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Discours prononcé à la Rencontre entre la Couronne et les Premières Nations – Le 24 janvier 2012

Bonjour à tous. Vous êtes remarquablement ponctuels et à l'écoute. Je suis heureux d'être ici avec vous et je suis fier de participer à cet événement historique. Avant de commencer, je tiens à réagir à la tragédie de Burns Lake, en Colombie-Britannique. Je crois parler au nom de tous en disant que toutes nos prières et nos pensées accompagnent les membres de cette communauté.

Je m'intéresse depuis longtemps aux questions d'intérêt pour les Premières Nations. Je m'y suis d'abord intéressé lorsque j'étais dans l'Opposition, puis comme membre du gouvernement et maintenant comme ministre. J'ai été témoin de plusieurs changements au fil des ans. Je trouve encourageant d'avoir pu être le témoin privilégié d'une multitude d'occasions où l'inébranlable leadership des Premières Nations a donné lieu à des changements positifs. Plus important, j'ai aussi été témoin du resserrement de la relation entre la Couronne et les Premières Nations; je crois d'ailleurs que notre rassemblement fait partie intégrante de ce processus.

Nous travaillons ensemble parce que nous avons le désir commun de voir un Canada où l'ensemble des peuples des Premières Nations participent pleinement à la prospérité sociale, économique et culturelle du pays. Nous souhaitons un Canada auquel participent pleinement des communautés des Premières Nations fortes, saines et autosuffisantes, au profit de tous. Je crois cependant aussi qu'il faut reconnaître les nombreux défis qui se dressent sur notre chemin. Bien que les histoires de réussite soient nombreuses, un grand nombre de collectivités se butent encore aux entraves que sont la pauvreté et la dépendance.

Nous voulons surmonter ces obstacles, mais ce ne sera pas une tâche facile et il nous faudra unir nos efforts. Avant d'aller de l'avant, cependant, il nous faut reconnaître l'importance de régler le passé. Les excuses présentées par le premier ministre, au nom de tous les Canadiens, aux anciens élèves des pensionnats indiens marquaient une étape importante de ce processus.

En 2010, notre gouvernement a entériné la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Nous appuyons les principes de ce document de référence et nous croyons qu'ils sont en harmonie avec l'approche du gouvernement à l'égard de la collaboration avec les peuples autochtones. Notre gouvernement a également poursuivi ses travaux avec les Premières Nations de partout au pays dans le but de négocier des traités et des accords sur l'autonomie gouvernementale. À ce jour, 23 accords sur les revendications territoriales globales et deux accords sur l'autonomie gouvernementale ont été mis en vigueur.

En outre, nous avons travaillé ensemble dans le but de mettre en place une législation moderne en matière de gouvernance. Récemment, nous avons collaboré avec le Congrès des chefs de l'Atlantique et l'Assemblée des chefs du Manitoba dans le cadre de la présentation du projet de loisur les élections au sein des Premières Nations. Les options qui seront offertes permettront aux Premières Nations de compter sur des processus électoraux modernes, stables et responsables. Nous continuerons de collaborer avec les Premières Nations en vue de mettre au point des structures de gouvernance modernes qui jetteront les bases de la prospérité à venir dans leurs communautés.

Une autre pierre angulaire de la prospérité des Premières Nations concerne la gestion de leurs terres et de leurs ressources. Notre gouvernement a amorcé la mise en œuvre de plusieurs initiatives visant à soustraire les Premières Nations des entraves imposées par la Loi sur les Indiens, tout en respectant le caractère unique de leurs besoins. La Loi sur la gestion des terres des premières nations offre aux Premières Nations signataires une structure d'autonomie gouvernementale sur leurs terres et les recettes provenant de leur utilisation.

Les Premières Nations seront ainsi en mesure de suivre le rythme des affaires. Hier, j'ai annoncé l'ajout de 18 Premières Nations. Celles-ci s'ajouteront aux 37 Premières Nations qui utilisent déjà leurs propres codes fonciers. Ces 55 Premières Nations ne seront plus retenues par les nombreux obstacles à la gestion foncière associés à la Loi sur les Indiens. Elles se libéreront ainsi d'environ un quart des dispositions de la Loi sur les Indiens.

