Rapport sur les plans et les priorités de 2011-2012 : Portrait démographique

Profil de la population autochtone

Lors du recensement de 2006, 1 172 785 personnes au Canada se sont déclarées autochtones, soit environ 4 % de la population canadienne. La figure 1 présente la répartition de la population autochtone par groupe d'appartenance, le cas échéant.

Figure 1. Répartition de la population autochtone en fonction
du statut et de l’identité, Canada
, 2006

Figure 1. Répartition de la population autochtone en fonction du statut et de l’identité

La version textuelle de Figure 1 se trouve sur une page.

La population autochtone est en plein essor. Entre 1996 et 2006, sa croissance a été six fois plus rapide que celle de la population non autochtone (47 % comparativement à 8 %). Les projections démographiques indiquent en outre que cette tendance devrait se poursuivre pendant plusieurs années encore [Note 1].

En 2006, la population autochtone était également beaucoup plus jeune que la population non autochtone. En effet, 48 % de ses membres étaient âgés de moins de 25 ans, alors que c'est le cas de seulement 31 % des non-Autochtones. Et cette différence est encore plus marquée chez la population inuite, qui, en moyenne, est de 20 ans plus jeune que la population en général (voir le tableau 1).

Tableau 1. Âge médian de la population autochtone, Canada, 2006
Population autochtone (total) 27 ans
Métis 29 ans
Indiens non inscrits 26 ans
Indiens inscrits 25 ans
Inuit 21 ans
Population non autochtone 40 ans
Sources : Statistique Canada, Recensement de 2006, tableaux d'Affaires indiennes et du Nord Canada.

Les taux de croissance varient considérablement au sein des groupes autochtones. La fécondité, les mouvements migratoires et les changements apportés à la Loi sur les Indiens en 1985 (projet de loi C-31) peuvent expliquer en partie l'augmentation de la population autochtone. Cependant, une part importante de cette croissance (en particulier, dans le cas des Métis et des Indiens non inscrits) est attribuable à la mobilité ethnique, une expression qui désigne l'évolution des déclarations d'affiliation culturelle au fil des ans et de génération en génération [Note 2].

Au Canada, la majorité de la population autochtone habite les provinces de l'Ouest. Selon le recensement de 2006, 60 % des Autochtones vivent au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Toutefois, c'est au Nunavut que l'on trouve la plus forte concentration d'Autochtones, puisque 85 % des habitants de ce territoire se disent autochtones. Parmi les provinces, c'est le Manitoba qui connaît la plus forte concentration d'Autochtones (16 %), suivi de la Saskatchewan (15 %) puis l'Alberta (6 %).

En 2006, plus de 53 % des Autochtones vivaient en milieu urbain, comparativement à 81 % chez la population non autochtone. À Winnipeg, une personne sur dix est d'origine autochtone (voir le tableau 2).

Tableau 2. Principales régions métropolitaines de recensement selon la concentration d'Autochtones, 2006
Winnipeg 10 %
Regina 9 %
Saskatoon 9 %
Edmonton 5 %
Calgary 3 %
Vancouver 2 %
Ottawa–Gatineau 2 %
Sources : Statistique Canada, Recensement de 2006, tableaux d'Affaires indiennes et du Nord Canada.

Une région métropolitaine de recensement (RMR) est un territoire formé d'une ou de plusieurs municipalités voisines les unes des autres qui sont situées à proximité d'un grand centre urbain. Elle doit avoir une population d'au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain.

Selon les données du recensement de 2006, près de la moitié des Indiens inscrits (48 %) vit dans les réserves (voir la figure 2) [Note 3], alors que la majorité des Indiens non inscrits (74 %) et des Métis (69 %) habite en milieu urbain. Les Inuit, pour leur part, se trouvent principalement en régions rurales (63 %), en particulier dans le Nord.

Figure 2. Répartition de la population autochtone
selon le type communauté, Canada, 2006


Figure 2. Répartition de la population autochtone par type de collectivité

La version textuelle de Figure 2 se trouve sur une page.

Entre 2001 et 2006, on a constaté une migration nette des Autochtones vers les réserves et vers certaines régions urbaines, tandis que d'autres centres urbains assistaient à une émigration des populations autochtones. Cette tendance s'observe depuis maintenant cinq cycles de recensement.

