ARCHIVÉE - Rénovation des programmes à l'appui du développement économique et des terres - Table ronde sur les hommes, les femmes et le développement économique

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Les 12 et 13 octobre 2010
Ottawa (Ontario)

Ce rapport a été produit dans le cadre d'un contrat avec Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) par une entreprise de spécialistes indépendants de contenu de conférence dont la responsabilité était de saisir et de synthétiser aussi exactement que possible les discussions de cette séance d'engagement. Les opinions exprimées sont celles des participants cités et on ne doit pas considérer qu'AINC les endosse.


Table des matières

Rapports sur l'engagement des intervenants

Le Cadre fédéral pour le développement économique des Autochtones, qui a été publié en juin 2009, offre, pour le développement économique des Autochtones, une approche nouvelle et globale qui reflète les possibilités importantes, réelles et de plus en plus nombreuses qui s'offrent pour les peuples autochtones au Canada. Le Cadre prévoit une approche pangouvernementale ciblée qui tient compte des conditions économiques nouvelles et changeantes et qui mobilise les partenariats en vue d'éliminer les obstacles persistants qui empêchent les Autochtones de participer pleinement à l'économie canadienne.

Alors que le Cadre représente une approche moderne et stratégique pour le développement économique des Autochtones, plusieurs des programmes de développement économique offerts par Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) sont en place depuis de nombreuses années et doivent être actualisés de façon à répondre davantage aux besoins uniques des Premières nations, des Métis et des Inuits et à leur permettre de tirer parti des possibilités qui s'offrent à eux.

Conformément à l'engagement pris par le gouvernement du Canada à établir de fructueux partenariats avec des intervenants, Affaires indiennes et du Nord Canada a organisé une série de séances d'engagement nationales et régionales avec des intervenants en vue d'obtenir leur apport concernant des façons de rénover les programmes de développement économique des Autochtones de manière à mieux répondre aux besoins des peuples autochtones de l'ensemble du Canada.

Ces séances, qui ont eu lieu de mai à décembre 2010, visaient à obtenir l'apport de personnes et d'organisations qui ont une expérience directe du développement économique des Autochtones. Le processus était aussi centré sur l'établissement de partenariats et sur le renforcement des partenariats déjà en place avec tous les intervenants et sur la détermination des besoins et des objectifs uniques des Premières nations, des Métis et des Inuits en ce qui concerne le développement économique. Au total, dix-neuf séances ont eu lieu, et quelque 860 intervenants y ont participé.

Tous les commentaires obtenus au cours des séances d'engagement régionales ont été recueillis par un service de secrétariat professionnel indépendant. Le secrétariat indépendant a résumé soigneusement les commentaires obtenus lors de la séance d'engagement des intervenants de la Table ronde sur les hommes, les femmes et le développement économique et a préparé le présent rapport final. Le rapport rend compte des discussions tenues au cours de cette séance, y compris des détails au sujet des aspects des programmes qui, selon les intervenants, fonctionnent bien, les points à améliorer et les principales recommandations se rattachant aux priorités en matière de financement et aux changements à apporter à la conception et à l'exécution des programmes.

L'apport offert par les intervenants, tel qu'exposé en détail dans le rapport, sert actuellement à étoffer les possibilités de rénovation des programmes de développement économique des collectivités et de développement des terres et des entreprises qui sont administrés par AINC.

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Prière d'ouverture

L'aîné Gordon Williams

L'aîné Gordon Williams récite une prière pour commencer la table ronde et remercie la Nation algonquine, dont les terres servent à la tenue de la réunion.

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Observations préliminaires

Coprésidentes

Dawn Madahbee
Membre exécutif
Conseil national de développement économique des Autochtones

Suzanne Clément
Chef d'organisme Condition féminine Canada

Dawn Madahbee indique qu'elle a le grand privilège de travailler auprès de nombreux chefs de file pour ce qui est du développement économique des Autochtones et qu'elle est en mesure de constater les progrès réalisés.

« Je suis très heureuse que l'on ait pris le temps d'organiser cette séance en vue d'obtenir de l'information sur les enjeux hommes-femmes de façon à veiller à ce que les femmes autochtones participent au développement économique et des entreprises au Canada », dit-elle.

Elle passe en revue des statistiques qui illustrent certains des obstacles qui nuisent à la participation des femmes autochtones au développement économique au sein de leur collectivité. Par exemple, 19 p. 100 des femmes autochtones sont chef de famille monoparentale, comparativement à tout juste 8 p. 100 des femmes non autochtones. Parmi les difficultés qui se posent pour les femmes autochtones, mentionnons aussi un accès moindre aux droits conférés par le mariage à des biens immobiliers chez les femmes autochtones qui vivent dans une réserve, un moins grand accès à l'équité financière et de plus faibles taux d'accession à la propriété que chez les femmes non autochtones et que chez les Autochtones de sexe masculin.

La présente table ronde s'inscrit dans le cadre d'un processus d'engagement plus général qui comprend des séances régionales et des activités thématiques ciblées concernant les enjeux hommes-femmes, les jeunes et d'autres questions, et qui donne à des intervenants l'occasion de fournir de l'information au sujet de la rénovation des programmes de développement économique et des terres des Autochtones. Madame Madahbee encourage les participants à contribuer à trouver des façons d'éliminer les obstacles, à faire des recommandations et à réfléchir à de nouvelles stratégies visant à promouvoir la participation des femmes autochtones à l'économie.

« La présente table ronde nous offre à toutes et à tous une chance de nous assurer que le gouvernement fédéral tient compte des diverses priorités et des divers besoins des femmes dans ses travaux visant à appuyer le développement économique et le changement au sein des collectivités autochtones. »

Suzanne Clément remercie l'aîné Williams pour sa très belle prière d'ouverture, de même que les personnes présentes. Elle indique que Condition féminine Canada a été heureuse de collaborer avec Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) pour l'organisation de la table ronde, qui permet aux femmes autochtones de fournir un apport pour la mise en application du Cadre fédéral pour le développement économique des Autochtones. Madame Clément indique qu'il y a deux fois plus de participants cette année qu'à la table ronde de 2009. « Je crois qu'il s'agit d'un testament lié à l'engagement profond envers l'objectif qui consiste à accroître la force des femmes autochtones sur le plan économique au sein de l'économie canadienne ». dit-elle.

Le parcours vers la prospérité économique chez les peuples autochtones est complexe et nécessite la présence de nombreux partenaires bien disposés. Selon Condition féminine Canada, les objectifs et les indicateurs de rendement du Cadre devraient prévoir la collecte et l'utilisation de données ventilées selon le genre.

Madame Clément indique qu'il faut absolument disposer de bonnes données pour adapter de façon efficace et efficiente les programmes et les projets à mesure qu'ils évoluent. La collecte de données ventilées selon le genre constitue une priorité essentielle pour Condition féminine Canada.

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Les enjeux hommes-femmes et la mise en application du Cadre fédéral pour le développement économique des Autochtones : Vue d'ensemble

Allan Clarke
Directeur général
Direction générale de la politique et de la coordination
Affaires indiennes et du Nord Canada

Allan Clarke salue les participants de partout au Canada et les remercie de leur participation et de leur engagement. Il indique qu'AINC est heureux de travailler avec le Conseil national de développement économique des Autochtones et Condition féminine Canada.

Monsieur Clarke donne certains renseignements généraux concernant l'élaboration du Cadre fédéral pour le développement économique des Autochtones. Depuis l'adoption, en 1989, de la Stratégie canadienne de développement économique des Autochtones (SCDEA), les besoins, la situation, les possibilités et les défis ont changé énormément pour les Canadiens autochtones.

« Nous sommes actuellement dans une position qui nous procure une possibilité unique d'agir », dit-il.

