Visions du Nord - automne/hiver 2008

date : 2008/2009
QS-Y153-110-FF-A1

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Table des matières


La serre de Carmacks en pleine floraison

Pat Bill vérifi e si un concombre est prêt pour la récolte
Pat Bill vérifi e si un concombre est prêt pour la récolte

La serre de Carmacks est non seulement l'attraction touristique la plus importante de la collectivité après le Centre d'interprétation Tage Cho Hudan, elle suscite aussi un certain esprit de corps au sein de la collectivité.

Tout a commencé en 2000 alors que Dawn Charlie travaillait dans son jardin chez elle, dans sa petite communauté autochtone. Elle s'est alors mise à penser à ce qui arriverait s'il survenait une catastrophe d'une gravité telle qu'elle mettrait en péril l'approvisionnement alimentaire du Nord. Sachant que sa petite ville ne constituerait pas la plus grande des priorités advenant une situation d'urgence à grande échelle, elle a eu l'idée d'établir une source d'approvisionnement locale.

Près de dix ans plus tard, son projet de cave à légumes a pris de l'ampleur pour compter maintenant deux serres et un jardin. Le projet a tout d'abord été subventionné par le Fonds de développement communautaire du gouvernement du Yukon et par Agriculture Canada. Puis, la collectivité s'est prise de tant d'enthousiasme pour le projet que la Première nation Little Salmon/Carmarks a tôt fait de l'adopter de manière permanente.

Parmi les récoltes de cette année il faut mentionner des pommes de terre, des tomates, des haricots, du maïs, des melons, des poivrons, des pois, de la laitue et des concombres. Tous les fruits et légumes sont partagés – une partie est donnée aux membres de la collectivité inscrits au programme de diabète de Carmacks, une autre est remise à la Première nation pour la tenue d'activités locales et le reste est vendu aux touristes et aux résidents dans des marchés fermiers. La serre donne également l'excédent de légumes à l'école de la région dans le cadre d'un programme de repas du midi.

« Nos fruits et légumes sont ce que je me plais à appeler biologiques conviviaux », a affi rmé Mme Charlie. Elle a expliqué que, même si aucun pesticide ou engrais chimique n'a jamais été utilisé dans la serre, les récoltes ne peuvent être certifi ées biologiques étant donné qu'une grande partie du matériel de compostage provient de sources non certifiées.

Les exploitants de la serre se sont également essayés à la culture de certains produits uniques en leur genre. Une année, ils ont semé du stévia, une plante d'Amérique du Sud quelque peu controversée dont l'extrait est dix fois plus sucré que le sucre. Le stévia est souvent utilisé comme succédané du sucre.

L'expérience a donné de bons résultats au début. « La teneur en sucre des plantes cultivées en serre à Carmacks était supérieure à celle des plantes produites par des experts en Ontario », a ajouté Mme Charlie. Au grand amusement de cette dernière, une entreprise canadienne qui se spécialise dans la production et la distribution de cette plante sucrée était tellement impressionnée par le rendement de la serre qu'elle a demandé à Mme Charlie de former d'autres producteurs de stévia. Au bout du compte, il s'est avéré qu'il en coûterait trop cher en main-d'oeuvre pour que le projet puisse être rentable.

Chaque année, la serre emploie des étudiants de la région de même que des assistés sociaux mais, comme c'est le cas dans un bien grand nombre de régions du territoire, elle compte toujours sur la contribution de bénévoles enthousiastes.

La vision que nourrit Mme Charlie en ce qui concerne l'avenir de la serre dépend en partie de l'accroissement du personnel. Elle adorerait que la serre produise assez de légumes pour qu'une partie puisse être mise en conserve ou congelée et être vendue en hiver. Si elle pouvait faire des ventes à l'année, la serre augmenterait ses bénéfi ces, sans compter qu'elle assurerait une source permanente d'aliments de grande qualité à la collectivité.

