ARCHIVÉE - Barry Smit

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Barry Smit est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en changements climatiques, professeur de géographie à l'Université de Guelph et chercheur principal dans le cadre d'une étude internationale portant sur 20 collectivités du monde circumpolaire. L'étude visait à consigner les moyens que prennent les résidants du Nord pour s'adapter aux changements qui touchent leur environnement.

 

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Transcription du balado : Barry Smit

NARRATION EN FRANÇAIS : Ce podcast a été enregistré à l'Année polaire internationale 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : This podcast was recorded at the International Polar Year 2012 Conference.

NARRATION EN FRANÇAIS : IPY 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : IPY 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : From knowledge to action.

NARRATION EN FRANÇAIS : De la connaissance à l'action.

ANIMATEUR : Les changements climatiques font la une et sont très présents dans nos vies. Barry Smit est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en changements climatiques, professeur de géographie à l'Université de Guelph et chercheur principal dans le cadre d'une étude internationale portant sur 20 collectivités du monde circumpolaire. Depuis plusieurs années, les chercheurs travaillent avec des collectivités nordiques, de la Russie à la Norvège en passant par le Canada et le Groenland, afin de documenter les façons dont les résidants du Nord s'adaptent aux changements qui touchent leur environnement. Le projet s'appelle le projet CAVIAR, et M. Barry Smit a accepté de prendre un moment pour en discuter à l'occasion de la conférence de l'Année polaire internationale 2012, dont le thème est « De la connaissance à l'action ».

00:55

ANIMATEUR : CAVIAR, voilà un nom de projet intéressant. Que signifie-t-il?

INVITÉ : CAVIAR signifie Community Adaptation and Vulnerability in Arctic Regions. Nous voulions un acronyme accrocheur qui décrirait bien le programme de recherche, qui vise à cerner et à documenter en quoi les collectivités sont vulnérables aux conditions changeantes et de quelles manières elles s'y adaptent pour le moment, ainsi que des moyens qu'elles pourraient prendre à l'avenir.

01:26

ANIMATEUR : Sur quoi vous êtes-vous penchés et qu'avez-vous observé?

INVITÉ : Le programme a été lancé dans plus de 20 collectivités du Nord circumpolaire réparties dans huit pays. Toutes les collectivités ont souligné des conditions qui leur sont propres. Parmi les réalisations notables que la recherche a générées, mentionnons qu'elle a montré qu'en adoptant une approche légèrement différente, il était possible d'étudier certains facteurs auxquels les collectivités doivent s'adapter d'un point de vue différent de celui duquel on mène habituellement les travaux scientifiques dans l'Arctique. Nous commençons habituellement par étudier les processus physiques ou biologiques, puis nous tentons de déterminer ce qu'ils veulent dire pour les sociétés et les économies. Pour nos travaux actuels, nous avons choisi de faire l'inverse. Nous parlons d'abord aux collectivités, puis nous tentons de cibler les facteurs qui leur importent. On part donc d'un point de vue communautaire. Il existe des points communs entre les collectivités des pays de l'Arctique. Un de ces points communs est que la plupart de ces collectivités vivent déjà des changements, par exemple dans les conditions environnementales, notamment en ce qui a trait aux ressources dont elles dépendent. Dans certains cas, il s'agit des ressources animales qu'elles chassent. Pour d'autres, il peut s'agir des arbres récoltés ou des pêches à des fins économiques plutôt que de subsistance. C'est une des conclusions communes. Parmi les autres conclusions communes, nous avons remarqué que ces collectivités ne gèrent pas les changements climatiques de manière isolée. Elles vivent les changements climatiques en parallèle avec de nouvelles conditions sociales et économiques et sous l'influence des sociétés plus au sud. C'est pourquoi on peut faire abstraction de ces facteurs quand on étudie les changements climatiques.

03:29

ANIMATEUR : D'accord. Et selon vous, après avoir fait cette étude internationale à très grande portée, quels sont les principaux facteurs de réussite dans l'adaptation des collectivités?

INVITÉ : Les collectivités s'adaptent déjà aux changements. Alors pour ce qui est des petits changements dans les conditions environnementales qu'elles connaissent déjà, elles adoptent une approche réactive. Par exemple, s'il y a moins de caribous dans leur région, elles se tournent vers des espèces plus abondantes, comme le bœuf musqué. Et ça se produit vraiment. Si la glace devient instable sur une route traditionnelle qui mène aux limites de la banquise, où on chasse les animaux marins et où on pêche le poisson, les chasseurs prendront une autre route. Voilà toutes sortes de petites adaptations. Un problème se pose lorsque les changements sont si importants que les approches d'adaptation à petite échelle traditionnelles ne suffisent pas, par exemple quand il n'y a pas de nourriture, c'est-à-dire d'aliments traditionnels, ou que la glace est si instable qu'il est impossible de s'y aventurer. Et maintenant, nous sommes en train de passer d'une dépendance à la motoneige à une dépendance accrue aux bateaux afin d'accéder aux ressources marines.

05:04

ANIMATEUR : Hum. Donc, le projet CAVIAR touchait 20 collectivités du Nord. Comme il est plutôt difficile de débarquer dans une collectivité nordique et de tout bonnement demander aux gens de faire part de leur savoir, comment vos chercheurs et les membres des collectivités ont-ils échangé?

INVITÉ : Oh, c'est vrai. La raison pour laquelle les collectivités choisies participent au projet CAVIAR est que nous avions déjà un chercheur ou une équipe de recherche qui connaissait la collectivité ou qui y avait une certaine légitimité. Alors, oui, nous avons suivi les protocoles habituels et tout auprès des instituts de recherche, mais l'essentiel est que la collectivité accepte les chercheurs en tant que personnes véritablement intéressées par ce qui s'y déroule et ayant le droit d'y être. Notre recherche exige d'ailleurs que nous embauchions des membres de la collectivité parmi nos collègues. En fait, nous sommes parmi les premiers chercheurs à compter des collaborateurs locaux comme coauteurs. Bref, embaucher les gens et les faire participer activement à la recherche est très utile.

06:10

ANIMATEUR : Et à quoi vous attendez-vous comme résultats à long terme pour cette recherche, ou que seront ses effets dans le temps?

INVITÉ : Je répondrai de deux manières. La première, c'est que les collectivités mêmes, parce qu'elles ont participé à ces travaux, ont une meilleure compréhension et une meilleure connaissance des questions. L'autre retombée se fera sentir dans la communauté des chercheurs. Beaucoup d'universitaires qui ont entrepris le projet en tant que jeunes chercheurs, chercheurs à la maîtrise, au doctorat ou au postdoctorat, ont activement participé à tout son déroulement. Ils sont maintenant des chercheurs à part entière et certains se sont fermement engagés à poursuivre les travaux dans l'Arctique, alors je suis persuadé que les travaux se poursuivront.

ANIMATEUR : D'accord, merci.

INVITÉ : Bienvenue.

07:01

ANIMATEUR : C'était Barry Smit, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en changements climatiques, professeur à l'Université de Guelph et chercheur principal dans le cadre d'une étude internationale portant sur 20 collectivités du monde circumpolaire. Le projet CAVIAR a en partie été financé par le gouvernement du Canada. Pour écouter d'autres balados ou visionner des vidéos de la Conférence de l'Année polaire internationale 2012, rendez-vous à l'adresse www.aadnc.gc.ca. Ce balado se trouve également sur iTunes. Merci de votre attention.

 

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