et selon les groupes d'âge. Par exemple, les hommes étaient nettement plus susceptibles que les femmes d'avoir un certificat d'une école de métiers (50 % par rapport à environ 18 %), plutôt qu'un diplôme d'études collégiales ou un grade universitaire. Pour ce qui est des différences par groupe d'âge, les répondants inuits âgés de 18 à 24 ans étaient moins susceptibles que ceux âgés de 25 à 44 ans d'avoir terminé des études postsecondaires (9 % contre 34 %), mais ils étaient plus enclins à fréquenter un établissement d'enseignement postsecondaire pour la première fois (9 % contre 2 %).

Déménagement pour poursuivre des études postsecondaires

Étant donné qu'il y a peu d'établissements d'enseignement postsecondaire dans le territoire de l'Inuit Nunangat, un bon nombre d'étudiants inuits déménagent pour entreprendre des études postsecondaires. L'EAPA de 2012 montre que 50 % des Inuits possédant un diplôme d'études postsecondaires ont dû déménager pour poursuivre leurs études. Cependant, la proportion de personnes qui ont déménagé varie selon le diplôme obtenu : 85 % des titulaires d'un grade universitaire ont déménagé, comparativement à 38 % de ceux qui avaient un certificat d'une école de métiers et 45 % des détenteurs d'un diplôme d'études collégiales. Un pourcentage plus élevé d'Inuites possèdent un titre universitaire (5,1 % contre 2,8 %), ce qui suggère qu'elles ont déménagé plus souvent pour poursuivre leurs études que les Inuits de sexe masculin.

Raisons d'abandonner les études postsecondaires

Les répondants inuits qui avaient commencé des études postsecondaires, mais qui ne les avaient jamais terminées devaient justifier leur décision. Les raisons citées sont très similaires à celles données pour ne pas avoir terminé les études secondaires. Les réponses suggèrent certaines différences entre les sexes, tout comme pour l'abandon des études secondaires. Parmi les raisons mentionnées pour avoir abandonné un programme d'études postsecondaires figurent une grossesse ou les soins aux enfants (environ 16 %), les autres responsabilités familiales (environ 18 %), le manque d'intérêt ou de motivation (environ 12 %), le niveau de difficulté trop élevé des cours (environ 10 %), l'obtention ou la recherche d'un emploi (environ 8 %) et la trop grande difficulté d'être loin de la maison (environ 6 %).

Projets d'études supplémentaires

Parmi tous les répondants inuits âgés de 18 à 44 ans, 55 % ont indiqué prévoir poursuivre leurs études, et 5 % se sont dits incertains. Aucune différence significative n'a été relevée à cet égard entre les décrocheurs et les finissants du secondaire (59 % et 51 %, respectivement). Par contre, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d'envisager de poursuivre leurs études (62 % contre 46 %). Comme il fallait s'y attendre, les 18 à 24 ans étaient plus nombreux que les 25 à 44 ans à déclarer de tels projets (61 % contre 52 %).

Finalement, les répondants inuits sans emploi âgés de 18 à 44 ans étaient les plus susceptibles de prévoir faire d'autres études (71 %), comparativement à ceux qui avaient un emploi (52 %) et à ceux qui étaient inactifs (54 %). Chez les hommes et les femmes inuits de 25 à 44 ans, les pourcentages de personnes qui prévoyaient poursuivre leurs études ne divergeaient pas de façon significative entre les chômeurs et les inactifs.

Emploi

Au moment de l'EAPA de 2012, 71 % des finissants inuits du secondaire avaient un emploi, 9 % étaient sans emploi et cherchaient du travail, et 20 % étaient inactifs (ne travaillaient pas et ne cherchaient pas de travail). Le profil des décrocheurs était différent : 44 % avaient un emploi, 17 % étaient sans emploi, et 39 % étaient inactifs.

L'EAPA de 2012 montre que plus les finissants et les décrocheurs avaient un niveau de scolarité élevé, plus ils étaient susceptibles d'avoir un emploi. Chez les finissants et les décrocheurs inuits, les femmes étaient presque aussi nombreuses que les hommes à avoir un emploi. L'EAPA de 2012 a révélé que la majorité des finissants (84 %) et des décrocheurs (81 %) inuits ayant un emploi travaillaient à temps plein. Toutefois, parmi les décrocheurs, les hommes ayant un emploi étaient plus enclins à travailler au moins 30 heures par semaine que les femmes ayant un emploi (88 % contre 73 %).

