Pêche commerciale

Autres composantes d'intérêt dans cette région :
Ours blanc | Baleine boréale | Baleines à dents | Omble chevalier anadrome | Oiseaux migrateurs |
Espèces préoccupantes | Activités traditionnelles d'exploitation | Pêche commerciale

Été
Pêche commerciale - Summer

Hiver
Pêche commerciale - Winter

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Caractéristiques des composantes valorisées

Justification du choix

La pêche commerciale est un secteur important et en croissance de l'économie du Nunavut. La vision de la Stratégie des pêches du Nunavut est de voir la pêche émerger comme un catalyseur économique important pour le Nunavut se traduisant par une prospérité croissante pour les générations actuelles et futures de Nunavummiut, et reconnaissant les principes de l'utilisation durable et de l'Inuit Quajimajatuqangit (le savoir traditionnel inuit) (ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, 2009, site Internet). Le Nunavut pratique actuellement des pêches hauturières, côtières et intérieures hautement concurrentielles (ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, 2009, site Internet). La région de Baffin, dans la zone d'étude de l'est de l'Arctique, est le site d'une pêche hauturière à grande échelle au flétan noir (Renhardtius hippoglossoides, aussi appelé flétan du Groenland) et à la crevette (crevette nordique ou crevette rose – Pandalus borealis). Il existe aussi une pêche commerciale intérieure au flétan noir et à l'omble chevalier (Salvelinus alpinus) dans la baie Cumberland. On estime que la pêche commerciale au flétan noir et à la crevette procure chaque année 8 millions de dollars à l'économie du Nunavut. Selon la Stratégie des pêches du Nunavut, il serait aussi possible de développer dans le futur la pêche commerciale à la palourde, au pétoncle et au crabe (ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, 2009, site Internet). On s'attend de plus en plus à ce que l'industrie de la pêche commerciale crée d'intéressantes occasions d'emploi et contribue à la croissance économique de la région.

C'est après avoir examiné les pêches commerciales dans la zone d'étude et tenu compte de leur importance économique actuelle et potentielle que nous avons sélectionné la pêche commerciale comme l'une des dernières composantes socioéconomiques valorisées (CSEV).

Description des activités de pêche commerciale

L'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord‑Ouest (OPANO) permet la pêche au flétan noir (Renhardtius hippoglossoides), aussi appelé flétan du Groenland, dans la sous‑zone O (subdivisions OA et OB) de la zone nord réglementée par l'OPANO (GS Gislason & Associates Ltd., 2002). Le flétan noir est pêché à plusieurs emplacements le long de la côte de l'île de Baffin, dans les subdivisions OA et OB, dans la zone d'étude de l'est de l'Arctique (Baffin Fisheries Coalition, 2005, site Internet) (figure 4‑23). La pêche hauturière à grande échelle au flétan noir et à la crevette (crevette nordique ou crevette rose – Pandalus borealis) a été établie dans la région de Baffin. Il existe aussi une pêche intérieure commerciale au flétan noir dans la baie Cumberland dans la partie sud de l'île de Baffin, très près de la partie sud de la zone d'étude de l'est de l'Arctique. La plus grande usine de transformation du poisson du Nunavut se trouve à Pangnirtung, et une plus petite usine est située à Iqaluit, toutes deux très proches de la zone d'étude de l'est de l'Arctique (ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, 2009, site Internet). Selon les conditions de glace saisonnières, les deux pêcheries sont habituellement actives entre avril et décembre (ministère du Développement économique et des Transports du Nunavut, 2009, site Internet).

