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Transcription du balado : Jessie Hemphill : Une leader en planification communautaire

Jane Le Fresne : Bonjour et bienvenue à De L’esprit et des mots. Je suis Jane Le Fresne de la Direction générale des communications et je suis en compagnie de Jessie Hemphill, de la Première Nation des Gwa’sala ‘Nakwaxda’xw, en sa qualité de coordonnatrice de la planification communautaire globale. Merci Jessie d’être présente ici aujourd’hui.

Jessie Hemphill : Merci de m’avoir invitée.

Jane Le Fresne : Qu’est ce que la planification communautaire globale?

Jessie Hemphill : La planification communautaire globale est une initiative qui permet d’examiner notre développement économique, notre capital, nos besoins en matière de santé, d’éducation, nos besoins culturels, notre gouvernance, etc., et de les planifier simultanément pour renforcer les liens et les synergies entre les différentes catégories. Elle permet également de faire participer l’ensemble de la collectivité.

Au bout du compte, on obtient un plan qui est très complexe et très général, mais qui, on l’espère, représentera plus fidèlement la vision de notre collectivité d’une manière globale.

Jane Le Fresne : Comment la Première Nation des Gwa’sala ‘Nakwaxda’xw s’est elle développée depuis que la planification communautaire globale a commencé?

Jessie Hemphill : Je peux voir une plus grande mobilisation entre le personnel, les dirigeants et les membres de la collectivité. Et les gens posent des questions et obtiennent des réponses et acceptent les réponses qu’on leur donne. C’est peut être un détail, mais c’est très important lorsqu’il s’agit de gouverner une nation.

Je pense que nous avons établi beaucoup d’outils de communication au sein de notre collectivité pendant la planification communautaire globale et que ces outils ont créé une culture d’ouverture, ou contribué à créer une culture d’ouverture et de transparence. Je crois qu’ils ont participé à faire accepter l’idée qu’on peut se rassembler et exprimer son opinion en toute franchise et que des actions peuvent être prises à partir de là.

Je pense que les communications et la capacité de la collectivité entière, notamment le personnel et les dirigeants, à communiquer efficacement, ça nous permet de prendre le pouls, de savoir comment les choses se passent, comment nous réagissons et comment nous nous adaptons, et d’aller dans la direction dans laquelle nous voulons aller. La communication est l’outil qui relie tous les aspects de la collectivité en un tout fonctionnel et je pense qu’en instaurant certaines de ces bonnes pratiques de communication au sein de notre collectivité, la planification communautaire globale a amélioré notre capacité, en tant que collectivité, à nous parler, à décider de ce qui se passe et de ce qui doit se passer et à nous y rendre.

Jane Le Fresne : Quels grands projets ont découlé de la planification communautaire globale?

Jessie Hemphill : C’est difficile à dire... beaucoup de choses extraordinaires ont été créées grâce à la planification communautaire globale.

Notre bureau des traités s’est rendu compte qu’il y avait un manque de communication et il a créé un comité consultatif sur les traités composé de membres de la collectivité qui se réunissent régulièrement et qui s’entretiennent au sujet de notre participation au processus des traités, de la gouvernance, de la sélection des terres et entre autres choses. Il s’agit d’une communication de type bilatéral, en ce sens que le personnel responsable des questions liées aux traités obtient de plus en plus de rétroaction de la part de la collectivité sur différents aspects de notre participation aux traités et que les membres de la collectivité sont de plus en plus informés au sujet de la gouvernance et des traités et de toutes les recherches archivistiques et autres qui sont faites, de sorte que le comité consultatif sur les traités fait réellement un travail fantastique et poursuit tous les efforts engagés dans le cadre de la planification communautaire globale pour faire participer la collectivité.

Nous sommes également en train de créer une bibliothèque de ressources, notre bureau des traités monte une bibliothèque de ressources, pour rassembler nos propres travaux de recherches archivistiques et nos propres entrevues, nos cartes, nos photographies, des livres et des écrits rédigés par des membres de la collectivité et d’autres ressources écrites dans notre langue, donc ça va vraiment être passionnant de pouvoir centraliser toutes ces ressources d’archives en un seul et unique endroit. Nous avons également notre Direction générale des communications qui a été créée après la planification communautaire globale. Donc, maintenant, c’est ce que je fais, maintenant nous avons un site Web et des bulletins d’information qui sont publiés toutes les deux semaines et qui sont rédigés par le bureau de la bande et nous avons un groupe sur Facebook et Twitter, etc. Nous n’avions pas ce genre d’outils avant, et ils ont vraiment été très utiles pour aider les membres de la collectivité à être informés des prises de décision et inversement, ils ont également été utiles au personnel pour connaître l’opinion des membres de la collectivité et les faire participer à différents projets.

Jane Le Fresne : Quels avantages avez vous l’espoir que la planification communautaire globale et votre travail apportent à la collectivité au cours des trois, cinq, voire dix prochaines générations?

Jessie Hemphill : Eh bien, je pense que nous nous engageons déjà dans la direction qui, à mon avis, est la meilleure pour notre avenir. Une direction où les gens de la collectivité participent à ce qui se passe, et dans nos dossiers notre personnel met tout en œuvre pour les faire participer. Je pense qu’avec les différents outils de communication dont nous disposons aujourd’hui, et les pratiques de participation communautaire qui ont été instaurées et qui se poursuivent, nous sommes en train de créer une collectivité qui peut réellement s’engager dans la direction qu’elle veut suivre.

J’aimerais nous voir comme un peuple sain et heureux, un peuple qui existe toujours et qui se régit lui même. J’aimerais que notre langue et notre culture et notre identité unique et notre attachement à la terre et la terre elle même, j’aimerais que toutes ces choses soient en place et que nous continuions à les nourrir. J’espère que notre collectivité continuera simplement à cultiver son estime d’elle même, son sentiment d’appartenance à la nation, son identité en tant que peuple… en ayant conscience de ses origines. Ainsi, nous pourrons avancer avec un fort sentiment d’identité et une vision claire de là où nous voulons aller.

Jane Le Fresne : Merci beaucoup Jessie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

Jessie Hemphill : De rien, tout le plaisir était pour moi.

Jane Le Fresne : C’était Jane Le Fresne pour De L’esprit et des mots.