Mme Charlie aimerait aussi que d'autres collectivités emboîtent le pas. « Mon rêve serait que chacune des collectivités du Nord possède sa propre serre. C'est tellement plus sain, tellement plus écologique, elle a ajouté. Des résidents d'autres collectivités nordiques viennent sans cesse nous voir pour regarder ce que nous faisons et apprendre de notre expérience. Je leur dis que la clé du succès, c'est de mettre en place un bon programme de compostage et d'embaucher les bonnes personnes pour exploiter la serre – des gens passionnés. »

La passion de Mme Charlie est contagieuse. Celle-ci se réjouit de l'attention des médias nationaux, qui a suscité l'intérêt d'autres collectivités, et elle se réjouit tout autant de l'enthousiasme dont font preuve les résidents de Carmacks. « Les gens participent de toutes sortes de manières. Depuis les agriculteurs qui font don de leur herbe coupée et de leur fumier pour notre compost aux aînés qui apprécient le goût de nos légumes et fruits frais, en passant par les étudiants qui s'occupent maintenant de leurs propres potagers, notre serre en a touché plus d'un. Il se fait beaucoup, beaucoup plus de jardinage à Carmacks aujourd'hui. »

De toute évidence, le chemin vers le coeur de la collectivité passe par son estomac. « Tout est dans le goût, a terminé Mme Charlie. Cela fait toute la différence d'avoir accès à des produits frais et locaux – des produits propres, sains, qui contribuent à notre collectivité. Il n'y a rien de meilleur. »

Pour en savoir davantage, communiquez avec
Dawn Charlie, 867-863-5905.

Certains membres de l'équipe qui contribuent au succès de la serre : Alice Boland, Dawn Charlie, Chris Gull et Pat Bill (de gauche à droite)
Certains membres de l'équipe qui contribuent au succès de la serre : Alice Boland, Dawn Charlie, Chris Gull et Pat Bill (de gauche à droite)

Qu'est-ce que Visions du nord?

Visions du Nord : revendications territoriales du Yukon est un bulletin semestriel destiné à sensibiliser le public sur les revendications territoriales, l'autonomie gouvernementale et autres questions connexes intéressant les communautés du Yukon.

Visions du Nord est produit et distribué par Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC), avec la participation du gouvernement du Yukon et du Conseil des Premières nations du Yukon (CPNY).

Conçu pour durer : le bâtiment avec charpente à poutres et poteaux de la Première nation de Carcross-Tagish

Jeunes joueurs de tambour de la garderie de Carcross, avec Beverly James
Jeunes joueurs de tambour de la garderie de Carcross, avec Beverly James

Tout a commencé lorsque la Première nation de Carcross-Tagish a eu l'idée d'offrir à la communauté un lieu de rassemblement central en plein air. Le projet est devenu réalité le 5 septembre 2008 lorsque l'inauguration d'un pavillon tout neuf, sur les rives du lac Nares, a été célébrée au son des tambours et des chants des Tlingit.

Les membres de la Première nation de Carcross- Tagish, les services d'urgence locaux et l'ensemble de la population se sont rassemblés pour écouter les enfants du Centre Ya Dak Du Hidi chanter en tlingit pour donner le coup d'envoi aux festivités. Des conteurs et d'autres membres de la communauté ont souligné la contribution de certaines personnes à la vie de nombreux résidents de Carcross.

Après un souper composé de chili et de hot-dogs, les invités ont pu assister à un spectacle du groupe First Peoples Performance et des danseurs de la nation des Tagish. Plus tard dans la soirée, le nouveau système électrique du pavillon a été mis à l'épreuve alors que le groupe Southern Lakes Comfort a fait vibrer la salle. L'activité s'est terminé dans le calme par l'accueil, près du feu de camp, des coureurs participant au relais Klondike Road. La célébration a permis aux employés du gouvernement de la Première nation de Carcross-Tagish de voir toute leur communauté rassemblée pour s'amuser et honorer ses traditions par des récits et des danses.

