Cérémonie de dévoilement du vitrail - Wilton Littlechild, commissaire de la Commission Vérité et Réconciliation

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Transcription : Wilton Littlechild, commissaire de la Commission Vérité et Réconciliation

Greg Rickford : Merci, Christi, et merci, cher l'aînée While pour cette belle chanson. En 2009, aux côtés du juge Murray Sinclair et de madame Murray Wilson, le chef Wilton Littlechild a été nommé commissaire à la Commission de vérité et réconciliation. Le commissaire Littlechild est un ancien élève, un avocat réputé et un ardent défenseur des droits des Autochtones. Il a été député de Wetaskiwin-Rimby de 1988 à 1993. J'invite le commissaire Littlechild à nous adresser la parole au nom de la Commission.

Wilton Littlechild : (En langue autochtone). Au nom de mes collègues commissaires, le juge Murray Sinclair et madame Murray Wilson, je vous remercie tous d'être présents aujourd'hui, tout particulièrement nos distingués invités qui nous font un grand honneur. Cependant, j'ai le coeur lourd aujourd'hui. Plus tard ce matin, dans ma collectivité, nous rendrons un dernier hommage à deux survivants des pensionnats indiens, ma tante Helen Gladu et un de mes anciens camarades d'école, un entraîneur de hockey, Clark Cutknife. Permettez-moi donc de leur dédier quelques mots, ainsi qu'à toutes les personnes qui nous ont quittés pour poursuivre leur voyage spirituel, particulièrement les enfants.

Je veux débuter en remerciant Christi Belcourt pour son extraordinaire vision et sa capacité de rendre de façon si respectueuse les séquelles laissées par les pensionnats indiens. Sa créativité nous permet d'avoir une nouvelle perspective sur le Canada grâce à ce nouveau vitrail. En tant qu'ancien élève d'un pensionnat indien, d'ancien député et d'actuel commissaire à la Commission de vérité et réconciliation, je veux vous dire à quel point la cérémonie d'aujourd'hui est importante, terriblement importante et appréciée. Au cours des trois dernières années à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, nous avons déterré la vérité. Nos travaux ont été guidés en partie par les excuses présentées par le très honorable Stephen Harper, premier ministre, au nom du gouvernement du Canada et, en fait, de tous les Canadiens, lorsqu'il a parlé de prendre un nouveau départ et d'aller de l'avant en partenariat.

Ces excuses étaient une façon positive de renouveler et de tirer profit de la relation découlant des traités, qui est un fondement si important pour le Canada. Depuis, lors de nos audiences auprès d'anciens élèves, nous avons entendu maintes fois parler de fenêtres. L'histoire d'enfants qui regardaient par la fenêtre au pensionnat en attendant et en espérant que leurs parents viennent les chercher. Les enfants qui ont pleuré quand personne n'est venu, surtout à Noël ou lors d'autres fêtes. Les enfants à qui on a dit, parfois en les tirant par les cheveux pour les éloigner, « éloigne-toi de cette fenêtre » ou « tes parents ne viendront pas de toute façon ». Les enfants qui fixaient l'obscurité ou qui regardaient au loin, en pleurant silencieusement, parce qu'ils se sentaient si seuls et s'ennuyaient trop de la maison.

On raconte parfois l'histoire de ce petit garçon. Encore de nos jours, on le voit à la fenêtre d'un ancien pensionnat indien au Manitoba et on peut aussi l'entendre pleurer. J'étais un de ces garçons, et c'est à tous ces enfants que nous dédions ce vitrail. Nous dédions aussi ce vitrail aux gens qui nous ont raconté comment ils ont souri et ri, comment ils n'ont pas pu retenir leurs larmes de joie lorsqu'ils ont vu leurs parents ou grands-parents venus les visiter ou les ramener à la maison.

Vous comprenez, ce vitrail est très spécial. La commissaire Wilson, au début de notre mandat, nous a dit que nous avions besoin d'un monument national pour honorer les enfants. Alors pour nous tous, Autochtones et autres Canadiens, le vitrail est une perspective unique sur le Canada. Il nous permettra de nous souvenir que l'épisode des pensionnats indiens est une histoire canadienne. Le vitrail offre une occasion unique, comme le disait le premier ministre dans les excuses, « …d'éduquer tous les Canadiens. Il s'agira d'une étape positive dans l'établissement d'une nouvelle relation. » Si nous nous tournons vers l'avenir, nous voyons que ce vitrail éclairera un nouveau chemin, la voie vers la réconciliation. Il permettra d'éclairer tous nos esprits afin que nous collaborions à bâtir un meilleur Canada, un Canada plus inclusif. Le vitrail est, et demeurera, pour nous tous, une invitation quotidienne à passer à l'action. (En langue autochtone). Merci beaucoup.

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