Inondations au Manitoba (2011) - Rétablissement des Premières Nations - Évaluation des besoins

Table des matières

1. Introduction

En juin 2013, Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC) a demandé à la Croix-Rouge canadienne (CRC) de mener une évaluation des besoins à long terme des personnes évacuées à la suite des inondations de 2011 au Manitoba. L'évaluation des besoins s'est déroulée sur une période de trois semaines par le personnel qualifié et d'expérience de la Croix-Rouge qui possédait des connaissances spécialisées en matière de secours aux sinistrés et de rétablissement après catastrophe.

L'équipe responsable de l'évaluation a collaboré avec les collectivités dévastées par les inondations, AADNC et plusieurs autres intervenants clés, y compris la Manitoba Association of Native Firefighters (MANFF). Le présent rapport est le fruit du travail de plus de 200 personnes, intervenants et partenaires, dont bon nombre ont participé directement à l'intervention d'urgence. Cette analyse des besoins cernera les lacunes dans le processus de rétablissement après catastrophe, et mettra en lumière les interventions de rétablissement appropriées.

2. Objectif et portée

L'objectif de l'évaluation est de cerner les besoins en matière de rétablissement après catastrophe à long terme de six collectivités des Premières Nations — Ebb and Flow, Dauphin River, Peguis, Lake St. Martin, Pinaymootang, et Little Saskatchewan — qui sont encore aux prises avec les conséquences des inondations de 2011. Le rapport examine aussi les services actuellement fournis aux personnes évacuées par les organismes gouvernementaux, non gouvernementaux et intergouvernementaux.

La portée de l'évaluation couvre les aspects suivants :

3. Contexte

Au printemps 2011, le sud du Manitoba a été frappé par des inondations graves qui se sont étendues du sud de Winnipeg jusqu'à la région d'Interlake. Les inondations ont touché plus de 8 000 personnes et ont provoqué des dommages évalués à des centaines de millions de dollars sur une vaste superficie : du nord, aussi loin que The Pas, au sud jusqu'à la frontière américaine, à l'ouest jusqu'à la Saskatchewan et à l'est jusqu'à Lac Du Bonnet. Les lacs de cette région ont enregistré des niveaux record, notamment le lac Manitoba, le lac Winnipeg, le lac St-Martin, le lac Dauphin, le lac Winnipegosis et le lac des Prairies; dans la région des lacs Shoal, plusieurs lacs sont devenus qu'un seul grand lac. Les rivières Assiniboine et Souris ont atteint un niveau de crue jamais vu en 400 ans, et la rivière Rouge s'est élevée à un niveau qu'elle n'avait atteint qu'à deux reprises au cours des 150 dernières années. Le canal d'évacuation des crues de la rivière Rouge a fonctionné pendant une période record de 66 jours (le record précédent était de 47 jours en 2009). En certains endroits, il a fallu des mois avant que les eaux de crue se retirent.

Les effets dévastateurs sur les personnes, les familles et les collectivités étaient sans précédent. Le centre des opérations d'urgence du Manitoba est demeuré ouvert pendant un temps record de 103 jours, et plusieurs situations d'urgence locales et à l'échelle de la province ont été déclarées (notamment, 70 situations d'urgence locales et 32 ordonnances de prévention). Au total, 35 municipalités et 14 collectivités des Premières Nations de la région ont été touchées. Les conséquences affligeant ces dernières collectivités étaient considérables et les vies de plus de 4 000 personnes ont été perturbées. Actuellement (juillet  2013), quelque 2 000 de ces personnes issues de six collectivités (notamment Ebb and Flow, Dauphin River, Lake St. Martin, Little Saskatchewan, Peguis, et Pinaymootang) sont toujours touchées. Certaines personnes (le nombre exact est inconnu) ont retrouvé leur domicile, même si celui-ci n'est toujours pas redevenu sécuritaire.

Carte du sud du Manitoba montrant les six collectivités des Premières Nations touchées par les inondations
Voir la version textuelle de la Carte du sud du Manitoba montrant les six collectivités des Premières Nations touchées par les inondations

Carte du sud du Manitoba montrant les six collectivités des Premières Nations touchées par les inondations près du Lac Winnipeg, Lac Winnipegosis et Lac Manitoba : Ebb and Flow, Dauphin River, Lake St. Martin, Little Saskatchewan, Peguis, et Pinaymootang.

3.1 Historique de l'intervention

Au Manitoba, deux groupes sont responsables d'intervenir en cas d'urgence. L'Organisation des mesures d'urgence (OMU) fournit des services aux collectivités autres que les Premières Nations alors que la MANFF offre de l'aide aux collectivités des Premières Nations. L'OMU est intervenue dès le début des inondations, et a veillé à la coordination des services pendant la phase d'intervention d'urgence. Ses efforts ont été appuyés par plusieurs autres organisations, dont les autorités de santé régionales, les organismes intergouvernementaux, les organismes non gouvernementaux et la Croix-Rouge.

Au cours de la phase initiale, toutes ces organisations se sont efforcées de répondre aux besoins immédiats des personnes évacuées, et le leadership et la coordination ont été assurés de main de maître. L'OMU et la MANFF ont été en mesure de fournir une aide adéquate et d'autres organisations ont appuyé leurs travaux lorsque des lacunes dans le service étaient à combler. En plus d'offrir une aide d'urgence, AADNC a demandé à la Croix-Rouge de prêter main-forte pour inscrire sur une liste les personnes évacuées des collectivités des Premières Nations du lac Manitoba et du lac Pinaymootang. Cette mesure a permis de faire en sorte que l'évacuation se déroule de manière ordonnée, et de créer un registre servant à réunir les familles ultérieurement. Le conseil de bande de Pinaymootang a aussi demandé à la Croix-Rouge de mettre en place un lieu d'hébergement communautaire au sein de la collectivité afin d'offrir un foyer temporaire aux personnes évacuées jusqu'à ce que l'on trouve un logement approprié permettant de les accueillir convenablement.