Les Canadiens autochtones représentent le segment de la population qui connaît la croissance la plus rapide au Canada. En raison de règlements de revendications territoriales globales et particulières, il y a une croissance de l'assise territoriale et de la base de ressources des Autochtones. Il est évident que le secteur privé non autochtone est intéressé à travailler avec les peuples autochtones. Les dirigeants autochtones considèrent le développement économique comme un élément important du progrès vers l'obtention de meilleurs résultats.

Parmi les obstacles au développement économique des Autochtones, mentionnons le cadre réglementaire et législatif, les pénuries de main-d'œuvre qualifiée, les failles de la structure pour le soutien des collectivités, les situations persistantes qui empêchent de tirer profit des terres et des ressources, les déficits liés à la capacité organisationnelle et les difficultés persistantes à avoir accès à des capitaux permanents et propres.

Le Cadre constitue une vision fondée sur des aspirations, selon Monsieur Clarke. Il s'agit d'un outil de prise de décision, d'évaluation et de communication. AINC s'est beaucoup livré à l'analyse comparative entre les sexes, et le Cadre indique explicitement qu'il n'y a pas de solution universelle. Monsieur Clarke indique qu'il est clair que les femmes autochtones ont un rôle essentiel à jouer dans le développement économique, mais qu'il est tout aussi clair que leur pleine participation ne s'est pas réalisée. Il a examiné les recommandations issues de la Table ronde sur les femmes autochtones et le développement économique tenue en avril 2009, et il fait mention de certaines possibilités de veiller à ce qu'il soit tenu compte des enjeux hommes-femmes dans la mise en application du Cadre.

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Perspectives des intervenants : Stratégies visant à soutenir la participation économique des femmes autochtones au niveau communautaire

Vera Pawis Tabobondung
Présidente
Association nationale des centres d'amitié

Vera Pawis Tabobondung indique qu'elle profite de l'occasion pour présenter les points de vue et les espoirs de l'Association nationale des centres d'amitié en ce qui concerne les femmes autochtones vivant en milieu urbain. Les 120 centres d'amitié et les sept organisations provinciales et territoriales membres de l'Association occupent une position unique et ont pris un engagement pour ce qui est d'assurer un développement durable en vue d'améliorer la situation des Autochtones qui vivent en milieu urbain au Canada.

Madame Tabobondung indique que 42,7 p. 100 des femmes autochtones vivent dans la pauvreté. Le déménagement dans une zone urbaine est souvent, du point de vue économique, la décision la plus importante que puisse prendre un Autochtone. Les raisons de ce déménagement sont souvent cruelles pour les femmes autochtones : la victimisation et la violence familiale sont des situations qui font que la décision de partir ne découle pas de la possibilité de le faire, mais de la nécessité de fuir.

Sur le plan socioéconomique, peu de soutien formel est offert aux femmes autochtones à leur arrivée en milieu urbain. Les travaux de recherche montrent que les Autochtones vivant en milieu urbain demeurent sérieusement défavorisés sur le plan économique. La description type des initiatives de développement économique fait principalement mention du bien-être pour les travailleurs, du perfectionnement des compétences par la formation, de l'aide à la réinstallation et des prêts et bourses, sans tenir compte de l'importance de l'analyse sur le plan de la collectivité, de la famille, de la nation et du genre. Cependant, avec des mesures de soutien appropriées, il y a des possibilités incroyables, selon Madame Tabobondung.

Elle indique que le Plan d'action canadien contre le racisme doit tenir compte davantage des femmes autochtones vivant en milieu urbain. L'absence de services de garde d'enfants adaptés à la culture constitue un obstacle important, car le faible nombre de places ne permet pas d'assurer un soutien fiable à la majeure partie de la population autochtone vivant en milieu urbain.

Parmi les autres questions, mentionnons l'accès au capital, l'accès à des programmes efficaces de formation et d'apprentissage, l'accès à des possibilités de développement des entreprises qui peut aider les particuliers et les collectivités à diversifier leurs revenus et à moins dépendre des paiements de transfert gouvernementaux, les possibilités ciblant les jeunes et l'accès à du microfinancement et à des mesures de soutien du revenu pour les particuliers qui lancent une entreprise.

Madame Tabobondung indique que l'éducation est le facteur le plus important lorsqu'il s'agit d'appuyer le développement économique des Autochtones vivant en milieu urbain, et celui qui reçoit le moins d'appui de la part des gouvernements en raison de conflits de compétence. Une stratégie bien précise pour l'éducation en milieu urbain est nécessaire.

Pour le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, un leadership stable et une vision commune constituent un facteur de la réussite économique. La collectivité autochtone doit se regrouper et définir une stratégie de gouvernance pour les Autochtones vivant en milieu urbain. Des conseils politiques ont été formés dans certaines zones urbaines, mais ce travail s'est fait avec lenteur et de façon sporadique.

Le développement institutionnel est un élément clé de la réussite économique, selon Madame Tabobondung. Plus de 200 collectivités des Premières nations détiennent un avantage concurrentiel pour ce qui est de l'emplacement et de l'accès à de la main-d'œuvre et à des ressources, mais elles ne disposent pas d'institutions commerciales de base.

Madame Tabobondung indique qu'il faut surmonter des obstacles fondamentaux, systématiques, sociaux, économiques et liés à l'éducation, ce qui comprend l'itinérance, la garde d'enfants pour les parents seuls, le racisme et le manque de nourriture, de vêtements et de logement. Il faut que soient mis en œuvre, pour les personnes de chaque sexe, des programmes efficaces et adaptés à la culture. Elle recommande que l'on se concentre sur les jeunes Autochtones en milieu urbain.

Le mouvement des centres d'amitié est bien placé pour être un acteur clé des stratégies de développement des ressources humaines. Les gouvernements et le secteur privé doivent faire des organisations autochtones et des organismes communautaires des partenaires de plein droit.

« Nous devons participer activement à l'édification de ces économies autochtones. Comme femmes, il est important que nous continuions à dialoguer », indique Madame Tabobondung. « C'est à nous qu'il incombe exclusivement d'élever nos enfants… Si nous continuons de nous étiqueter nous-mêmes et si nous nous fixons des territoires, nous serons incapables de bâtir des économies pour nos enfants et nos arrière-petits-enfants ». Il faut discuter de ressources et de protocoles et établir des partenariats. « Nous devons partager et reconnaître les compétences et les talents qui existent au sein de nos collectivités. »

Suzanne Clément indique que, selon des données récentes, les femmes réussissent davantage à lancer des petites et des moyennes entreprises. Le monde des affaires a évolué de sorte qu'il n'y a plus seulement qu'un modèle, et les personnes à l'esprit créatif ont davantage de possibilités. Les données montrent aussi, selon Madame Clément, que les femmes propriétaires d'entreprise ont tendance à consacrer une plus grande partie de leurs marges de profit à la création d'emplois, ce qui constitue une autre bonne raison d'appuyer le développement des entreprises exploitées par des femmes.

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Discussion animée : Priorités relatives à la prise en compte des enjeux hommes-femmes dans la mise en application du Cadre : Possibilités et défis

Animatrice
Beverley O'Neil

Les participants discutent des obstacles les plus importants à la participation à l'économie pour les femmes autochtones, et ils font mention de possibilités offertes par le Cadre d'éliminer ces obstacles.

Beverley O'Neil demande aux participants de traiter des questions de l'entrepreneuriat et des entreprises, du développement des capacités et du perfectionnement des compétences chez les entrepreneurs, de l'évaluation des actifs et des partenariats. Elle indique que dans toutes les discussions de groupe qui auront lieu au cours de la table ronde, il faudra traiter des obstacles, des outils et stratégies, des possibilités et du rôle du gouvernement.

