Historique de la mine Giant

Information à propos de l'histoire de la mine Giant.

Découverte d'or dans la région

C'est en 1896 que des prospecteurs, qui avaient mis le cap sur le Nord pour profiter de la manne du Klondike, découvrirent pour la première fois de l'or à Yellowknife. À cette époque, la découverte n'eut aucun écho, car on considérait la région inaccessible.

Mais en 1935, une ruée de prospecteurs gourmands envahit les rives nord du Grand lac des Esclaves, à la recherche du précieux métal jaune. Avec l'arrivée de l'aviation commerciale (avions de brousse), ce coin de pays devint également plus accessible.

Durant l'été de 1935, C.J. "Johnny" Baker et H. Muir jalonnèrent les 21 sites originaux de la mine Giant en vue de leur prospection par la Bear Exploration Company. Ces concessions se trouvaient dans la baie Back du Grand lac des Esclaves et le long de ce qu'on appelle aujourd'hui la route historique Ingraham.

En 1937, la société Yellowknife Gold Mines Ltd. fit l'acquisition des intérêts de la société Burwash, puis créa la filiale Giant Yellowknife Gold Mines Ltd. Mais la société éprouva des difficultés et, en 1940, elle dut interrompre ses activités. La société Frobisher Explorations fit ensuite l'acquisition du site en 1943. Puis la Deuxième Guerre mondiale mit un terme aux activités, puisque l'or ne fut pas jugé comme une priorité stratégique et qu'il manquait également de travailleurs sur le terrain.

Peu après la fin de la guerre, la mine Giant rouvrit officiellement et se mit à produire à pleine capacité. Le premier lingot d'or fut coulé le 3 juin 1948.

De mai à décembre 1948, la mine produisit 8 152 onces (228 kg) d'or à partir de 49 985 tonnes de minerai. Alors que la mine Con située à proximité était également en exploitation, Yellowknife connut une croissance rapide grâce à une industrie minière en pleine effervescence.

Sept millions d'onces (196 000 kg) d'or furent finalement extraites de ces concessions minières, par suite de ce qui s'est révélé l'un des projets d'exploitation aurifère continus les plus durables de toute l'histoire minière du Canada. Malheureusement, cela entraîna également la contamination des sites.

Vous pourriez aussi vous intéresser au lien suivant :

L'histoire de la mine Giant : une occasion en or?

Après que les prospecteurs eurent confirmé la présence d'or dans la région de Yellowknife, la ruée commença vraiment.

Le nom de C.J. « Johnny » Baker est souvent associé à la création de la mine Giant, puisqu'il a travaillé sur le riche claim nouvellement jalonné de Burwash Point.

Il se tenait au bord du lac, de l'autre côté du futur site de la mine Giant. Il était proche de la traînée minéralisée aurifère de Burwash qui lui avait initialement permis de découvrir de l'or. Cette traînée se prolongeait sous le lac jusqu'à la baie Back, et semblait réapparaître sur l'autre rive.

Baker pensa alors que c'est là qu'il fallait chercher. Il commença à prospecter de l'autre côté du lac. Or, cette première traînée ne se prolongeait pas jusque-là, contrairement à ce qu'il pensait. Elle se terminait dans l'eau. Sur l'autre rive, il trouva plutôt un gisement très riche, dont la nature géologique était totalement différente du claim de Burwash.

Ce qu'il allait découvrir avec H. Muir, son partenaire, entraîna la création de la mine Giant, une des mines d'or les plus prospères au Canada. En fin de compte, la découverte de la mine Giant ne fut que le fruit d'un heureux hazard.

La découverte de ces claims jalonnés n'était peut-être pas le fruit du hasard, après tout. Selon les relevés historiques tenus par la Première Nation des Dénés Couteaux-Jaunes, une aînée du nom de Liza Crookedhand découvrit un gros caillou aurifère alors qu'elle ramassait des baies avec deux autres femmes sur les rives nord-ouest de Weledeh-cheh (baie de Yellowknife du Grand lac des Esclaves) – lieu du futur site de la mine Giant. Elle rapporta ce caillou à son camp sur les berges de la rivière Yellowknife. Quand un prospecteur – probablement M. Baker – remarqua le caillou, il l'échangea contre un tuyau de poêle et demanda des détails à propos du lieu de la découverte. Pour en savoir plus : The Giant Gold Mine – Our Story: Impact of the Yellowknife Giant Gold Mine on the Yellowknives Dene - A Traditional Knowledge Report (YKDFNLEC, 2005) (en anglais seulement).

