ARCHIVÉE - Gita Ljubicic

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Gita Ljubicic travaille au département de géographie et d'études environnementales de l'Université Carleton. Dans le cadre des recherches menées à l'occasion de l'Année polaire internationale, elle a discuté avec des résidants de trois collectivités du Nunavut afin d'en apprendre davantage sur la glace marine d'une perspective inuite.

 

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Transcription du balado : Gita Ljubicic

NARRATION EN FRANÇAIS : Ce podcast a été enregistré à l'Année polaire internationale 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : This podcast was recorded at the International Polar Year 2012 Conference.

NARRATION EN FRANÇAIS : IPY 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : IPY 2012.

NARRATION EN ANGLAIS : From knowledge to action.

NARRATION EN FRANÇAIS : De la connaissance à l'action.

ANIMATEUR : Le gel et la fonte saisonniers de la glace marine jouent un très grand rôle dans la vie quotidienne des collectivités inuites. Une fois gelée, la glace marine devient une route. Elle facilite les déplacements et elle permet d'aller chasser et pêcher dans des lieux éloignés. Il n'est donc pas surprenant d'apprendre que dans les collectivités inuites, on comprend très bien les changements des conditions de la glace marine. Gita Ljubicic (Ph. D.) travaille au département de géographie et d'études environnementales à l'Université Carleton, à Ottawa. Dans le cadre de sa recherche menée au cours de l'Année polaire internationale, elle a parlé avec des gens de trois collectivités du Nunavut – Pangnirtung, Igloolik et Cape Dorset – pour découvrir la glace marine du point de vue des Inuit. Le projet avait une grande portée. Elle a recueilli des renseignements auprès de chercheurs, de partenaires communautaires et d'experts locaux sur la glace marine. Certaines de ces connaissances ont été utilisées pour créer un atlas en ligne de la glace marine. Mme Ljubicic s'est jointe à nous pour parler de son projet lors de la conférence de l'Année polaire internationale 2012, tenue à Montréal.

01:19

ANIMATEUR : Expliquez-moi comment vous avez commencé vos travaux à Igloolik, à Pangnirtung et à Cape Dorset. En effet, c'est difficile pour un chercheur d'arriver dans une collectivité et d'obtenir que les gens commencent à vous fournir des renseignements. Comment avez-vous bâti une relation avec les membres de ces collectivités?

INVITÉE : Pour débuter, la première chose que j'ai faite c'est de visiter les collectivités pour y mener des recherches préliminaires. Alors, je suis allée rencontrer les organisations locales, par exemple les organisations inuites ou les groupes d'aînés dans chaque collectivité. J'ai proposé mon projet sur la glace marine visant à tirer parti des connaissances des Inuit sur le sujet, et j'ai demandé les commentaires des gens. Le plus important était de voir si les gens de la collectivité étaient intéressés et d'obtenir des commentaires sur la façon de fonctionner. Ces voyages ont donc été absolument essentiels pour créer les relations, les développer et les maintenir au fil du temps.

02:08

ANIMATEUR : Qu'avez-vous fait et comment votre projet a-t-il été perçu par les gens qui connaissent la glace marine?

INVITÉE : Cela a été une expérience très positive. Il a donc été très important de commencer par ces voyages préliminaires. Nous avons pu par la suite faire le suivi des commentaires fournis par les groupes communautaires. Ces groupes avaient cerné un certain nombre d'experts de la glace marine avec qui nous pourrions commencer nos travaux dans chaque collectivité, habituellement des ainés et des chasseurs actifs. Ils souhaitent vraiment que les connaissances soient répertoriées afin qu'elles soient prises plus au sérieux par les scientifiques, mais aussi pour que les jeunes y aient accès plus facilement. Ils sont une grande source de connaissance. Traditionnellement, ces connaissances étaient transmises oralement, et ceci est encore un aspect très très important. Cependant, de plus en plus, il est important pour eux d'avoir une trace écrite de ces connaissances et de les partager davantage dans les écoles, et aussi de les rendre plus accessibles au public.

02:57

ANIMATEUR : Quels types de renseignements avez-vous recueillis auprès des membres des collectivités?

INVITÉE : Nous avons essayé d'apprendre le plus possible sur la glace marine à partir des connaissances des Inuit, nous avons donc touché à un grand éventail de sujets. Un des sujets les plus intéressants et importants était la terminologie en inuktitut pour la glace marine. Afin d'apprendre au sujet de la glace marine du point de vue des Inuit, nous devions vraiment commencer par apprendre la terminologie. Il fallait donc apprendre les mots pour le gel, la fonte, les vents et les courants qui ont un effet sur la glace marine à différents moments de l'année. C'était le point de départ. À partir de ce point, on a beaucoup appris sur les utilisations de la glace marine, sur la glace marine en tant qu'habitat, sur l'observation des changements et sur la manière dont les chasseurs peuvent évaluer si la glace est sécuritaire ou non. Il ne faut pas oublier que c'est un environnement très dangereux, ils doivent donc savoir comment se déplacer sur la glace marine.

03:44

ANIMATEUR : Alors, comment se déplace-t-on sur la glace marine?