Les participants font mention d'obstacles importants à la participation des femmes autochtones :

Les participants font mention de possibilités :

Des participants proposent aussi que le First Peoples Economic Growth Fund [Note 1] du Manitoba serve de modèle et que des subventions, et non seulement des prêts, soient offertes à des entreprises au moment de leur démarrage.

Une participante indique qu'en raison du règlement des revendications territoriales, il n'existe pas de réserves au Yukon. Elle dit que les programmes d'AINC qui ciblent les Autochtones vivant dans des réserves excluent le Yukon. Une autre participante indique que le Nord est vaste et que les différents territoires du Nord doivent faire l'objet de traitements distincts parce que leurs besoins sont différents. Une participante dit qu'AINC reconnaît le statut dans les réserves, mais que sa province a un statut hors réserve.

Une participante demande au gouvernement d'étudier pourquoi il en coûte beaucoup plus cher de vivre, d'acheter et de vendre dans les collectivités éloignées et du Nord. « Si vous avez les statistiques en main lorsque vous créez des programmes, il vous sera plus facile de constater que nous en avons moins pour notre dollar qu'ailleurs au Canada », dit-elle.

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Discussion de groupe : Les femmes autochtones et le développement économique : Possibilités pour les femmes dans des secteurs non traditionnels

Expertes
Roberta Stout
Chercheuse
Centre d'excellence pour la santé des femmes – région des Prairies

Nadine Roach
Service de foresterie, Union of Ontario Indians

Roberta Stout présente un aperçu du travail de recherche communautaire au sujet des expériences de travail des femmes autochtones dans l'industrie minière et dans des secteurs non traditionnels dans le Nord du Manitoba.

« Je crois que cela permet aux femmes avec qui j'ai travaillé de se faire entendre au cours du présent forum », dit-elle.

Le secteur minier est l'employeur industriel le plus important pour les Autochtones au Canada, procurant de l'emploi à 4 500 d'entre eux. Les femmes autochtones représentent 14 p. 100 de tous les employés des mines, mais elles gagnent en moyenne 15 000 $ de moins par année que les hommes autochtones, et ce, même lorsqu'elles ont fait des études postsecondaires. Elles occupent le plus souvent des postes de soutien, alors que seulement 0,6 p. 100 d'entre elles occupent des postes de direction.

Une étude nationale réalisée par l'organisme Women in Mining, qui s'intitule « Ramp-Up : Une étude sur le statut de la femme dans l'industrie minière et le secteur de la prospection au Canada », présente de nombreuses similitudes avec l'étude de Madame Stout, selon cette dernière. Madame Stout a mené des entrevues auprès de neuf femmes autochtones âgées de 28 à 63 ans dans le Nord du Manitoba. Bien que bon nombre d'entre elles aient émis des commentaires favorables au sujet de leur travail et de leur employeur, celles qui n'occupaient plus leur emploi ont fait part de préoccupations.

Dans l'étude de Madame Stout, les femmes ont fait mention de divers cheminements qui les ont menées sur le marché du travail : des relations avec des membres de la famille ou de la collectivité, une incitation financière, un intérêt pour la mécanique ou la promotion de l'emploi chez les femmes autochtones.

Les participantes à l'étude se sont dites heureuses de recevoir de la formation près de chez-elles et elles ont bien aimé l'esprit de camaraderie qui régnait et le soutien reçu; cependant, certaines femmes ont jugé qu'elles auraient dû recevoir de la formation alors que cela n'a pas été le cas, ou encore, ont jugé que la formation était insuffisante. Elles ont indiqué que l'accès à des services de soutien pourrait être amélioré et ont proposé que soient offerts davantage de mentorat, de jumelage et de modèles de rôle. Des femmes ont manifesté un besoin bien précis de formation en gestion du budget pour la transition de l'aide sociale à l'obtention d'un revenu salarial.

Madame Stout indique que, dans l'ensemble, les participantes à son étude jugeaient que l'industrie avait amélioré la situation au sein des collectivités en leur permettant de recevoir de la formation et d'obtenir de l'emploi près de chez elles. La majeure partie d'entre elles recommanderaient à d'autres femmes autochtones de faire carrière au sein de l'industrie, indiquant que celle-ci leur avait procuré une autonomie financière. Madame Stout indique qu'il pourrait notamment être recommandé de mettre en évidence les raisons pour lesquelles les femmes autochtones pourraient envisager ce type d'emploi.

Toutes les femmes interrogées par Madame Stout, sauf une, avaient des personnes à charge. Ses constatations laissent supposer qu'un manque de services de garde d'enfants peut constituer un obstacle pour les mères seules et les grands-mères qui veulent profiter d'occasions dans le secteur des ressources. Pour les travailleuses dont les périodes de travail sont de 40 jours ouvrables et de 40 jours de congé, la garde d'enfants représente un problème de taille. L'étude Ramp-Up classe la garde d'enfants au quatrième rang des priorités, alors que les modalités de travail flexibles viennent au premier rang.

Alors que la plupart des femmes interrogées dans le cadre de l'étude de Madame Stout se sont dites à l'aise d'évoluer dans un milieu de travail à prédominance masculine, certaines femmes occupant un emploi non traditionnel ont fait mention de milieux de travail peu accueillants. Mentionnons à titre d'exemple le problème d'installations sanitaires souterraines inadéquates dans le cas des femmes ayant leurs règles. Certaines femmes ont fait l'objet de sexisme flagrant et d'autres attitudes malveillantes de la part de certains hommes, ou encore, de harcèlement sexuel.

Le rapport Ramp-Up a permis de constater que la culture à prédominance masculine représente un défi pour les femmes sur le plan de la carrière, mais que peu d'employeurs en sont conscients. Madame Stout indique que certaines des participantes à son étude se sentaient traitées sur un pied d'égalité, tandis que d'autres ont fait mention de problèmes liés à la rémunération. Elles ont parlé d'accidents de travail et de stress dans des emplois traditionnels et non traditionnels. « Les conditions d'isolement, le peu de compagnes de travail et l'obligation de voyager pour me rendre au travail m'occasionnent des difficultés sur les plans personnel et psychologique », a dit l'une d'elles.

Parmi les recommandations figurant dans l'étude de Madame Stout, mentionnons les suivantes : élaborer des cours de formation visant à appuyer une meilleure transition de l'aide au revenu à un emploi rémunéré; adapter les ateliers de gestion du budget aux besoins des femmes autochtones qui effectuent cette transition; mettre en œuvre des activités de perfectionnement professionnel et de développement du leadership; adopter une formation obligatoire en analyse comparative entre les sexes à offrir aux employés et aux employeurs des secteurs des ressources; assurer la parité salariale; élaborer des ateliers de sensibilisation des Autochtones dans le but de lutter contre le racisme; s'assurer que des services souples de garde d'enfants sont offerts à toutes les personnes qui en ont besoin. Le rapport intégral peut être consulté en ligne.

Nadine Roach commente son travail avec l'Union of Ontario Indians, où les femmes représentent quelque 73 p. 100 des employés et occupent environ 42 p. 100 des postes de direction. Elle affirme que le travail dans un secteur non traditionnel, comme la foresterie, offre la possibilité de toucher de meilleurs salaires. L'occupation d'un emploi en foresterie a procuré à Madame Roach de la mobilité, et l'adhésion à un syndicat lui a donné l'occasion d'acquérir de l'expérience, de travailler dans un nouveau milieu ainsi que de rencontrer diverses personnes et d'acquérir de la confiance.

Elle indique que les femmes des Premières nations « sont doublement désavantagées ». Pour les Premières nations, l'accès à du capital, la confiance et la mobilité représentent des défis.

