Activités traditionnelles d'exploitation

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Activités traditionnelles d'exploitation - Summer

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l'Extrême Arctique

Caractéristiques des composantes valorisées

Justification du choix

Les activités traditionnelles d'exploitation – chasse, piégeage et pêche – revêtent une grande importance sociale, culturelle et économique pour les Inuit de la zone d'étude. Depuis des millénaires et aujourd'hui encore, la faune marine et terrestre fournit aux Inuit des aliments, des vêtements et des matériaux permettant de créer des outils, des œuvres d'art et des produits d'artisanat (Commission d'aménagement du Nunavut, 2000). La disponibilité des aliments récoltés traditionnellement réduit la demande d'aliments importés qui sont à la fois coûteux et souvent moins nutritifs. En outre, la récolte d'animaux sauvages et la distribution et l'utilisation ultérieures de cette récolte offrent d'importantes occasions de maintenir et de valoriser la culture inuite.

Activités traditionnelles d'exploitation

L'information décrivant des emplacements d'exploitation particuliers est limitée. L'Étude sur la récolte des ressources fauniques dans le Nunavut fournit de l'information sur le nombre d'exploitants et les espèces récoltées au Nunavut au cours de la période de cinq ans s'étendant de 1996 à 2001; cependant, aucune information n'est disponible sur les lieux de récolte. L'atlas du Nunavut (Riewe, 1992b) fournit de l'information sur les importantes réserves d'espèces sauvages et aires d'exploitation de chaque collectivité du Nunavut (figures 4‑20 et 4‑21). Bien que l'information contenue dans l'atlas du Nunavut soit désuète, l'atlas demeure le dossier le plus exhaustif actuellement disponible sur les secteurs d'exploitation au Nunavut. En outre, même si le Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin (PARNIB) illustre d'importantes zones fauniques et d'exploitation, il ne fournit pas d'informations détaillées sur les sites d'exploitation dans la zone d'étude. Ainsi, le résumé suivant des activités traditionnelles d'exploitation dans la zone d'étude s'appuie sur des renseignements provenant de l'atlas du Nunavut (Riewe, 1992b). Pour obtenir un sommaire de cette information, voir le tableau 4‑1.

L'atlas du Nunavut (Riewe, 1992b) donne les définitions suivantes de l'intensité de l'utilisation du territoire :

  • Intensité élevée – aires utilisées chaque année;
  • Intensité moyenne – aires utilisées (au cours des 30 dernières années), mais pas nécessairement chaque année;
  • Faible intensité – aires utilisées avant 1960, mais rarement utilisées par les chasseurs en 1987.

Devon East (secteur est de l'île Devon et du détroit de Lancaster)

L'île Coburg est utilisée par les chasseurs de Grise Fjord pour chasser le Guillemot de Brünnich et d'autres oiseaux marins et pour ramasser leurs œufs. Ils s'y rendent en motoneige et en bateau. Il existe plusieurs campements dans l'île Coburg, les Inuit ont coté d'intensité élevée quant à l'utilisation du territoire.

On trouve d'importantes pistes de motoneige allant de la baie Croher vers le sud jusqu'au  détroit de Lancaster, puis vers l'est, jusqu'à la baie de Baffin. Ces pistes de motoneige sont utilisées en hiver et au printemps par les chasseurs d'Arctic Bay qui se rendent dans la partie sud‑est de l'île Devon pour chasser le bœuf musqué et les mammifères marins. Il existe plusieurs campements dans la région et l'utilisation du territoire par les Inuit y est d'intensité élevée. Les chasseurs d'Arctic Bay chasseraient aussi l'ours blanc, le narval, le morse et le phoque dans la région du détroit de Lancaster à la fin de l'hiver et au printemps. Les narvals sont chassés à la limite de la banquise au printemps. Au moment de la production de l'atlas du Nunavut, les chasseurs pouvaient chasser l'ours blanc dans la région sud‑est de l'île Devon.