Fourchettes de revenu des Inuits

Certaines différences ont été observées entre les sexes dans les fourchettes de revenu médian Note de bas de page 2 des travailleurs inuits. Parmi tous les finissants du secondaire inuits, les hommes ont déclaré un revenu médian dans la fourchette de 40 000 $ à 50 000 $, tandis que les femmes ont déclaré gagner entre 30 000 $ 40 000 $. Les décrocheurs ont connu des baisses de revenu considérables, soit un revenu médian allant de 20 000 $ à 30 000 $ chez les hommes et de 10 000 $ à 20 000 $ chez les femmes (figure 3).

L'achèvement des études se traduit par une fourchette de revenu plus élevée, particulièrement pour ceux qui terminent des études postsecondaires. Même si le rapport original ne fournit aucune analyse comparative entre les sexes, les hommes et les femmes inuits n'ayant pas fait d'études au-delà du secondaire avaient un revenu médian plus faible, soit de 20 000 $ à 30 000 $, alors que les Inuits qui avaient un certificat d'une école de métiers ou un diplôme d'études collégiales ont déclaré gagner entre 40 000 $ et 50 000 $.

Figure 3 : Fourchettes de revenu médian selon le sexe chez les décrocheurs et les finissants du secondaire inuits âgés de 18 à 44 ans

Source : Statistique Canada, Enquête auprès des peuples autochtones, 2012.

La description textuelle de la figure 3

Ce diagramme à bande compare les fourchettes de revenu médian des hommes et des femmes inuits décrocheurs et finissants du secondaire.

  • Parmi les finissants, le revenu moyen des hommes se situait entre 40 000 $ et 50 000 $ et celui des femmes entre 30 000 % et 40 000 $.
  • Parmi les décrocheurs, le revenu moyen des hommes se situait entre 20 000 $ et 30 000 $ et celui des femmes entre 10 000 % et 20 000 $.

Non-participation à la population active

Comme pour les raisons susmentionnées pour l'abandon des études secondaires ou postsecondaires, une des principales raisons citées par les répondants inuits pour ne pas participer à la population active était l'absence de travail disponible dans la région ou qui convenait à leurs compétences (23 %). La deuxième raison la plus fréquemment donnée était les soins aux enfants (environ 17 % de tous les répondants inuits). Certaines différences ont également été relevées entre les sexes. Près de 26 % des femmes âgées de 18 à 44 ans ont dit qu'elles n'avaient pas cherché de travail parce qu'elles devaient s'occuper de leurs enfants, et environ 31 % des hommes ont dit qu'il n'y avait pas de travail disponible.

Souvent, la participation à certaines activités traditionnelles peut compléter ou remplacer le revenu gagné sur le marché du travail. Ces activités peuvent comprendre la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette de plantes sauvages; la fabrication de vêtements et de chaussures; la fabrication et la vente ou le commerce d'objets d'art et d'artisanat. L'EAPA de 2012 a révélé que 84 % des adultes inuits avaient participé à au moins une activité traditionnelle au cours de la dernière année. Environ 20 % de tous les répondants inuits ont pris part à ces activités à des fins lucratives. Cependant, les décrocheurs étaient plus susceptibles que les décrocheuses de participer à des activités traditionnelles pour tirer des avantages pécuniaires ou compléter leur revenu (28 % contre 18 %). Aucune différence significative n'a été relevée entre les sexes chez les finissants inuits.

Conclusion

L'Enquête auprès des peuples autochtones de 2012 montre que les taux d'emploi et les fourchettes de revenu médian pour tous les répondants inuits ayant terminé leurs études, particulièrement les détenteurs d'un titre d'études postsecondaires, sont plus élevés que chez les autres répondants. De plus, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d'avoir terminé leurs études secondaires et de prévoir poursuivre leurs études. Cependant, les femmes étaient plus enclines à interrompre leur parcours scolaire en raison des soins aux enfants et des responsabilités familiales, tandis que les hommes ont surtout cité le manque de motivation ou le désir d'avoir un emploi.

Veuillez noter que…

Les points de vue exprimés dans le présent rapport sont uniquement ceux de l'auteur et ne sont pas nécessairement partagés par Affaires autochtones et Développement du Nord Canada.

Pour obtenir plus d'informations, veuillez contacter : research-recherche@aadnc-aandc.gc.ca

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