L'OMU et la MANFF ont continué de fournir du soutien pendant la phase d'intervention et ont aidé à évacuer les personnes délogées vers des abris temporaires ou permanents.

la MANFF s'est vu confié par AADNC le mandat d'appuyer l'ensemble des Premières Nations évacuées en leur trouvant un abri, que ce soit dans des maisons privées ou des hôtels. En concertant ses efforts avec l'OMU et AADNC, la MANFF a aussi fourni un soutien financier aux personnes évacuées, conformément aux lignes directrices des Accords d'aide financière en cas de catastrophe de Sécurité publique Canada. Les personnes évacuées dirigées vers des foyers privés reçoivent une allocation mensuelle pour couvrir leurs dépenses de logement et les frais accessoires journaliers, comme les dépenses engagées pour les repas et l'hygiène personnelle. Les personnes logées dans des hôtels reçoivent uniquement une allocation permettant de couvrir les frais accessoires, laquelle est versée chaque semaine.

Les repas des personnes évacuées à l'hôtel sont payés au moyen d'un système de coupons géré par les coordonnateurs de la MANFF. L'allocation quotidienne est de 50 $ et les coupons sont fournis pour des heures de repas précises (les collations en soirée sont aussi disponibles). Le taux journalier est actuellement fixé à 4 $ pour les adultes et à 3,20 $ pour les enfants, tant pour les personnes évacuées logées dans des logements privés que dans des hôtels. (L'allocation versée aux personnes évacuées logées dans des maisons était beaucoup plus élevée — soit 20 $ par jour pour un adulte — jusqu'en décembre 2012, lorsqu'elle a été réduite pour correspondre au montant versé aux personnes évacuées logées dans un hôtel.)

Conformément à l'accord entre la MANFF et AADNC, il s'agit des seuls services actuellement fournis par la MANFF aux personnes évacuées.

3.2 Programmes continus de la Croix-Rouge canadienne

La Croix-Rouge canadienne participe à plusieurs forums de coordination et collabore avec des conseils tribaux pour aider les collectivités des Premières Nations. Par ailleurs, elle continue d'offrir du soutien social aux collectivités des Premières Nations et autres collectivités par l'entremise d'une gamme de programmes touchant les problèmes de santé de la collectivité et les problèmes sociaux (par exemple, les programmes de prévention de la violence). La Croix-Rouge canadienne travaille également en partenariat avec d'autres groupes et organismes, comme le conseil tribal des réserves de la région d'Interlake et le conseil tribal de la région de l'Ouest — pour offrir des séances d'information sur des sujets pratiques comme l'élimination de la moisissure, et sur des sujets touchant la santé mentale comme les soins personnels, la gestion du stress, les toxicomanies, la sensibilisation aux gangs et la disponibilité de services communautaires. Plus de 45 séances ont eu lieu, auxquelles ont participé plus de 800 personnes.

En outre, le programme de subventions communautaires de la Croix-Rouge aide les collectivités dévastées par les inondations en leur fournissant les ressources nécessaires pour renforcer la résilience et la capacité communautaire. On offre par exemple des cercles de partage pour les aînés et les jeunes à Dauphin River, le rassemblement de Noël à Lake St. Martin et le déjeuner-causerie des aînés à Pinaymootang. (Toutefois, ces subventions sont rendues possibles grâce aux dons du public reçus durant la crise, et les fonds seront bientôt épuisés.) La Croix-Rouge canadienne participe également à un autre partenariat intéressant avec la MANFF pour offrir aux Premières Nations évacuées des activités récréatives, comme la remise de billets pour des jeux de bingo et des spectacles de cirque.

4. Profil démographique

Renseignements sur la composition sociale des collectivités touchées provenant de Statistique Canada et AADNC. (Des données antérieures fournissent une répartition par facteur démographique mais elles sont moins récentes (2006); l'information d'AADNC est à jour en date de 2013.) Les chiffres du recensement de la population de 2006 de Statistique Canada montrent que la population combinée des six collectivités des Premières Nations couvertes par le présent rapport s'élève à 5 556.

Les chiffres d'AADNC de 2013 indiquent que la population actuelle combinée est de 19 395 habitants. Le plus important segment est celui des jeunes âgés de 5 à 29 ans. Le revenu individuel moyen dans les cinq collectivités (excluant Dauphin River) est de 3 595 $ par année alors que le taux de chômage est de 36,6 %.

Tableau 1 : Facteurs démographiques
  Dauphin River Ebb and Flow Lake St. Martin Little Saskatchewan Peguis Pinaymootang
POPULATION TOTALE (en date de 2006) 84 1 189 505 445 2 513 904
Âge 0 à 4 ans   185 65 50 230 75
Âge 5 à 29 ans   600 245 250 1 085 455
Âge 30 ans et +   400 175 125 1 165 365
             
LANGUE (en date de 2006)   1 185 505 435 2 485 895
Langue maternelle et langues autochtones   26,2 % 37,6 % 24,1 % 3,6 % 43 %
% de connaissance d'une langue   31,2 % 43,6 % 42,5 % 4,6 % 39,1 %
             
NIVEAU D'ÉDUCATION
15 ans et plus (en date de 2006)
  700 320 255 1 745 610
Aucun certificat ni diplôme ni aucune attestation   69,2 % 68,8 % 72,5 % 54,1 % 54,1 %
Diplôme d'études secondaires ou équivalent   15,7 % 10,9 % 9,8 % 16,6 % 15,6 %
             
POPULATION ACTIVE (en date de 2006)   230 130 115 860 225
% sans emploi   32,6 % 30,8 % 30,4 % 30,2 % 58,8 %
             
REVENU MÉDIAN (2006)   7 280 $ 1 636 $ 1 172 $ 3 664 $ 4 224 $
             
POPULATION TOTALE (Mai 2013) 328 2 856 2 438 1 155 9 527 3 091
             

 

5. Façon de procéder

5.1 Contexte

Pour mener à bien cette évaluation, la Croix-Rouge canadienne a non seulement collaboré avec des organisations comme AADNC, la MANFF et d'autres intervenants clés (se reporter à l'appendice A), mais elle a aussi mobilisé plus de 200 personnes provenant des collectivités dévastées par les inondations afin de s'assurer que le rapport reflète les points de vue des personnes les plus touchées. Les données primaires et secondaires, y compris les données qualitatives et les entrevues auprès d'informateurs clés, ont été compilées et examinées. L'analyse qui en résulte est fondée sur la réponse à ces questions :

  • Quels programmes et stratégies sont actuellement en place pour aider les personnes touchées par les inondations?
  • Quels effets à long terme — comme la perte de leur domicile et de leur collectivité — continuent de toucher ces personnes deux ans après les inondations?
  • Quels besoins criants peuvent être cernés (immédiats, court terme et long terme) pour améliorer les efforts de reprise pour les personnes et les collectivités?

