L’Indice de bien-être des collectivités : Rapport sur les tendances dans les collectivités des Premières Nations, 1981 à 2011

Auteur : Direction de la recherche stratégique Affaires autochtones et Développement du Nord Canada
Date : Avril 2015
QS- Y396-000-FF-A1
Catalogue : R3-170/2-2014F-PDF
ISBN : 978-0-660-22803-7

Citation suggéré :
Affaires autochtones et Développement du Nord Canada. (2015) L'indice de bien-être des collectivités : Rapport sur les tendances dans les collectivités des Premières Nations, 1981 à 2011. Ottawa : Sa Majesté la Reine du Chef du Canada représentée par le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.

Table des matières

Sommaire

L'Indice du bien-être des collectivités (IBC) est un outil permettant de mesurer le bien-être socioéconomique des collectivités des Premières Nations, des collectivités inuites et des collectivités non autochtones. L'IBC combine des données sur le revenu, la scolarité, le logement et l'activité pour donner une « valeur » au bien-être dans la majorité des collectivités du Canada. Ces valeurs servent à comparer le bien-être des collectivités inuites et des Premières Nations à celui des collectivités non autochtones. Les valeurs de l'IBC ont été calculées pour 1981, 1991, 1996, 2001 et 2006, en fonction du recensement de la population du CanadaNote de bas de page 1 . Les valeurs pour 2011 sont fondées sur l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011Note de bas de page 2.

Ce document porte uniquement sur les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones. Une analyse des collectivités inuites est présentée dans un autre rapport.

Les valeurs moyennes de l'IBC ont augmenté lentement, mais régulièrement entre 1981 et 2011 aussi bien pour les collectivités des Premières Nations que pour les collectivités non autochtones.

L'écart dans l'IBC entre les Premières Nations et les collectivités non autochtones est substantiel. En 2011, la valeur moyenne de l'IBC pour les collectivités des Premières Nations était de 20 points inférieurs à la moyenne pour les collectivités non autochtones. L'écart était le même en 1981.

Pendant les années 1990, les collectivités des Premières Nations se sont améliorées un peu plus rapidement que les collectivités non autochtones et l'écart a diminué. Ces diminutions dans l'écart sont essentiellement disparues lorsque l'amélioration notée chez les collectivités non autochtones a été plus marquée que chez les collectivités des Premières Nations entre 2001 et 2006. 

L'élargissement de l'écart de l'IBC qui s'est produit entre 2001 et 2006 était en partie attribuable à la hausse des taux d'obtention du diplôme d'études secondaires dans les collectivités non autochtones. Cette hausse doit être interprétée avec prudence : les questions sur la scolarité dans le recensement ont été changées en 2006, réduisant ainsi la comparabilité des données sur la scolarité de 2006 avec les données des recensements précédents.

Néanmoins, la diminution de l'écart qui est survenue dans les années 1990 ne s'est pas reproduite après 2006. Entre 2006 et 2011, les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones se sont améliorées à des rythmes similaires et l'écart dans l'IBC est demeuré relativement stable.

Les écarts entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones varient en fonction de la composante de l'IBC, et chaque composante a évolué différemment au fil du temps. Les plus grandes améliorations réalisées dans les collectivités des Premières Nations depuis 1981 sont survenues dans les domaines du revenu et de la scolarité.

Les Premières Nations des Prairies obtiennent les valeurs moyennes de l'IBC les plus faibles. Même si le retard relatif des Premières Nations des Prairies s'est accru au fil du temps, les Premières Nations en Alberta et en Saskatchewan se sont plus améliorées que les Premières Nations dans les autres régions entre 2006 et 2011. 

L'écart entre le bien-être des collectivités des Premières Nations et celui des collectivités non autochtones est important, tout comme l'écart dans le bien-être des collectivités des Premières Nations de différentes régions. De plus, les variations dans le bien-être de l'ensemble des collectivités des Premières Nations sont tout aussi grandes : si certaines collectivités ont des valeurs de l'IBC très faibles, d'autres obtiennent une valeur égale ou supérieure à la valeur moyenne pour les non-Autochtones.

Contexte

Le terme « Premières Nations » représente un des groupes autochtones au Canada (les deux autres sont les Inuits et les Métis). Premières Nations est un terme général qui comprend plus de 50 nations et groupes linguistiques distincts partout au pays. En tant que premiers habitants de la majorité du territoire qui forme maintenant le Canada, les Premières Nations entretiennent des relations uniques avec la Couronne. Ces relations sont fondées sur une variété de traités, d'ententes et de lois, y compris la Proclamation royale de 1763, les nombreux traités signés et les lois constitutionnelles de 1867 et de 1982 (APN 2014).

Un peu plus de 900 000 membres des Premières Nations ont été recensés dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 (ENM), soit 697 510 Indiens inscrits et 213 900 Indiens non inscrits. Environ 45 % des Indiens inscrits vivent dans une collectivité des Premières Nations qui est située dans une des provinces ou un des territoires (à l'exception du Nunavut).

Comme c'est le cas pour les autres groupes autochtones, les Premières Nations accusent un retard sur les Canadiens non autochtones en ce qui a trait à de nombreux indicateurs socioéconomiques, y compris la scolarité, le revenu et l'emploi (AADNC 2010).

Désireux d'amplifier et de mettre en contexte l'information empirique et la recherche qualitative, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC) a commencé en 1999 à établir des mesures quantitatives systématiques du bien-être des membres des Premières Nations et des Inuits. La première mesure fut la création de l'Indice du développement humain des Indiens inscrits (IDH des Indiens inscrits), basé sur le modèle de l'Indice du développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Ce dernier indice, qui définit le bien-être en termes de niveau d'instruction, de revenu et d'espérance de vie, est utilisé depuis 1990 comme mesure du bien-être dans quelque 170 pays. Des analyses de l'IDH des Indiens inscrits réalisées de 1981 à 2001 montrent que leur bien-être est à la hausse, mais demeure inférieur à celui des autres Canadiens (Cooke et Beavon, 2007). Toutefois, selon l'information empirique, il semble que le bien-être est très variable entre les collectivités autochtones, et que, par conséquent, l'IDH des Indiens inscrits (et par la suite celui des Inuits) trace, possiblement, un portrait incomplet du bien-être. L'Indice du bien-être des collectivités (IBC) a donc été créé à titre de complément communautaire de l'IDH des Indiens inscrits à l'échelle nationale et régionale dans les collectivités des Premières Nations et les collectivités inuites au Canada.

L'IBC a été établi afin d'étudier le bien-être socioéconomique à l'échelle de la collectivité. Étant donné qu'on ne peut se fier aux estimations de l'espérance de vie dans les collectivités en raison des faibles populations, ou que ces estimations ne sont pas disponibles, la version originale de l'IDH a dû être modifiée. En outre, le logement et l'activité sur le marché du travail étaient cernés comme des secteurs problématiques dans les collectivités des Premières Nations et les collectivités inuites; ils ont donc été ajoutés à l'IBCNote de bas de page 3.

Méthodologie

Définition de l’Indice du bien-être des collectivités (IBC)

L'Indice du bien-être d'une collectivité se présente sous la forme d'un chiffre inscrit sur une échelle de 0 à 100. Il est composé de données sur le revenu, la scolarité, le logement et l'activité sur le marché du travail. Ces composantes sont décrites ci-dessous. On trouvera des précisions complètes sur la méthodologie de l'IBC dans L'Indice du bien-être des collectivités (IBC) : Détails méthodologiques.