En 2010, on recensait au Canada 616 bandes indiennes ou Premières nations, réparties en quelque 50 nations ou groupes culturels. On comptait aussi plus de 3 100 réserves, dont seulement 30 % étaient habitées (Registre des terres indiennes, 31 décembre 2010). Environ les trois quarts de ces réserves regroupent moins de 500 résidants et près de 2 % d'entre elles en comptent plus de 2 000.

Éducation

Le niveau de scolarité est en hausse chez les jeunes autochtones (voir la figure 3). En effet, environ 68 % des Autochtones âgés de 25 à 44 ans ont terminé leurs études secondaires, un taux deux fois plus élevé que celui enregistré chez les Autochtones de 65 ans et plus (33 %).

Figure 3. Taux de diplômés d'études secondaires ou supérieures, par groupe d'âge, populations autochtone et non autochtone, Canada, 2006

Figure 3. Taux de diplômés d'études secondaires ou supérieures, par groupe d'âge, populations autochtone et non autochtone

La version textuelle de Figure 3 se trouve sur une page.

Il existe toutefois un écart important entre le niveau d'éducation des populations autochtones et celui des populations non autochtones. Cet écart varie de 18 à 25 points de pourcentage selon le groupe d'âge.

Depuis 1996, on observe une augmentation du taux de diplômés universitaires chez les Autochtones âgés de 25 à 64 ans (de 5 % à 8 %). Toutefois, la population autochtone continue d'accuser un retard considérable comparativement à la population non autochtone (23 %), et cet écart se creuse depuis 1996 (voir la figure 4).

Figure 4. Proportion d’Autochtones et de non-Autochtones âgésde 25 à 64 ans
qui sont titulaires d’un diplôme universitair
e*, Canada, 1996, 2001 et 2006

La version textuelle de Figure 4 se trouve sur une page.



Marché du travail

En 2006, le taux de chômage des Autochtones âgés de 25 à 64 ans s'élevait à 13 %, soit 8 points de pourcentage de plus que celui des non Autochtones (voir la figure 5).

Figure 5. Taux de chômage* chez les Autochtones et
les non-Autochtones de 25 à 64 ans, Canada, 1996, 2001 et 2006

Figure 5. Taux de chômage chez les Autochtones et les non-Autochtones de 25 à 64 ans

La version textuelle de Figure 5 se trouve sur une page.

Entre 1996 et 2006, l'écart entre les deux populations a toutefois diminué de 6 %.

Le taux de chômage était encore plus important chez les Indiens inscrits vivant dans les réserves (22 %) et chez les Inuit habitant l'Inuit Nunangat, c'est-à-dire les régions visées par des revendications territoriales (20 %).

Revenu

Le revenu médian des Autochtones a augmenté au cours des dix dernières années, mais l'écart de revenu entre les populations autochtones et les populations non autochtones persiste.

En 2005, la moitié des Autochtones gagnait un revenu inférieur à 16 752 $, soit environ 10 000 $ de moins que les non Autochtones (voir la figure 6). L'écart est encore plus important chez les Indiens inscrits vivant dans les réserves, dont le revenu médian (11 229 $).

Figure 6. Revenu médian total* des Autochtones et des non-Autochtones
âgés
de 15 ans et plus, en dollars constants de 2005,
Canada, 1995, 2000 et 2005


Figure 6. Revenu médian total des Autochtones et des non-Autochtones âgés de 15 ans et plus, en dollars constants de 2005

La version textuelle de Figure 6 se trouve sur une page.



Logement

Au cours des dix dernières années, le taux de surpeuplement des logements a diminué au sein des populations autochtones (voir la figure 7). Cependant, en 2006, ce taux était encore trois fois plus élevé chez les Autochtones (4,3 %) que chez les non-Autochtones (1,4 %). Au sein des populations inuites habitant l'Inuit Nunangat, près du quart des ménages (22,8 %) occupe des logements surpeuplés, alors que ce taux s'établit à 12,5 % chez les Indiens inscrits vivant dans les réserves.

Figure 7. Surpeuplement des logements*, ménages autochtones et
non autochtones
, Canada, 1996, 2001 et 2006

Figure 7. Surpeuplement des logements, ménages autochtone et non autochtones

La version textuelle de Figure 7 se trouve sur une page.