INVITÉE : Ils observent certains indicateurs, comme la condition de la neige sur la glace, ils évaluent la direction et la force des vents. Ils cherchent à savoir si les vents pourraient briser la glace ou la déplacer, par exemple le long de la lisière de la banquise. Il est très important de connaître les courants et la période du mois. Par exemple, à la pleine lune, les courants peuvent être beaucoup plus forts; la marée est plus forte, alors ça peut être plus instable sur la glace marine. Les chasseurs cherchent aussi des caractéristiques normales que je ne peux pas nécessairement voir, mais eux sont vraiment habitués de cerner l'horizon pour se rendre à des lieux précis. C'est un environnement très plat, ils ont donc des repères qu'ils ont l'habitude de chercher, mais ces repères ne sont vraiment pas évidents à trouver si tu ne sais pas ce que tu cherches. Pour faire une parenthèse sur la manière dont nous avons recueilli les renseignements, nous nous sommes fondés sur de nombreuses entrevues individuelles, mais les discussions de groupe ont aussi été très importantes. Nous avons fait beaucoup d'expéditions sur la glace marine afin d'avoir une expérience directe de la glace. Nous avons aussi cartographié la glace marine en allant chercher, lorsque possible, l'aide des aînés et des chasseurs. C'était donc une autre façon pour eux de consigner leurs nombreuses connaissances sur la glace marine.

05:02

ANIMATEUR : Quand avez-vous décidé de vous associer à d'autres scientifiques pour créer cette carte en ligne de la glace marine? Parce que pour le commun des mortels, c'est vraiment intéressant de pouvoir aller sur Internet et regarder cette carte.

INVITÉE : Il y avait quelques chercheurs qui travaillaient déjà dans différentes collectivités à des projets similaires. Dans le cadre de l'Année polaire internationale et grâce au financement réservé par le gouvernement du Canada pour la recherche au cours de cette année, nous avons décidé de travailler ensemble pour présenter une demande. Le financement visait des équipes plus nombreuses, et les bailleurs de fonds voulaient réunir les gens qui travaillaient à des sujets similaires. C'était donc vraiment à propos. De toute façon, nous étions déjà tous en contact, alors nous n'avons que formalisé ces relations. L'atlas en tant que tel, l'atlas sur la glace marine, est une partie de ce projet. Grâce à ces collaborations, nous avons été en mesure d'obtenir un appui technique et de l'expertise en développement de la part du Centre de recherche en géomatique et en cartographie de l'Université Carleton. Mon propre poste d'attache est d'ailleurs à l'Université Carleton, alors nous avons travaillé en très étroite collaboration pour relier l'expérience communautaire et les résultats au développement technologique afin de pouvoir afficher les données en ligne.

06:13

ANIMATEUR : Comment croyez-vous que la composante en ligne bonifiera la valeur du projet?

INVITÉE : Les jeunes du Nord sont très au fait de la nouvelle technologie, donc nous cherchions un moyen de partager les renseignements de façon accessible, mais aussi de manière à intéresser les jeunes. Le principal moyen est toujours le transfert des connaissances orales des aînés aux jeunes. Mais pour avoir des résultats plus accessibles dans les écoles ou au public, il était important d'avoir cette composante en ligne. Ce n'est donc pas nécessaire uniquement pour la collectivité. Cette carte est accessible dans tout le Nunavut. C'est donc une valeur ajoutée pour nous, nous pouvons faire part de nos résultats de façon interactive. Ainsi, on montre l'effet de la communication orale et aussi des aspects plus visuels. C'est tellement plus prenant que de seulement lire les rapports ou des résultats de nos travaux présentés de façon académique. Il est aussi beaucoup plus facile de présenter ces données dans les écoles lorsqu'elles sont dans ce format. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement du Nunavut qui élabore actuellement un nouveau programme scolaire. Le gouvernement essaie d'inclure des éléments de l'atlas de la glace marine dans le programme de la 11e année sur « tariuk », soit les océans en inuktitut.

07:34

ANIMATEUR : Comment croyez-vous que votre projet sera utilisé par les résidants d'Igloolik, de Cape Dorset et de Pangnirtung? Croyez-vous qu'ils utiliseront la composante en ligne ou les données de votre recherche d'une manière particulière?

INVITÉE : En fait, c'est ce que nous espérons, et jusqu'à maintenant, nous avons reçu des commentaires très positifs au sujet de l'atlas de la glace marine. Nous avons proposé quelques ateliers dans le cadre du lancement officiel de l'atlas, en mars dernier. Lors de certaines activités du lancement, les aînés pouvaient expliquer ce qu'on trouve dans l'atlas et donner plus de précisions. Les jeunes aidaient les autres à naviguer dans le site. C'était donc un échange très intéressant. Et c'est lors d'échanges comme ça que les apprentissages continus surviennent. Des connaissances plus précises sont aussi acquises.

ANIMATEUR : Merci.

INVITÉE : C'est moi qui vous remercie.

08:19

ANIMATEUR : Mme Gita Ljubicic est titulaire d'un Ph. D. Elle a étudié l'importance, l'utilisation et les changements de la glace marine à Igloolik, à Pangnirtung et à Cape Dorset. Certains résultats de ces travaux se trouvent dans l'Inuit Siku Atlas. La carte se trouve à l'adresse : sikuatlas.ca. Soit S-I-K-U-atlas.ca. Ce projet de recherche a été financé en partie par le Programme canadien de l'Année polaire internationale. Pour écouter d'autres balados ou visionner des vidéos de la Conférence de l'Année polaire internationale 2012, rendez-vous à l'adresse www.aadnc.gc.ca. Ce balado se trouve également sur iTunes. Merci de votre attention.

 

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