L'équipe d'évaluation a eu recours à une diversité de techniques d'enquête pour rassembler de l'information auprès des personnes évacuées, dont des questionnaires, des entrevues individuelles, des discussions en groupes de réflexion et l'utilisation des médias sociaux comme Facebook, Tumblr et Twitter.

Étant donné que l'on estime que la population touchée (dans une étude antérieure de 2013, Red Cross Recovery: Manitobans Working Together Fora Better Tomorrow, Manitoba Floods 2011) est de près de 2 000 personnes, l'équipe s'est efforcée de cerner les points de vue de 100 à 240 personnes. (Sur le plan statistique, un échantillon de 100 personnes procurerait un indice de fiabilité de 90 % et laisserait une marge d'erreur d'environ 8 % alors qu'un échantillon de 240 personnes laisserait une marge d'erreur de 5 %.)

L'équipe de la Croix-Rouge a élaboré un questionnaire (se reporter à l'appendice B) axé sur les cinq domaines d'enquête qui font la norme dans les méthodes de rétablissement reconnues à l'échelle internationale, à savoir : logement, santé, collectivité, mode de subsistance, sécurité et protection. Les questions étaient un amalgame de questions ouvertes et de questions fermées pour permettre aux chercheurs de compiler le plus possible de données. Le tableau ci-dessous montre les questions posées par rapport aux différents domaines.

Tableau 2 : Sujets du questionnaire
SOUS-RÉGION QUESTIONS
LOGEMENT 7, 8
SANTÉ 6, 12, 13, 14, 15
COLLECTIVITÉ 10, 11, 16
MODE DE SUBSISTANCE 1, 2, 3, 4, 5
SÉCURITÉ ET PROTECTION 9
 

5.2 Méthode d'évaluation

Afin de s'acquitter de son mandat de porter secours aux sinistrés ou de favoriser le rétablissement à la suite d'une catastrophe, la Croix-Rouge souscrit à une méthode communautaire habituelle. Comme première étape de la phase de reprise, la Croix-Rouge se rend jusque dans les collectivités et consulte les autorités publiques — une étape cruciale dans toutes les opérations de la Croix-Rouge.

Dans le cas qui nous occupe, l'équipe est tout d'abord entrée en communication avec les chefs et les conseils de l'ensemble des collectivités des Premières Nations afin de se présenter, d'expliquer le processus d'évaluation des mesures de reprise et de solliciter des autorisations pour s'adresser aux personnes évacuées. Étant donné que les personnes concernées sont disséminées sur une vaste superficie géographique, les dirigeants ont recommandé que l'équipe de la Croix-Rouge interagisse avec les collectivités en effectuant des visites et des réunions en personne, en organisant des rassemblements et en recourant aux médias sociaux.

Au cours d'une période de trois semaines qui s'est déroulée du 20 juin 'au 11 juillet, l'équipe d'évaluation s'est rendue dans cinq collectivités (sauf celle d'Ebb and Flow). Les entrevues ont été réalisées, de façon individuelle ou en groupe, dans les collectivités elles-mêmes (avec les personnes qui y étaient demeurées pendant les inondations ou qui y étaient retournées) ou à l'extérieur des collectivités (avec les personnes qui ont été réinstallées). On a demandé aux répondants de remplir un questionnaire; s'ils en étaient incapables, un membre de l'équipe posait les questions verbalement. Le questionnaire a aussi été mis en ligne : un lien vers celui-ci et les coordonnées de l'équipe d'évaluation ont été affichés dans chaque collectivité par l'entremise de leurs dirigeants et de pages Facebook.

5.3 Informateurs et intervenants clés

L'objectif de l'évaluation était de s'adresser directement au plus grand nombre possible de membres de la collectivité de même qu'aux principaux intervenants et partenaires mobilisés par l'intervention. L'équipe de la Croix-Rouge a expliqué le processus d'évaluation à toutes les personnes et groupes concernés dans le cadre de son processus d'entrevue. Les questions posées aux intervenants et aux partenaires étaient axées sur les thèmes suivants :

  • Les difficultés et réussites qu'ils ont rencontrées lors du processus de rétablissement.
  • Leur rôle ou mandat actuel pour aider les collectivités des Premières Nations.
  • Les plans pour l'avenir.
  • Leurs perceptions à l'égard des besoins en matière de rétablissement des Premières Nations.

L'équipe d'évaluation a examiné certains facteurs lorsqu'elle a décidé quelle priorité accorder aux rencontres avec les intervenants (se reporter à l'appendice C). Les deux principales composantes étaient les suivantes :

  • La valeur de l'information que les personnes ou les organisations peuvent fournir. Cette information pourrait être triangulée avec des données primaires et secondaires d'autres sources pour confirmer les faits et valider les hypothèses.
  • La valeur du partenariat actuel ou futur de l'organisation avec la Croix-Rouge, jumelée avec la volonté de renforcer ou d'établir une relation dans l'avenir.

Ces facteurs ont été utilisés pour cerner certains niveaux de priorité, par rapport aux besoins d'obtenir l'avis de personnes ou de groupes, tel qu'expliqué ci-dessous.

Priorité de niveau A

  • Personnes et collectivités des Premières Nations touchées par les inondations.
  • Organismes participant étroitement ou directement aux efforts d'aide des collectivités.

Priorité de niveau B

  • Organismes dont la participation aux mesures d'intervention est limitée.

Priorité de niveau C

  • Organismes dont la participation aux mesures d'intervention et au processus de rétablissement subséquent est très limitée.