Les travaux de construction ont été entrepris en juin 2008 près du bâtiment de l'administration de la Première nation. S'il a fallu quelques mois pour abattre les arbres et préparer les poutres, cinq jours seulement ont suffi pour assembler la charpente à poutres et poteaux traditionnelle. Des sculptures et d'autres oeuvres d'art autochtone traditionnel viendront peu à peu décorer le pavillon. Le fi nancement du projet a été fourni par le conseil exécutif de la Première nation. Les entrepreneurs, Dave Brook et Michael MacDonald, habitent sur le territoire traditionnel de la Première nation. Le bâtiment abritera le marché fermier, des concerts en plein air et d'autres rassemblements dont pourront profiter les membres de la Première nation, les autres habitants de la communauté et l'ensemble des Yukonnais.

Pour en savoir davantage, communiquez avec
Gavin Gardiner, de la Première nation de Carcross-Tagish, au 867-821-4251
ou : gavin.gardiner@ctfn.ca.

Ida Calmegane, aînée deisheetaan, Première nation de Carcross-Tagish
Ida Calmegane, aînée deisheetaan, Première nation de Carcross-Tagish

Un centre polyvalent mû par l'énergie solaire à Old Crow

Candace Tetlichi découvre les expositions du Centre
Candace Tetlichi découvre les expositions du Centre

L'histoire ancienne d'Old Crow reprend vie dans le tout dernier bâtiment de la collectivité. Le Centre John Tizya, qui a offi ciellement ouvert ses portes le 15 juillet dernier, renferme une collection d'enregistrements audio, des artéfacts locaux et une carte de toponymes qui est le fruit d'années de recherche auprès des aînés des Gwitchin Vuntut.

Le Centre aide non seulement à préserver l‘histoire d'Old Crow et à éduquer les nouvelles générations, il sera aussi le lieu d'activités communautaires. On y trouve de plus des locaux modernes de montage pour la production de fi lms et documentaires dans la région de même qu'un théâtre multimédia pour le visionnement de films.

Megan Williams, directrice du patrimoine au gouvernement des Gwitchin Vuntut, a expliqué : « Nous voulions un endroit qui conviendrait à nos activités de tous les jours. Si nous avions eu un gros musée doté d'expositions permanentes, les gens y seraient peut-être venus une fois, sans plus. Nous voulions une programmation et des expositions dynamiques pour encourager les gens à revenir et à en apprendre davantage au sujet de leur patrimoine et de leur culture. »

Le Centre, qui appartient au gouvernement des Gwitchin Vuntut, doit sa réussite à la collaboration entre Parcs Canada, qui loue les locaux pour loger les employés du parc national Vuntut, et le gouvernement du Yukon, qui offre soutien financier et cours de formation.

L'équipe de conception des expositions se composait de membres du Comité du patrimoine des Gwitchin Vuntut, de représentants de la Direction du patrimoine des Gwitchin Vuntut, d'un spécialiste en conception de Parcs Canada de même que de représentants des ministères du Tourisme et de la Culture et de l'Environnement du gouvernement du Yukon. L'équipe a pris en compte les besoins de la collectivité au moment de préparer les expositions, qu'elle a axés sur l'éducation. Des trousses pédagogiques seront remises aux écoles, qui sont encouragées à venir au Centre régulièrement. Les expositions présentées sont de petite échelle et les présentoirs sont portables, de sorte que l'espace peut servir à la tenue d'activités communautaires.