1) Revenu

La description textuelle de la formule

Le score de revenu égale : ouvrez la parenthèse, le logarithme du revenu par tête moins le logarithme de 2 000 $, divisé par le logarithme de 40 000 $ moins le logarithme de 2 000 $, fermez la parenthèse, multiplié par 100.

La formule offre une représentation du revenu par habitant de chaque collectivité en fonction d'un éventail théorique lié au revenu par habitant. Cela permet d'exprimer le revenu par habitant sous forme de pourcentage, tout comme le sont les autres composantes de l'indice. La fourchette de 2 000 $ à 40 000 $ a été choisie lors du premier calcul de l'indice. Cette fourchette a été utilisée parce que ces montants correspondent aux revenus par habitant moyens approximatifs les moins élevés et les plus élevés au sein des collectivités canadiennes en 2001, qui était à ce moment l'année la plus récente pour laquelle des données étaient disponibles. Dans les rares cas où le revenu par habitant d'une collectivité se situe à l'extérieur de cette fourchette, il a été recodé à 2 000 $ ou à 40 000 $. Cette fourchette est évaluée à chaque cycle de l'IBC pour vérifier sa pertinence.

Soulignons que la formule convertit le revenu par habitant en son logarithme, afin que « l'utilité marginale décroissante du revenu » soit prise en compte. Selon ce principe, les personnes qui se situent dans les tranches de revenu inférieures profiteront davantage d'un revenu additionnel que les personnes des tranches de revenu supérieures (Cooke, 2007, p. 29).

2) Scolarité

Le volet « scolarité » se compose des deux variables ci-dessous :

  1. « études secondaires ou plus » : proportion de la population d'une collectivité âgée de 20 ans et plus qui possède au moins un diplôme d'études secondaires. Pour simplifier, dans le présent document, cette variable est souvent désignée comme « taux d'achèvement des études secondaires », même si elle englobe des personnes qui n'ont pas obtenu un certificat d'études secondaires, mais qui ont acquis des titres de compétences plus élevés que le niveau secondaire.
  2. « études universitaires » : proportion de la population d'une collectivité âgée de 25 ans ou plus qui détient un diplôme universitaire (baccalauréat ou niveau supérieur).

La variable « études secondaires ou plus » représente les deux tiers de la composante « scolarité », tandis que la variable « études universitaires » compte pour un tiers.

3) Logement

La composante « logement » comprend des indicateurs de quantité et de qualité, également pondérés.

  1. « Quantité de logements » : la proportion de la population dont le logement ne compte pas plus d'une personne par pièce d'habitation.
  2. « Qualité du logement » : la proportion de la population vivant dans des logements qui ne nécessitent pas de réparations majeures.

4) Activité sur le marché du travail

La composante « activité sur le marché du travail » englobe deux variables également pondérées :

  1. « Participation au marché du travail » : proportion de la population âgée de 20 à 65 ans qui a participé au marché du travail durant la semaine ayant précédé le jour du recensement, c.-à-d. la semaine de référence du recensement.
  2. « Emploi » : pourcentage des participants au marché du travail, âgés de 20 à 65 ans, qui occupaient un emploi durant la semaine de référence du recensement.

Disponibilité des données

Les valeurs de l'IBC ont été calculées pour les années 1981, 1991, 1996, 2001, 2006 et 2011, mais celles de 1986 ne sont pas incluses parce que les renseignements sur les conditions de logement n'ont pas été recueillis lors du recensement de 1986. Les valeurs de l'IBC sont calculées à partir des données des recensements de 1981, 1991, 1996, 2001 et 2006 et sont disponibles pour chaque collectivité au Canada ayant une population d'au moins 65 personnes, n'étant pas une réserve partiellement dénombréeNote de bas de page 4, et dont le taux global de non-réponseNote de bas de page 5 ne dépasse pas 25 %Note de bas de page 6. De plus, les valeurs des composantes de l'IBC (soit le revenu, la scolarité, le logement et l'activité sur le marché du travail) sont disponibles pour toute collectivité comptant au moins 40 ménages et 250 personnes.

Les règles sur la disponibilité des données pour les valeurs de l'IBC de 2011 (fondées sur l'Enquête nationale auprès des ménages) sont quelque peu différentes. Les valeurs de l'IBC sont disponibles pour chaque collectivité canadienne avec une population pondérée d'au moins 65 personnes et au moins 10 répondants. Les valeurs des composantes de l'IBC sont disponibles pour les collectivités avec une population pondérée d'au moins 250, si le total des individus ayant un revenu, de même que la somme des deux numérateurs dans chacune des composantes de la scolarité, de l'activité sur le marché du travail et du logement, était au moins de quatre non pondéré et de 10 pondéré.

Conformément aux critères de publication établis par Statistique Canada, AADNC ne publie pas les valeurs de l'IBC de 2011 pour les collectivités ayant un taux global de non-réponse de 50 % ou plus. Cependant, ces résultats sont inclus dans les calculs cumulatifs. Les valeurs de l'IBC pour ces collectivités sont disponibles sur demande (si tous les autres critères de publication sont respectés), mais il faut les interpréter avec prudence.

Définition de « collectivités »

Les collectivités sont définies en termes de subdivisions de recensement (SDR), qui sont des municipalités, ou des territoires considérés comme des équivalents municipaux (p. ex. les réserves indiennes). Les collectivités sont réparties, à des fins de comparaison, sous les désignations de collectivités des Premières Nations, collectivités inuites ou collectivités non autochtones.

Sont comprises sous la désignation « collectivités des Premières Nations », les SDR qui sont des réserves selon la classification d'Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC) et de Statistique Canada, de même que certaines autres collectivités situées dans le Nord de la Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon qui sont associées à un groupe des Premières Nations et qui comptent une importante population de membres des Premières Nations.

Les Inuits ont signé quatre accords sur des revendications territoriales dans le Nord du Canada. Ces quatre régions sont le Nunatsiavut, le Nunavik, le Nunavut et le territoire des Inuvialuit. Aux fins du calcul de l'IBC, les collectivités à l'intérieur de chacune de ces quatre régions sont considérées comme des collectivités inuites.

Les SDR qui ne sont ni des Premières Nations ni des collectivités inuites entrent dans la catégorie des collectivités non autochtones. Il y a lieu de noter que certaines collectivités non autochtones comptent une population autochtone nombreuseNote de bas de page 7, et que d'autres utilisateurs de l'IBC peuvent choisir un mode de classification des collectivités différent. Par exemple, il serait possible de classer les collectivités non autochtones comptant une forte population métisse dans une catégorie nommée « collectivités métisses ».

Comparaison des valeurs de l’IBC au fil du temps

Quatre éléments (décrits ci-après) compliquent la comparaison des valeurs de l'IBC au fil du temps.

1) Inflation

L'inflation entraîne, généralement, une baisse de la valeur d'un dollar au fil du temps. Les données sur le revenu dans les recensements de 1981 à 2001 et l'ENM de 2011 ont été ajustées au moyen de l'indice des prix à la consommation pour s'assurer que l'IBC mesure les changements réels dans le revenu plutôt que les effets de l'inflation. Puisque 2006 est l'année de référence pour la série temporelle de l'IBC, il n'a pas été nécessaire d'ajuster ces données sur le revenu.

2) Données manquantes

On ne dispose pas des valeurs de l'IBC visant quelques collectivités pour certains ou tous les six cycles de l'IBC (1981, 1991, 1996, 2001, 2006 et 2011). Tel qu'indiqué ci-dessus, il est possible qu'il n'y ait pas de données pour certaines collectivités durant une année donnée en raison de la non-participation au recensement, des données de qualité insuffisante et d'une taille insuffisante de la population.