« Pour ce qui est des femmes autochtones, ces défis découlent de notre culture, qui veut que nous restions à la maison ou que nous soyons le réseau de soutien pour nos partenaires, nos enfants ou notre famille élargie. » Étant donné que bon nombre de ces secteurs sont à prédominance masculine, ce sont les attitudes et les mentalités qui doivent changer.

Madame Roach indique qu'après la naissance de son premier enfant, elle a proposé à son employeur qu'elle pourrait travailler à mi-temps au bureau et à mi-temps à la maison. Celui-ci lui a répondu qu'elle pouvait prendre congé à temps plein ou venir travailler à temps plein.

« J'ai dû travailler à temps plein et faire garder mon enfant pendant le jour. Au sein de notre organisation, il n'y a pas de supplément de rémunération pour une femme qui prend congé pour prendre soin de sa famille. Le congé de maternité ne permet jamais de subvenir à ses propres besoins et à ceux de son enfant. »

Elle propose notamment comme outils possibles d'établir des partenariats avec le secteur privé et le gouvernement, de s'assurer que les politiques provinciales et fédérales soutiennent les femmes autochtones et d'établir des certifications et désignations professionnelles pertinentes.

« Nous pouvons recevoir de la formation en cours d'emploi de façon à combler des vides à court terme, mais la mobilité par la suite est quasi nulle », indique-t-elle. Parmi les principales possibilités, mentionnons l'obtention de l'équité en matière d'emploi, l'élargissement des perspectives et des compétences et la conservation des compétences acquises dans les régions.

Afin de rendre plus accessibles les industries non traditionnelles, Madame Roach recommande le lancement d'une campagne d'éducation et d'une stratégie de recrutement mettant en évidence les avantages que présentent les secteurs non traditionnels. Parmi les autres approches possibles, mentionnons les suivantes : des mesures d'incitation à choisir une carrière dans ce secteur; des programmes de prêts et bourses s'adressant tout particulièrement aux femmes; des prêts pour l'apprentissage, la formation en cours d'emploi, de l'équipement et des outils dans la collectivité; des ressources pour l'achat de formation ou pour assister à de la formation à l'extérieur; de l'information fiable pour la prise de décision concernant la formation et l'emploi dans des secteurs non traditionnels; de la formation en gestion financière.

Madame Roach parle des ententes sur les répercussions et les avantages (ERA) et de la nécessité de s'assurer que les collectivités sont au courant des dispositions réglementaires que renferment ces ententes. La collectivité devrait y intégrer des objectifs s'appliquant tout particulièrement aux femmes, comme des bourses d'études, des objectifs liés à la représentation des femmes dans les emplois visés par les ERA, de la formation spéciale et des programmes de mentorat.

Madame Roach indique que le syndicat s'affaire à négocier une nouvelle entente avec la province dans le domaine forestier. « Un des principaux thèmes est l'établissement de relations – si nous n'apprenons pas à nous connaître les uns les autres, toutes ces bonnes intentions de créer des programmes tomberont à l'eau », dit-elle.

Au niveau communautaire, elle indique que les femmes tireraient profit de ce qui suit : de l'éducation; des ressources; de la documentation qui incite à envisager divers choix de carrière, notamment dans des secteurs non traditionnels; des cas de réussite de femmes faisant carrière dans des secteurs non traditionnels; des camps de formation pédagogique; du soutien de la famille et des dirigeants; des buts et des objectifs communautaires; des moyens de communication avec le public, comme des affiches et des bandes vidéo; des plans régionaux et des ententes régionales sur les répercussions et les avantages qui visent explicitement les femmes; des projets pilotes visant à mettre à l'essai de nouvelles approches en vue d'accroître la participation économique des femmes; des programmes souples de garde d'enfants.

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Discussion animée : Possibilités pour les femmes dans des secteurs non traditionnels

Animatrice
Beverley O'Neil

En réponse à une question concernant l'aide que fournit le gouvernement pour intégrer les femmes à des secteurs non traditionnels, une participante indique que dans le cadre d'une initiative mise en œuvre au Manitoba, le Centre for Aboriginal Human Resource Development Inc. a donné de la formation à douze femmes autochtones dans le cadre d'un programme de onze mois en technique spatiale d'aéronef. Dix de ces douze femmes ont obtenu un diplôme. Elles ont obtenu des emplois offrant une rémunération de 27 $ l'heure, et elles ont aussi obtenu du soutien pour la garde d'enfants.

Des participants font mention de divers obstacles pour les femmes dans les secteurs non traditionnels, en commençant par la décision difficile de quitter la maison pour occuper un emploi non traditionnel. Parmi les autres obstacles cités, mentionnons les suivants :

Les participants font aussi mention des obstacles suivants :

Les participants font mention des stratégies suivantes qui pourraient aider à éliminer ces obstacles :

Une participante indique que la Prestation fiscale canadienne pour enfants est passée d'une allocation familiale de 20 $ par mois à un programme qui verse un montant mensuel de 279 $ pour chaque enfant âgé de moins de sept ans. Elle dit qu'une mère ayant de nombreux enfants qui reçoit de l'aide sociale a un revenu modeste dans une réserve. « Un homme n'est pas incité à travailler si une femme assure le soutien en milieu familial. Cela fait fléchir le cycle des femmes entrepreneurs », dit-elle. Selon elle, des programmes de gestion du budget et de préparation à l'emploi pourraient inciter les femmes à quitter l'aide sociale.

Une autre participante indique que de nombreux emplois nécessitent une garantie, mais qu'AINC ne fournit pas d'aide sur ce plan. « J'ai obtenu ma propre garantie, mais il m'a fallu deux ans pour l'obtenir. Au Manitoba, mon entreprise est la seule entreprise entièrement autochtone qui est admissible à livrer concurrence pour l'obtention de gros travaux. Un plus grand nombre d'entreprises autochtones présenteraient des propositions si elles obtenaient de l'aide sur ce plan », dit-elle.

Un certain nombre de participants indiquent qu'ils se sont sentis pressés lors des discussions. Une participante propose que l'ordre du jour du lendemain prévoie plus de temps pour discuter sérieusement des principaux enjeux, et elle indique que les participants n'ont pas été consultés pour les points à mettre à l'ordre du jour.

Madame O'Neil indique que les organisateurs reverront l'ordre du jour du lendemain. Mesdames Madahbee et Clément remercient les participants d'avoir présenté leurs points de vue et leurs recommandations.

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Jour 2 : Observations préliminaires et récapitulation du jour 1

Dawn Madahbee
Membre exécutif
Conseil national de développement économique des Autochtones

Nicole Ladouceur
Directrice générale
Entrepreneuriat autochtone Affaires indiennes et du Nord Canada

Beverley O'Neil
Animatrice

Dawn Madahbee souhaite la bienvenue au groupe et fait remarquer que l'ordre du jour a été révisé de façon à laisser plus de temps pour la discussion. Elle passe en revue certains points saillants du jour 1 :

Nicole Ladouceur se dit honorée d'agir à titre de coprésidente avec Madame Madahbee, et elle remercie les personnes présentes. Elle indique qu'AINC et son ministre sont fiers du Cadre et qu'ils travaillent sérieusement à sa mise en application.

Beverley O'Neil passe en revue les idées soulevées au cours de la journée précédente. Elle demande aux participants de réfléchir à des indicateurs qui devraient être intégrés pour la mesure de l'efficacité du Cadre, de même qu'à des pratiques exemplaires, au rôle du gouvernement et à des changements à apporter aux politiques et aux programmes.

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Contexte de la rénovation des programmes et de l'engagement

Allan Clarke
Directeur général
Direction générale de la politique et de la coordination
Affaires indiennes et du Nord Canada

Allan Clarke présente l'ensemble actuel de programmes d'AINC et les récents investissements faits par le Ministère dans le développement économique des Autochtones.

