Activités traditionnelles d'exploitation

Autres composantes d'intérêt dans cette région :
Ours blanc | Narval | Oiseaux migrateur | Espèces préoccupantes | Activités traditionnelles d'exploitation

PEMT screenshot: Activités traditionnelles d'exploitation

Lancer l'OGERP pour une vue détaillée et interactive de ces derniers et les autres couches.

Vous pourriez également être intéressé par des informations sur les Ours blanc dans d'autres régions de l'OGERP :

Mer de Beaufort & delta du Mackenzie | l'Arctique de l'Est

Caractéristiques des composantes valorisées

Justification du choix

Les activités traditionnelles d'exploitation - chasse, piégeage et pêche - revêtent une grande importance sociale, culturelle et économique pour les Inuit de la zone d'étude. Depuis des millénaires et aujourd'hui encore, la faune marine et terrestre fournit aux Inuit des aliments, des vêtements et des matériaux permettant de créer des outils, des œuvres d'art et des produits d'artisanat (Commission d'aménagement du Nunavut, 2000). La disponibilité des aliments récoltés traditionnellement réduit la demande d'aliments importés qui sont à la fois coûteux et souvent moins nutritifs. En outre, la récolte d'animaux sauvages et la distribution et l'utilisation ultérieures de cette récolte offrent d'importantes occasions de maintenir et de valoriser la culture inuite.

Activités traditionnelles d'exploitation

Région du Nunavut

L'information décrivant des emplacements d'exploitation particuliers est limitée. L'Étude sur la récolte des ressources fauniques dans le Nunavut fournit de l'information sur le nombre d'exploitants et les espèces récoltées au Nunavut au cours de la période de cinq ans s'étendant de 1996 à 2001; cependant, aucune information n'est disponible sur les lieux de récolte. L'atlas du Nunavut (Riewe, 1992) fournit de l'information sur d'importantes zones fauniques et d'exploitation pour chaque collectivité du Nunavut. Bien que désuète, l'information contenue dans cet atlas demeure le dossier le plus complet sur les secteurs d'exploitation au Nunavut. En outre, même si le Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin (PARNIB) illustre d'importantes zones fauniques et d'exploitation, il ne fournit pas d'informations détaillées sur les sites d'exploitation dans la zone d'étude. Ainsi, le résumé suivant des activités traditionnelles d'exploitation dans la zone d'étude s'appuie sur des renseignements provenant de l'atlas du Nunavut (Riewe, 1992). Ces renseignements sont résumés au tableau 4-1, et les sites d'exploitation traditionnels sont résumés à la figure 4-13 (hiver) et à la figure 4 14 (été).

Presqu'île Bache

Il existe une route importante entre l'île d'Ellesmere et l'île Axel Hei, dans le détroit d'Eureka. Il s'agit d'une route de motoneige que les chasseurs de Grise Fiord empruntent occasionnellement pour voyager entre le fjord Grise et Eureka. L'utilisation du territoire dans cette zone est d'intensité moyenne. On chasse parfois le caribou sur le rivage est du détroit d'Eureka.

On a indiqué que la péninsule Raanes et la péninsule Svendsen, sur la côte est de l'île d'Ellesmere, ainsi que le fjord Baumann étaient utilisées par les chasseurs de Grise Fiord durant l'hiver et le printemps pour la chasse à l'ours blanc et au caribou. L'utilisation du territoire dans cette zone est d'intensité élevée. La plupart des caribous sont attrapés sur les rivages du fjord Blind, alors que le fjord Baumann est l'endroit où l'on trouve souvent les ours blancs.

îles Sverdrup

On a signalé une intensité élevée d'utilisation du territoire par les Inuit de la portion sud de l'île Axel Hei, le long de la côte et dans la baie Norwegian. Plusieurs campements s'y trouvent, et on a indiqué que les chasseurs de Grise Fiord utilisaient cette zone chaque année, au printemps et à l'hiver, pour chasser l'ours blanc.

île King Christian

Le détroit de Penny et le chenal Queens, à l'est de l'île Bathurst, ainsi que la côte est de l'île Bathurst font l'objet d'une utilisation du territoire de niveau moyen par les Inuit. On trouve des campements sur la côte est de l'île Bathurst. Les chasseurs de Resolute ont chassé le caribou dans cette région jusqu'en 1974; cependant, après une diminution rapide de la population, l'Association des chasseurs et des trappeurs (ACT) de Resolute a décrété un moratoire sur la chasse au caribou à cet endroit. Les chasseurs de Resolute ont parfois chassé l'ours blanc, en mars et en avril, au détroit de Penny et au chenal Queens.