« Nous nous réjouissons également de pouvoir compter sur les services d'une interprète à temps plein sur place, a ajouté Mme Williams. Il s'agit d'un nouveau poste qui est fi nancé par le gouvernement autochtone et Parcs Canada. Notre interprète pourra trouver des manières originales de faire connaître le patrimoine et la culture de nos aînés aux nouvelles générations et aux visiteurs. Les aînés ont donné leur appui indéfectible au projet et ils sont vraiment très reconnaissants des efforts que nous déployons pour éduquer, dans le plus grand respect, d'abord nos jeunes, puis toutes les autres personnes intéressées. »

Dans la collectivité la plus au nord du Yukon, l'effi cacité énergétique et les pratiques écologiques revêtent toujours une grande importance. Pour éviter le transport d'un surplus de matériaux de construction, il a été décidé que le Centre serait préfabriqué puis expédié dans le Nord, et monté par un entrepreneur d'Inuvik. Le bâtiment est également doté de grands panneaux solaires et d'un système de suivi de l'effi cacité énergétique. Les architectes Kobayashi & Zedda ont pris soin de le disposer de sorte à ce qu'il puisse capter le maximum de rayons solaires arctiques. Toute l'énergie non consommée sert à alimenter le réseau électrique de la collectivité d'Old Crow.

Les commentaires inscrits dans le registre du Centre révèlent que les visiteurs, certains venus du Japon et de la Suisse, ont tous apprécié le bâtiment et ses expositions. « Un endroit incroyable! », a déclaré un visiteur de l'Île-du- Prince Édouard. « Une exposition superbe », a écrit un visiteur de France.

La réussite du Centre peut toutefois se mesurer aux réactions des membres de la collectivité. Dorothy Frost, interprète du Centre et membre de la collectivité, a tenu ces propos : « Pour moi, cela veut dire que les visiteurs comprennent toute la culture sociale et l'histoire des Gwitchin Vuntut et le rôle fort important que joue la harde de Porcupine caribou dans la toile de vie de notre territoire. Ces messages sont renforcés par la richesse de l'information qui a été recueillie, gérée et préservée, et il est de notre devoir de la partager, comme nous l'ont enseigné nos aînés. ».

Pour en savoir davantage, communiquez avec
Megan Williams, 867-966-3235

Le soleil du Nord jette ses rayons sur les nouvelles expositions au Centre John Tizya
Le soleil du Nord jette ses rayons sur les nouvelles expositions au Centre John Tizya

Des maisons en bois rond – un projet de construction dans la tradition yukonnaise

L'équipe R-22 (camp de Dawson)
L'équipe R-22 (camp de Dawson)

Maintenant qu'ils ont terminé leur première année de formation, les diplômés du projet de construction de maisons en bois rond et de développement des capacités du Conseil des Premières nations du Yukon ont décroché des emplois et se réjouissent des portes qui s'ouvrent à eux.

Un total de 30 étudiants venus de onze Premières nations du Yukon, pour la plupart de jeunes adultes, ont suivi le cours de construction de maisons en bois rond qui a été donné à Dawson, à Haines Junction et à Carcross. Les étudiants ont construit sept maisons en bois rond.

« Ce projet a permis à nos membres de perfectionner leurs compétences et de trouver des emplois, a déclaré Justin Ferbey, directeur exécutif de la Première nation. Certains de nos diplômés ont travaillé tout l'été à bâtir des maisons en bois rond pour les membres de la Première nation de Carcross/Tagish. Notre Première nation a commandé huit autres maisons, ce qui occupera les étudiants pendant un certain temps encore. »

Leahanna Dickson, de la Première nation de Carcross/Tagish, affi rme que le cours lui a donné davantage confi ance en elle. « J'ai été ravie de constater que je pouvais vraiment y arriver – que j'étais capable de bâtir une maison en bois rond du début à la fi n. Les compétences que j'ai acquises me seront utiles plus tard. Je possède maintenant de véritables connaissances monnayables qui vont me servir à trouver du boulot », a-t-elle ajouté.

Apprendre à trusquiner (camp de Carcross)
Apprendre à trusquiner (camp de Carcross)

« J'adore la pêche et la chasse et je compte passer plus de temps dans les bois, de dire Blaine Peters, de la Première nation de Nacho Nyak Dun. Je me servirai des compétences que j'ai acquises dans ce cours pour me bâtir une cabane grâce à laquelle je pourrai rester encore plus longtemps dans les bois pour piéger, chasser et pêcher ».