« Nous discutons maintenant de moyens de réaliser cette vision. Comment mettrons-nous en place les éléments qui nous orienteront dans la bonne voie? », demande-t-il. AINC veut se pencher sur la conception, l'exécution et le fonctionnement des programmes ainsi que sur la responsabilisation afin de rendre les programmes accessibles, adaptés aux besoins et durables. Monsieur Clarke indique que les intervenants reconnaissent à l'unanimité qu'il faut établir des partenariats et renforcer les capacités à AINC et au sein des entreprises et des collectivités.

AINC s'est engagé de façon soutenue au cours des derniers mois, et ce processus d'engagement se poursuivra jusqu'à la fin de novembre 2010. D'ici avril 2011, le Ministère apportera certains des changements proposés. Monsieur Clarke indique que de nombreuses recommandations ont été faites à AINC, y compris la nécessité d'assurer un financement souple et efficace des programmes et d'effectuer un compte rendu valable de façon à suivre les progrès et à fournir des renseignements à valeur ajoutée utiles aux clients. Au sein d'AINC, les rapports portent généralement sur les opérations, et non sur les résultats : « Il ne s'agit pas de faire part de la quantité d'activités qui se déroulent à l'échelle du Canada. »

AINC ne doit pas investir uniquement dans les capacités des gens sur le terrain en mettant en œuvre des initiatives de littératie en matière financière et de gestion du budget, mais aussi dans les institutions financières de façon à assurer un solide réseau d'IFA.

« Consacrons expressément du temps et de l'attention au renforcement des capacités pour les clients », dit Monsieur Clarke. Il indique qu'AINC doit s'attaquer à son manque d'expérience, de compétences et de processus en vue de composer avec le rythme et la complexité des relations d'affaires au sein des collectivités autochtones.

Pour bon nombre de ses programmes, AINC ne recueille pas de données ventilées selon le genre, ce qui rend difficile le suivi des éléments des programmes qui répondent ou qui ne répondent pas aux besoins des clients et des clientes. Parmi les autres enjeux hommes-femmes, mentionnons le manque d'équité sur le plan financier et le peu d'accès à du soutien pour le développement des entreprises, notamment en raison de services inadéquats de garde d'enfants et de soins aux aînés.

Monsieur Clarke affirme que la responsabilisation constitue un lien. « Les clients peuvent être tenus d'indiquer comment l'argent est dépensé, mais nous le sommes également », dit-il. Il indique qu'AINC est « très fort lorsqu'il s'agit d'exposer nos attentes à votre égard, mais qu'il s'agit maintenant de votre chance de nous dire ce que vous attendez de nous ».

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Perspectives des intervenants : Réflexions concernant le développement des entreprises autochtones

Dawn Madahbee
Membre exécutif
Conseil national de développement économique des Autochtones

« Un investissement dans les femmes autochtones est un investissement dans le riche patrimoine des peuples d'origine du Canada », affirme Dawn Madahbee. « Les femmes sont les conservatrices et les agentes de transmission de la culture autochtone. Elles jouent un rôle de première importance dans le développement et le mieux-être des collectivités », ajoute-t-elle. Elles sont aussi les bénévoles et les rouages pour ce qui est du développement des collectivités.

Madame Madahbee parle de la Waubetek Business Development Corporation, un organisme qui dessert un territoire regroupant plus de 46 000 Autochtones provenant de 27 Premières nations. Waubetek travaille avec des membres des Premières nations et des Métis qui vivent dans des réserves et hors réserve. Les employés de l'organisme sont tous des Autochtones et, depuis sa création il y a plus de vingt ans, Waubetek a investi 44 millions de dollars dans plus de 1 100 entrepreneurs.

Madame Madahbee indique que 26 p. 100 des entreprises de sa région appartiennent entièrement à des femmes autochtones. Le taux de réussite de ces entreprises est de 95 p. 100. Elle passe en revue des statistiques illustrant les défis sociaux et liés à l'éducation qui se posent pour les femmes autochtones, mais elle dit qu'il y a d'importantes lacunes statistiques à l'échelle nationale relativement aux femmes et aux entreprises autochtones.

« Le nombre grandissant de femmes autochtones compétentes et instruites permettra aux programmes de bien fonctionner si AINC adapte ceux-ci à leurs besoins », dit-elle. Les femmes se vouent à offrir des services et ont à cœur la collectivité, et elles allient les valeurs et les principes traditionnels à un bon fonctionnement des entreprises. Un investissement dans les femmes autochtones assure un soutien aux femmes chef de famille et a un impact social important. « Nous pouvons lutter directement contre la pauvreté en investissant dans les femmes autochtones. »

Une participante indique que certaines IFA ont recueilli des statistiques qui feront l'objet d'une compilation à l'échelle nationale. Elle dit que les IFA ont dû lutter pour survivre par le passé avec des capitaux changeants, mais que « nous avons investi dans la Banque des Premières Nations du Canada, qui a maintenant atteint ses visées et ses objectifs et qui est contrôlée par des investisseurs autochtones ». Elle dit que les femmes connaîtront beaucoup de succès au cours de la prochaine décennie, à mesure qu'elles surmonteront les obstacles systémiques et les impacts découlant des séjours dans des pensionnats.

Une autre participante indique que les prêts consentis aux femmes représentent, en moyenne, 50 p. 100 de ceux consentis aux hommes. « Les femmes ne procèdent pas à une expansion astronomique de leurs entreprises. Elles avancent avec prudence. » Leurs priorités sont d'avoir un véhicule, un foyer, des économies et ce qu'il faut pour prendre soin de leur famille. Bien que la majorité des employées de son organisation ne détiennent pas de diplôme, « nous croyons au perfectionnement de notre personnel. Nous devons chercher à embaucher des personnes qui n'ont pas nécessairement le niveau d'instruction requis, mais qui conviennent parfaitement pour le travail et qui peuvent être formées à l'interne. Le taux de maintien en poste est excellent au sein de notre organisation : lorsqu'on y entre, on y reste ».

Selon cette participante, les statistiques que doit obtenir AINC devraient correspondre aux renseignements dont ont besoin les gestionnaires pour faire le suivi du succès. Elle dit que la formation offerte par AINC devrait être plus semblable à celle offerte par les institutions. « Vous pouvez aider à travailler de façon holistique avec le client afin d'en faire un guichet unique utile où l'on peut s'adresser en toute confiance et pour le placer dans le contexte des affaires. »

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Discussion animée : Réflexions concernant le développement des entreprises autochtones

Animatrice

Beverley O'Neil

Bien que le taux d'accès aux programmes soit moins élevé chez les femmes autochtones que chez les hommes, « nous sommes moins susceptibles de prendre des risques, mais notre taux de réussite est en même temps astronomiquement élevé », affirme Beverley O'Neil, qui ajoute que « cela en dit long sur notre façon de faire des affaires ».

Les groupes discutent des obstacles au développement des entreprises autochtones, en faisant remarquer que les réserves disposent des services d'agents de développement économique, ce qui n'est pas le cas pour les Autochtones hors réserve. L'obtention d'une sécurité constitue un autre défi. Selon des participants, bien que de l'information et des ressources pour un plan d'entreprise soient disponibles, les gens ne les obtiennent pas.