3) Modification des limites des collectivités

Les limites d'une collectivité peuvent changer entre les recensements. En effet, une collectivité peut fusionner avec une autre collectivité, procéder à une subdivision pour former deux nouvelles collectivités ou davantage, annexer une partie d'autres collectivités, etc. En pareil cas, il peut s'avérer difficile de discerner la cause du changement dans la valeur de l'IBC de cette collectivité entre deux cycles de l'IBC. Par exemple, si la valeur de l'IBC d'une collectivité est passée de 70 en 1981 à 80 en 1991 et si ses limites ont été modifiées par l'annexion d'une partie d'une autre collectivité, la valeur plus grande de l'IBC pourrait être le produit d'un « réel » changement survenu dans le bien-être de la collectivité originale, des meilleures conditions socioéconomiques du territoire annexé, ou encore d'une combinaison des deux.

Il ressort des analyses des données de 2006 que les changements dans les limites exercent peu d'effet sur les valeurs moyennes nationales et régionales de l'IBC. Bien qu'il soit possible de comparer en toute sûreté ces moyennes au fil du temps, les changements de limites peuvent avoir des répercussions sérieuses sur la comparabilité de collectivités individuelles au fil du tempsNote de bas de page 8.

4) Erreur d’échantillonnageNote de bas de page 9

Les valeurs de l'IBC pour 1981-2006 étaient basées sur la « version longue » du recensement. Ces formulaires étaient distribués à tous les ménages dans les collectivités inuites, éloignées et des Premières Nations, et à un échantillon d'un ménage sur cinq dans les autres collectivités canadiennes. L'IBC de 2011 était dérivé de l'Enquête nationale auprès des ménages. Le questionnaire a été distribué à tous les ménages dans les collectivités inuites, éloignées et des Premières Nations et à un échantillon d'un ménage sur trois dans les autres collectivités canadiennes.

Pour une collectivité échantillonnée, il est possible qu'une variation (ou une absence de variation) dans les valeurs de l'IBC observée d'un cycle de l'IBC à l'autre soit provoquée par une erreur d'échantillonnage. Il est difficile de mesurer les effets d'une telle erreur sur les valeurs d'une collectivité donnée lors d'une année donnée, quoique l'effet diminue généralement à mesure que la population d'une collectivité augmente. On rappelle aux chercheurs qu'il est important d'interpréter les valeurs de l'IBC d'une collectivité avec prudence et de mettre l'accent sur les tendances générales plutôt que sur les variations observées d'un cycle à l'autre. 

5) Erreur non due à l’échantillonnageNote de bas de page 10

Le type d'erreur non due à l'échantillonnage qui est le plus pertinent pour au moins la dernière mouture de l'IBC est l'erreur de non-réponse. Comme indiqué auparavant, les indices de l'IBC fournis avant 2011 étaient basés sur la version longue du recensement du Canada. Puisqu'il est obligatoire de répondre au recensement, les taux de réponse étaient très élevés (p. ex., 94 % en 2006). Le taux de réponse général au questionnaire de l'ENM facultatif était plus bas (69 % non pondéré, 77 % pondéré) et le taux de réponse varie entre les collectivités. Fait important, les collectivités inuites et des Premières Nations incluses dans l'analyse de l'IBC de 2011 avaient un taux de réponse moyen de 82 %.

Statistique Canada (Finès et Findlay, 2014) a mené une analyse pour déterminer si l'erreur non due à l'échantillonnage dans l'ENM compromettait la validité de l'IBC. Ils ont conclu que la qualité de l'IBC de 2011 ne semblait pas avoir été touchée, mais ils ont déclaré qu'il faut être prudent lorsque l'on regarde les données d'une collectivité ayant une petite population et/ou un haut taux de non-réponse. AADNC a mené des analyses additionnelles et est arrivé à la même conclusion. Il est néanmoins important de noter que les mises en garde standards de Statistique Canada en ce qui a trait à la comparabilité du questionnaire facultatif de l'ENM avec les recensements précédents qui étaient obligatoires s'appliquent généralement à l'IBC.

6) Changements apportés aux questions sur la scolarité

En 2006, Statistique Canada a changé les questions du recensement liées à la scolarité. Premièrement, la question unique qui était utilisée pour connaître le niveau de scolarité atteint a été remplacée par une série de questions. Statistique Canada a modifié le questionnaire pour « corriger un possible problème de sous-déclaration relative au diplôme d'études secondaires » (Statistique Canada, 2008). Deuxièmement, les questions sur la scolarité ont été reformulées pour s'axer sur les qualifications obtenues au niveau secondaire et aux niveaux supérieurs. Le niveau de scolarité atteint qui n'a pas mené à un titre de qualification (comme la fin des études primaires ou l'achèvement partiel des études secondaires ou de programmes postsecondaires) n'était plus enregistré. Même si la scolarité est définie exactement de la même manière dans chacune des versions de l'IBC, il est possible que les changements à la méthodologie apportés en 2006 aient eu des répercussions sur la comparabilité des données de 2001 et de 2006 sur la scolarité. Précisément, ces changements ont peut-être causé une grande augmentation artificielle du taux moyen d'obtention du diplôme d'études secondaires dans les collectivités non autochtones entre 2001 et 2006. Ce bond n'est pas apparu dans les valeurs moyennes des collectivités inuites et des Premières Nations. Ainsi, les écarts en matière de scolarité entre les collectivités autochtones et non autochtones se sont élargis entre 2001 et 2006. Même s'il se peut que l'élargissement de l'écart en matière de scolarité entre 2001 et 2006 soit une abstraction statistique, il convient de noter que le rétrécissement de l'écart qui avait été observé avant 2001 n'est pas réapparu après 2006.

Avantages et limites de l’IBC

L'IBC est un outil de recherche utile. On s'en est servi pour examiner l'effet sur le bien-être d'une variété de facteurs, y compris l'isolation, la santé mentale, l'inégalité des revenus et les traités (O'Sullivan 2012a; AANDC 2012; O'Sullivan 2012b; AANDC 2013). Il n'est qu'une des nombreuses façons de mesurer le bien-être, et les utilisateurs doivent garder à l'esprit aussi bien ses avantages que ses faiblesses. Ces deux aspects sont d'ailleurs étroitement liés.

L'IBC a été conçu pour répondre à quatre objectifs de recherche : 

  1. fournir, pour les collectivités canadiennes individuelles, une mesure systématique et fiable du bien-être socioéconomique; 
  2. illustrer les écarts entre le bien-être des collectivités inuites et des Premières Nations et celui des collectivités non autochtones;
  3. permettre un suivi du bien-être au fil du temps;
  4. être compatible avec d'autres données de niveau communautaire et contribuer à un grand nombre de recherches sur les facteurs associés au bien-être.

Les concepteurs de l'IBC ont rapidement conclu que le Recensement de la population était la seule source de données capable de répondre à ces besoins de recherche. Cependant, l'utilisation du recensement et de l'enquête qui lui a succédé, l'ENM, a aussi imposé certaines limites à l'IBC

Premièrement, les indicateurs du bien-être disponibles concernent essentiellement le bien-être socioéconomique, et négligent d'autres aspects du bien-être qui sont pourtant tout aussi importants. On a maintes fois tenté de quantifier le bien-être, et beaucoup indicateurs composites, semblables à l'IBC, ont été créés. Bien qu'aucune de ces mesures ne puisse répondre aux besoins de recherche qui ont dicté la conception de l'IBC, elles mettent en lumière la variété des facteurs qui peuvent être considérés comme des éléments du bien-être. Ainsi, trois indicateurs fréquents du bien-être sont exclus de l'IBC : santé physique et émotionnelle, continuité culturelle et conservation de l'environnementNote de bas de page 11.