Inlet de l'Amirauté(pour la partie sud du détroit de Lancaster)

On trouve plusieurs campements le long de la partie sud du détroit de Lancaster, et l'utilisation du territoire par les Inuit y est d'intensité élevée. Les chasseurs d'Arctic Bay utilisent cette région pour chasser le phoque annelé et le phoque barbu. L'hiver, les phoques annelés sont chassés aux trous de respiration dans la glace, mais au printemps, ils sont chassés pendant qu'ils se prélassent sur la glace. Les phoques barbus sont chassés surtout à la fin du printemps à la limite de la banquise ou en eaux libres l'été. Les Inuit d'Arctic Bay et de Pond Inlet fréquentent les côtes nord de la péninsule Borden et de l'inlet Navy Board pour chasser le phoque en eaux libres pendant l'été et à la limite de la banquise à la fin du printemps. Les Inuit de Pond Inlet chassent le morse à la fin du printemps à la limite de la banquise et, durant l'été, en eaux libres ou dans les sites d'échoueries, comme les îles Wollaston. Au printemps et en été, les narvals sont chassés dans l'inlet Navy Board et dans la partie sud du détroit de Lancaster.

Pond Inlet

La côte de l'île Bylot et de l'île de Baffin compte de nombreux campements de chasse et quelques sites de pêche. Il y a une importante voie de déplacement le long de la côte de l'île Bylot ainsi que le long du littoral de l'île de Baffin. L'utilisation du territoire par les Inuit est d'intensité élevée le long du littoral. La zone qui s'étend plus loin dans la baie de Baffin présente une intensité moyenne d'utilisation du territoire par les Inuit.

Les zones côtières de l'île Bylot sont un important habitat de l'ours blanc. Cette zone serait la limite nord‑est du déplacement des chasseurs de Pond Inlet. Le phoque et le narval sont chassés au sud du cap Walter Bathurst. La chasse au morse se pratique dans toute la zone côtière durant l'hiver.

Les Inuit de Pond Inlet chassent intensivement le phoque annelé et le phoque barbu tout au long de l'année dans toutes les zones marines le long de la baie de Baffin. La chasse au canard se pratique dans la zone marine proche du sud‑est de l'île Bylot, de Guys Bight et d'Erik Harbour.

Certaines années, la zone extracôtière de la banquise côtière de la baie de Baffin est utilisée pour la chasse à l'ours blanc et au phoque. Cela est tout particulièrement le cas en mars et avril, quand la combinaison d'icebergs échoués et de courant moindre permet la formation d'une nouvelle banquise côtière.

Clyde River

Il existe d'importantes voies de déplacement le long de la côte de l'île de Baffin où l'utilisation du territoire par les Inuit dans cette région, qui s'étend dans la baie de Baffin, est d'intensité élevée. Il y a des pistes pour motoneiges et traîneaux à chiens entre Pond Inlet et Clyde River. Plusieurs campements sont situés dans la zone côtière et extracôtière de la baie de Baffin et l'on trouve des sites de pêche à divers endroits de la côte. La zone marine, y compris tous les fjords, baies et inlets adjacents, serait utilisée de façon intensive par les chasseurs de Clyde River, de décembre à juin, pour la chasse à l'ours blanc, au phoque annelé et au phoque barbu sur la glace fixée et à la limite de la banquise. Dans le fjord Eglinton et à l'embouchure de l'inlet Clyde, les phoques sont chassés à l'automne et pendant l'hiver. Le cap Christian est une zone populaire pour la chasse au phoque. Dans le fjord Sam Ford et l'inlet Scott, les jeunes phoques annelés sont chassés au printemps. Le phoque du Groenland est chassé dans l'inlet Clyde pendant l'été. La zone au large de l'embouchure de l'inlet Clyde est utilisée toute l'année. Pendant l'été, les narvals et quelques bélugas sont chassés dans cette zone. Pendant l'été et l'automne, les eiders sont chassés dans le fjord Inugsuin.

Baie Home

En poursuivant vers le sud le long de la côte de l'île de Baffin, la région de la baie Home fait aussi l'objet d'un niveau élevé d'utilisation du territoire par les Inuit. Il existe dans cette zone diverses voies de déplacement importantes ainsi que plusieurs campements. La zone marine à l'est de la baie Isabella est utilisée de façon intensive par les chasseurs de Clyde River qui chassent le phoque annelé et le phoque barbu ainsi que l'ours blanc pendant l'hiver et le printemps, surtout dans la baie Isabella. Le long des côtes de la baie Isabella et de ses îles, on pratique le piégeage du renard arctique. Pendant l'été et l'automne, les narvals et les phoques du Groenland sont chassés dans l'inlet Clyde et le fjord Inugsuin. La partie nord de la baie Home et les fjords adjacents sont utilisés pour la chasse au phoque annelé et à l'ours blanc durant l'hiver et le printemps. La baie Alexander est un lieu privilégié pour la chasse à l'ours blanc; on y chasse aussi le morse au printemps.