« Vous devez comprendre les femmes au sein de votre collectivité pour être en mesure de leur fournir du soutien », indique une participante. Membertou accueille l'Atlantic Aboriginal Women in Business Conference & Trade Show, qui rassemble des femmes autochtones afin de leur permettre de concentrer leurs discussions sur le développement des entreprises. Elles élaborent des plans d'entreprise fictifs. Elles disposent d'un service d'incubateurs et d'un centre commercial où elles subventionnent des loyers et fournissent du soutien pour la comptabilité. Le Membertou Entrepreneur Centre a créé un programme menant à l'obtention d'un certificat qui aide les femmes à comprendre la tenue de livres, le service à la clientèle et la rédaction de propositions. Bien qu'il s'agisse d'une pratique exemplaire dans une réserve, il est difficile de recenser des pratiques exemplaires à l'extérieur des réserves.

Afin de protéger les importantes œuvres d'art et d'artisanat des artistes autochtones, une coopérative ou un partenariat devrait délivrer des brevets aux artistes autochtones de l'ensemble du Canada et joindre l'ensemble de la société et des entreprises canadiennes, selon une participante.

Une autre participante indique que les femmes autochtones sont souvent timides et ne savent pas comment rédiger un plan d'entreprise, « mais qu'elles ont le sens des affaires et qu'elles peuvent faire fonctionner une entreprise ». Elle propose que soient offertes des séances d'initiation d'une durée d'une journée en tenue de livres ou en rédaction de propositions, plutôt que des cours d'une semaine.

En 2007, l'Assemblée des Premières Nations a créé un outil d'analyse comparative entre les sexes adapté aux réalités culturelles afin d'aider à analyser les politiques et les programmes axés sur les Autochtones dans l'ensemble du Canada. Une participante indique que l'outil d'analyse comparative entre les sexes d'AINC n'est pas adapté aux réalités culturelles : « AINC devrait tirer quelques leçons de nos gens et de notre expérience ». Elle dit que la procédure n'en finit plus et que les gens abandonnent par frustration en raison de l'inexpérience des affaires de nombreux agents d'AINC.

« Nous entendons toujours parler de la pauvreté de notre peuple. Il nous a été proposé de renverser la situation et de transformer cette pauvreté en un fonds pour les entreprises sociales pouvant venir en aide aux collectivités », dit-elle.

Une autre participante parle du succès obtenu dans les pays du tiers monde, où des collectivités sont sorties de la pauvreté. « Avant la colonisation, nos collectivités ne connaissaient pas ces problèmes de pauvreté. La pauvreté y a été importée, et elle a été créée par les lois et les politiques. » Les entreprises sociales de microcrédit peuvent aider à éliminer la pauvreté en ayant recours à des fonds pour entreprises sociales créés par des organismes donateurs. Parmi les idées possibles, mentionnons, par exemple, la conception d'une entreprise sans lacunes pour les besoins de soins infirmiers, la sécurité alimentaire, l'éducation, le logement et les prêts.

Afin d'accroître la participation des femmes autochtones à l'économie, « nous devons établir une méthode permettant de mettre en valeur la participation économique qui a déjà lieu, mais qui n'est pas reconnue en raison de l'absence de rémunération qui s'y rattache », affirme une participante. Cela comprend les services de soutien à la personne, comme la garde de personnes âgées et d'enfants, et les contributions en nature pour le travail bénévole.

Un groupe propose que les changements suivants soient apportés aux programmes actuels :

Les participants indiquent que la prestation des services gouvernementaux devrait être centralisée. « Nous ne devrions pas avoir à appeler à cinq endroits différents pour obtenir des réponses. Cela influe sur la productivité. » Il devrait aussi y avoir un moyen de réagir lorsque des employés d'AINC se montrent impolis, irrespectueux ou non intéressés : « Nous recommandons de donner à la collectivité autochtone accès à un outil d'évaluation continue », comme un formulaire confidentiel à remplir en ligne, afin que les gestionnaires d'AINC rendent des comptes aux personnes auxquelles ils fournissent des services.

Une participante indique que le gouvernement devrait parrainer la tenue d'une conférence annuelle semblable à la Conférence nationale sur les ressources humaines autochtones, et elle propose la tenue d'une conférence nationale pour les femmes et les entreprises autochtones et la remise de prix d'honneur.

Une autre participante propose l'élaboration d'un programme de modèles de rôle fondé sur des pratiques exemplaires liées au développement des entreprises au sein d'une collectivité. À Winnipeg, par exemple, un programme comporte la participation de femmes d'affaires autochtones professionnelles qui présentent des exposés à des jeunes autochtones, et tout particulièrement à des filles. Le nouveau programme serait plus qu'un « simple programme d'allocutions dynamiques »; il présenterait un modèle montrant aux jeunes quelles études ils doivent faire et de quels moyens financiers ils doivent disposer pour se lancer en affaires.

Un autre groupe indique que la portée du programme de mentorat mis en œuvre à Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) devrait être élargie. AINC et RHDCC pourraient y travailler en partenariat. « La réussite d'une activité ne devrait jamais dépendre de votre code postal », dit une participante. Le gouvernement doit élaborer une meilleure stratégie de sensibilisation pour ces programmes, car les gens ne consultent pas tous Internet pour connaître les programmes offerts par le gouvernement. Celui-ci doit rejoindre les gens, comme il l'a fait dans le cas de la grippe A (H1N1).

« Nous entendons beaucoup parler des approches pangouvernementales », dit cette même participante, qui propose toutefois qu'AINC serve de modèle de rôle fédéral pour l'établissement de partenariats interministériels. Elle indique que le processus de réinsertion sociale de Service correctionnel du Canada a pour lacune de replacer les détenus dans le même environnement avec les mêmes problèmes. Il y a des exemples connus de programmes dans lesquels les détenus sont placés dans un contexte d'affaires. Elle propose donc de placer des femmes autochtones qui sortent de prison dans un environnement qui leur permettra de perfectionner leurs compétences en affaires.

Une autre participante indique que des programmes déjà en place, comme le Programme de développement économique des communautés et le Programme d'opportunités économiques pour les communautés (POEC), devraient cibler tout particulièrement les femmes, plutôt que la crème de la crème de collectivités qui disposent déjà d'importants moteurs économiques. À l'heure actuelle, ces programmes ne visent pas à soutenir le démarrage d'entreprises ou des entrepreneurs débutants.

L'Initiative de réinvestissement de la Prestation nationale pour enfants doit être remaniée de façon à comporter un lien direct avec les femmes et à répondre à leurs besoins. Un groupe indique que les programmes renouvelés doivent comporter un meilleur lien avec d'autres mesures de soutien pour la participation économique des femmes, comme les programmes sociaux, notamment en reliant des programmes, comme celui de la transition de la maison au marché du travail, à une composante de renforcement des capacités visant les connaissances de base, l'administration de la maison et l'alphabétisation. Le groupe propose de remanier le programme d'études de façon à y intégrer les connaissances de base, une formation commerciale et la littératie en matière financière.

Les participants de ce groupe mentionnent aussi que l'agro-entreprise offre de la diversité. En Saskatchewan, on a lancé l'idée d'une initiative de production de petits fruits, à Saskatoon, qui pourrait être exploitée par une coopérative regroupant des femmes vivant en milieu urbain. Ils disent que le gouvernement devrait reconnaître les femmes qui se livrent à l'élevage du bétail, de même que la valeur ajoutée qui découle des initiatives d'élevage de bétail.

Ils demandent au gouvernement de revoir les régimes de financement, et tout particulièrement les formules de développement économique fondées sur la population. Ils indiquent que le gouvernement n'utilise pas les directives ou les circulaires d'orientation de façon cohérente, mais qu'il les utilise plutôt comme « une caisse noire qui ne suffit qu'à faire la promotion de cinq à dix entrepreneurs ». Ils demandent au gouvernement de faire preuve de cohérence dans ses priorités régionales de façon que celles-ci correspondent à ce que prévoit le Cadre.