Deuxièmement, les indicateurs utilisés par l'IBC peuvent ne pas donner une idée complète des réalités économiques de certaines collectivités des Premières Nations et inuites. Par exemple, beaucoup sont encore fortement engagées dans des activités économiques traditionnelles. De telles activités peuvent contribuer au bien-être matériel, mais ne pas être reflétées dans le revenu monétaire ou l'emploi rémunéré dont fait état l'IBC.

Résultats

Tendances nationales, 1981-2011

Valeurs de l’IBC

Les valeurs moyennes de l'Indice du bien-être des collectivités (IBC) pour les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones ont augmenté lentement, mais régulièrement entre 1981 et 2011 (figure 1).

L'écart dans l'IBC entre les Premières Nations et les collectivités non autochtones est substantiel. En 2011, la valeur moyenne de l'IBC pour les collectivités des Premières Nations était de 20 points inférieurs à la moyenne pour les collectivités non autochtones. L'écart était le même en 1981.

Pendant les années 1990, les collectivités des Premières Nations se sont améliorées un peu plus rapidement que les collectivités non autochtones et l'écart a diminué. Ces diminutions dans l'écart ont essentiellement disparu lorsque l'amélioration chez les collectivités non autochtones a été plus marquée que chez les collectivités des Premières Nations entre 2001 et 2006.

L'élargissement de l'écart de l'IBC qui s'est produit entre 2001 et 2006 était en partie dû à la hausse des taux d'obtention du diplôme d'études secondaires dans les collectivités non autochtones. Cette hausse doit être interprétée avec prudence : les questions sur la scolarité dans le recensement ont été changées en 2006, réduisant ainsi la comparabilité des données sur la scolarité de 2006 avec les données des recensements précédents.

Néanmoins, la diminution de l'écart qui est survenue dans les années 1990 ne s'est pas reproduite après 2006. Entre 2006 et 2011, les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones se sont améliorées à des rythmes similaires et l'écart dans l'IBC est demeuré relativement stable.

Figure 1 : Valeur moyenne de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 1 - Valeur moyenne de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Le graphique linéaire ci-dessus montre l'évolution des valeurs moyennes de l'Indice de bien-être des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones, entre 1981 et 2011.

  • La valeur moyenne de l'IBC pour les collectivités non autochtones au Canada était de 67 en 1981, 71 en 1991, 72 en 1996, 73 en 2001, 77 en 2006 et 79 en 2011.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour les collectivités des Premières Nations au Canada était  de 47 en 1981, 51 en 1991, 55 en 1996, 57 en 2001, 57 en 2006 et 59 en 2011.

En plus des variations dans les valeurs moyennes de l'IBC, il est important d'examiner les variations dans les valeurs de l'IBC de chaque collectivité au fil du temps. Cela nous permet de faire la distinction entre les collectivités qui connaissent une amélioration « lente, mais constante » dans leur bien-être et celles qui connaissent des périodes irrégulières d'« expansion et de ralentissement »Note de bas de page 12. Le tableau 1 présente le pourcentage des collectivités dont les valeurs de l'IBC ont augmenté, ou sont demeurées stablesNote de bas de page 13 durant chaque période intercensitaireNote de bas de page 14. Ce tableau indique que, parmi les types de collectivités dans toutes les périodes intercensitaires, le déclin dans le bien-être n'a affecté qu'une minorité des collectivités. De plus, selon le tableau 1, bien qu'il y ait eu plus de collectivités des Premières Nations que de collectivités non autochtones qui aient connu une amélioration, ou une stabilité dans la valeur de leur bien-être entre 1991 et 1996, l'inverse s'est produit dans toutes les autres périodes intercensitaires.

Tableau 1 : Pourcentages des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones dont les valeurs de l’IBC sont demeurées stables ou ont augmenté au cours de chaque période intercensitaire
Collectivités où les valeurs de l’IBC ont augmenté ou sont demeurées stables
Période Collectivités des Premières Nations Collectivités non autochtones
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.
1981-1991 77 % (291/379) 90 % (3969/4435)
1991-1996 82 % (371/452) 71 % (3146/4402)
1996-2001 71 % (332/468) 83 % (3012/3648)
2001-2006 64 % (286/448) 90 % (3402/3763)
2006-2011 64 % (309/483) 81 % (3008/3720)

Le fait que les valeurs pour la majorité des collectivités aient augmenté pendant chaque période intercensitaire suggère qu'une amélioration « lente, mais régulière » était typique pour les Premières Nations et les collectivités non autochtones entre 1981 et 2011. La figure 2 présente d'autres preuves. On y illustre la distribution des changements dans les valeurs de l'IBC des collectivités entre 2006 et 2011, prouvant ainsi que très peu de collectivités ont connus des variations supérieures à 10 points pendant cette période. Des distributions similaires ont été observées pour les autres périodes intercensitaires.

Figure 2 : Changement dans les valeurs de l’IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones, 2006-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 2 - Changement dans les valeurs de l’IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones, 2006-2011

Le diagramme à barres ci-dessus montre le changement des valeurs de l'Indice de bien-être des collectivités  des Premières Nations et non autochtones entre 2001 et 2006.

Entre 2006 et 2011, le changement moyen de l'IBC pour les Premières Nations était de 1,0 point.

Entre 2006 et 2011, le changement moyen de l'IBC pour les communautés non autochtones était de 1,9 point.

  • 0% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 26 et 30 points inclusivement.
  • 0.21% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 21 et 25 points inclusivement.
  • 0% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 16 et 20 points inclusivement.
  • 0.41% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 11 et 15 points inclusivement.
  • 6.83% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 6 et 10 points inclusivement.
  • 28.57% des 483 collectivités des Premières Nations ont perdu entre 1 et 5 points inclusivement.
  • 43.06% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 0 et 4 points inclusivement.
  • 16.36% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 5 et 9 points inclusivement.
  • 4.14% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 10 et 14 points inclusivement.
  • 0.41% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 15 et 19 points inclusivement.
  • 0% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 20 et 24 points inclusivement.
  • 0% des 483 collectivités des Premières Nations ont gagné entre 25 et 29 points inclusivement.
  • 0% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 26 et 30 points inclusivement.
  • 0% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 21 et 25 points inclusivement.
  • 0.05% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 16 et 20 points inclusivement.
  • 0.51% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 11 et 15 points inclusivement.
  • 2.12% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 6 et 10 points inclusivement.
  • 16.45% des 3720 collectivités non autochtoness ont perdu entre 1 et 5 points inclusivement.
  • 61.26% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 0 et 4 points inclusivement.
  • 16.21% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 5 et 9 points inclusivement.
  • 2.9% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 10 et 14 points inclusivement.
  • 0.35% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 15 et 19 points inclusivement.
  • 0.11% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 20 et 24 points inclusivement.
  • 0.03% des 3720 collectivités non autochtoness ont gagné entre 25 et 29 points inclusivement.

Composantes de l’IBC

Comme il est noté précédemment, la valeur de l'IBC pour une collectivité est formée de quatre composantes : revenu, études, logement et activité sur le marché du travail. La valeur pour chaque composante peut varier de 0 à 100.