Selon les recensements de 1996, 2001 et 2006, la situation du logement s'est très peu améliorée chez les populations autochtones. En 2006, les logements des Autochtones étaient environ trois fois plus susceptibles d'avoir besoin de réparations majeures que ceux des non-Autochtones (voir la figure 8). Chez les Indiens inscrits vivant dans les réserves, plus de quatre logements sur dix (41,7 %) nécessitaient des réparations majeures en 2006, et cette proportion s'élevait à 27,4 % chez les Inuit habitant l'Inuit Nunangat.

Figure 8. Logements nécessitant des réparations majeures, ménages autochtones
et non autochtones
, Canada, 1996, 2001 et 2006

Figure 8. Logements nécessitant des réparations majeures, ménages autochtones et non autochtones

La version textuelle de Figure 8 se trouve sur une page.

Réparations majeures se rapporte à des réparations aux installations de plomberie ou d'électricité défectueuses, à la charpente, aux murs, aux planchers ou au plafond, etc. C'est le jugement porté par les répondants au recensement sur l'état de leur logement.



Bien-être de la population (estimations préliminaires)

L'indice du développement humain progresse chez les Indiens inscrits, mais il demeure sensiblement plus faible que celui observé chez les autres Canadiens (voir la figure 9). [Note 4]. Cet écart est relativement stable depuis 1996 [Note 5].

Figure 9. Indice du développement humain chez les Indiens inscrits et
les autres Canadiens
, 1996, 2001 et 2006

Figure 9. Indice du développement humain chez les Indiens inscrits et les autres Canadiens

La version textuelle de Figure 9 se trouve sur une page.

Les résultats de l'indice du bien-être des collectivités varie considérablement au sein des Premières nations, et les fluctuations sont encore plus marquées que celles observées dans les autres collectivités canadiennes (voir la figure 10). Les écarts de revenu et les différences dans les conditions du logement sont à l'origine de près des deux tiers de ces fluctuations [Note 6].

Figure 10. Indice de bien être des collectivités (IBC) des Premières nations,
et inuites et des autres collectivités canadiennes, 2006


Figure 10.  Indice de bien être des collectivités (IBC) des Premières nations, et inuites et des autres collectivités canadiennes, 2006

La version textuelle de Figure 10 se trouve sur une page.

Sur les 100 collectivités canadiennes affichant le pire classement, 96 sont des collectivités des Premières nations. En 2006, seule une collectivité autochtone a réussi à se hisser parmi les 100 collectivités canadiennes présentant les meilleurs résultats.

Un écart prononcé existe aussi entre les collectivités inuites et les autres collectivités canadiennes. La composante du logement démontre la plus grande disparité, suivie de la composante de l'éducation.

Les valeurs moyennes les plus élevées de l'indice du bien‑être des collectivités des Premières nations en 2006 ont été observées dans les provinces de l'Atlantique et les territoires. En revanche, les valeurs moyennes de l'indice du bien‑être des collectivités des Premières nations étaient les plus basses dans les provinces des Prairies. La figure 11 démontre le grand écart entre les provinces des Prairies et les collectivités des Premières nations de toutes les autres régions.

Les valeurs moyennes des collectivités des Premières nations et des Inuit accusaient un grand retard par rapport aux valeurs des collectivités canadiennes dans toutes les autres régions.

Figure 11. Valeur moyenne, Indice du bien-être des collectivités (IBC) des Premières nations et inuites et des autres collectivités canadiennes, 2006

Figure 11.

La version textuelle de Figure 11 se trouve sur une page.



Nord canadien

D'après le recensement de 2006, les territoires comptent environ 100 600 habitants. Le territoire le plus peuplé est celui des Territoires du Nord-Ouest (41 100 habitants), suivis par le Yukon (30 200 habitants) et le Nunavut (29 300 habitants).

De plus, la population du Nord est particulièrement jeune. En 2006, 42 % des résidants étaient âgés de moins de 25 ans. Leur âge médian est également inférieur à celui du reste de la population canadienne et notamment au Nunavut, où il s'établit à 23 ans (voir le tableau 3).