La production d'or — et de poussière de trioxyde de diarsenic

L'or de la mine Giant provient du minerai d'arsénopyrite. Il faut chauffer le minerai à une température extrêmement élevée pour en extraire l'or. Malheureusement, il en résulte un sous­produit hautement toxique : le trioxyde de diarsenic.

Autrefois, la majeure partie du trioxyde de diarsenic était rejetée directement dans l'environnement. Pour éviter cela, on est intervenu en partie en installant, en 1951, un dépoussiéreur électrostatique à froid de type Cottrell, qui éliminait une grande quantité du trioxyde de diarsenic.

Les émissions d'arsenic furent encore réduites, passant de 7 400 kg par jour (en 1951) à 2 900 kg par jour en 1956, grâce à l'ajout au procédé de grillage (en 1955) d'un deuxième « éliminateur » – un dépoussiéreur électrostatique à chaud de type Cottrell.

En 1958, une autre installation de pointe fut ajoutée pour réduire encore plus la production de résidus, à savoir un dépoussiéreur à sacs filtrants de type Dracco, qui fit chuter à 52 kg par jour les émissions atmosphériques d'arsenic en 1959. Au fil des ans, cette valeur a fluctué pour atteindre jusqu'à 300 kilogrammes par jour. Étant donné que la poussière était recueillie au lieu d'être rejetée, il fallait la stocker en toute sécurité. Dans les années 1950, des scientifiques et des organismes gouvernementaux s'entendirent pour la stocker dans des chambres souterraines, qui constituaient selon eux une solution adaptée à long terme. Ils croyaient que, lorsque la mine Giant fermerait pour de bon, le pergélisol naturel présent dans la région se réinstallerait autour des lieux de stockage et emprisonnerait le trioxyde de diarsenic.

Dans les années 1980, la société Koppers Corp., de Pittsburgh (Pennsylvanie), acheta à la mine Giant 6 700 tonnes de poussière de trioxyde de diarsenic non traitée en vue de traiter le bois. Toutefois, la majeure partie se trouve encore sur le site, en sous-sol.

La mine Giant a été exploitée à plein régime pendant une cinquantaine d'années, durant lesquelles elle a produit 237 000 tonnes de poussière de trioxyde de diarsenic.

Les derniers jours de la mine Giant

Au fil des ans, la mine Giant est passée entre les mains de différents propriétaires. La société Giant Yellowknife Mines, Ltd., filiale de Falconbridge, en fut propriétaire de 1948 à 1986. Puis ce fut le tour de Pamour, de 1986 à 1990.

En 1990, Royal Oak Resources Ltd. en fit l'achat et constitua la société Royal Oak Mines Inc. En mai 1992, des travailleurs d'une section locale de TCA-Canada entreprirent une grève et, en septembre de la même année, alors que la grève se poursuivait, une explosion souterraine préméditée entraîna la mort de neuf mineurs. La grève prit fin en décembre 1993.

En 1997, on a organisé un atelier technique afin de discuter de la gestion de la poussière de trioxyde de diarsenic entreposée dans la mine Giant. Y ont participé des représentants des entités suivantes :

En 1999, la société Royal Oak Mines Inc. a été mise sous séquestre. Les tribunaux ont transféré les droits de propriété de la mine Giant au gouvernement du Canada, représenté par AADNC.

Après 1999, le minerai de la mine Giant n'a fait l'objet d'aucun traitement. Mais, cette même année, le Canada a vendu la mine à Miramar Giant Mine Ltd., filiale de Miramar Mining Corporation, garantissant ainsi que le plus grand nombre possible de travailleurs conserveraient leur emploi à la mine et qu'un exploitant d'expérience et reconnu demeurerait sur place pour superviser l'entretien et la maintenance du site.

Comme condition de vente, le Canada a indiqué que Miramar ne serait pas tenu responsable de l'état dans lequel la mine lui avait été cédée. On a donc attribué à AADNC la responsabilité de veiller au site dans son état actuel, y compris à la poussière de trioxyde de diarsenic stockée en sous-sol.

En 2005, Miramar mine Giant Ltd. a mis un terme à ses obligations en vertu de l'accord de garantie des activités de restauration. La mine Giant est alors devenue officiellement un site minier abandonné.

Date de modification :