Les biens immobiliers matrimoniaux désignent principalement le foyer familial (la résidence familiale) où les deux époux ou conjoints de fait ont vécu durant leur mariage ou leur union de fait. En général, les lois provinciales et territoriales protègent les droits ou les intérêts en matière de biens immobiliers matrimoniaux durant la relation ou en cas de séparation, de divorce ou de décès. En vertu de ces lois, par exemple, les deux conjoints doivent partager l’argent tiré de la vente de leur foyer familial. Ces lois permettent également à un juge d’ordonner à un conjoint de quitter temporairement le foyer familial, particulièrement dans les cas de violence familiale ou physique.
Cependant, les tribunaux ne peuvent pas appliquer les lois familiales provinciales ou territoriales dans le cas d’un foyer familial ou d’autres biens immobiliers dans les réserves qui sont la propriété d’un conjoint ou des deux. De plus, la Loi sur les Indiens ne parle pas de cette question. Jusqu’à ce que des lois sur les biens immobiliers matrimoniaux soient mises en place dans les réserves, les époux ou les conjoints de fait qui vivent dans les réserves seront placés dans une situation intolérable et inexcusable : en cas de séparation, de divorce ou de décès, la loi ne protègera pas complètement tous leurs droits ou intérêts en matière de biens immobiliers matrimoniaux. Cela signifie :
Malheureusement pour les autres familles qui vivent dans les réserves, la fin d’une relation ou le décès d’un conjoint pourrait mener à une situation d’insécurité, à des difficultés financières ou à l’itinérance.
La loi remplit un vide juridique en fournissant des droits et des protections aux personnes et aux familles dans les réserves. Elle établit des dispositions pour que les Premières Nations puissent établir des lois sur les biens immobiliers matrimoniaux dans les réserves, en plus de créer des règles fédérales provisoires. Les règles fédérales provisoires donnent aux familles qui vivent dans les réserves des droits et des protections et seront appliquées à moins qu’une collectivité de Première Nation élabore sa propre loi sur les biens immobiliers matrimoniaux.
La loi prévoit un moyen de permettre aux Premières Nations de créer leurs propres lois sur les biens immobiliers matrimoniaux qui pourraient être mises en pratique par les tribunaux dans le Canada entier. Le contenu et la structure d’une loi communautaire sur les biens immobiliers matrimoniaux exigent seulement un accord entre les membres d’une Première Nation et le gouvernement de cette Nation. Autrement dit, les membres d’une Première Nation doivent appuyer la loi proposée sur les biens immobiliers matrimoniaux par un vote juste et démocratique. Tous les membres qui ont l’âge de voter, peu importe où ils vivent, doivent avoir l’occasion de voter pour donner leur opinion sur la loi proposée par la Première Nation. Au moins 25 % des électeurs admissibles de la Première Nation doivent voter et, parmi ceux qui votent, la majorité doit voter en faveur de la loi proposée pour qu’elle soit approuvée. Une fois approuvée par la collectivité grâce à ce processus, la loi s’appliquera sur les terres de réserve de cette Première Nation et les règles fédérales provisoires contenues dans la Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux ne s’appliqueront plus. Ni le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien ni le Ministère ne pourront participer à l’examen, à l’annulation, au rejet ou à la modification des lois des Premières Nations.
Quand la loi entrera en vigueur, il y aura une période de transition de 12 mois avant que les règles fédérales provisoires comprises dans la Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux soient appliquées. Cela donne le temps aux Premières Nations d’élaborer et de mettre en œuvre leurs propres lois avant que les règles fédérales soient appliquées. À moins que les Premières Nations élaborent leurs propres lois sur les biens immobiliers matrimoniaux pendant cette période en vertu de la loi, les règles fédérales provisoires s’appliqueront. Il y a cependant des exceptions, soit les Premières Nations régies par la Loi sur la gestion des terres des premières nations et les Premières Nations qui ont conclu une entente sur l’autonomie gouvernementale. Les règles fédérales provisoires comprennent, par exemple :
Ordonnance de protection d’urgence
Foyer familial
Répartition des intérêts ou des droits matrimoniaux dans les réserves
Elle ne permet pas aux non-Indiens et aux non-membres d’acquérir les droits permanents d’une terre de réserve. Autrement dit, les non-Indiens et les non‑membres ne peuvent vivre que temporairement dans le foyer familial.
Elle ne permet pas aux non-membres des Premières Nations de tirer un revenu de la valeur d’une terre de réserve. Autrement dit, les non-membres ne peuvent vendre la terre ou le foyer familial ou profiter de l’augmentation de la valeur de la terre.
Elle n’accorde ni au ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord ni au Ministère le loisir de participer à l’examen, à l’annulation, au rejet ou à la modification des lois des Premières Nations. Autrement dit, l’élaboration d’une loi sur les biens immobiliers matrimoniaux concerne seulement le gouvernement d’une Première Nation et les membres de sa collectivité.
Si la loi est adoptée, on fournira plus de renseignements au sujet des outils et des services offerts aux personnes qu’elle touche. Pour le moment, le soutien qu’on prévoit offrir comprend les éléments suivants :
Centre d’excellence
Formation et éducation pour les intervenants sur le terrain
Campagne de communication
Pour suivre les progrès du projet de loi ou du soutien disponible, ou encore pour obtenir plus de renseignements sur les biens immobiliers matrimoniaux, consultez notre site Web.