Tableau 3. Âge médian de la population par territoire, 2006
Nunavut 23 ans
Territoires du Nord-Ouest 31 ans
Yukon 38 ans
Canada 39 ans
Sources : Statistique Canada, Recensement de 2006, tableaux d'Affaires indiennes et du Nord Canada.

Les trois territoires couvrent 40 % de la superficie terrestre du Canada. Ils regroupent 96 collectivités organisées, dont 80 % comptent moins de 1 000 habitants. Environ 45 % de la population du Nord se trouve dans les villes de Whitehorse, de Yellowknife et d'Iqaluit (voir le tableau 4).

Tableau 4. Population des trois principales villes du Nord, 2006
Whitehorse (Yukon) 20 290
Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) 18 510
Iqaluit (Nunavut) 6 085
Sources : Statistique Canada, Recensement de 2006, tableaux d'Affaires indiennes et du Nord Canada.

Plus de la moitié des résidants du Nord est d'origine autochtone; les Autochtones forment environ 25 % de la population du Yukon, 50 % de celle des Territoires du Nord-Ouest et 85 % de celle du Nunavut.

En particulier, les Indiens inscrits représentent les trois quarts de la population autochtone au Yukon et environ les deux tiers de celle des Territoires du Nord-Ouest.

Plus de la moitié des Inuit (58 %) vit dans le Nord. Ils forment en fait la quasi-totalité de la population autochtone au Nunavut. Ce territoire compte d'ailleurs la plus forte proportion d'Inuit, puisque la moitié des Inuit du pays y a élu domicile.

Dans le Nord, les réserves sont à peu près inexistantes. On compte toutefois 16 bandes ou Premières nations au Yukon, 26 dans les Territoires du Nord-Ouest, mais aucune n'a été recensée au Nunavut. De façon générale, ce sont les gouvernements territoriaux qui s'occupent de fournir des programmes et des services à tous les résidants du Nord, y compris aux Autochtones.



Notes en bas de page :

  1. La démographie autochtone - Projections de la population, des ménages et des familles, AINC, 2007, (disponible en ligne) (retourner au paragraphe source)
  2. Guimond, E. 2009. L'explosion démographique des populations autochtones du Canada de 1986 à 2001, University of Montréal, Département de démographie, thèse de doctorat, 209 pages. (retourner au paragraphe source)
  3. Tous les cinq ans, un certain nombre de réserves et de peuplements autochtones ne sont pas inclus dans le recensement parce que le dénombrement y est interdit ou a été interrompu. En 2006, 22 réserves ont fait l'objet d'un dénombrement partiel, ce qui représente toutefois une diminution comparativement à 30 en 2001 et à 77 en 1996. Cela dit, la population de ces réserves n'est pas comprise dans les statistiques du recensement, ce qui entraîne une sous-estimation de la population vivant dans les réserves. Bien que l'on ignore actuellement l'effet de ce dénombrement incomplet, le Registre des Indiens, qui constitue une base de données administrative sur la population d'Indiens inscrits, estime que 56 % d'entre eux vivaient dans les réserves en 2006. Il convient toutefois de noter que les données du recensement et le Registre des Indiens sont deux sources d'information très différentes qui ne peuvent être comparées. (retourner au paragraphe source)
  4. L'indice du développement humain est une version modifiée de l'indicateur du développement humain des Nations Unies qui permet de comparer les niveaux d'éducation, le revenu annuel moyen et l'espérance de vie des Indiens inscrits et des autres Canadiens à l'aide des données des recensements de 1996 à 2006. (retourner au paragraphe source)
  5. Cooke, M. et E. Guimond. 2009. « Measuring changing human development in First Nations Populations: Preliminary results of the 1981-2006 Registered Indian Human Development Index », Canadian Diversity, pages 53-61. (retourner au paragraphe source)
  6. L'indice du bien-être des collectivités mesure le bien-être au niveau de la collectivité; il s'agit donc d'un complément de l'Indice du développement humain des Indiens inscrits qui mesure le bien-être aux échelles nationale et régionale. L'indice du bien-être des collectivités mesure le bien-être en colligeant les données sur le revenu, l'éducation, le logement et la participation au marché du travail pour obtenir une seule « valeur » du bien-être pour chacune des collectivités. (retourner au paragraphe source)