Une participante donne un aperçu de pratiques exemplaires dont elle a eu connaissance, y compris celles du Service d'assistance canadienne aux organismes (SACO), dont le bureau de la Saskatchewan a été fermé en raison de coupures dans les fonds fédéraux. Le SACO offrait, à l'intention de jeunes femmes entrepreneurs, un programme qui connaissait beaucoup de succès et dont on pouvait s'inspirer en y ajoutant une composante technologique remodelée. L'organisation a aussi produit une vidéo de formation qui comportait les cinq modules suivants : l'activité bancaire, les possibilités d'investissement, les mauvais traitements à l'égard des aînés, le développement des entreprises et la gestion du budget et du foyer. Cette formation est déjà en place; pourquoi « réinventer la roue si elle existe déjà? »

Cette participante indique que l'IPAMT est efficace, mais que les collectivités rurales locales ont de la difficulté à participer à des initiatives en milieu urbain qui s'adressent à une population de base de passage. Elle propose qu'un agent itinérant se rende dans les collectivités, plutôt que de rester assis dans un bureau du gouvernement. Elle dit que le Conseil des ressources humaines autochtones devrait aussi disposer des services d'un élément itinérant.

La W.K. Kellogg Foundation est un partenaire potentiel qui fournit des ressources à des groupes sans but lucratif. En Saskatchewan, des entreprises qui se livrent à l'exploration des ressources naturelles s'affairent à négocier des ententes sur les répercussions et les avantages. « Si nous pouvons acquérir certaines compétences et disposer des services de négociatrices pour conclure ces ententes, il s'agira d'une excellente possibilité », dit la participante.

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Perspectives des intervenants : Réflexions concernant le développement économique communautaire et la gestion des terres et de l'environnement

Leonie Qaumariaq
Directrice générale
Kakivak Association

Leonie Qaumariaq indique que Kakivak a été créée afin de servir d'instrument de développement économique pour la région du Nunavut visée par son entente sur la revendication territoriale globale, et qu'elle dessert treize collectivités de sa région, représentant ainsi environ la moitié du Nunavut. Elle parle des défis et des dépenses liés à la prestation de services aux collectivités éloignées. Par exemple, un vol aller-retour pour visiter une collectivité coûte environ 4 000 $.

Kakivak est un organisme de développement économique communautaire. Au moment de sa création, il faisait la promotion de programmes, sans toutefois les mettre à exécution. Ayant adopté une approche de guichet unique, l'organisme assure maintenant l'accès à de la formation et à des études postsecondaires, offre du soutien à des centres de garde d'enfants, exécute des programmes destinés aux jeunes et aux personnes handicapées et offre des programmes d'emplois d'été et de science et technologie. Il offre du financement pour l'achat de petits outils et de machines à coudre, des fonds pour le démarrage et l'expansion de petites entreprises et de microentreprises, des programmes de prêts, du financement pour des entreprises à vocation touristique, de l'aide à la planification d'entreprise, du soutien pour la formation en gestion et de la formation en développement économique.

Madame Qaumariaq indique que Kakivak assure la coordination avec d'autres organismes et avec des ministères fédéraux « afin de permettre aux clients d'obtenir le maximum pour ce qui est de subventions, de contributions et de prêts ». Elle dit que 53 des 75 subventions pour petits outils sont allées à des Inuites et que deux prêts sur trois pour le développement d'entreprises ont été accordés à des entreprises qui appartiennent à des Inuites dans une proportion d'au moins 51 p. 100.

Madame Qaumariaq indique que le financement public n'a pas augmenté depuis des années et qu'il ne tient pas compte des coûts élevés du transport et des activités commerciales au Nunavut. « Le coût de la vie est tellement élevé dans notre région qu'il est difficile d'épargner ne serait-ce qu'un tout petit peu. L'absence de biens mobiliers empêche les personnes de pouvoir obtenir du financement par emprunt. Peu de gens possèdent une maison, un véhicule ou une motoneige bien à eux, de sorte que les personnes ne disposent pas d'une garantie pour lancer leur propre entreprise. Beaucoup d'Inuits n'ont pas d'antécédents en matière de crédit », dit-elle.

Des problèmes se rattachent à la sécurité alimentaire, aux emplois peu rémunérés et à un taux élevé de personnes à charge — familles ayant de nombreux enfants et familles monoparentales. Son organisation offre du soutien pour la garde de jour, mais les listes d'attente sont longues, ce qui signifie que de nombreuses personnes n'ont pas accès à des services de garderie à un prix abordable.

Madame Qaumariaq présente plusieurs solutions :

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Discussion animée : Réflexions concernant le développement économique communautaire et la gestion des terres et de l'environnement

Animatrice
Beverley O'Neil

Les participants aux discussions en petits groupes font mention de barrières qui existent :

Les groupes font les recommandations suivantes :

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Discussion animée : Traitement des lacunes que présente l'ensemble actuel de programmes

Animatrice
Beverley O'Neil

Madame O'Neil fait le résumé des sujets abordés au cours des discussions précédentes et demande à chacun des petits groupes d'énoncer trois priorités qui devraient être le point de mire au cours de la prochaine année ou des deux prochaines années. Chaque groupe présente ses priorités au groupe principal :

Groupe 1

  1. Garde d'enfants
  2. Forums et conférences de femmes d'affaires destinés à établir des modèles de rôle
  3. Trousses d'outils d'affaires destinées à aider les femmes à savoir où elles peuvent s'adresser pour avoir accès à la garde d'enfants et à d'autres services

Groupe 2

  1. Confier les fonds à des organismes financiers autochtones, car ils en savent davantage au sujet des entreprises autochtones et des enjeux liés au développement économique communautaire. « Nous sommes mieux placés pour distribuer les fonds, car nous devons, en définitive, toujours rendre des comptes à des organismes gouvernementaux », indique une participante.
  2. Examiner pourquoi les femmes ne prennent pas d'avance au sein de la main-d'œuvre, pour les questions sociales et dans les affaires en général. « Il n'en tient qu'à nous de contribuer à encourager les femmes à se joindre à la population active, et nous devons toutes apprendre à faire de petits pas en vue d'acquérir de la confiance sur le plan des affaires. »
  3. Mettre en place des programmes permettant aux femmes de s'épanouir dans tous les aspects de leur vie, « du début à la fin. Nous pourrons par la suite conférer des pouvoirs aux personnes qui nous entourent ».

Groupe 3

  1. Disposer, pour les femmes autochtones, d'un plus grand nombre de centres d'affaires ou de centres de formation à l'entreprise de façon à se concentrer sur la formation et à inciter les femmes à se lancer en affaires. Établir de tels centres dans les réserves et hors réserve afin de travailler de façon holistique avec les femmes, ce qui leur permettra d'acquérir de la confiance et leur offrira des possibilités d'obtenir de l'encadrement.
  2. Simplifier les programmes et les renseignements concernant les programmes, comme les formulaires de demande.
  3. Assurer un accès égal aux programmes, dans les réserves et à l'extérieur de celles-ci.

Groupe 4

  1. AINC doit obtenir des données très concluantes concernant les femmes et donner aux femmes autochtones accès à ces données.
  2. Mettre en évidence les réussites de femmes autochtones qui sont propriétaires et dirigeantes d'entreprise.
  3. Revoir les politiques afin de s'assurer qu'elles tiennent compte des femmes autochtones.
  4. Recueillir des renseignements issus de la présente table ronde et les transmettre aux participants.
  5. Transférer aux collectivités l'exécution et le contrôle de programmes.