Du plus grand au plus petit, les écarts pour les composantes entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones étaient les suivants en 2011 : revenu (25 points), logement (23 points), scolarité (17 points) et activité sur le marché du travail (16 points).

Figure 3 : Valeur des composantes de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 3 - Valeur des composantes de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Ce diagramme à bandes compare les valeurs moyennes des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones pour les quatre composantes de l'Indice de bien-être des collectivités (IBC) au Canada en 2011 : le revenu, la scolarité, le logement et l'activité sur le marché du travail.

  • Les valeurs moyennes en termes de revenu étaient de 59 points pour les collectivités des Premières Nations et de 84 points pour les collectivités non autochtones pour un écart de 25 points.
  • Les valeurs moyennes en termes de scolarité étaient de 36 points pour les collectivités des Premières Nations et de 53 points pour les collectivités non autochtones pour un écart de 17 points.
  • Les valeurs moyennes en termes de logement étaient de 71 points pour les collectivités des Premières Nations et de 94 points pour les collectivités non autochtones pour un écart de 23 points.
  • Les valeurs moyennes en termes d'activité sur le marché du travail étaient de 68 points pour les collectivités des Premières Nations et de 84 points pour les collectivités non autochtones pour un écart de 16 points.

Chaque composante a évolué différemment au fil du temps :

1. Revenu : La valeur moyenne pour le revenu dans les collectivités des Premières Nations a augmenté considérablement (16 points) entre 1981 et 2011. Cependant, puisque la valeur moyenne dans les collectivités non autochtones a augmenté à un rythme similaire (15 points), l'écart en matière de revenu est resté pratiquement inchangé.

Figure 4 : Valeur moyenne pour le revenu, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 4 - Valeur moyenne pour le revenu, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de revenu des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 69 points en 1981, 73 points en 1991, 73 points en 1996, 77 points en 2001, 80 points en 2006 et 84 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 43 points en 1981, 49 points en 1991, 52 points en 1996, 55 points en 2001, 55 points en 2006 et 59 points en 2011.

2. Scolarité : La valeur moyenne pour la scolarité dans les collectivités des Premières Nations a aussi augmenté considérablement entre 1981 et 2011 (22 points). L'écart en matière de scolarité entre les Premières Nations et les collectivités non autochtones a diminué lentement jusqu'en 2001, à tous les cinq ans. Entre 2001 et 2006, l'écart s'est creusé en raison d'un grand bond dans l'obtention du diplôme d'études secondaire dans les collectivités non autochtones. Comme susmentionné, il faut interpréter ce bond avec prudence.

La réduction de l'écart en matière de scolarité qui était observée jusqu'en 2001 n'est pas réapparue après 2006. En fait, entre 2006 et 2011, la valeur moyenne pour la scolarité dans les collectivités non autochtones a augmenté davantage que dans les collectivités des Premières Nations. L'écart en matière de scolarité a donc augmenté un peu.

Figure 5 : Valeur moyenne pour la scolarité, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981 à 2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 5 - Valeur moyenne pour la scolarité, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981 à 2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de scolarité des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 28 points en 1981, 35 points en 1991, 39 points en 1996, 41 points en 2001, 49 points en 2006 et 53 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 14 points en 1981, 23 points en 1991, 28 points en 1996, 32 points en 2001, 34 points en 2006 et 36 points en 2011.

Les figures 6 et 7, respectivement, illustrent les changements dans les deux variables des valeurs de la scolarité : Études secondaires ou plus et Études universitaires. Ils démontrent que l'augmentation des taux d'obtention du diplôme d'études secondaires dans les collectivités est à l'origine des augmentations des valeurs de la composante « scolarité ». Ils illustrent aussi que le grand bond dans le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires qui est survenu entre 2001 et 2006 peut être en partie attribuable aux changements apportés au questionnaire du recensement. En raison de ce bond, l'écart dans le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones est passé d'un bas historique de 13 points en 2001 à 21 points en 2006. Il est relativement stable depuis.

Les hausses pour l'achèvement des études universitaires ont été modestes dans les collectivités des Premières Nations comme dans les collectivités non autochtones. L'écart entre les moyennes était d'environ six points en 2011. Bien que petit en termes absolus, l'écart se creuse de façon relativement constante depuis 1981 et a presque doublé depuis 2011. 

Figure 6 : Valeur moyenne pour les études secondaires ou plus, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 6 - Valeur moyenne pour les études secondaires ou plus, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes d'études secondaires ou plus, une composante de la valeur globale de scolarité, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 40 points en 1981, 50 points en 1991, 54 points en 1996, 58 points en 2001, 69 points en 2006 et 74 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 19 points en 1981, 33 points en 1991, 40 points en 1996, 45 points en 2001, 48 points en 2006 et 52 points en 2011.
Figure 7 : Valeur moyenne pour les études universitaires, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 7 - Valeur moyenne pour les études universitaires, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes d’études universitaires, une composante de la valeur globale de scolarité, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 5 points en 1981, 6 points en 1991, 7 points en 1996, 8 points en 2001, 10 points en 2006 et 11 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 2 points en 1981, 2 points en 1991, 4 points en 1996, 4 points en 2001, 4 points en 2006 et 5 points en 2011.

3. Logement : La valeur moyenne pour le logement dans les collectivités non autochtones est demeurée constamment élevée dans les collectivités non autochtones depuis 1981, ce qui est le reflet de conditions de logements généralement bonnes partout au pays. La valeur moyenne pour le logement dans les collectivités des Premières Nations s'est un peu améliorée dans les années 1980 et 1990, mais très peu depuis 2001. Pendant la période de trente ans, entre 1981 et 2011, l'écart de la valeur pour le logement entre les Premières Nations et les collectivités non autochtones s'est réduit modestement, de cinq points.

Figure 8 : Valeur moyenne pour le logement, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 8 - Valeur moyenne pour le logement, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de logement des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 91 points en 1981, 93 points en 1991, 93 points en 1996, 93 points en 2001, 94 points en 2006 et 94 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 63 points en 1981, 67 points en 1991, 70 points en 1996, 71 points en 2001, 70 points en 2006 et 71 points en 2011.

Les figures 9 et 10, respectivement, illustrent les changements dans les deux variables qui forment la valeur du logement : Quantité de logements et Qualité des logements. Ils démontrent que, jusqu'en 2006, la stabilité apparente de la valeur pour le logement dans les collectivités des Premières Nations était le résultat de hausses marquées dans la quantité de logements associées à des baisses substantielles dans la qualité des logements. La valeur moyenne pour la quantité de logements dans les Premières Nations n'a pas changé entre 2006 et 2011, interrompant ainsi une hausse de 25 ans. Au même moment, la valeur moyenne pour la qualité des logements dans les collectivités des Premières Nations a augmenté de 2006 à 2011, ce qui laisse croire qu'on pourrait renverser la tendance à long terme en matière de déclin. 

Figure 9 : Valeur moyenne pour la quantité de logements, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 9 - Valeur moyenne pour la quantité de logements, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de quantité de logements, une composante de la valeur globale de logement, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 93 points en 1981, 98 points en 1991, 98 points en 1996, 99 points en 2001, 99 points en 2006 et 98 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 51 points en 1981, 69 points en 1991, 73 points en 1996, 78 points en 2001, 81 points en 2006 et 80 points en 2011.
Figure 10 : Valeur moyenne pour la qualité des logements, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 10 - Valeur moyenne pour la qualité des logements, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de qualité de logements, une composante de la valeur globale de logement, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 89 points en 1981, 88 points en 1991, 88 points en 1996, 88 points en 2001, 89 points en 2006 et 89 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 76 points en 1981, 65 points en 1991, 67 points en 1996, 65 points en 2001, 59 points en 2006 et 62 points en 2011.

