Priorité au discours prononcé
Bonjour. Il semble que la salle soit bien comble. Je suis heureux d’être ici pour vous accueillir, au nom du gouvernement du Canada et de tous les Canadiens, à la conférence de l’API 2012 et dans cette belle ville de Montréal.
Pour les Canadiens, le Nord fait partie intégrante de l’identité. Il est non seulement le foyer de nombreuses personnes, au Yukon, dans les Territoires du Nord Ouest et au Nunavut, mais il offre aussi d’extraordinaires possibilités.
Depuis son lancement en 2007, l’Année polaire internationale a réuni des scientifiques, des chercheurs, des décideurs, des membres de l’industrie et des Autochtones pour relever les défis qui se présentent et se pencher sur les moyens de profiter des occasions qui se créent.
Bien que l’Année polaire internationale prenne fin, son héritage laissera des traces pendant très longtemps en raison de la suite de notre engagement collectif à l’égard de la recherche dans l’Arctique. Comme le titre de la conférence l’indique, nous ne faisons que passer « de la connaissance à l’action ». En effet, les connaissances acquises dans le cadre des activités de l’API ont déjà contribué à éclairer les prises de décisions des gouvernements, de l’industrie et des communautés.
L’Année polaire internationale a aussi coïncidé avec la période d’action prise par notre gouvernement pour faire du Nord une priorité au Canada. Les travaux des scientifiques, des Autochtones, des décideurs et des autres personnes participant à l’API nous a aidés à mieux comprendre le Nord de notre pays. Il nous a donné les connaissances nécessaires pour donner suite aux priorités établies dans notre Stratégie pour le Nord. La Stratégie pour le Nord de notre gouvernement reconnaît les occasions offertes par le Nord et nous place en bonne position pour les saisir. Elle est fondée sur quatre piliers qui nous permettront de dégager le plein potentiel du Nord : exercer notre souveraineté; promouvoir le développement économique et social; protéger notre patrimoine naturel; améliorer et décentraliser la gouvernance dans le Nord.
La souveraineté du Canada dans l’Arctique ne date pas d’hier. Elle est bien établie et repose sur un titre historique. Nous continuerons d’exercer notre souveraineté grâce à une bonne gouvernance et à une intendance responsable, particulièrement en ce qui a trait à la grande réserve de ressources du Nord. C’est pourquoi notre gouvernement a beaucoup investi pour cartographier le potentiel en matière d’énergie et de minéraux dans le Nord. Quand nous parlons de l’exploitation de l’abondance des ressources dans le Nord, nous parlons aussi de l’élaboration de règlements, de lignes directrices et de normes qui tirent profit de la science et de la recherche en Arctique, y compris des connaissances traditionnelles. Ceci, dans le but d’appuyer le développement économique durable.
Si on les gère de façon durable, les dépôts de pétrole, de gaz et de minéraux dans le Nord créeront des occasions pour les Autochtones et les autres résidants du Nord, ce qui permettra à de nombreuses générations de prospérer, menant ainsi à des communautés du Nord plus saines et autonomes. Nos engagements à l’égard de la science et de la recherche dans l’Arctique sont sans précédent au Canada. Par exemple, dans le cadre dans sa Stratégie pour le Nord et dans l’énoncé de sa politique étrangère pour l’Arctique, notre gouvernement s’est engagé à construire une Station de recherche du Canada en Extrême-Arctique de calibre mondial. Cette station fournira une présence en tout temps dans la région et sera le cœur du réseau d’installations de recherche dans le Nord canadien.
Le Canada a récemment affirmé son engagement en vue de construire la station de recherche, et au cours des prochains mois, il annoncera les prochaines étapes dans ce projet. Dans la même optique, nous nous sommes engagés à construire un brise glace polaire polyvalent, qui constituera une plateforme scientifique dans l’Arctique, et nous continuerons à investir dans les installations scientifiques du Nord. Nous avons également versé 67 millions de dollars pour soutenir les travaux d’Arctic Net entre 2011 et 2018. Ces investissements ne représentent qu’une fraction de ceux que nous avons réalisés pour faire valoir les intérêts du Canada dans le Nord. Notre contribution à l’API montre également notre engagement envers cette région. Nous avons investi plus de 156 millions de dollars dans l’API, ce qui constitue un des plus grands investissements dans le programme, tous pays confondus, ainsi que l’investissement le plus important jamais réalisé par le Canada en ce qui a trait aux sciences du Nord.
Plus de 1 900 chercheurs canadiens, du milieu gouvernemental ou universitaire et d’organisations non gouvernementales, ont mené des recherches sur plus de 100 sites dans le Nord canadien. Notre investissement dans l’API a permis à plus de 1 800 résidants du Nord et 1 200 étudiants et chercheurs de prendre part à ces projets.
À l’avenir, le Canada continuera à jouer un rôle prédominant dans les sciences de l’Arctique et dans les recherches menées dans cette région tout en collaborant avec d’autres États de l’Arctique pour répondre à des questions d’intérêt commun.
En 2013, le Canada aura à nouveau l’honneur de présider le Conseil de l’Arctique. Nous veillerons à discuter avec les gouvernements du Nord ainsi qu’avec les participants permanents du Conseil afin que ce dernier soit en mesure de répondre aux questions qui se posent dans les régions nordiques. Plus précisément, comme l’indique notre énoncé de Politique étrangère pour l’Arctique, le Canada axera ses efforts sur trois priorités.
Premièrement, nous veillerons à améliorer les dialogues stratégiques au sein du Conseil et à axer les activités de recherche de l’organisation sur les principales questions émergentes. Notre objectif est d’établir des liens entre le résultat des recherches du Conseil et ses travaux stratégiques tout en obtenant des résultats concrets.
Deuxièmement, nous nous emploierons à mieux faire connaître le Conseil et ses travaux. En raison de la visibilité croissante de l’Arctique, il nous incombera de renforcer la perception relativement au Conseil afin que nous puissions améliorer la compréhension des intérêts des États de l’Arctique et des personnes qui y résident.
Troisièmement, nous travaillerons à renforcer l’organisation même afin qu’elle continue de répondre aux besoins des membres du Conseil et de ses participants permanents.
De plus, nous poursuivrons les travaux entrepris avec d’autres partenaires, notamment l’Organisation maritime internationale, le Comité permanent des parlementaires de la région de l'Arctique, le Forum nordique et l’Université de l’Arctique. Cet esprit de partenariat est également mis en valeur dans nos travaux conjoints avec d’autres pays, particulièrement la Russie, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande et l’Islande. Ces travaux visent à réaliser des progrès d’intérêt commun dans les domaines de la mise en valeur des ressources, du commerce, du transport et de la coopération scientifique.
Donc, alors que l’API 2012 tire à sa fin, c’est l’esprit de partenariat et de collaboration des cinq dernières années qui nous permettra d’approfondir notre connaissance collective du Nord et de tirer profit des possibilités de développement économique et social qu’offre cette région. En collaborant, et en respectant le point de vue et les connaissances des résidants du Nord, nous ferons en sorte que les générations futures tirent profit des travaux des chercheurs, des représentants de l’industrie, des responsables de l’élaboration des politiques et des peuples autochtones qui ont fait de l’API un franc succès. Ensemble, nous pouvons poursuivre ces progrès, faire preuve d’une gouvernance responsable, assurer un développement durable et construire des régions polaires solides et saines.
Merci beaucoup.