Groupe 5

  1. Mettre en place, à l'intention des femmes qui vivent dans des réserves et à l'extérieur de celles-ci, des programmes de transition qui comprendront des mesures visant à assurer des services adéquats de garde d'enfants et de transport, de même qu'à éliminer d'autres obstacles qui empêchent les femmes de recevoir une formation complémentaire. Le résultat visé serait de faire diminuer le nombre de femmes qui reçoivent de l'aide sociale.
  2. Créer des coopératives pour l'art et l'artisanat, le logement, l'agriculture et des services de garderie et de soins aux personnes âgées à prix abordable. Le résultat visé serait l'obtention de services axés sur la collaboration.
  3. Accroître, en milieu urbain, l'accès à des programmes destinés aux Autochtones vivant dans des réserves et hors réserve. Le résultat visé serait une capacité accrue et un montant d'argent plus élevé consacré à ces secteurs.
  4. Mettre en valeur les programmes de centres d'amitié. Il en résulterait un nombre accru de clients de centres urbains.
  5. Adopter et intégrer l'économie sociale. Il en résulterait la création d'un plus grand nombre d'emplois et de services utiles et durables.
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Discussion animée : Mesurer le succès

Animatrice
Beverley O'Neil

Madame O'Neil demande aux participants d'exposer trois indicateurs ou résultats clés se rattachant à une participation fructueuse à l'économie de la part des femmes autochtones. Les participants font mention de divers indicateurs :

Les participants demandent comment on peut évaluer vraiment la réussite des femmes. « Il n'est pas nécessaire que toutes les femmes aient une entreprise d'un million de dollars. Le fait d'être en mesure d'acheter des cadeaux de Noël peut parfois s'avérer une réussite », indique une participante. Une autre dit que les femmes devraient cesser de se créer des obstacles. « Mesdames, prenez-vous en main. Nous devrions être fières de nous-mêmes et nous entraider », dit-elle.

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Prochaines étapes : Orientations pour poursuivre sur notre lancée

Nicole Ladouceur
Directrice générale
Entrepreneuriat autochtone
Affaires indiennes et du Nord Canada

Beverley O'Neil
Animatrice

Beverley O'Neil encourage les participants à faire part de toutes leurs idées à AINC. Elle indique que les coordonnées se trouvent à la page 13 de la brochure intitulée Rénovation des programmes à l'appui du développement économique et des terres.

En réponse à la question d'une participante qui veut savoir comment fonctionneront les investissements dans les collectivités dans le cadre du Programme de développement des entreprises autochtones (PDEA), Nicole Ladouceur indique que ses collègues et elle-même ont convenu d'adopter une approche fondée sur des principes afin d'assurer les meilleurs résultats pour le programme. AINC tirera profit de gains de rendement, dans la mesure du possible. « S'il est plus avantageux sur le plan opérationnel que le PDEA assume certaines responsabilités ou certains coûts se rattachant à des programmes d'investissement dans la collectivité, nous prendrons alors les mesures nécessaires », indique-t-elle.

Madame Ladouceur parle de l'approche de guichet unique. Elle indique qu'il n'est pas très logique de demander à des clients de remettre des plans d'entreprise et de satisfaire à d'autres exigences du PDEA et de leur demander ensuite de coordonner ce processus avec l'investissement dans la collectivité. Pour ce qui est des préoccupations relatives à l'exploitation d'une entreprise dans une réserve ou à l'extérieur d'une réserve, elle dit que les avantages économiques des activités commerciales ne devraient pas être tributaires du lieu de l'exploitation. Elle travaille de concert avec des collègues afin de rendre le processus décisionnel le plus uniforme possible. Madame Ladouceur indique que ces séances gardent « les bureaucrates sur la bonne voie pour modifier et mettre en question notre façon de penser ».

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Mot de la fin

Allan Clarke
Directeur général
Direction générale de la politique et de la coordination
Affaires indiennes et du Nord Canada

Dawn Madahbee
Membre exécutif
Conseil national de développement économique des Autochtones

Allan Clarke remercie toutes les personnes présentes. Il indique que la notion d'approche différenciée pour appuyer le développement économique des Autochtones, qui est un élément important du Cadre, s'applique au genre. Il dit que la Loi sur les Indiens crée des « obstacles incroyables ». Le Canada a élaboré divers mécanismes, comme l'autonomie gouvernementale, afin d'aider à surmonter ces obstacles. « Nous avons beaucoup à faire pour mettre en place le type d'environnement dans lequel évoluent la majorité des Canadiens qui vivent hors réserve », ajoute-t-il.

Monsieur Clarke fait mention de certaines recommandations formulées par des participants en vue d'accroître les possibilités de développement d'entreprise pour les femmes autochtones. Pour ce qui est de l'importance qu'AINC agisse à titre d'intermédiaire auprès de tous les ministères, il indique que, dès la séance terminée, AINC rédigera un précis et le fera parvenir à d'autres ministères.

Il dit qu'AINC a effectué une analyse comparative entre les sexes en ce qui concerne le Cadre, et qu'une telle analyse fera partie de l'harmonisation des programmes qui est proposée. Monsieur Clarke remercie toutes les organisations féminines qui ont pris part aux discussions, de même que l'aîné, les coprésidentes, les conférenciers, l'animatrice et Condition féminine Canada, pour leur soutien et leur enthousiasme.

Monsieur Clarke indique qu'AINC vient tout juste d'annoncer qu'il investira une somme d'un million de dollars sur deux ans en vue d'élaborer et de mettre en application des projets pilotes visant à promouvoir l'entrepreneuriat chez les femmes autochtones. Ces projets jetteront les bases qui permettront de donner aux femmes autochtones qui exploitent une entreprise un accès à de la formation en littératie en matière financière ainsi qu'à des outils et à des capitaux pour le développement de leur entreprise. Les projets pilotes seront mis en œuvre en étroite collaboration avec des organisations féminines autochtones. Il s'agit du début d'un processus.

Dawn Madahbee passe en revue les points saillants des discussions, indiquant que « de nouvelles idées ont été lancées et que certaines sont pleines de bon sens – c'est ainsi que travaillent les femmes. Je suis heureuse de constater que nous sommes passées de la formulation d'opinions à l'établissement de priorités. Nous devons aider le gouvernement à rendre davantage de comptes pour certains des programmes ». Elle dit qu'il existe des problèmes importants, comme l'itinérance, et que certaines des recommandations permettront d'améliorer la situation relativement à ces questions sociales. Elle ajoute que les travaux relatifs aux ententes sur les répercussions et les avantages ont beaucoup de poids et qu'ils peuvent être effectués immédiatement de façon à procurer des avantages.

Il est important de veiller à ce que les politiques soient valables pour les femmes. Madame Madahbee indique qu'elle examine les programmes dans l'optique des peuples autochtones, mais que « nous devons aussi les examiner selon une optique propre aux hommes et aux femmes ». « Rien ne peut nous arrêter. À mon retour à la maison, je transmettrai ces idées à d'autres personnes », dit-elle.

Madame Madahbee indique qu'elle est honorée d'avoir participé à cette table ronde. Madame Ladouceur remercie l'aîné Williams et les participants, ajoutant qu'elle espère que la table ronde « vous a donné l'occasion d'échanger avec nous, mais aussi entre vous ». Elle dit que tous sont impatients de constater les résultats.

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Participants

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Notes en bas de page :

1 Le First Peoples Economic Growth Fund est une initiative de développement économique mise en œuvre conjointement par le gouvernement du Manitoba et l'Assembly of Manitoba Chiefs (AMC). Le processus conjoint de l'AMC et du gouvernement du Manitoba a prévu, pour le fonds, des programmes dans les sept domaines suivants : l'aide pour l'élaboration d'un plan d'entreprise; le perfectionnement des compétences; des prêts aux entrepreneurs; des prêts pour l'expansion économique des collectivités; l'investissement en participation; le soutien professionnel après prise en charge; l'investissement dans les ressources et l'énergie. (retourner au paragraphe source)

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