4. Activité sur le marché du travail : La valeur moyenne de l'activité sur le marché du travail pour les collectivités des Premières Nations a augmenté de quelques points pendant les années 1990 et le début des années 2000, mais ces gains ont largement été effacés entre 2006 et 2011. La valeur moyenne de l'activité sur le marché du travail pour les collectivités des Premières Nations n'était que d'un point supérieur en 2011 par rapport à 1981, et l'écart par rapport aux collectivités non autochtones s'est un peu creusé.

Le déclin dans la valeur moyenne de l'activité sur le marché du travail pour les collectivités des Premières Nations entre 2006 et 2011 mérite d'être pris en considération. Il est difficile de dire si cette baisse est une simple fluctuation aléatoire dans une tendance stable à long terme, ou si quelque chose est survenu entre 2006 et 2011 pour renverser la tendance graduelle à la hausse qu'on observait depuis 1991. Par exemple, une recherche conclut que les Autochtones au Canada ont été plus touchés par le ralentissement économique en 2008 (Usalcas, 2011). Cette recherche a été menée exclusivement à l'extérieur des réserves, mais il est raisonnable de présumer que les tendances à l'extérieur des réserves étaient semblables à celles observées dans les réserves et que le déclin de la valeur moyenne de l'activité sur le marché du travail pour les collectivités des Premières Nations entre 2006 et 2011 peut refléter les répercussions du ralentissement économique de 2008.

Figure 11 : Valeur moyenne de l’activité sur le marché du travail, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 11 - Valeur moyenne de l’activité sur le marché du travail, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de participation au marché du travail des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 80 points en 1981, 82 points en 1991, 81 points en 1996, 83 points en 2001, 84 points en 2006 et 84 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 67 points en 1981, 66 points en 1991, 69 points en 1996, 70 points en 2001, 71 points en 2006 et 68 points en 2011.

Les figures 12 et 13, respectivement, illustrent les changements dans les deux variantes de la valeur de l'activité sur le marché du travail : Participation au marché du travail et Emploi.

Entre 1981 et 1996, la valeur moyenne de la participation au marché du travail des Premières Nations a augmenté et l'écart avec les collectivités non autochtones a diminué. Il y a eu très peu de changements entre 1996 et 2006. Entre 2006 et 2011, la valeur moyenne de la participation au marché du travail des Premières Nations a chuté et l'écart s'est creusé. Néanmoins, la valeur est encore de 10 points plus élevée et l'écart est encore plus mince qu'en 1981.

Entre 1981 et 1991, la valeur moyenne pour l'emploi a diminué. Même si des progrès constants ont été constatés entre 1991 et 2006, la valeur n'avait pas encore retrouvé en 2011 son niveau de 1981. Après s'être creusé en 1991, l'écart en matière d'emploi entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones s'est stabilisé, fluctuant entre 14 et 15 points.

Figure 12 : Valeur moyenne de la participation au marché du travail, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 12 - Valeur moyenne de la participation au marché du travail, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes de participation au marché du travail, une composante de la valeur globale d'activité sur le marché du travail, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 70 points en 1981, 77 points en 1991, 76 points en 1996, 77 points en 2001, 77 points en 2006 et 77 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 51 points en 1981, 60 points en 1991, 65 points en 1996, 65 points en 2001, 65 points en 2006 et 61 points en 2011.
Figure 13 : Valeur moyenne de l’emploi, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 13 - Valeur moyenne de l’emploi, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes en termes d'emploi, une composante de la valeur globale d'activité sur le marché du travail, des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada entre 1981 et 2011.

  • Les collectivités non autochtones avaient une valeur moyenne de 90 points en 1981, 87 points en 1991, 87 points en 1996, 89 points en 2001, 91 points en 2006 et 91 points en 2011.
  • Les collectivités des Premières Nations avaient une valeur moyenne de 82 points en 1981, 72 points en 1991, 73 points en 1996, 74 points en 2001, 77 points en 2006 et 76 points en 2011.

Variations régionales

Les valeurs moyennes de l'IBC des Premières Nations varient entre les régions (figure 14). Les collectivités des Premières Nations au Yukon obtiennent la valeur moyenne de l'IBC la plus élevée. La moins élevée revient aux Premières Nations dans les Prairies.

Figure 14 : Valeur moyenne de l’IBC par région, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 14 - Valeur moyenne de l’IBC par région, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Ce diagramme à bande compare les valeurs moyennes de l’Indice de bien-être des collectivités (IBC) des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada en 2011 par région.

  • La valeur moyenne de l'IBC pour la région atlantique était de 65 pour les collectivités des Premières Nations et de 75 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour le Québec était de 61 pour les collectivités des Premières Nations et de 78 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour l'Ontario était de 62 pour les collectivités des Premières Nations et de 81 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour le Manitoba était de 48 pour les collectivités des Premières Nations et de 79 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour la Saskatchewan était de 52 pour les collectivités des Premières Nations et de 80 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour l'Alberta était de 53 pour les collectivités des Premières Nations et de 81 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour la Colombie-Britannique était de 62 pour les collectivités des Premières Nations et de 81 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour le Yukon était de 73 pour les collectivités des Premières Nations et de 82 pour les collectivités non autochtones.
  • La valeur moyenne de l'IBC pour les Territoires-du-Nord-Ouest était de 64 pour les collectivités des Premières Nations et de 83 pour les collectivités non autochtones.

La figure 15, qui trace les moyennes régionales de l'IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones entre 1981 et 2011, illustre plusieurs points essentiels. En premier lieu, dans certaines régions les collectivités des Premières Nations avaient atteint, en 2011, une valeur moyenne de l'IBC comparable à celle des collectivités non autochtones en 1996.

En deuxième lieu, la variabilité régionale est encore plus grande entre les collectivités des Premières Nations que dans les autres collectivités canadiennes : les lignes de tendance sont plus espacées, particulièrement dans les dernières périodes.

En troisième lieu, le désavantage relatif des Premières Nations dans les Prairies s'est accru avec le temps, particulièrement dans la période de 2001 à 2006. Pendant cette période, les valeurs moyennes de l'IBC des Premières Nations ont augmenté dans toutes les régions sauf dans les Prairies; les valeurs moyennes ont même chuté en Saskatchewan et au Manitoba. Dans la période suivante, de 2006 à 2011, on a observé chez les Premières Nations en Saskatchewan et en Alberta une amélioration un peu plus marquée que chez les Premières Nations dans les autres régions. Cependant, aucune amélioration n'a touché les Premières Nations au Manitoba, ce qui perpétue les divergences régionales dans les valeurs moyennes de l'IBC des Premières Nations.

Figure 15 : Valeur moyenne de l’IBC par région, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 1981-2006, et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 15 - Valeur moyenne de l’IBC par région, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 1981-2011

Ce diagramme linéaire compare les valeurs moyennes de l'IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones, par région, au Canada entre 1981 et 2011 en utilisant des données de six années différentes.