Baie Norwegian

Une partie de la baie Norwegian présente une intensité élevée d'utilisation du territoire par les Inuit. Il y a plusieurs campements et quelques sites de pêche dans la région.

On a indiqué que chaque année, au printemps, les chasseurs de Grise Fiord chassent l'ours blanc dans cette baie.

Les habitants de Grise Fiord chassent le caribou sur les îles Graham et Buckingham, et sur la portion ouest de l'île d'Ellesmere au printemps, et parfois à l'automne.

La portion nord de l'île Devon, qui se trouve dans la présente zone d'étude, est utilisée pour la chasse au caribou en août par les chasseurs de Grise Fiord. Il y a aussi quelques sites dans cette région, où l'on pêche l'omble chevalier durant l'été.

Détroit de Byam

Le détroit de Byam, qui se trouve entre l'île Melville et l'île de Byam Martin, présente une intensité moyenne d'utilisation du territoire par les Inuit. Les chasseurs de Resolute ont utilisé cette région pour la chasse à l'ours blanc (en plus du détroit de Byam Martin et de la côte sud est de l'île Melville).

Région des Inuvialuit

Les renseignements suivants ont été obtenus à partir du plan de conservation de la collectivité d'Olokhaktomuit (Olokhaktomuit Community Conservation Plan –OCCP, 2000). Les activités traditionnelles d'exploitation des habitants d'Uluhaktok qui ont lieu dans la zone d'étude sont décrites ci-dessous. Pour obtenir un sommaire de cette information, voir le tableau 4-1.

À l'intérieur de cette région, l'OCCP (2000) décrit certaines zones désignées. Celles qui se trouvent dans la zone d'étude sont les suivantes : 502B, 503B, 504E et 505E. On trouve ci-dessous la description des activités d'exploitation pour chacune de ces zones.

502B - Ligne de côte d'Emangyok Sound jusqu'à l'île de Byam Martin

Cette zone englobe la côte sud-est de l'île Melville et le détroit de Byam, qui comprend aussi la zone de récolte des chasseurs de Resolute, comme il est indiqué dans la section 4.5.2.2. Les habitants d'Uluhaktok et de Sachs Harbour utilisent également cette région pour la chasse de subsistance de novembre à mai. Durant toute l'année, cette région constitue un habitat important pour l'ours blanc, le phoque annelé et le phoque barbu, en plus d'être une aire d'alimentation appréciable pour le béluga. Les Inuvialuit tirent parti de cette région depuis des générations; celle-ci constitue donc un lieu traditionnel et culturel de premier plan. L'OCCP (2000) soulève des préoccupations quant au trafic maritime, qui pourrait avoir une incidence négative sur l'exploitation traditionnelle dans la région.

503B - Ligne de côte, Kangikhokyoak (Liddon)

Cette zone comprend le coté sud de l'île Melville, le nord du golfe Liddon ainsi que la portion sud de l'île de Byam Martin. Ce secteur se trouve en partie dans la zone d'étude. On considère qu'il est important pour l'exploitation traditionnelle de novembre à mai. L'OCCP signale également des préoccupations au sujet des effets négatifs des activités de l'industrie pétrolière sur l'habitat faunique.

504E - Ibbett Bay jusqu'à McCormick Inlet

Ce lieu désigné englobe une portion de l'île Melville, de l'embouchure d'Ibbett Bay vers l'est jusqu'à l'embouchure de McCormick Inlet. Le site de campement Dorset, situé à cet endroit, est un site inuit du nord-ouest bien connu dans l'Arctique canadien.

505E - île Prince-Patrick - Habitat essentiel pour les oiseaux

Ce secteur, qui comprend la partie sud-est de l'île Prince-Patrick dans la zone d'étude, constitue un habitat important pour l'ours blanc et une zone pour la récolte de subsistance.