Notre gouvernement a également pris des mesures historiques pour améliorer et accélérer le règlement des revendications territoriales particulières. Et nos initiatives fonctionnent : depuis 2007, plus de 65 revendications particulières ont été réglées, dont beaucoup étaient en suspens depuis plus de 20 ans. La prospérité économique découlera de la réalisation du potentiel des Premières Nations et, donc, de la libération du potentiel de ses membres.

L'éducation et la formation sont des déterminants pour optimiser l'avantage qu'offrent les possibilités économiques et continuer de renforcer les capacités des communautés des Premières Nations. Nous avons mis en œuvre ou élargi plusieurs programmes visant à améliorer les résultats de l'éducation. Cinq accords tripartites portant sur l'éducation ont été établis. Ces accords favorisent la collaboration et la prise de décisions tripartites à l'égard de priorités communes.

Notre gouvernement a effectué des investissements considérables dans l'infrastructure scolaire. Nous avons investi plus de 800 millions de dollars, qui ont servi notamment à la construction d'au moins 20 écoles et à la réalisation de plus de 250 projets d'infrastructure scolaire. Par ailleurs, en juin dernier, notre gouvernement et l'Assemblée des Premières Nations ont mis sur pied un groupe indépendant, le Panel national sur l'éducation primaire et secondaire des Premières Nations, afin de poursuivre les efforts pour améliorer les résultats de l'éducation. Le Panel publiera bientôt un important rapport.

Nos travaux sur le plan des terres et de l'éducation ne sont pas nos seules réalisations pour faire progresser le développement économique des collectivités des Premières Nations. Nous avons conclu des accords tripartites importants avec six provinces, au profit d'une approche améliorée axée sur la prévention en matière de services à l'enfance et à la famille des Premières Nations. En outre, nous avons établi le Cadre fédéral pour le développement économique des Autochtones, lequel permet de cibler et de coordonner les efforts du gouvernement pour améliorer les résultats économiques.

Nous avons collaboré avec les Premières Nations dans le cadre de l'établissement de l'Administration financière des Premières Nations, qui vise à améliorer l'accès au capital et aux services financiers dont ont besoin les communautés des Premières Nations. L'Administration financière prévoit émettre ses premières obligations plus tard au cours de l'année. Nous avons effectué des investissements pour accroître la participation des Autochtones au marché du travail et à l'économie canadienne. Nous avons récemment conclu un accord tripartite, en Saskatchewan, visant à trouver de nouvelles approches d'aide au revenu, ce qui inclut la prise de mesures actives comme la formation et le perfectionnement des compétences.

Tous les Canadiens tireront profit de la réalisation de telles initiatives, et ce, parce que le pays aura de plus en plus besoin de recourir aux membres des Premières Nations pour occuper des emplois spécialisés. Nous en sommes tous conscients. Il s'agit d'une occasion unique. Nous avons accompli beaucoup ensemble au cours des six dernières années. Nous croyons à l'importance de la réalisation d'investissements ciblés dans des priorités communes et dans l'obtention de résultats. L'indépendance économique ne peut pas être imposée au moyen d'un programme gouvernemental. Elle doit être édifiée à partir de la base.

Elle nécessite dévouement et vaillance. Elle nécessite également une gouvernance concertée et responsable à tous les échelons. Et tout cela s'articule sous l'égide du leadership. Le présent événement a permis de réunir des centaines de leaders qui ont le pouvoir de changer le Canada pour le mieux. Chacun d'entre nous est responsable de collaborer à l'édification d'un avenir où les Premières Nations pourront participer pleinement à la prospérité de notre formidable pays. C'est l'histoire qui déterminera l'importance de cet événement, non pas en jugeant ce qui est dit ici aujourd'hui, mais bien en jugeant ce qui sera fait par la suite et les résultats obtenus. Je remercie chacun d'entre vous.