Les valeurs moyennes dans les collectivités non autochtones étaient les suivantes :

  • Dans la région Atlantique : 62,1 en 1981, 66,8 en 1991, 67,2 en 1996, 69 en 2001 et 73 en 2006 et 75,5 in 2011.
  • Au Québec : 66,2 en 1981, 69,6 en 1991, 70,3 en 1996, 73,2 en 2001, 76 en 2006 et 77,6 en 2011.
  • En Ontario : 70,2 en 1981, 74,6 en 1991, 75,1 en 1996, 77,3 en 2001, 80 en 2006 et 81 en 2011.
  • Au Manitoba : 66,4 en 1981, 70,8 en 1991, 71,6 en 1996, 73,1 in 2001, 76,3 en 2006 et 79,3 en 2011.
  • En Saskatchewan : 68,2 en 1981, 70,9 e 1991, 72,5 en 1996, 73,8 en 2001, 76,9 en 2006 et 80,2 en 2011.
  • En Alberta : 71 en 1981, 73 en 1991, 73,7 en 1996, 75,9 en 2001, 79,5 en 2006 et 81,4 en 2011.
  • En Colombie-Britannique : 73,3 en 1981, 75,6 en 1991, 76,6 en 1996, 77,2 en 2001, 80,4 en 2006 et 81,1 en 2011.
  • Dans les Territoires : 69,4 en 1981, 75,4 en 1991, 75,5 en 1996, 80,4 en 2001, 81,2 en 2006 et 82,6 en 2011.

Les valeurs moyennes pour les collectivités des Premières Nations étaient les suivantes :

  • Dans la région Atlantique : 50,4 en 1981, 54,8 en 1991, 59,6 en 1996, 60,5 en 2001 et 64,3 en 2006 et 64,9 in 2011.
  • Au Québec : 45,8 en 1981, 49,7 en 1991, 54 en 1996, 59,5 en 2001, 60 en 2006 et 60,8 en 2011.
  • En Ontario : 48,5 en 1981, 53,6 en 1991, 55,1 en 1996, 59,2 en 2001, 60,3 en 2006 et 62,5 en 2011.
  • Au Manitoba : 41,8 en 1981, 45,6 en 1991, 48,1 en 1996, 50 in 2001, 48,6 en 2006 et 48,2 en 2011.
  • En Saskatchewan : 40,5 en 1981, 44,3 en 1991, 48,2 en 1996, 50,1 en 2001, 49,1 en 2006 et 52 en 2011.
  • En Alberta : 46,3 en 1981, 45,7 en 1991, 50,6 en 1996, 51 en 2001, 50,8 en 2006 et 53,1 en 2011.
  • En Colombie-Britannique : 50,2 en 1981, 55,8 en 1991, 59,9 en 1996, 61 en 2001, 61,6 en 2006 et 62,3 en 2011.
  • Dans les Territoires : 46,4 en 1981, 59 en 1991, 62,6 en 1996, 65,8 en 2001, 66,2 en 2006 et 67,2 en 2011.

Variations entre les différentes collectivités

Les valeurs moyennes de l'IBC ne tracent qu'un portrait partiel du bien-être dans les Premières Nations. Les valeurs de l'IBC varient également beaucoup entre les collectivités des Premières Nations. Par exemple, bien que 98 des 100 collectivités ayant obtenu les moins bons résultats sont des collectivités des Premières Nations, de nombreuses Premières Nations obtiennent des valeurs dans la moyenne ou au-delà de la moyenne pour les collectivités non autochtones. Deux des 100 collectivités ayant obtenu les meilleurs résultats sont des Premières Nations.

La figure 16 illustre comment les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones sont réparties sur l'échelle de l'IBC. La répartition des valeurs pour les Premières Nations est plus uniforme que pour les collectivités non autochtones, ce qui indique que le bien-être varie plus entre les Premières Nations. Ainsi, l'écart-type dans les valeurs de l'IBC pour les Premières Nations (10,4 points) est presque le double de l'écart-type dans les collectivités non autochtones (5,7 points).
Figure 16 : Répartition des valeurs de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 16 - Répartition des valeurs de l’IBC, collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones, 2011

Ce diagramme à bandes compare la distribution des valeurs de l'IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada en 2011.

La valeur moyenne pour les communautés des Premières Nations est de 59.
La valeur moyenne pour les communautés non autochtones est de 79.

0,2 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 20 et 25 points.
0,2 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 25 and 30 points.
0 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 30 and 35 points.
2,9 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 35 and 40 points.
7,4 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 40 and 45 points.
10,9 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 45 and 50 points.
14,8 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 50 and 55 points.
16 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 55 and 60 points.
19,4 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 60 and 65 points.
14,6 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 65 and 70 points.
8,4 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 70 and 75 points.
3,5 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 75 and 80 points.
1,2 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 80 and 85 points.
0,3 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 85 and 90 points.
0,2 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 90 and 95 points.
0 % des collectivités des Premières Nations se situent entre 95 and 100 points.

0 % des communautés non autochtones se situent entre 20 et 25 points.
0 % des communautés non autochtones se situent entre 25 et 30 points.
0 % des communautés non autochtones se situent entre 30 et 35 points.
0 % des communautés non autochtones se situent entre 35 et 40 points.
0 % des communautés non autochtones se situent entre 40 et 45 points.
0,1 % des communautés non autochtones se situent entre 45 et 50 points.
0,1 % des communautés non autochtones se situent entre 50 et 55 points.
0,4 % des communautés non autochtones se situent entre 55 et 60 points.
1,4 % des communautés non autochtones se situent entre 60 et 65 points.
5,4 % des communautés non autochtones se situent entre 65 et 70 points.
15,4 % des communautés non autochtones se situent entre 70 et 75 points.
31,6 % des communautés non autochtones se situent entre 75 et 80 points.
35,1 % des communautés non autochtones se situent entre 80 et 85 points.
9,3 % des communautés non autochtones se situent entre 85 et 90 points.
1,2 % des communautés non autochtones se situent entre 90 et 95 points.
0  des communautés non autochtones se situent entre 95 et 100 points.

La figure 17 illustre aussi la plus grande variabilité en matière de bien-être entre les collectivités des Premières Nations. On observe qu'en 2011, 95 % des collectivités non autochtones obtenaient une valeur de l'IBC dans une plage de 23 points (de 66 à 89), tandis que pour le même pourcentage les collectivités des Premières Nations se situent dans une plage de 39 points (de 39 à 78). 

Figure 17 : Plage des valeurs de l’IBC, Canada, 2011 (Valeurs aberrantes exclues*)

*Sont exclues les valeurs aberrantes, définies comme les 2,5 % des collectivités ayant les valeurs les plus faibles et les 2,5 % ayant les valeurs les plus élevées. L’exclusion de ces extrêmes est pratique courante dans toute comparaison des distributions relativement normales.
Source : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

La description textuelle de la figure 17 - Plage des valeurs de l’IBC, Canada, 2011 (Valeurs aberrantes exclues*)

Ce diagramme à bande montre les portées des valeurs individuelles de l'IBC des collectivités des Premières Nations et des collectivités non autochtones au Canada en 2011.

  • Les valeurs de l'IBC des collectivités des Premières Nations se situent entre un minimum de 39 points et un maximum de 78 points pour une valeur moyenne de 59 points.
  • Les valeurs de l'IBC des collectivités non autochtones se situent entre un minimum de 66 et un maximum de 89 pour une valeur moyenne de 79 points.