Les chasseurs de Qikiqtarjuaq fréquentent la baie Home pour la chasse au phoque annelé, en particulier au printemps. Dans les fjords Ekalugad et Pitchforth, ils chassent le narval pendant l'été. À l'embouchure de la baie Alexander, ils chassent aussi le morse, le narval, le phoque du Groenland et le phoque barbu. Les narvals sont chassés à la limite de la banquise au printemps et au début de l'été, et près du cap Hooper. Les ours blancs sont chassés dans toute la région au sud‑est du cap Hooper pendant l'hiver et le printemps. Les œufs d'eiders et de sternes arctiques sont ramassés pendant l'été dans bon nombre des petites îles situées au large dans la baie Home.

Cap Dyer

Il existe plusieurs grandes voies de déplacement le long de la côte de l'île de Baffin ainsi que de nombreux campements, et plusieurs sites de pêche. L'utilisation de ce territoire par les Inuit y est d'intensité élevée. Les Inuit de Qikiqtarjuaq chassent les mammifères marins dans la zone marine toute l'année. Les fjords, inlets et baies situés entre l'île Broughton et le cap Dyer sont utilisés intensivement toute l'année pour la chasse au phoque annelé et pendant l'été pour la chasse au phoque du Groenland et au phoque barbu. Les ours blancs sont chassés dans toute cette région durant l'hiver et le printemps, et les morses sont chassés au début de l'été, lors de la dislocation de la banquise côtière. Au printemps, les oiseaux aquatiques (en particulier les eiders et les Guillemots marmettes) sont chassés à la limite de la banquise et, pendant la saison des eaux libres, dans les fjords. À la fin de l'été, la pêche à l'omble chevalier se pratique dans plusieurs des fjords, en particulier le fjord Padle. Dans l'est de l'île Broughton, le narval et le phoque annelé sont chassés au printemps à la limite de la banquise et dans la baie Merchants, le fjord Padle, autour de l'île Broughton et près de l'île Paugnang pendant l'été. Dans le fjord Padle, le béluga est parfois chassé pendant l'été et, au printemps, à la limite de la banquise. Chaque année, en hiver et au printemps, le chenal et la baie Exeter sont fréquentés par les résidants de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq pour la chasse au phoque annelé.

Baie Hoare

La baie Hoare présente un niveau élevé d'utilisation du territoire par les Inuit. On trouve plusieurs campements et sites de pêche le long de la côte de la péninsule Cumberland de l'île de Baffin. Les Inuit chassent le phoque annelé et le morse dans la région de la baie Hoare durant l'hiver, le printemps et l'été.

La baie Hoare est rarement utilisée par les chasseurs de Qiktarjuaq.

Baie Cumberland

Dans la région, il existe plusieurs voies de déplacement importantes ainsi que plusieurs campements et sites de pêche. À l'embouchure de la baie Cumberland, l'utilisation du territoire par les Inuit a été cotée comme étant d'intensité moyenne. Dans le reste de la région, l'intensité de l'utilisation du territoire est élevée.

Les chasseurs de Pangnirtung chassent occasionnellement les mammifères marins au large de l'embouchure de la baie Cumberland.

Quelques caribous sont chassés le long de la péninsule Cumberland de l'île de Baffin. L'ours blanc est chassé occasionnellement le long des voies de déplacement dans cette région, du fjord Ujuktuk au fjord Kumlein.

L'ours blanc est chassé pendant l'hiver le long des côtes est et ouest de la baie Cumberland ainsi que dans les îles Leybourne.

Le morse est chassé dans les îles Lemieux pendant l'été.

Dans la baie Cumberland, les chasseurs de Pangnirtung prennent une partie de leur quota annuel de 40 narvals ainsi qu'environ 50 bélugas. Ils chassent aussi le phoque annelé et le phoque du Groenland dans cette région.

La pêche à l'omble chevalier se pratique dans de nombreuses zones côtières de la baie Cumberland.

Île Resolution

Dans l'île Resolution, le long de la côte ainsi que dans une partie du détroit de Davis,  l'utilisation du territoire par les Inuit est d'intensité élevée. On trouve dans l'île Resolution plusieurs campements et sites de pêche ainsi que d'importantes voies de déplacement.