6. Constatations

Étant donné que les ressources publiées sur les besoins des personnes touchées par les inondations étaient limitées, la Croix-Rouge a interrogé plusieurs organismes qui avaient mené leurs propres évaluations. Ces organismes ont partagé l'information qu'ils avaient à leur disposition (même si bon nombre de leurs rapports étaient réservés à un usage interne, et que certains renseignements pouvaient uniquement être partagés verbalement). On a aussi examiné plusieurs documents de la Croix-Rouge sur le profil démographique de la collectivité, les systèmes de reprise et les besoins.

Les constatations de l'équipe ont été structurées selon cinq domaines d'enquête habituels énumérés précédemment : collectivité, logement, santé, sécurité et protection et mode de subsistance. Ces facteurs sont considérés comme essentiels aux besoins en matière de rétablissement d'une collectivité. La portée de ces catégories est générale et n'est pas mutuellement exclusive étant donné que certains besoins chevauchent plusieurs catégories.

Il se dégage des discussions de l'équipe avec les personnes, les dirigeants communautaires et les intervenants que les données qualitatives, ou anecdotiques, s'avéraient tout aussi importantes que les données quantitatives. En conséquence, une pondération équivalente a été accordée aux questionnaires et aux réponses obtenues au moyen des discussions. Au total, 47 intervenants clés ont été interrogés, ce qui représente 24 organismes et près de 50 personnes participant aux opérations de reprise. En plus, 195 questionnaires ont été reçus des membres des Premières Nations touchées.

Bon nombre des récits compilés pendant la phase d'évaluation, en plus des opinions des intervenants clés ont indiqué la « perte de la collectivité » comme l'un des griefs les plus fréquents qu'ils ont entendus. Les deux autres plus importants problèmes étaient ceux du logement et de la santé.

6.1 Collectivité

L'un des thèmes majeurs qui se dégage de l'évaluation des besoins est la perte de la collectivité. Il s'agit d'un problème tout particulièrement ressenti dans les collectivités des Premières Nations en milieu rural où les liens de parenté demeurent forts.

La séparation de la famille et des amis, l'incapacité d'exercer sa culture, la perte des systèmes de croyances, la dévastation du paysage naturel et le manque de contact avec leurs terres traditionnelles — voilà tout autant de problèmes qui ont touché ces personnes. La frustration de leur besoin d'avoir un lien avec leur collectivité et le sentiment connexe de perte d'identité a eu un effet grave sur la résilience et le mieux-être de bon nombre de personnes : ces problèmes contribuent à une gamme de problèmes en santé mentale, comme la dépression. Les besoins non satisfaits en ce qui a trait à la collectivité ont été cités deux fois plus souvent par les répondants que le deuxième problème en importance, la santé.

Parmi les personnes interrogées, environ la moitié ont indiqué qu'elles avaient encore des occasions de se réunir. Toutefois, bon nombre ont exprimé des préoccupations à l'égard de leur désir frustré d'établir des liens avec les autres et de leur sentiment de perte de la collectivité. Une femme dans la soixantaine a expliqué qu'elle avait vécu de « l'isolement » et une « perte de liberté ». Elle a ajouté que plusieurs hommes sentent qu'ils ont perdu leurs amis : « Ils ne sentent pas de sentiment d'appartenance à un nouveau lieu, sont très stressés et désirent retourner chez eux».

Dans un des groupes de réflexion, on a mentionné le manque de communication par rapport à la perte de la collectivité. Les participants ont eu de la difficulté à entrer en contact avec les coordonnateurs communautaires, la MANFF, et leurs chefs et conseils, et à le demeurer.

Une femme dans la quarantaine a expliqué qu'elle était revenue dans la réserve après avoir été évacuée afin que ses enfants puissent fréquenter leur école habituelle; cependant, l'état des routes était si médiocre dans la réserve qu'ils n'ont pas pu non plus fréquenter l'école. Elle continue de se rendre aux rassemblements communautaires à l'école, même si ses enfants ne sont plus d'âge scolaire, simplement pour avoir des liens avec les autres. Une autre femme du même âge raconte : « Nous avons été déplacés. Nous avons perdu la communication. Nous ne nous voyons plus aussi souvent. Nous avons perdu plusieurs aînés et jeunes. Nos rassemblements familiaux n'existent plus. Nous avons tout perdu. »

Tableau 3 : Réponse à la question no 11 :
« Quels changements votre famille a-t-elle vécus à la suite des inondations? »
THÈME NOMBRE DE RÉPONSES
LOGEMENT 29
SANTÉ 35
COLLECTIVITÉ 4
MODE DE SUBSISTANCE 71
SÉCURITÉ ET PROTECTION 1
 

6.2 Logement

L'équipe de recherche a interprété le terme « logement » selon son sens le plus général, à savoir, un milieu de vie sûr, sans danger et sain, plutôt qu'un logement permanent ou temporaire. (Certaines des personnes déménagées vers des logements permanents ont indiqué que les résidences n'étaient pas de véritables chez-soi; les nouvelles résidences contribuaient uniquement à leur sentiment de fragmentation.) Pour bon nombre de personnes, leur sentiment d'appartenance à la collectivité est étroitement lié à leur logement. Deux ans après les inondations, les questionnaires et les discussions en groupes ont révélé que la situation du logement continue d'affecter la santé mentale et le sentiment de mieux-être des personnes.

L'équipe d'évaluation s'est entretenue avec des personnes qui étaient retournées ou restées à leur domicile durant la période de deux ans. Puisqu'elles n'étaient plus considérées comme des personnes évacuées, ces personnes recevaient peu de services sinon aucun. Toutefois, l'état précaire de leur domicile (en raison de la moisissure, des dommages causés par l'eau et l'eau non potable) expose ces personnes et leur famille à des risques pour la santé. De plus, ces personnes sont aussi affectées en ce qui a trait à la collectivité, le mieux-être et la sécurité et la protection.

À propos de la situation après l'inondation, un homme dans la cinquantaine raconte : « Nous vivons dans un logement condamné où les planchers pourrissent. L'eau n'est plus potable. Le plan du gouvernement d'établir une ville avec des maisons cloisonnées n'est pas acceptable pour nous ».

La perte de leur logement et de leurs biens était la réponse la plus fréquente à la question no 14 : « Quelle est votre plus importante perte? » Elle a été citée deux fois plus souvent que la perte de sentiment d'appartenance à la collectivité. La plupart des répondants occupaient des logements locatifs.