Résumé et conclusion

L'Indice de bien-être des collectivités (IBC) est une méthode utile pour évaluer le bien-être socioéconomique des collectivités. L'information fournie peut contribuer à orienter les politiques et les programmes qui visent à améliorer le bien-être des Autochtones. L'IBC aide à montrer les domaines où des améliorations en matière de bien-être ont été atteintes et d'autres où il existe encore d'importants écarts. Néanmoins, il est important de se souvenir que l'IBC a été conçu à des fins de recherches précises et qu'il n'est pas nécessairement le seul ou le meilleur moyen de mesure le bien-être dans toutes les circonstances.

Les valeurs moyennes de l'IBC pour les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones ont augmenté graduellement entre 1981 et 2011, même si la valeur moyenne pour les Premières Nations ne s'est pas améliorée entre 2001 et 2006. L'amélioration est menée par de petites augmentations des valeurs de l'IBC dans la plupart des collectivités et non pas par l'effet combiné de grandes augmentations dans certaines collectivités et de grands déclins dans d'autres.

Malgré ces améliorations, l'écart dans l'IBC entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones était le même en 2011 qu'en 1981. Pendant les années 1990, la valeur moyenne de l'IBC dans les collectivités des Premières Nations augmentait deux fois plus rapidement que dans les collectivités non autochtones, ce qui a entraîné la réduction de l'écart. L'écart s'est creusé de nouveau entre 2001 et 2006, mais il est resté stable de 2006 à 2011.

Les valeurs pour le revenu se sont améliorées de façon stable pour les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones, avec seulement quelques pauses occasionnelles dans cette tendance à la hausse. Cependant, l'écart entre les deux types de collectivités n'était pas significativement plus mince en 2011 qu'il ne l'était en 1981.

Les valeurs pour la scolarité sont celles qui ont augmenté le plus entre 1981 et 2011, aussi bien dans les collectivités des Premières Nations que dans les collectivités non autochtones, en raison principalement des augmentations dans le taux d'achèvement des études secondaires. Néanmoins, l'écart en matière de scolarité entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones est le même qu'il y a 30 ans.

La valeur pour le logement des Premières Nations a augmenté modestement (huit points) entre 1981 et 2011, et l'écart avec les collectivités non autochtones a diminué de cinq points. Pour les collectivités des Premières Nations, la stabilité apparente dans la valeur générale pour le logement jusqu'en 2006 découlait de hausses dans la quantité de logements associées à des baisses dans la qualité des logements. La quantité de logements n'a pas augmenté davantage depuis 2006. La qualité des logements, au lieu de poursuivre son déclin, a rebondi de quelques points.

La valeur moyenne pour l'activité sur le marché du travail pour les collectivités des Premières Nations était environ le même en 2011 qu'en 1981, mais l'écart avec les collectivités non autochtones s'est un peu creusé. Malgré un déclin récent, la valeur moyenne pour la participation au marché sur travail des Premières Nations a augmenté depuis 1981 et l'écart avec les collectivités non autochtones a diminué. Après une baisse entre 1981 et 1991, la valeur moyenne pour l'emploi des Premières Nations a commencé à augmenter un peu et l'écart avec les collectivités non autochtones s'est stabilisé, mais aucune amélioration n'a été constatée dans la plus récente période intercensitaire.

Les valeurs moyennes de l'IBC des Premières Nations ont varié d'une région à l'autre, tout comme les écarts entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones, ainsi que les progrès entre 1981 et 2011. En 2011, les valeurs moyennes de l'IBC chez certaines Premières Nations régionales étaient égales à certaines moyennes régionales observées en 1996 chez les non-Autochtones.

On note un écart évident entre le bien-être des Premières Nations dans les Prairies et celui des Premières Nations dans les autres régions. Dans chacune des années analysées, les moyennes de l'IBC des Premières Nations des Prairies étaient inférieures à celles de l'ensemble des Premières Nations. De même, les disparités dans le bien-être entre collectivités des Premières Nations et collectivités non autochtones étaient plus prononcées dans les Prairies que dans les autres régions. Puisque les Premières Nations des Prairies progressaient moins que les Premières Nations des autres régions et que les collectivités non autochtones dans les provinces des Prairies, ce désavantage s'est accentué de 1981 à 2006, mais la Saskatchewan et l'Alberta ont rattrapé un peu de retard au cours de la dernière période intercensitaire. Le désavantage des Premières Nations du Manitoba continue de s'accroître lentement.

Les valeurs sur le bien-être varient considérablement entre les différentes collectivités des Premières Nations; plus, en fait, que dans les collectivités non autochtones. Même si certaines Premières Nations ont obtenu des valeurs très basses en 2011, d'autres ont obtenu des valeurs dans la moyenne ou au-delà de la moyenne dans les collectivités non autochtones. 

Le lecteur doit s'abstenir d'accorder une importance excessive aux écarts entre les collectivités des Premières Nations et les collectivités non autochtones. Comme les premières possèdent des caractéristiques et des circonstances spéciales, il ne faut pas présumer que les conditions dans les secondes sont un idéal auquel les Premières Nations doivent nécessairement aspirer. Une comparaison entre ces deux types de collectivité est utile dans la mesure où elle aide à interpréter les tendances dans le bien-être. Si, par exemple, le bien-être s'améliore chez les Premières Nations, mais non chez les collectivités non autochtones, la « cause » de l'amélioration peut résider dans des programmes, politiques, conditions et/ou d'autres facteurs propres aux Premières Nations. Si, par contre, une amélioration est également notée dans d'autres collectivités, on peut en rechercher la cause dans des forces économiques plus générales.

Annexe 1 : Carte de l’IBC des collectivités des Premières Nations, 2011

La description textuelle de la carte de l’IBC dans les collectivités des Premières Nations, 2011

Cette carte indique l'emplacement des collectivités des Premières Nations au Canada pour lesquelles l'Indice du bien-être des collectivités (IBC) a été calculé en 2011. L'Indice du bien-être est produit par le ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC), à partir des données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, mené par Statistique Canada. Les données sont présentées en fonction de la Subdivision du Recensement (SDR). Un indice élevé est le signe d'un niveau de bien-être élevé.

La Carte montre ce qui suit:

  • À Terre-Neuve-et-Labrador, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, 2 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, aucune n'a obtenu une valeur entre 60 et 69, 1 a obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • À l'Île-du-Prince-Édouard, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, aucune n'a obtenu une valeur entre 50 et 59, 2 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, aucune n'a obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • En Nouvelle-Écosse, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, 2 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 10 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 2 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • Au Nouveau-Brunswick, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, 4 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 8 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 2 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • Au Québec, 3 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 10 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 15 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 5 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • En Ontario, 7 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 29 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 41 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 22 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et 1 a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • Au Manitoba, 39 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 19 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 5 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, aucune n'a obtenu une valeur entre 70 et 79, et 1 a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • En Saskatchewan, 33 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 34 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 16 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 2 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • En Alberta, 26 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 18 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 15 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 2 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et 1 a obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • En Colombie-Britannique, 13 collectivités des Premières Nations ont obtenu une valeur entre 0 et 50, 57 ont obtenu une valeur entre 50 et 59, 80 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 30 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et 6 ont obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • Au Yukon, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, 1 a obtenu une valeur entre 50 et 59, 3 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 5 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et 2 ont obtenu une valeur entre 80 et 100.
  • Dans les Territoires du Nord-Ouest, aucune collectivité des Premières Nations n'a obtenu une valeur entre 0 et 50, 1 a obtenu une valeur entre 50 et 59, 17 ont obtenu une valeur entre 60 et 69, 2 ont obtenu une valeur entre 70 et 79, et aucune n'a obtenu une valeur entre 80 et 100.

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