Créé par des membres du Comité de gestion de l'environnement forestier de la Première nation, le projet a été coordonné par le Conseil des Premières nations du Yukon (CPNY). Le Comité a reconnu la nécessité d'enseigner des compétences pratiques en foresterie dans le cadre d'un cours, lequel a bénéfi cié de l'appui de l'ensemble des collectivités autochtones du Yukon. Le projet a porté ses fruits grâce à beaucoup de travail, de collaboration et de coordination, de même qu'à une aide fi nancière du gouvernement du Canada, des onze Premières nations participantes du CPNY du gouvernement du Yukon, du Comité sur la politique de formation des Premières nations et du Programme de foresterie des Premières nations.

« Nous voulions que les étudiants acquièrent suffi samment de connaissances, de compétences et de confi ance en eux pour pouvoir se lancer dans la construction de maisons en bois rond, a déclaré Ann Marie Swan, l'une des coordonnatrices du programme. Ce cours aura des retombées économiques à long terme sur les collectivités du Yukon. Nos diplômés mettent leurs compétences à profi t pour créer des débouchés économiques et travailler dans des domaines connexes. »

Trois formateurs comptant plus de 20 années d'expérience chacun dans la construction de maisons en bois rond ont été embauchés pour donner le cours sur place. Les étudiants ont travaillé six jours par semaine et ont habité dans des camps pendant une période de deux mois.

« Nous avons vécu en étroite proximité; nous avons beaucoup appris les uns des autres et à propos de nous-mêmes également, a déclaré Robert Otterholm des Tr'ondëk Hwëch'in. Nous sommes repartis forts d'une grande fi erté à l'égard des compétences que nous avons acquises et des réalisations que nous avons accomplies. La plupart d'entre nous avons trouvé un emploi sur-le-champ. J'ai mis mes compétences à profi t et j'ai bâti une cabane-cuisine en bordure de la route de Dempster – c'était incroyable! »

Près du but – Klukshu (camp de Haines Junction)
Près du but – Klukshu (camp de Haines Junction)

Ce premier projet de construction de maisons en bois rond et de développement des capacités a créé au total 21 nouveaux emplois à temps plein à l'échelle du Yukon.

D'abord approuvé pour une période de deux ans, le projet se poursuivra en 2008-2009.

Pour en savoir davantage, communiquez avec
Ann Marie Swan au 867-393-9236 ou à
annmarie.swan@cyfn.net
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Nouveau lotissement résidentiel rural

Dans le respect des grandes traditions du Nord, les Ta'an Kwäch'än empruntent des avenues inexplorées au Yukon dans le cadre d'un projet d'aménagement d'un nouveau lotissement résidentiel rural au nord de Whitehorse. Le lotissement C-23 n'a rien d'ordinaire : grâce à la location à bail des 27 lots qui le composeront, il offrira des possibilités d'accès à la propriété jamais vues au Yukon et constituera une nouvelle source de revenus pour la Première nation autonome des Ta'an Kwäch'än.

À seulement 15 minutes du centre-ville de Whitehorse, les ouvriers travaillent à l'aménagement du terrain, qui se trouve près de Hidden Valley, de l'autre côté de la route Klondike Nord. Grâce au soutien financier d'Affaires indiennes et du Nord Canada et du fonds de fi ducie de la Stratégie pour le Nord, la Société de développement Ta'an Kwäch'än a préparé des plans et menée une analyse de rentabilisation et une étude de faisabilité.

Le caractère tout particulier de ce projet tient au mode de propriété des terres et des lots. On entend créer 27 nouveaux lots qui seront donnés à bail plutôt que vendus. Les résidents jouiront du bail pendant un certain nombre d'années (à déterminer), après quoi ils auront la possibilité de le renouveler.

L'avantage de ce mode original d'accès à la propriété vient des ententes de partage des recettes fiscales dont peuvent profiter toutes les Premières nations autonomes. L'entente mise en oeuvre il y a plus de six ans permet au gouvernement autochtone de recevoir une bonne partie de l'impôt sur le revenu des particuliers qui habitent sur les terres visées par l'entente de revendication territoriale de la Première nation.

