Ours blanc

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Caractéristiques des composantes valorisées

Justification du choix

L'ours blanc fait partie intégrante de l'écosystème arctique du Nunavut, car il est le prédateur se trouvant au sommet du réseau trophique. L'ours blanc revêt aussi une grande importance culturelle et économique pour les Inuit et il est chassé par presque toutes les collectivités (Priest et Usher, 2004). Au cours d'une période de cinq ans, soit de 1996 à 2001, le nombre moyen d'ours blancs tués par des chasseurs s'établissait approximativement à 1 339 (Priest et Usher, 2004). Les peaux sont vendues commercialement comme articles de luxe et peuvent atteindre des prix élevés dans le marché de la fourrure. Les excursions de chasse avec des guides inuits constituent aussi une source de revenus de l'industrie touristique et les excursions d'observation sont également devenues populaires (COSEPAC, 2002).

Habitat essentiel

L'ours blanc dépend, pour sa survie, de la glace de mer qui lui permet d'accéder aux espèces de phoques qui constituent l'essentiel de son alimentation. C'est pour cette raison que l'habitat de l'ours blanc présente, d'année en année, la même variabilité que la glace de mer. Lorsque cette variabilité est combinée à l'incertitude des effets que les changements climatiques ont sur le régime des glaces de l'Arctique, il devient très difficile de délimiter correctement les frontières spatiales de l'habitat clé de l'ours blanc, car elles changent d'année en année et d'une décennie à une autre. Le principal habitat de l'ours blanc comprend les eaux de glace active (chenaux, polynies) au printemps et au début de l'été, quand l'accès aux proies est d'une importance cruciale.

L'ours blanc préfère les eaux riches en nourriture près des rives, à la lisière de la banquise et des polynies étant donné que ces zones lui permettent d'accéder aux phoques dont il se nourrit. La banquise côtière constitue aussi une importante zone d'alimentation pour l'ours blanc au printemps, quand les phoques et leurs petits sont dans leurs tanières de mise bas. Les ours blancs ont tendance à revenir à la même aire de mise bas d'année en année ou à un habitat de qualité (Lunn et al., 2004; Stirling et al., 2004). Les aires de mise bas dans la zone d'étude de l'Extrême‑Arctique sont concentrées le long de la région côtière des îles Melville, Bathurst, d'Ellesmere et Axel‑Heiberg. Dans certaines parties de l'Extrême‑Arctique, les ours blancs sont forcés d'aller sur la terre ferme l'été en raison du retrait de la glace et de passer parfois plusieurs mois dans des zones de refuge d'été en attendant que la glace se soit reformée. On a répertorié de telles aires sur l'île Bathurst et dans le nord-est de l'île Devon (figure 4-1).

Facteurs de viabilité

Les facteurs limitatifs influant sur les populations d'ours blancs comprennent une capacité reproductive relativement faible, la chasse, la contamination de l'environnement, l'exploration pétrolière et gazière côtière et extracôtière, le développement industriel et les changements climatiques.

Les femelles ont de faibles taux de reproduction, ce qui les rend vulnérables à toute menace susceptible d'avoir une incidence sur la santé et l'abondance des populations (COSEPAC, 2002).

L'ours blanc présente une vulnérabilité directe et indirecte aux polluants. Étant le prédateur de premier ordre des réseaux trophiques arctiques, il est sujet à la bioaccumulation bioaccumulationFootnote 1. dans cet écosystème. Les toxines contenues dans les proies consommées peuvent s'accumuler dans les tissus de l'ours blanc. Les polluants peuvent perturber la régulation hormonale, le fonctionnement du système immunitaire et éventuellement la reproduction (Stirling, 1990).

Vulnérabilité aux activités pétrolières et gazières

L'augmentation de l'activité humaine, de l'exploration pétrolière et gazière et du développement côtier dans l'Arctique peut réduire d'importantes aires de mise bas situées sur la terre ferme et peut-être aussi des aires d'alimentation printanières à la lisière des glaces.