Parmi les répondants interrogés, 18 restaient dans des hôtels. Il y avait une division entre les personnes qui estimaient que leur logement actuel répondait à leurs besoins et celles qui étaient d'avis contraire. En ce qui a trait aux plans d'hébergement à long terme, 74 des 194 répondants ont indiqué qu'ils avaient quitté la réserve mais prévoyaient y retourner; 64 n'étaient pas certains et 34 prévoyaient y rester.

Tableau 4 : Réponses à la question no 14 :
« Quelle est votre plus importante perte à la suite des inondations et comment vous y adaptez-vous? »
THÈME NOMBRE DE RÉPONSES
LOGEMENT 90
SANTÉ 12
COLLECTIVITÉ 8
MODE DE SUBSISTANCE 50
SÉCURITÉ ET PROTECTION 1

6.3 Santé

Chacune des six collectivités des Premières Nations était dotée d'un système de santé local dirigé par un directeur de la santé communautaire qui aiguillait les patients vers des cliniques externes et les hôpitaux lorsque nécessaire. Les inondations ont interrompu ce système et les directeurs de la santé ont été déménagés — certains sont encore évacués à ce jour. En conséquence, la pression sur les établissements de soins de santé locaux est importante et a été observée par plusieurs intervenants et dirigeants communautaires. (Pinaymootang fait exception, car la collectivité a été en mesure de maintenir son propre système et même d'offrir des services de santé aux collectivités avoisinantes.)

Pour bon nombre de personnes évacuées, le fait d'être déplacées de la réserve pour être réinstallées dans le sud de la province (particulièrement à Winnipeg) signifie que le manque d'accès à l'information sur la santé est un problème récurrent. Plusieurs personnes n'ont aucune idée de la façon d'obtenir des services de santé à l'extérieur de la réserve; elles affirment avoir de la difficulté à savoir comment accéder aux services dont elles ont besoin lorsqu'elles ne sont plus appuyées par leurs directeurs de la santé de la collectivité.

En réponse à la question no 6 — « Quel est votre degré d'optimisme à l'égard de l'avenir? » — 161 des 194 personnes évacuées (soit 83 % des répondants) ont dit qu'ils étaient « un peu » ou « très » optimiste. Un peu plus de la moitié des répondants (105) ont affirmé que leur état de santé était demeuré le même ou s'était amélioré (question no 12) et la plupart ont indiqué qu'ils avaient été en mesure d'accéder aux services de santé dont ils avaient besoin (question no 13). Le problème le plus fréquemment mentionné est la gestion des problèmes de santé chroniques. En outre, en ce qui concerne les personnes qui vivent encore dans la réserve ou qui ont réintégré leur domicile, l'un des risques graves pour la santé était la salubrité et la qualité de l'eau — et dans certains endroits, il s'agissait déjà d'un problème avant les inondations.

Les changements de régime alimentaire comptent parmi les préoccupations de santé les plus fréquemment mentionnées, en particulier chez les personnes évacuées qui ont été incapables de se procurer des repas traditionnels sains et ont dû plutôt consommer des repas de restauration rapide à l'hôtel. Ces personnes ont signalé une augmentation des symptômes de diabète et d'hypertension. Ces changements de régime alimentaire ont affecté leur mieux-être mental et culturel de même que leur santé physique : elles n'étaient plus en mesure de chasser ou de pêcher pour compléter leur régime alimentaire comme elles le faisaient auparavant.

Un autre domaine de préoccupation soulevé fréquemment est l'impact psychosocial rattaché au fait d'être déménagé et séparé de la famille et des amis. Plusieurs répondants ont mentionné qu'un atelier sur le counselling et le deuil, tenu plus tôt en 2013, avait connu un franc succès et ont expliqué qu'ils aimeraient qu'un plus grand nombre de mesures de soutien de cette nature soient mises en place pour traiter les problèmes continus (de même que du soutien pour les traumatismes résultant des inondations). Bon nombre de personnes ont exprimé leur intérêt véritable et la nécessité d'obtenir de l'aide pour gérer leur anxiété et leur stress.

6.4 Sécurité et protection

Au cours de l'évaluation, un petit nombre de personnes évacuées ont indiqué qu'elles se préoccupaient de la question de la sécurité et de la protection. Ce point de vue a été confirmé par les intervenants clés qui fournissent des services liés à la sécurité, et qui ont été contactés par les personnes évacuées qui se préoccupaient de ce problème. Le problème le plus important semble être le risque pour les jeunes —particulièrement ceux déménagés dans les centres urbains comme Winnipeg — de se joindre à des gangs, de consommer des drogues ou d'utiliser des armes (et de ramener ces problèmes dans les réserves). Que ces risques soient réels ou simplement perçus, ils ont été mentionnés à plusieurs reprises. Certains répondants ont indiqué que les possibilités de s'engager dans des comportements aussi négatifs sont beaucoup moins fréquentes dans les réserves; ils se sont dits préoccupés à l'égard d'un éventuel changement de culture et de l'impact possible sur les générations futures.

Parmi les autres préoccupations relatives à la sécurité soulevées par certaines personnes, notons les risques pour la santé que représentent les moisissures, l'eau contaminée et l'émergence d'un plus grand nombre d'animaux sauvages dans les collectivités à la suite des inondations.

6.5 Mode de subsistance

La question du mode de subsistance touche les besoins actuels et futurs relatifs aux capacités, aux biens et aux activités des personnes leur permettant de générer des revenus et de subsister, y compris les questions comme l'éducation, la formation et l'emploi.

Selon Statistique Canada, plus de la moitié des personnes touchées par les inondations sont prestataires d'aide sociale et seulement 25 % ou à peu près ont un emploi. Deux ans après l'événement, une proportion importante des collectivités continue de vivre d'aide financière. En réponse à la question no 3 — « Vous en coûte-t-il plus aujourd'hui qu'avant les inondations de 2011 pour vivre? » — 86 % des personnes évacuées ont indiqué que le coût de la vie était supérieur à ce qu'il était avant la catastrophe. Cette augmentation découle en partie des dépenses liées au mode de vie urbain, et au fait de ne plus avoir accès à la famille élargie pour obtenir de l'aide et du soutien. Cette augmentation du coût de la vie a aussi provoqué une augmentation du stress, de l'anxiété et un sentiment général d'incertitude et de désespoir à propos de l'avenir.