Étant donné que les Ta'an Kwäch'än demeureront propriétaires des terres données à bail, la Première nation percevra le paiement de la location et l'impôt sur le revenu auprès des résidents des lots. Elle obtiendra ainsi des revenus annuels évalués à 600 000 $.

Grâce à la stratégie commerciale des Ta'an, aux possibilités de recettes fiscales, à l'excellent emplacement choisi (près d'un centre urbain) et à la pénurie de logements qui sévit à Whitehorse, les conditions sont réunies pour assurer la réussite du projet.

Selon George Gottschall, président-directeur général de la Société de développement Ta'an Kwäch'än, le projet soulève déjà beaucoup d'intérêt parmi les résidents de la région qui souhaitent devenir propriétaires. Ceux qui voudront s'établir au lotissement C-23 profiteront de loyers abordables et de normes de construction élevées. « Il s'agira d'une véritable petite communauté, a expliqué M. Gottschall. On y trouvera des sentiers de promenade, des terrains de jeux pour les enfants : ce sera un endroit sûr où il fera bon vivre. »

Les membres de la Première nation profi tent déjà des retombées de ce projet puisque nombre d'entre eux travaillent à l'aménagement des lots et des voies d'accès. « Une des exigences de l'entreprise était d'y faire participer un aussi grand nombre de Ta'an Kwäch'än que possible », a indiqué M. Gottschall. Une fois les travaux terminés, l'administration du lotissement sera confi ée à la Société de développement Ta'an Kwäch'än.

À long terme, les recettes tirées du projet seront réinvesties dans d'autres entreprises de développement économique de la Première nation. M. Gottschall insiste sur ce fait : « Dans un avenir pas si lointain, il ne s'agira que d'un des nombreux projets des Ta'an. Nous participons actuellement à de nombreuses coentreprises avec d'autres Premières nations. » « Ce projet est très important pour les Ta'an. C'est une première au Yukon, et le processus de planifi cation et d'aménagement nous apprendra beaucoup », a-t-il continué.

Les travaux de planifi cation et d'aménagement du lotissement effectués par la Première nation laisseront également un héritage puisqu'ils serviront de modèle stratégique à d'autres nations en vue de la réalisation de projets semblables. Le fi nancement obtenu d'Affaires indiennes et du Nord Canada doit en effet servir à l'élaboration d'un modèle de stratégie commerciale. Toutes les Premières nations du Yukon pourront ainsi bénéficier des leçons tirées de l'aménagement du lotissement C-23 et les appliquer à leurs propres projets de même nature.

Maintenant que les travaux sont bien amorcés et que les lots pourraient être mis en vente dès l'été prochain, les Ta'an Kwäch'än se tournent vers l'avenir. Ils prévoient faire des aménagements à Porter Creek, et l'expérience acquise ici aura des retombées positives sur les prochains projets que lancera la Première nation afin de renforcer ses possibilités à long terme de croissance économique durable.

Pour en savoir davantage, communiquez avec
George Gottschall au 865-335-2510 ou à
ggottschall@taan.ca.

Préparation du site bordant la route Klondike Nord
Préparation du site bordant la route Klondike Nord

Jeter les bases d'un développement économique important : réussite de la Conférence économique Fondations

Brenda Bingham et Maxine Fehr, représentantes de la Société de développement des Gwitchin Vuntut
Brenda Bingham et Maxine Fehr, représentantes de la Société de développement des Gwitchin Vuntut

Habituellement, avoir une bonne idée ne suffit pas à lancer une nouvelle entreprise. Pour réussir, il faut parfois discuter de ses idées et d'intérêts communs avec d'autres groupes de personnes et établir des partenariats avec des entreprises ayant des objectifs semblables. La toute première Conférence économique Fondation (Foundations Economic Conference), tenue en juin 2008, a servi de forum de ce genre : les activités organisées pour l'occasion (conférences, discussions, salon professionnel et gala d'affaires) ont permis aux délégués présents de tisser de nouveaux liens et de faire connaître les réussites économiques actuelles d'Autochtones du Yukon.