Les chasseurs d'Iqaluit utilisent la zone juste au nord de l'île Resolution (île Edgell) pour chasser le phoque commun, bien qu'il soit très rare dans cette région. Cette chasse se pratique souvent en même temps que la chasse aux oiseaux aquatiques durant l'été. Dans les chenaux Gabriel et Graves, on chasse l'Eider à duvet et d'autres oiseaux aquatiques et on ramasse leurs œufs. Des camps de chasse sont installés pendant l'été dans la partie nord de l'île Resolution, et dans les îles Lower Savage et l'île Edgell. Les chasseurs d'Iqaluit et de Kimmirut ont historiquement chassé le phoque annelé, le phoque barbu, le phoque commun et, parfois, le phoque à capuchon dans la zone côtière adjacente à la péninsule Meta Incognita, incluant le chenal Annapolis et la partie nord du chenal Gabriel.

Les habitants de Kimmirut chassent le caribou et l'ours blanc dans la péninsule Meta Incognita et dans les eaux côtières adjacentes.  

La partie sud de l'île Resolution et la zone au large du détroit de Davis ne sont pas utilisées pour la chasse traditionnelle.

Baie Frobisher

Cette région compte plusieurs campements et sites de pêche ainsi que de nombreuses voies de déplacement importantes. L'utilisation du territoire par les Inuit y est d'intensité élevée.

La portion du détroit de Davis qui longe la côte des îles Lemieux est utilisée toute l'année par des membres du camp éloigné de l'île Allen pour la chasse au phoque annelé, au phoque barbu et au phoque du Groenland. Les chasseurs d'Iqaluit et de Pangnirtung utilisent aussi cette partie du détroit de Davis pour la chasse à l'ours blanc.

Les chasseurs d'Iqaluit ont utilisé la moitié est de la péninsule Beekman et les îles Brevoort et Lemieux pour la chasse au caribou et à l'ours blanc. Les chasseurs de Pangnirtung chassent le phoque, le caribou et le morse à proximité des îles Lemieux.

Il a été signalé qu'auparavant, deux familles vivaient toute l'année au camp éloigné de l'île Allen, piégeant le renard arctique, chassant les oiseaux aquatiques et pêchant l'omble chevalier pour leur propre usage à proximité du camp. De mars à mai, la partie du détroit de Davis comprenant le chenal Robinson et la baie Cyrus Field était utilisée par les membres du camp éloigné pour des excursions de chasse guidées à l'ours blanc. Le morse est chassé toute l'année dans cette région, le nombre de prises annuelles s'établissant à environ une centaine. Le phoque annelé y est aussi chassé toute l'année, tandis que le phoque barbu (chassé sur les côtes nord et est de l'île Loks Land) et le phoque du Groenland sont chassés principalement l'été. L'Eider à duvet et d'autres oiseaux aquatiques sont aussi chassés au large de l'île Loks Land. Les habitants d'Iqaluit chassent le phoque commun dans la baie Cyrus Field, le passage Lupton, le chenal Beare, et les côtes nord‑ouest et est de l'île Loks Land où ils chassent aussi les oiseaux aquatiques.

Pendant l'été, les chasseurs d'Iqaluit pratiquent la chasse au caribou et au loup dans la région côtière de la péninsule Hall et de la péninsule Blunt. L'été, le caribou est chassé à l'occasion dans l'île Loks Land. Cette région a été utilisée pour la chasse au caribou, aux oiseaux aquatiques, au renard arctique et pour la pêche à l'omble chevalier.

L'été, la chasse aux oiseaux aquatiques et la cueillette d'œufs se pratiquent dans le chenal Kendall et près des îles Gross et Potter. Bien qu'il soit relativement rare, le phoque commun fréquente cette région pendant l'été, et y est chassé. La chasse au phoque annelé, au phoque barbu, au phoque commun et, à l'occasion, au phoque à capuchon et au morse se pratique au sud de la baie Frobisher, dans les zones adjacentes aux îles Potter, Gross et Palmer. Les habitants de Lake Harbour utilisent cette région à l'occasion pour la chasse au caribou et au phoque.