Exploration sismique

L'exploration sismique en mer ne peut se faire qu'en eaux libres. Bien qu'il ne soit pas rare de voir des ours blancs nager en eaux libres, il est peu probable que l'exploration sismique ait des interactions néfastes avec les ours blancs, et les effets seraient limités. Les effets des activités terrestres sur les aires de mise bas n'ont pas été étudiés.

Activités sur la glace

Il a été révélé que la présence de navires de forage stationnaires et de sites de forage attire les ours blancs, probablement à cause de l'utilisation par les phoques des fissures provoquées par les appareils de forage (Stirling, 1998). Cela pourrait accroître l'accès aux proies (Richardson et al., 1995), mais aussi augmenter le risque de mortalité pour ces ours dans les zones où les activités humaines sont plus intensives.

Navigation

L'ours blanc ne semble pas être repoussé par le bruit associé aux activités pétrolières extracôtières (même quand il nage en eaux libres), à la construction ou à la circulation des brise-glaces ou des navires (Richardson et al., 1995).

Rejets d'hydrocarbures

Des études physiologiques portant sur les incidences du pétrole sur les ours blancs révèlent une forte probabilité qu'un seul déversement important d'hydrocarbures dans une zone critique pour les ours blancs pourrait entraîner une réduction importante des effectifs (COSEPAC, 2002). Il a été révélé que les ours blancs sont extrêmement sensibles aux effets toxiques des hydrocarbures et meurent rapidement d'insuffisance rénale lorsque leur fourrure est enduite de pétrole et qu'ils ingèrent du pétrole en nettoyant leur pelage (Stirling, 1998).

Effets potientiels des changements climatiques

Les changements climatiques constituent une menace importante pour l'ours blanc, car il dépend de la glace pour se déplacer, s'alimenter et mettre bas. L'ours blanc dépend directement de la glace de mer pour se déplacer dans l'Arctique et, indirectement, du fait qu'elle constitue l'habitat de ses proies (phoques annelés et phoques barbus) (Stirling et Øritsland, 1995). Il est fidèle à des sites locaux et a des domaines vitaux fixes, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux modifications de son habitat (Derocher et al., 2004). Les changements survenant dans le moment de formation, la durée, l'étendue et la qualité de l'épaisseur de la glace attribuables aux changements climatiques et leurs effets sur la santé, sur les effectifs et sur l'aire de répartition de l'ours blanc ont reçu une attention considérable de la part de plusieurs chercheurs (Derocher et al., 2004; Stirling et Parkinson, 2006; Stirling et Derocher, 2007; Stirling et al., sous presse). La principale menace systématiquement répertoriée est la perte d'habitat de glace de mer causée par les changements climatiques (Stirling et Derocher, 2007).

À cause de l'évolution de l'état des glaces, l'ours blanc pourrait être forcé de se replier sur les terres côtières plus tôt pendant l'été (Stirling et Parkinson, 2006). Cela pourrait réduire la période de temps qu'il passe à chasser le phoque et le forcer à passer plus de temps sans s'alimenter et à dépendre de ses réserves de graisse (Stirling et Parkinson, 2006). Des changements survenant dans la formation et la durée de la glace de mer pourraient aussi avoir un effet indirect sur l'ours blanc en modifiant la répartition des phoques annelés et en le forçant à chercher d'autres sources d'alimentation (Stirling et Parkinson, 2006). L'ours blanc pourrait être forcé de se déplacer vers des zones terrestres côtières où il y a davantage d'activités humaines. Au Nunavut, des chasseurs inuits ont indiqué qu'au cours des dernières années ils voyaient davantage d'ours blancs près des zones habitées durant la saison des eaux libres (Stirling et Parkinson, 2006). Tous ces changements accroîtraient la difficulté de survivre dans un environnement déjà très rude (Derocher et al., 2004).

Cotes de sensibilité

Les cotes de sensibilité de l'habitat de l'ours blanc, en hiver et en été, dans la zone d'étude de l'Extrême Arctique sont résumées à la figure 4-2.