Tableau 4-1 : Espèces récoltées par collectivité et période de l'année – Zone d'étude de l'Extrême‑Arctique (Riewe, 1992; OCCP 2000)

Les lecteurs doivent garder à l'esprit que la plupart des renseignements présentés ci‑dessus ont été recueillis il y a plusieurs décennies. Bien que les activités de récolte traditionnelles restent élevées, les zones d'utilisation, les niveaux d'exploitation et les mesures de gestion pourraient avoir changé au fil des ans.

Vulnérabilité aux activités pétrolières et gazières

L'analyse de la susceptibilité de l'exploitation traditionnelle aux activités pétrolières et gazières se limite à l'examen de l'exploration courante et des activités de développement. Ainsi, les effets potentiels d'un événement catastrophique, comme un déversement de pétrole, ne sont pas envisagés. La zone d'étude englobe les secteurs terrestres et marins et prend donc en compte les activités pétrolières et gazières terrestres et marines.

La sensibilité des espèces récoltées et de leurs habitats aux activités pétrolières et gazières nuit à la présence et à l'abondance des espèces, donc à leur disponibilité d'exploitation. La sensibilité des espèces fauniques est décrite ailleurs dans cette étude. Les activités de récolte traditionnelles et les activités pétrolières et gazières peuvent entrer en interaction directe quand les deux types d'activités se produisent au même moment dans la même région. Les activités industrielles peuvent être mobiles (exploration sismique) ou stationnaires (forage, base de soutien), ce qui ouvre la voie à plusieurs interactions directes différentes avec la récolte traditionnelle; la perturbation des aires d'exploitation, les barrières physiques, la propagation du bruit, le déglaçage, les perturbations visuelles, etc., sont potentiellement nuisibles à la récolte.

Exploration sismique

Les activités d'exploration sismique terrestres dans la zone d'étude peuvent avoir lieu durant l'hiver et l'été, alors que les activités d'exploration sismique marines peuvent se faire l'été, durant la saison d'eau libre. Les activités d'exploration sismique terrestres peuvent nuire à la présence d'espèces fauniques et limiter l'accès à la récolte. Dans l'environnement marin, les levés sismiques peuvent interférer avec la migration de la faune marine et, potentiellement, compromettre la disponibilité des espèces pour l'exploitation.

Activités sur la glace

Le forage et les activités de soutien au forage peuvent s'effectuer sur la glace. Dans des circonstances normales, ces activités génèrent du bruit sous la glace et sur la glace. Ce bruit pourrait inciter la faune à éviter les lieux, ce qui provoquerait une réduction des possibilités de récolte. Selon la durée et le moment de la saison de forage, on peut entreprendre le déglaçage par bateau. En plus du bruit généré par le déglaçage, les sillages des bateaux peuvent constituer un risque d'accident lorsque l'eau libérée et la glace rugueuse gèlent.

Navigation

La navigation à l'appui des activités pétrolières et gazières pourrait perturber la migration des espèces fauniques marines et, par conséquent, leur disponibilité pour les activités de récolte. La présence de navires dans une zone de récolte traditionnelle pourrait empêcher ou décourager les exploitants d'utiliser cette zone. La navigation intensive, comme les navettes régulières entre une base terrestre et une installation extracôtière, pourrait amener les exploitants traditionnels à se déplacer dans une autre zone, si cela est possible.

Effets potentiels des changements climatiques

On ne comprend pas parfaitement les effets des changements climatiques, mais on observe des modifications de l'environnement nordique découlant de ces changements. La réduction du couvert de glace pendant l'été a été bien documentée et pourrait mener à une activité accrue dans l'environnement marin. Du fait que la glace constitue aussi un habitat pour des espèces comme l'ours blanc, une réduction du couvert de glace peut avoir un effet négatif sur les populations fauniques et sur leur disponibilité pour la récolte. Les populations de petits rennes arctiques sont en déclin dans le nord du Canada; bien que ce déclin puisse être attribuable à divers facteurs, les effets des changements climatiques sont signalés comme l'une des causes potentielles. La réduction des populations d'espèces découlant des changements climatiques diminuera les possibilités de récolte traditionnelle.