Tableau 4‑1 : Espèces récoltées par collectivité et période de l'année – Zone d'étude de l'est de l'Arctique (Riewe, 1992b)

NOTE :

* Le Guillemot de Brünnich, la mouette, le Guillemot à miroir, le fulmar, le Goéland bourgmestre et le Goéland de Thayer

Mise en garde : L'information présentée ci‑dessus a été colligée il y a plusieurs décennies et, bien que les activités de récolte traditionnelles demeurent fortes, les zones d'utilisation, les niveaux d'exploitation et les mesures de gestion auront changé au fil des ans.

Vulnérabilité aux activités pétrolières et gazières

L'analyse de la vulnérabilité des activités de récolte traditionnelles aux activités pétrolières et gazières se limite à la prise en compte des activités courantes d'exploration et de développement. Ainsi, les effets potentiels d'un événement catastrophique, comme un déversement de pétrole, ne sont pas envisagés. La plupart des activités pétrolières et gazières dans la zone d'étude sont réalisées en milieu marin; cependant, des bases terrestres pour appuyer ces activités peuvent être nécessaires.

La vulnérabilité des espèces récoltées et de leurs habitats aux activités pétrolières et gazières aura une incidence sur la présence et l'abondance des espèces et, par conséquent, sur leur disponibilité pour l'exploitation. La vulnérabilité des espèces fauniques est décrite ailleurs dans cette étude. Les activités de récolte traditionnelles et les activités pétrolières et gazières peuvent entrer en interaction directe quand les deux types d'activités se produisent au même moment dans la même région. Les activités industrielles peuvent être à la fois mobiles (exploration sismique) ou stationnaires (forage, base de soutien terrestre), ce qui entraîne un risque de plusieurs interactions directes différentes avec les activités traditionnelles; ainsi, le déglaçage, la propagation du bruit, les perturbations visuelles, etc. peuvent avoir un effet négatif sur les activités traditionnelles.

Exploration sismique

L'on s'attend à ce que les activités d'exploration sismique dans la zone d'étude soient menées par des navires pendant la saison des eaux libres. Du fait que ces activités seraient menées au large des côtes, les interactions directes avec les activités de récolte traditionnelles devraient être limitées; cependant, le trafic maritime pourrait perturber la migration des espèces fauniques marines et réduire potentiellement leur disponibilité pour l'exploitation.

Activités sur la glace

Il est probable que le forage dans la zone d'étude serait réalisé par des navires de forage ou d'autres structures mobiles. Par conséquent, les activités pétrolières et gazières ayant un effet sur les glaces dans la zone d'étude devraient être liées à la gestion des glaces et au transfert de personnes et de matériel vers les sites de forage extracôtiers. Le bruit associé au déglaçage pourrait avoir un effet indirect sur les activités de récolte, car les espèces pourraient éviter les secteurs d'activité. Selon la saison de forage et l'emplacement des sites de forage et de réapprovisionnement, le déglaçage pourrait interagir avec les activités de récolte traditionnelles. Le déglaçage et le sillage des navires brise‑glaces qui en découle pourraient présenter un danger pour la sécurité en raison de la présence d'eaux libres et de la formation de glace rugueuse quand le sillage gèle de nouveau.

Navigation

La navigation à l'appui des activités pétrolières et gazières pourrait perturber la migration des espèces fauniques marines et, par conséquent, leur disponibilité pour les activités de récolte. La présence de navires dans une zone de récolte traditionnelle pourrait empêcher ou décourager les exploitants d'utiliser cette zone. La navigation intensive, comme les navettes régulières entre une base terrestre et une installation extracôtière, pourrait amener les exploitants traditionnels à se déplacer dans une autre zone, si cela est possible.

Effets potentiels des changements climatiques

On ne comprend pas parfaitement les effets des changements climatiques, mais on observe des modifications de l'environnement nordique découlant de ces changements. La réduction du couvert de glace pendant l'été a été bien documentée et pourrait mener à une activité accrue dans l'environnement marin. Du fait que la glace constitue aussi un habitat pour des espèces comme l'ours blanc, une réduction du couvert de glace peut avoir un effet négatif sur les populations fauniques et sur leur disponibilité pour la récolte. Les populations de petits rennes arctiques sont en déclin dans le nord du Canada; bien que ce déclin puisse être attribuable à divers facteurs, les effets des changements climatiques sont signalés comme l'une des causes potentielles. La réduction des populations d'espèces fauniques découlant des changements climatiques diminuera les possibilités de récolte traditionnelle et pourrait aussi entraîner l'imposition et/ou la réduction de quotas d'exploitation de la faune.