Des représentants de chacune des Premières nations du territoire, de leurs sociétés de développement, du gouvernement du Yukon, d'Affaires indiennes et du Nord Canada et des milieux des affaires national et autochtone se sont rassemblés, au début du mois de juin, à la Conférence économique Fondations afin de célébrer les réalisations d'entreprises autochtones et de mettre en commun des stratégies de création de partenariats mutuellement avantageux.

Des conférenciers et des experts de tous horizons (organismes régionaux, nationaux, urbains ou ruraux) ont exposé leurs efforts et donné des conseils aux participants à l'occasion de discussions interactives. Les exposés ont porté plus précisément sur les moyens d'établir et de maintenir des partenariats économiques fructueux. Les délégués ont tiré l'enseignement de l'expérience de représentants de nombreuses entreprises autochtones du Yukon, notamment Kluane Sheep Hunt Auction, Latitude Wireless, Air North et Northerm Windows. Par l'entremise de ce transfert de connaissances personnelles et d'expertise, la Conférence a aidé nombre d'entreprises et d'organismes à améliorer leurs chances de réussite.

La Conférence économique Fondations était la première collaboration des milieux des affaires autochtone et général à la tenue d'une activité conjointe pour gens d'affaires. Elle a été organisée par la Société de développement des Indiens du Yukon avec l'appui de däna Näye Ventures, des Premières nations des Tr'ondëk Hwëch'in et des Kwanlin Dun, du gouvernement du Yukon et d'Affaires indiennes et du Nord Canada.

Le 3 juin, en marge de la Conférence, la Société de développement a organisé, en collaboration avec les chambres de commerce de Whitehorse et du Yukon, un salon professionnel et un gala d'affaires afin de réaliser pleinement le thème de la Conférence : « Faire connaître les réussites d'aujourd'hui des entreprises autochtones et favoriser celles de demain ». Ces activités ont mis en valeur des entreprises autochtones prospères, notamment Great River Journey, Latitude Wireless, däna Näye Ventures, In Land Art and Design, la Société de développement Vuntut, la Société de développement des Indiens du Yukon et Northerm Windows. La soirée a permis aux entrepreneurs et aux propriétaires d'entreprises de se rencontrer et de discuter de leurs idées et objectifs communs.

L'activité a permis aux entreprises autochtones du Yukon, au reste du milieu des affaires autochtones et aux autres entrepreneurs des quatre coins du pays d'apprendre à se connaître et de profiter de nouvelles possibilités de partenariat, a expliqué Stanley Noel, présidentdirecteur général de la Société de développement des Indiens du Yukon. « La conférence avait pour objectif principal l'établissement de relations, fondement de la réussite des entreprises », a-t-il indiqué. Les bases de prochains partenariats commerciaux fructueux ont été jetées.

Pour en savoir davantage, communiquez avec
Stanley Noel au 867-668-3908 ou à
snoel@yidc.ca.
www.foundationsconference.ca

Les retombées de la ruée vers l'or

Depuis la signature de leur entente d'autonomie gouvernementale, les Tr'ondëk Hwëch'in s'affairent à trouver l'équilibre parfait entre la gouvernance responsable, la protection de la culture et le développement économique. La Première nation s'efforce actuellement d'élaborer un plan économique refl étant cet équilibre pour la région de Dawson.

« À notre époque, il est très important de préserver nos traditions et de protéger nos droits, a expliqué Darren Taylor, ancien chef des Tr'ondëk Hwëch'in, mais les possibilités économiques demeurent au coeur de nos préoccupations. »

Participer à la mise en valeur du Klondike permet à la Première nation de préserver sa culture millénaire en veillant à ce que le territoire, ses ressources et le mode de vie autochtone soient pris en considération lors de l'étude de toute nouvelle activité régionale de développement économique.