Cotes de sensibilité

Lors de l'élaboration d'une échelle de sensibilité pour la récolte traditionnelle, on a pris en considération les aires d'importance répertoriées à l'annexe G du PARNIB, les catégories d'utilisation du territoire présentées dans l'OCCP (2000) et la fréquence et l'ampleur des activités d'exploitation documentées. Quatre niveaux d'importance sont définis pour les aires retenues dans le PARNIB, en fonction d'une combinaison de l'importance pour la récolte par les collectivités et de l'importance pour la productivité des espèces sauvages. Cinq catégories de territoire sont désignées dans l'OCCP. Les aires d'importance présentées dans le PARNIB et les catégories d'utilisation du territoire comprises dans l'OCCP couvrent une partie de la présente zone d'étude. Quant à la portion de la zone d'étude non couverte par le PARNIB ou l'OCCP, on considère que la sensibilité est faible. Le classement de la sensibilité de l'exploitation traditionnelle dans la zone d'étude de l'Extrême Arctique est résumé à l'image 4-15.

Les niveaux de sensibilité des activités de récolte traditionnelles sont définis ci-après :

Sensibilité élevée (5)

Une cote de sensibilité élevée a été attribuée aux aires considérées comme étant des lieux de récolte essentiels (la survie de la collectivité en dépend), aux aires constituant un habitat essentiel unique et sans solution de rechange, ou aux aires qui assurent la survie d'espèces rares, menacées ou en voie de disparition, ou qui sont protégées ou dont la protection législative est proposée (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin). Cette cote est aussi attribuée aux terres et aux plans d'eau où les ressources culturelles ou renouvelables revêtent une importance et une sensibilité extrêmes et où aucun développement ne devrait être permis (OCCP).

Sensibilité modérée à élevée (4)

Les aires de grande importance pour la collectivité et d'où provient une grande partie des espèces exploitées sont cotées comme étant de sensibilité modérée à élevée. Cette cote s'applique également aux aires qui procurent un important habitat faunique (cependant, un habitat de remplacement est disponible) (PARNIB) ainsi qu'aux terres et aux plans d'eau où les ressources culturelles ou renouvelables revêtent une importance et une sensibilité particulières à longueur d'année (OCCP).

Sensibilité modérée (3)

La cote de sensibilité modérée a été attribuée aux aires d'exploitation générale utilisées par la collectivité ou aux aires d'où provient une plus petite proportion des espèces récoltées. Généralement, il y a moins d'espèces présentes, il n'y a pas d'habitat essentiel pour les espèces exploitées et un habitat de remplacement est disponible (PARNIB). Cette cote s'applique également aux terres et aux plans d'eau où les ressources culturelles ou renouvelables revêtent une importance et une sensibilité particulières durant des moments spécifiques de l'année (OCCP).

Sensibilité faible à modérée (2)

Ce classement s'applique aux terres et aux plans d'eau où les ressources culturelles ou renouvelables relèvent d'une certaine importance et d'une certaine sensibilité (OCCP) ainsi qu'aux aires où on pourrait trouver un intérêt pour les espèces exploitables; cependant, l'exploitation est peu documentée pour cette aire.

Faible sensibilité (1)

Les aires de faible sensibilité ne sont pas beaucoup utilisées par la collectivité et il existe très peu d'information permettant d'en évaluer l'importance pour les espèces sauvages (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin). Cette cote inclut des terres où il n'y a aucune ressource culturelle ou renouvelable d'importance ou sensible connue (OCCP).

Mesures d'atténuation

Les activités de récolte traditionnelles dépendent de la disponibilité des espèces à récolter et de la possibilité d'exercer ces activités. La présence d'espèces dépend de la disponibilité des habitats et de la présence de populations en santé et viables. Pour exercer les activités de récolte, il faut avoir du temps, l'équipement nécessaire et l'accès aux espèces d'intérêt. Dans le Nord, de nombreuses activités industrielles ont aménagé des horaires de travail qui non seulement tiennent compte du temps et du coût nécessaires pour accéder aux lieux de travail, mais offrent aussi aux résidants suffisamment de temps libre pour exercer leurs activités de récolte traditionnelles. Il est possible de maintenir l'accès aux espèces d'intérêt et aux aires de récolte en évitant ces régions complètement ou en les évitant pendant les périodes de l'année où se pratiquent les activités de récolte traditionnelles. Il est aussi possible d'envisager un dédommagement pour fournir aux exploitants les ressources nécessaires pour se rendre dans d'autres régions ou pour compenser la perte d'accès quand il est impossible d'éviter ces zones.

Références

Voir les références utilisées pour l'information des activités traditionnelles d'exploitation