Plusieurs répondants ont indiqué que l'argent n'a jamais été un problème lorsqu'ils vivaient dans leur domicile sur la réserve; d'autres ont fait état de leur perte de revenu en raison d'emplois saisonniers comme la pêche ou la chasse. (L'inondation a touché les territoires de pêche et les terres de chasse traditionnelles, et a fait fuir les animaux et poissons.) Certaines personnes ont indiqué qu'elles ont dû demeurer dans les réserves pour conserver leur emploi, même si leur maison avait été inondée ou présentait un problème de moisissure.

En réponse à la question no 2 — « Si vous suiviez une formation ou fréquentiez l'école, votre éducation a-t-elle été interrompue en raison de l'inondation? » — la quasi-totalité des personnes qui fréquentaient l'école avant les inondations ont indiqué que leur éducation n'avait pas été interrompue. À la question no 4 — « Désirez-vous recevoir de la formation? » — la plupart des répondants ont indiqué qu'ils aimeraient poursuivre leur éducation et désiraient recevoir de la formation pour obtenir les compétences nécessaires à l'emploi.

7. Conclusion

À la phase de reprise, la gestion des catastrophes est un processus complexe et un processus crucial pour aider les personnes dont les vies ont été dévastées à retrouver une certaine normalité. Les constatations de l'évaluation donnent à penser que la phase initiale de l'intervention lors des inondations du Manitoba a été gérée de manière efficace. Cependant, une fois passée la phase d'urgence, le processus de rétablissement est devenu fragmenté. Aujourd'hui encore, après deux ans, plusieurs lacunes persistent : la situation des personnes touchées et leurs besoins en matière de rétablissement à long terme continuent de représenter un défi humanitaire.

Il est important de réorienter les efforts de rétablissement et de répondre aux besoins généraux des collectivités des Premières Nations en se dotant d'un plan global — un plan fondé sur le principe directeur voulant que l'on s'assure que la cohésion communautaire occupe une place centrale. Ce recentrement permettra aux partenaires et aux intervenants du processus de rétablissement de retenir des leçons valables au sujet de l'élaboration et de la mise à l'essai de systèmes de rétablissement, en plus de favoriser l'adoption d'un plus grand nombre de pratiques exemplaires.

Certaines leçons apprises de l'expérience du Manitoba ont permis de dégager ce qui suit :

L'analyse suggère que les partenaires et les intervenants du processus de reprise entreprennent quatre démarches principales : soutenir les dirigeants communautaires, mettre en place des mécanismes pour coordonner les services, gérer la santé physique, émotionnelle et sociale des membres de la collectivité et collaborer pour régler les problèmes de logement. Dans le scénario idéal, les efforts déployés à l'avenir devraient être axés sur ces domaines.

7.1 Soutien du leadership pour le rétablissement du sentiment d'appartenance communautaire

Les dirigeants communautaires (comme les chefs et les conseils) doivent recevoir un appui dans leurs efforts visant à rétablir les réseaux sociaux et à créer un milieu sûr pour les membres de la collectivité. Il importe de faciliter le dialogue entre l'ensemble des parties, d'encourager les processus de guérison et de rétablir la confiance collective. Les collectivités dévastées ont un besoin criant de stabilité institutionnelle : elles ont besoin de la présence à long terme d'organismes de soutien. Ces groupes peuvent aider les collectivités à se donner davantage de pouvoirs en développant leurs propres capacités dans des domaines cruciaux comme les ressources d'information, l'éducation, la formation et les compétences à l'emploi. La notion de leadership peut aussi être étendue à la prochaine génération par l'entremise de programmes de développement du leadership chez les jeunes.

7.2 Mécanismes de coordination

Un aspect important des efforts humanitaires n'est pas seulement de bâtir la confiance, mais également de mettre au point des mécanismes de coordination. Les partenaires et les intervenants du processus de reprise doivent jouer un rôle d'agent de liaison entre les collectivités et les intervenants clés (tels les organismes gouvernementaux et les partenaires). L'une des stratégies que l'on pourrait envisager consisterait à désigner une « personne-ressource » sur laquelle la collectivité peut compter pour régler les problèmes préoccupants. Cette personne pourrait aussi contribuer à établir ou à renforcer les relations entre les intervenants et les collectivités, afin de tisser des liens.

7.3 Initiatives de santé

Les collectivités touchées par des catastrophes ont besoin que des efforts concertés soient axés sur la santé physique, émotionnelle et sociale des personnes touchées. Cet accent doit couvrir une grande variété d'éléments — comme les besoins en matière de logement, les structures de santé, les services d'éducation et les ressources d'information — qui sont tous essentiels à la santé et au mieux-être des personnes touchées. Parmi les aspects qui devraient être couverts, notons les suivants :

  • Améliorer la santé et gérer les maladies chroniques au moyen d'activités visant à assurer l'accès aux services de santé, à des mécanismes de soutien social et à des activités de promotion de la santé et du mieux-être (comme les activités récréatives et d'autres modes de gestion de l'anxiété et de stress).
  • Favoriser un sentiment d'appartenance communautaire entre les personnes évacuées, en particulier celles déménagées à Winnipeg. Par exemple, il pourrait être profitable d'organiser des rassemblements communautaires en collaborant avec l'Indian and Metis Friendship Centre.
  • S'assurer que les collectivités et leurs dirigeants savent quels services et programmes de soutien sont disponibles — y compris le soutien des collectivités avoisinantes.

7.4 Questions du logement

En situation de crise, le besoin de se trouver un nouveau logement est impératif pour toute personne. Les personnes déplacées par une catastrophe ont besoin non seulement d'un lieu sain et sûr où vivre, mais également de moyens de maintenir leur dignité. La question du logement touche aussi des problèmes immédiats comme l'accès à de l'eau potable et à une hygiène adéquate, de l'information sur l'élimination des dommages causés par les moisissures et la gestion des eaux usées. Les problèmes à plus long terme comprennent la planification de l'avenir, la construction de nouveaux logements et de structures communautaires.