Cotes de sensibilité

Pour établir la couche de sensibilité de l'exploitation faunique traditionnelle, on a tenu compte des aires importantes répertoriées dans l'annexe G du Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin, et de la fréquence et de l'importance de l'activité de récolte faunique documentée. Quatre niveaux d'importance sont définis pour les aires retenues dans le Plan d'aménagement, en fonction d'une combinaison de l'importance pour la récolte par les collectivités et de l'importance pour la productivité des espèces sauvages. Les aires importantes présentées dans le Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin couvrent la majeure partie de la zone d'étude de l'est de l'Arctique.

Dans la partie de la zone d'étude qui n'est pas couverte par le Plan d'aménagement, on a évalué la présence d'espèces présentant un intérêt pour la récolte, et l'intensité des activités de récolte répertoriées dans l'atlas du Nunavut afin de déterminer les cotes de sensibilité.

Les niveaux de sensibilité des activités de récolte traditionnelles sont définis ci‑après :

Sensibilité élevée (5)

Une cote de sensibilité élevée a été attribuée aux aires considérées comme étant des lieux de récolte essentiels (la survie de la collectivité en dépend), aux aires constituant un habitat essentiel unique et sans solution de rechange, ou aux aires qui assurent la survie d'espèces rares, menacées ou en voie de disparition, ou qui sont protégées ou dont la protection législative est proposée (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin). Cette cote est aussi attribuée aux aires documentées dans les ouvrages de référence comme étant d'importantes régions de récolte, aux aires où la présence d'habitats fauniques clés est documentée et aux aires proches des collectivités.

Sensibilité modérée à élevée (4)

Les aires de grande importance pour la collectivité et d'où provient une grande partie des espèces exploitées sont cotées comme étant de sensibilité modérée à élevée. Cette cote est aussi attribuée aux aires qui constituent d'importants habitats fauniques (pour lesquels il existe cependant des habitats de remplacement) (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin), aux régions documentées dans les ouvrages de référence comme étant d'importantes aires de récolte, ou aux voies de déplacement permettant d'accéder aux lieux de récolte et/ou aux campements.

Sensibilité modérée (3)

La cote de sensibilité modérée a été attribuée aux aires d'exploitation générale utilisées par la collectivité ou aux aires d'où provient une plus petite proportion des espèces récoltées. En général, ces régions abritent moins d'espèces, ne contiennent pas d'habitat clé pour les espèces récoltées, et il existe des habitats de remplacement (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin); cependant, une certaine activité d'exploitation y a été observée.

Sensibilité faible à modérée (2)

Cette cote s'applique aux zones où des espèces intéressantes peuvent être présentes, mais où la récolte observée est limitée.

Faible sensibilité (1)

Les aires de faible sensibilité ne sont pas beaucoup utilisées par la collectivité et il existe très peu d'information permettant d'en évaluer l'importance pour les espèces sauvages (Plan d'aménagement de la région nord de l'île de Baffin). Il y a peu ou pas de récolte traditionnelle observée, et aucun habitat important d'espèces traditionnellement récoltées ne s'y trouve.

Mesures d'atténuation

Les activités de récolte traditionnelles dépendent de la disponibilité des espèces à récolter et de la possibilité d'exercer ces activités. La présence d'espèces dépend de la disponibilité des habitats et de la présence de populations en santé et viables. Pour exercer les activités de récolte, il faut avoir du temps, l'équipement nécessaire et l'accès aux espèces d'intérêt. Dans le Nord, de nombreuses activités industrielles ont aménagé des horaires de travail qui non seulement tiennent compte du temps et du coût nécessaires pour accéder aux lieux de travail, mais offrent aussi aux résidants suffisamment de temps libre pour exercer leurs activités de récolte traditionnelles. Il est possible de maintenir l'accès aux espèces d'intérêt et aux aires de récolte en évitant ces régions complètement ou en les évitant pendant les périodes de l'année où se pratiquent les activités de récolte traditionnelles. Il est aussi possible d'envisager un dédommagement pour fournir aux exploitants les ressources nécessaires pour se rendre dans d'autres régions ou pour compenser la perte d'accès quand il est impossible d'éviter ces zones.

Références

Voir les références utilisées pour l'information des activités traditionnelles d'exploitation