Historiquement, la participation du Nunavut à la pêche hauturière au flétan noir et à la crevette a pris la forme de redevances payées par des pêcheurs de l'extérieur, causant ainsi une importante perte de développement économique pour le territoire (Gouvernement du Nunavut et Nunavut Tunngavik Incorporated, 2005). Selon GS Gislason & Associates Ltd., le quota de 2001 pour la Division 0A pour le Canada, qui a été entièrement attribué au Nunavut, était de 3 500 tonnes de flétan noir. En 2001, le quota de flétan noir pour la Division 0B pour le Canada était de 5 500 tonnes, dont 1 500 tonnes ont été attribuées aux résidants du Nunavut, 2 500 tonnes à des quotas d'entreprises, et 1 500 tonnes à une pêcherie concurrentielle (2002). Cependant, outre la pêche au flétan noir dans la baie Cumberland, qui s'inscrit dans la subdivision 0B de l'OPANO, la totalité des quotas des subdivisions 0A et 0B sont cédés contre redevances par des intérêts du Nunavut à des entreprises de l'extérieur qui pêchent au large des côtes (GS Gislason & Associates Ltd., 2002). Une partie des flétans noirs pêchés par les entreprises de l'extérieur du Nunavut est livrée et transformée à l'usine Pangnirtung Fisheries Ltd., à Pangnirtung, une coentreprise du gouvernement du Nunavut et de l'entreprise inuite locale Cumberland Sound Fisheries Ltd. En 2001, environ 365 tonnes de poisson provenant de la pêche hauturière ont été transformées à l'usine de Pangnirtung, ce qui représente moins de la moitié des prises de pêche au chalut (GS Gislason & Associates Ltd., 2002). En 2002, selon GS Gislason & Associates Ltd., environ 20 habitants du Nunavut travaillaient à bord de chaluts.

Les crevettes pêchées au large ne sont pas prises par des navires du Nunavut ni transformées au Nunavut. Le produit est habituellement livré à Terre‑Neuve et en Nouvelle‑Écosse (GS Gislason & Associates Ltd., 2002). En 2002, selon GS Gislason & Associates Ltd., tous les permis détenus par des entreprises du Nunavut ont été cédés à bail à des entreprises de l'extérieur du Nunavut en échange du paiement de redevances et d'occasions d'emploi et de formation. Environ 55 Inuits ont été employés à bord de crevettiers en 2002 (GS Gislason & Associates Ltd., 2002).

Dans la région de Pond Inlet de l'île de Baffin, la pêche commerciale à l'omble chevalier est pratiquée dans la zone de l'inlet Coutts (figure 4‑23). Il y a un quota commercial de 910 kg de poids brut d'omble chevalier anadrome dans cette zone. Il n'existe aucun dossier documentant l'existence d'une pêche commerciale dans cette région, mais les résidants de Pond Inlet ont demandé que le quota soit ouvert à la pêche durant les saisons 1977‑1978, 1979‑1980 et 1980‑1981. En 1979, les prises commerciales totales d'ombles chevaliers étaient de 2 570 kg de poids brut. Les poissons ont été vendus dans la collectivité par la Coopérative Toonoonik Sahoonik.

Selon le ministère des Pêches et des Océans (MPO), la pêche commerciale à l'omble chevalier dans la baie Cumberland se pratique dans le fjord Kingnait (2009). En 2000, l'Association des chasseurs et des trappeurs de Pangnirtung a demandé que le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut (CGRFN) ferme le fiord Kingnait à la pêche commerciale en raison du déclin apparent de la population d'ombles chevaliers. Le CGRFN a fermé les eaux à la pêche commerciale pendant cinq ans et a demandé à la communauté de limiter la pêche de subsistance afin de faciliter le rétablissement des stocks. En 2002 et en 2003, l'Association des chasseurs et des trappeurs a demandé la réouverture du fjord Kingnait à la pêche commerciale. Le MPO était d'avis qu'une récolte totale (toutes sources confondues) de 2 000 kg (4 409 lb) représenterait un faible risque pour la population. Un permis de pêche exploratoire annuel assorti d'un quota de 2 000 kg (4 409 lb) est délivré pour cette pêche depuis l'été de l'exercice 2005‑2006 (MPO, 2009). Le Système d'information sur la gestion des pêches et des captures (SIGPC) est une base de données du MPO qui fournit de l'information sur la récolte en kilogrammes (poids brut) par exercice du MPO, soit du 1er avril au 31 mars (MPO, 2009). Selon le SIGPC, pendant l'été 2005‑2006, 1 919 kg (poids brut) ont été récoltés à des fins commerciales; au cours de l'été 2006‑2007, la récolte commerciale a été de 1 617 kg; pendant l'hiver 2007‑2008, la récolte commerciale s'est établie à 1 258 kg et, pendant l'été et l'hiver 2008‑2009, la récolte commerciale a été de 3 129 kg.

Il serait arrivé dans le passé que la récolte de subsistance provenant de ce stock ait affiché des niveaux aussi élevés ou supérieurs à la récolte commerciale, mais on ne dispose pas de données fiables concernant la récolte de subsistance et la récolte annuelle totale (de subsistance et commerciale) provenant de ce stock (MPO, 2009).

