Stephen Inglis, président du comité de sélection, parle du processus de sélection de l'artiste

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Nous avons essayé de former un groupe de personnes très compétentes pour le comité de sélection, et nous nous sommes fiés à leurs années d'expérience avec les artistes métis, inuits et des Premières Nations du Canada. Certains d'entre nous avaient une formation en conservation; d'autres avaient dirigé de grandes institutions. Nous avions tous été liés d'une manière ou d'une autre au domaine des arts des Premières Nations. Nous avons utilisé notre propre expérience et nous nous sommes informés sur la question des pensionnats indiens. Nous avons examiné l'endroit où le vitrail allait être installé, et nous avons laissé nos sentiments nous guider pour déterminer quels artistes étaient vraiment en mesure de relever ce défi.

Dix artistes auront dix perceptions ou idées différentes. C'est évidemment ce que nous avons constaté lors du processus de sélection. Nous avons pensé que non seulement le concept de Christi illustrait le sujet de manière très intéressante et de façon plutôt narrative, mais aussi qu'il puisait dans le vocabulaire artistique du vitrail. Le concept se marie très bien à cette technique, et nous trouvions très intéressant de comparer ce dessin, avec son thème particulier, aux vitraux qui se trouvent dans les églises ou ailleurs. On a réellement vu une utilisation de la technique et non seulement la représentation du sujet. Par conséquent, je crois vraiment que Christi a très bien saisi le sujet et a proposé un concept qui, selon nous, était non seulement une déclaration sur le thème, mais aussi une amélioration de la technique du vitrail.

Il y a beaucoup de fenêtres au Parlement, et la plupart sont transparentes ou en verre ambré. En réalité, la fenêtre où on a installé le vitrail est seulement la deuxième grande fenêtre à être décorée dans l'histoire récente, la première étant celle qui a accueilli le vitrail du jubilé de diamant de la reine, à l'entrée de l'édifice du Centre réservé au Sénat. Et, par-dessus tout, je crois que pour les Canadiens et toutes les personnes qui visitent le Parlement, ce vitrail montre qu'un rapprochement s'est fait et qu'une nouvelle relation se développe entre les membres des Premières Nations et les autres Canadiens. Le vitrail symbolise les excuses présentées aux membres des Premières Nations ainsi que la détermination de notre pays de réparer les torts causés par cette tragédie. Puis, on réalise aussi qu'une nouvelle relation se développe quand on constate qu'une artiste des Premières Nations et une question touchant les Premières Nations sont présentées au Parlement du Canada, probablement à l'endroit de l'édifice où passent le plus de gens.

Je crois que toute la question des pensionnats indiens a montré à quel point les Canadiens ne connaissent pas bien leur histoire en général. Le chapitre des pensionnats indiens était manifestement un aspect embarrassant caché de notre politique nationale. Aujourd'hui, ce chapitre est connu, et on tente d'en atténuer les répercussions de diverses façons. Je crois que tout au Parlement aide les gens à mieux comprendre l'histoire de notre pays, ce qui ajoute une tout autre dimension au vitrail. J'espère que les gens verront tout cela en regardant le vitrail, qu'ils le trouveront beau et qu'ils auront ensuite envie d'en apprendre davantage sur l'histoire de leur pays.

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