L'un des besoins liés au logement mis au jour par la présente évaluation est celui d'une certaine forme de liaison entre les organismes fédéraux, provinciaux et communautaires qui fournissent de l'aide aux personnes évacuées. Un autre besoin consiste à mettre en place des mécanismes pour que les personnes participent activement au processus décisionnel touchant les logements dans la collectivité — les décisions relatives aux questions comme celles des autorisations d'emplacement, de démolition, de reconstruction et de construction. Les personnes évacuées devraient-elles déménager dans de nouvelles maisons ou tenter de réintégrer les anciennes? Quelles sont les options relatives au logement en tenant compte des coûts et des besoins? Bon nombre de ces décisions dépendent des mécanismes de financement.

7.5 Étapes suivantes

Comme le révèle la présente évaluation, il n'y a pas encore de plan de reprise complet pour les six collectivités des Premières Nations touchées par les inondations du Manitoba. Ce fait a été évoqué par plusieurs intervenants comme étant la principale raison pour expliquer le soutien relativement fragmenté offert jusqu'à maintenant. Les entrevues et les observations formulées ici montrent que les personnes les plus durement touchées par la catastrophe ont été profondément traumatisées par la perte de leur maison et de leur collectivité. Il est essentiel qu'AADNC adopte un rôle de leader en ralliant les forces des différents organismes de prestation de services dans le but de mettre en place un réseau de rétablissement.

Appendices

Appendice A Liste des entrevues

COLLECTIVITÉS

Lake St. Martin

  • Dennis Cameron, conseiller pour le chef et le conseil LSM

Little Saskatchewan

  • Hector Shorting, chef
  • Albert Shorting, conseiller (social)
  • Rosalind (Lucy) Prudin, conseillère (éducation)
  • Wilfred Anderson, conseiller
  • Leroy Thompson, conseiller
  • Eleanor Shorting, conseillère (secrétaire de séance)

Peguis

  • Glenn Hudson, chef
  • Darlene Bird, conseillère
  • Ryan McCorrister, finances
  • William Sutherland, coordonnateur du centre des opérations d'urgence

Pinaymootang

  • John Sanderson, conseiller
  • Brian Sanderson, conseiller
  • Tammy Woodhouse, coordonnatrice communautaire en cas d'inondation
  • Sandra Thompson, agente financière

GOUVERNEMENT DU MANITOBA

Affaires autochtones et du Nord

  • Paul Doolan, directeur exécutif par intérim

Organisation de gestion des urgences

  • Directeur général par intérim, Organisation des mesures d'urgence
  • Shane McKenzie, gestionnaire, aide financière en cas de catastrophe
  • Christa Jacobucci, directrice par intérim, reprise

Office régional de la santé d'Interlake

  • Doreen Fey, vice-présidente, soins primaires
  • Pat Olafson, directeur régional des services de santé mentale et d'intervention en cas de crise

Office régional de la santé de Winnipeg

  • Nancy Parker, directrice, programme de santé mentale pour adultes et services d'intervention en cas de crise

Assemblée législative du Manitoba

  • Don Norquay, sous-ministre, Partenariats stratégiques

Santé Manitoba

  • Fran Schellenberg, directeur exécutif, santé mentale et soins spirituels, vie saine, consommateurs et aînés
  • Nikki Isaac, spécialiste de programmes, santé mentale et soins spirituels, vie saine, consommateurs et aînés

Bureau de gestion des opérations en cas de catastrophe, Santé Manitoba

  • Gerry Delorme, sous-ministre adjoint, mesures d'urgence, santé Manitoba.

Société des services agricoles du Manitoba

  • Dave Patsack, coordonnateur des services politiques et à la clientèle

Gouvernement du Canada

Affaires autochtones et Développement du Nord Canada

  • Nancy Kearnan, directrice générale régionale associée
  • Stephen White, conseiller principal, région du Manitoba
  • Carmen Kardoes, directrice régionale, gouvernance et développement communautaire, région du Manitoba

Santé Canada, Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits

  • Pam Smith, directrice régionale par intérim
  • Doug Mercer, directeur, programmes de santé et gouvernance
  • Joe Tyson, directeur adjoint, services infirmiers
  • Rick Orto, gestionnaire, santé environnementale
  • Tim Ness, agent, santé environnementale
  • Cameron Barlishen, gestionnaire adjoint, services de santé non assurés

Sécurité publique Canada

  • Cameron Buchanan, gestionnaire régional, gestion des urgences, région des Prairies
  • Nadine Stiller, directrice régionale, Prairies, gestion des urgences et opérations régionales

AUTRES

Association des pompiers autochtones du Manitoba

  • Derek Bushie, agent des opérations d'urgence
  • Branden Gregorchuk, agent d'inscription
  • Jessica Sutherland, logements privés
  • Angel Compton, adjointe, opérations d'urgence

Assemblée des chefs du Manitoba (site Web non disponible en français)

  • Brian Saulnier, gestionnaire de projets, logement et infrastructure

Indian and Metis Friendship Centre of Winnipeg

  • Jim Sinclair, directeur exécutif

Mennonite Disaster Service (Service mennonite en cas de catastrophe)

  • Dan Klassen, représentant du Manitoba

Armée du Salut

  • Debbie Clarke, directrice, services d'intervention d'urgence en cas de catastrophe

Misty Lake Lodge and Conference Centre

  • Retha Dykes, gestionnaire
  • Michael Bruneau, propriétaire

Viewpoints Research Limited

  • Leslie Turnbull, partenaire

Régime de retraite de la Société de Transport (Syndicat du Transport de Montréal C.S.N.)

  • Stacey MacKinnon, Ph.D., département de psychologie

Croix-Rouge canadienne

  • Shawn Feely, directeur
  • Cheryl Baldwin, responsable provinciale, gestion en cas de catastrophe
  • Ellen Fitzsimmons, coordonnatrice, formation et éducation
  • Rebecca Ulrich, responsable provinciale, RespectEd
  • Alvin Patten, équipe de reprise
  • Leanne Wainwright, équipe de reprise

Greg McVicker

  • Ancien facilitateur, services d'aide psychologique de reprise après inondation, IERHA

Annexe B Questionnaire d’évaluation de la croix-rouge 2013

L'objectif du présent questionnaire est d'aider la Croix-Rouge canadienne à déterminer quels sont vos besoins actuels et à long terme à la suite des inondations de 2011. Nous vous rappelons que les résultats de ce sondage demeureront confidentiels.