« Notre peuple dépend de notre territoire, a expliqué M. Taylor, mais bon nombre de nos membres ne vivent pas de ses ressources. Nous devons créer des possibilités qui leur permettront de payer leur loyer, de nourrir leurs enfants et d'obtenir la formation dont ils ont besoin pour réussir à décrocher des emplois. »

Durant les dix dernières années, la Première nation, établie à Dawson, a elle-même créé ces possibilités et est devenue par le fait même le plus important employeur de la région. Si l'on tient compte de l'administration ainsi que de Chief Isaac Incorporated – division économique de la nation – et de ses fi liales, les Tr'ondëk Hwëch'in emploient environ 120 des 1 700 résidents de la région.

Et la croissance est loin d'être terminée. Afi n de respecter les exigences de leur accord définitif, les Tr'ondëk Hwëch'in s'affairent à élaborer un plan de développement économique régional afin de prévoir l'avenir économique de la région en collaboration avec tous les ordres de gouvernement. Le plan traitera d'une foule de possibilités économiques non exploitées que peut offrir le Klondike.

M. Taylor est convaincu que ces possibilités sous-exploitées – la mise en valeur de la culture des Tr'ondëk Hwëch'in auprès des visiteurs de la région – enrichiront les membres de la Première nation tout en amplifi ant encore davantage la renommée de Dawson, destination touristique de premier ordre.

« Les gens qui visitent Dawson s'intéressent à la culture autochtone, à la nature vierge de notre territoire traditionnel et à la faune de la région, a expliqué M. Taylor. Je sais que ce sont là de grandes richesses, mais nous n'avons mis en oeuvre aucun plan pour nous aider à tirer le maximum de retombées de ces possibilités. Pourtant, les occasions sont là : nous pouvons établir des partenariats avec des entrepreneurs actuels ou encourager nos membres à se lancer en affaires. »

« Il ne faut pas avoir peur du développement économique, a-t-il continué. Lorsque les décisions sont prises judicieusement, elles permettent de créer des richesses, des emplois et des possibilités de formation dont chacun peut profiter. »

Pour en savoir davantage, communiquez avec
les Tr'ondëk Hwëch'in au 867-993-7100.

Dänojà Zho centre culturel, Dawson City
Dänojà Zho centre culturel, Dawson City


Visions du Nord
REVENDICATIONS TERRITORIALES AU YUKON
automne-hiver 2008/2009 – Région du Yukon

Publié avec l'autorisation du ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits Ottawa, 2008

www.ainc-inac.gc.ca
1-800-567-9604
ATME seulement : 1 866 553-0554

QS-Y153-110-FF-A1
ISSN : 1498-3753

© Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada, 2008

Pour en savoir plus ou pour nous faire part de vos commentaires :

Service des communications – MAINC
Tél. : (867) 667-3888; http://www.ainc-inac.gc.ca

Communications – Conseil des Premières nations du Yukon
phone: (867) 393-9225, http://www.cyfn.ca

Communications – Gouvernement du Yukon
Tél. : (867) 667-5339; http://www.gov.yk.ca

Ce bulletin a été produit grâce aux efforts de plusieurs intervenants. Nous tenons à remercier plus particulièrement les membres des Premières nations et les fonctionnaires qui ont fourni les renseignements qui ont servi à rédiger les articles qu'il contient.

Collaborateurs : Dawn Charlie, Megan Williams, Dorothy Frost, Justin Ferbey, Wayne Potoroka, George Gottschall, Ann Marie Swan, Gavin Gardiner, Stanley Noel, Elizabeth Effa, Rick Massie, Rebecca Johnson, Ed Schultz et Marie-Louise Boylan

Photographies offertes par: Paul Gowdie, Cathie Archbould, AINC, Heather Jones, Tim Cant, Dan Pach, Tr'ondëk Hwëch'in

This publication is also available in English under the title: Visions North