Sensibilité élevée (5)

Les zones de sensibilité élevée pour l'ours blanc comprennent l'habitat essentiel défini en vertu de la Loi sur les espèces en péril afin de protéger les zones qui sont essentielles à la survie des espèces inscrites comme étant menacées ou en voie de disparition aux termes des lois et règlements fédéraux. L'habitat essentiel de l'ours blanc dans la zone d'étude de l'Extrême Arctique n'a pas encore été déterminé ou protégé. Les habitats qui sont protégés par la loi sous forme de parcs ou d'aires de conservation sont aussi considérés comme étant de sensibilité élevée.

Sensibilité modérée à élevée (4)

Les zones où l'on retrouve de la glace dynamique saisonnière, de la banquise côtière, des polynies et des chenaux constituent d'importantes aires d'alimentation pour l'ours blanc durant les périodes critiques de l'année. Ces zones sont cotées comme étant de sensibilité modérée à élevée, du fait qu'une proportion de la population peut y être concentrée à certaines périodes de l'année. Étant donné que l'état de la glace de mer varie considérablement d'une année à l'autre, ces régions sont cotées comme étant de sensibilité modérée à élevée pendant l'été et l'hiver, pour indiquer que cet habitat est important pour la population d'ours blancs pendant certaines périodes tout au long de l'année.

L'ours blanc est très fidèle à ses tanières, et ces zones sont essentielles à la survie de l'espèce. L'ours blanc utilise ces sites durant la saison des eaux libres afin de conserver son énergie quand la chasse au phoque n'est pas possible ou pendant l'été en tant que tanières de mise bas.

Les zones répertoriées comme étant un important habitat de l'ours blanc dans le cadre des Réserves d'espèces sauvages d'intérêt spécial du gouvernement du Nunavut ou dans le cadre du Programme biologique international (PBI) sont aussi cotées comme étant de sensibilité modérée à élevée pendant l'été et l'hiver. Il n'y a qu'un seul site inscrit au PBI qui se situe dans la zone d'étude de l'Extrême‑Arctique.

Sensibilité modérée (3)

L'habitat de sensibilité modérée comprend les zones de banquise annuelle serrée offrant des aires d'alimentation durant les périodes non critiques de l'année. Cet habitat comprend les régions extracôtières de l'aire de répartition principale de l'ours blanc qui sont couvertes de glace de mer pendant la majeure partie de l'hiver.

Sensibilité faible à modérée (2)

L'habitat marin et les zones de glace de mer qui ne font pas partie de l'aire de répartition principale de l'ours blanc peuvent être utilisés de façon limitée en tant que tanière ou aire d'alimentation pour une population d'ours blancs de plus faible densité.

Faible sensibilité (1)

L'habitat de faible sensibilité comprend l'habitat terrestre et les zones extérieures à l'aire de répartition de l'ours blanc.

Mesures d'atténuation

Les ours blancs sont souvent attirés par les activités de développement et sont rarement repoussés par la présence de navires, de brise-glaces ou d'installations aménagées sur la terre ferme ou sur la banquise, de sorte que les programmes d'atténuation mettent souvent l'accent sur la prévention des interactions accrues entre les ours et les activités pétrolières et gazières. Du fait que les schémas de répartition et de déplacements peuvent varier et dépendent de l'état annuel des glaces, des programmes de surveillance sont mis en œuvre pour faire en sorte que les activités pétrolières et gazières perturbent le moins possible les ours ainsi que pour déterminer l'utilisation de l'habitat dans la zone de développement sur une base continue. Le maintien de communications étroites avec les collectivités locales et les organisations de chasseurs et de trappeurs, et la présence de surveillants de la faune durant les activités de développement permettent de réduire au minimum les interactions avec les ours et d'éviter que les activités aient des incidences négatives sur des aspects essentiels de l'utilisation de l'habitat et les possibilités d'alimentation.

Références

Voir les références utilisées pour l'information des ours blancs

Notes en bas de page :

Footnote 1

La bioaccumulation est le processus d'accumulationd'une substance menant à des concentrations progressivement plus élevées d'un contaminant au fur et à mesure qu'on remonte la chaîne alimentaire, ce qui est le cas des prédateurs qui ingèrent des proies ayant déjà accumulé des contaminants dans leurs tissus.

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