Nom de la bande :
Âge :
Lieu actuel :
Sexe :
Date :

1. Quelle est votre principale source de revenus?

  • Étudiant
  • Emploi
  • Aide sociale
  • Travail indépendant
  • Autre. Précisez.

2. Si vous suiviez une formation ou fréquentiez l'école, votre éducation a-t-elle été interrompue en raison des inondations?

  • Oui
  • Non

3. Vous en coûte-t-il plus aujourd'hui qu'avant les inondations de 2011 pour vivre?

  • Oui
  • Non

4. Désirez-vous recevoir de la formation?

  • Oui
  • Non

5. Quels sont vos plans à long terme?

  • Rester dans la réserve
  • Retourner à la réserve
  • Incertain
  • Autre. Précisez.

6. Quel est votre degré d'optimisme à l'égard de l'avenir?

  • Beaucoup d'espoir
  • Un peu d'espoir
  • Aucun espoir

7. Dans quel type de logement résidez-vous actuellement?

  • Propre domicile
  • Hôtel
  • Famille/amis
  • Logement loué
  • Autre. Précisez.

8. Est-ce que votre logement actuel répond à vos besoins ?

  • Oui
  • Non
  • Si oui, précisez.

9. Vous sentez-vous en sécurité là où vous vivez présentement?

  • Oui
  • Non
  • Si oui, précisez.

10. Avez-vous l'occasion de vous réunir avec d'autres membres de votre collectivité?

  • Oui
  • Non
  • Si oui, précisez.

11. Quels changements votre famille a-t-elle vécus à la suite des inondations?

12. Votre état de santé a-t-il changé depuis les inondations de 2011?

  • Amélioré
  • AggravéInchangé

13. Êtes-vous en mesure d'obtenir les services de santé dont vous avez besoin?

  • Oui
  • Non

14. Quelle est votre plus importante perte à la suite des inondations et comment vous y adaptez-vous?

15. Veuillez cocher les trois domaines dans lesquels vous estimez avoir le plus besoin d'aide.

  • Logement
  • Finances
  • Transport
  • Santé
  • Emploi
  • Rencontres avec la famille/les amis
  • Vêtements/alimentation
  • Éducation
  • Formation
  • Autre

16. De quelle façon préférez-vous recevoir de l'information? Vous pouvez cocher plus d'une réponse.

  • Courrier
  • Affiches
  • Courriel
  • Médias sociaux (p. ex., Facebook, Twitter, Tumblr)
  • Brochures/bulletins d'information
  • Radio
  • Appels téléphoniques
  • Réunions

Nous vous remercions d'avoir répondu à ce questionnaire.

Annexe C : Détermination de la priorité des intervenants/partenaires

Priorité 1

Collectivités des Premières Nations

  • Chef et conseil, membres de la collectivité, conseiller de l'autorité de santé et personnel administratif du service de santé local, dirigeant principal, conseiller de l'autorité en matière de logement et personnel administratif de l'autorité locale en matière de logement, écoles des PN
    • Rivière Little Black
    • Manto Sipi
    • Pinaymootang *
    • Dauphin River *
    • Première Nation d'Ebb and Flow
    • Peguis*

Organisations autochtones

  • Association des pompiers autochtones du Manitoba
  • Conseil tribal des réserves de la région des lacs
  • Conseil tribal de la région de l'Ouest
  • Assemblée des chefs du Manitoba (site Web non disponible en français)
  • Grand chef du Manitoba

Organismes fédéraux

  • Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC)
  • Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits, Santé Canada
  • Sécurité publique Canada

Entités provinciales

  • Affaires autochtones et du Nord du Manitoba
  • Santé Manitoba, Bureau de gestion des opérations en cas de catastrophe
  • Organisation des mesures d'urgence (OMU)
  • Ministère des Services sociaux (services à la famille)

Lieux des refuges des clients

  • Misty Lake Lodge*
  • Ashern Motor Inn*
  • Fort Garry Estates
  • Garden City
  • Interim Village
  • Interlake Motel
  • Club Regent
  • Mainstay Suites Hotel*
  • Place Louis Riel Suite Hotel
  • Portage La Prairie
  • Riviera Campground
  • Thriftlodge Hotel
  • Victoria Inn Hotel and Convention Centre*

Priorité 2

  • Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba;
  • Manitoba Farm and Rural Support Services
  • Ministère de l'Éducation de l'Alberta
  • Armée du Salut
  • Office régional de la santé de Winnipeg
  • Société des services agricoles du Manitoba
  • Police tribale

Priorité 3

  • Santé Manitoba
  • Office régional de la santé de la région de l'Est
  • Office régional de santé du Nord des Prairies
  • Gérance de l'eau
  • Mennonite Disaster Services (MDS)*
  • GRC
  • Société canadienne d'hypothèques et de logement
  • Conseils scolaires
  • Ville de Winnipeg
  • Manitoba Addictions Foundation
  • Samaritan's Purse

Abréviations

AADNC Affaires autochtones et Développement du Nord Canada
ANA Affaires autochtones et du Nord (ministère provincial)
AMC Assemblée des chefs du Manitoba (site Web non disponible en français)
SCHL Société canadienne d'hypothèques et de logement
CRC Croix-Rouge canadienne
AAFCC Accords d'aide financière en cas de catastrophe
OMU Organisation des mesures d'urgence
DGSPNI Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits, Santé Canada
IERHA Interlake-Eastern Regional Health Authority
IMFC Indian and Metis Friendship Centre of Winnipeg
IRTC Interlake Reserves Tribal Council Inc.
ORSI Office régional de la santé d'Interlake
MANFF Manitoba Association of Native Firefighters
MAAIRM Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba
SSAM Société des services agricoles du Manitoba
MDS Mennonite Disaster Service (Service mennonite en cas de catastrophe)
ODM Office of Disaster Management, Manitoba Heath
ASPC Agence de la santé publique du Canada
SPC Sécurité publique Canada
CTWR Conseil tribal de la région de l'Ouest
 
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