Vulnérabilité aux activités pétrolières et gazières

La pêche commerciale et les activités pétrolières et gazières peuvent entrer en interaction quand les deux activités sont exercées au même moment dans la même région. Les activités industrielles peuvent être à la fois mobiles (exploration sismique) ou stationnaires (forage). Les interactions directes avec la pêche commerciale peuvent comprendre des restrictions d'accès attribuables à la présence de navires, et les interactions indirectes, qui touchent surtout les espèces, peuvent comprendre des perturbations sensorielles, la perte ou la modification d'habitats, les mortalités directes et des modifications au réseau trophique aquatique par des contaminants chimiques.

Exploration sismique

L'on s'attend à ce que les activités d'exploration sismique dans la zone d'étude soient menées par des navires pendant la saison des eaux libres, qui chevauche la saison de pêche. Les navires d'exploration sismique déploient des canons à air qui produisent des ondes de pression sonore sous l'eau. Les ondes de pression peuvent provoquer chez les poissons des changements de comportement, des lésions physiologiques et des mortalités.

Activités sur la glace

Il est probable que le forage dans la zone d'étude soit réalisé par des navires de forage ou d'autres structures mobiles pendant la saison des eaux libres. Par conséquent, les activités pétrolières et gazières ayant un effet sur les glaces dans la zone d'étude seraient liées à la gestion des glaces au site de forage et au transfert de personnes et de matériel vers les sites de forage extracôtiers. Le déglaçage pourrait être nécessaire pour la gestion des glaces ou lors des trajets vers une base terrestre au début ou à la fin de la saison. Le bruit associé aux brise‑glaces pourrait avoir des effets sensoriels chez les poissons et la présence de navires industriels pourrait empêcher l'accès aux bateaux de pêche.

Navigation

La navigation à l'appui des activités pétrolières et gazières pourrait entrer en interaction avec les habitats, les espèces de poissons et l'activité de pêche. La navigation intensive, comme les navettes régulières entre une base terrestre et une installation extracôtière, pourrait accroître les interactions et perturber la CSEV.

Effets potentiels des changements climatiques

On ne comprend pas parfaitement les effets des changements climatiques, mais on observe des modifications de l'environnement nordique découlant de ces changements. La réduction du couvert de glace, les apports accrus d'eau douce dans l'environnement marin et les changements des courants océaniques ont tous le potentiel de modifier les habitats ainsi que l'abondance et la répartition des espèces.

Niveaux de sensibilité et cotes

Pour établir la couche de sensibilité de la pêche commerciale, on a tenu compte de la présence d'espèces commerciales ainsi que de la fréquence et de la quantité d'activités commerciales documentées. Actuellement, la saison de pêche commerciale coïncide avec la saison des eaux libres, soit la période où il est probable que des activités pétrolières et gazières soient menées dans la zone d'étude. Les cotes de sensibilité de la pêche commerciale dans la zone d'étude de l'est de l'Arctique sont résumées à la figure 4‑24 (hiver) et à la figure 4‑25 (été).

La détermination des cotes de sensibilité de la pêche commerciale est basée sur les éléments suivants :

Sensibilité élevée (5)

Les zones de sensibilité élevée sont celles où l'on retrouve des espèces pêchées commercialement, où un quota commercial est établi et où la pêche commerciale est active.

Sensibilité modérée à élevée (4)

La cote de sensibilité modérée à élevée s'applique aux zones où l'on retrouve des espèces pêchées commercialement, où un quota commercial est établi, mais où il n'y a pas de pêche commerciale active pendant la saison des eaux libres.

Sensibilité modérée (3)

La cote de sensibilité modérée a été attribuée aux zones où l'on retrouve des espèces pêchées commercialement et où il existe une activité connue de pêche de subsistance traditionnelle.

Sensibilité faible à modérée (2)

La cote de sensibilité faible à modérée a été attribuée aux zones pour lesquelles on dispose d'informations limitées, mais qui donnent à croire que des espèces commerciales et des habitats pourraient être présents.  

Faible sensibilité (1)

La cote de faible sensibilité s'applique aux zones pour lesquelles on ne dispose d'aucune documentation sur la présence d'espèces de poisson commerciales ni sur l'habitat de ces espèces.

Mesures d'atténuation

La pêche commerciale dépend de la présence d'espèces commerciales, de l'attribution de quotas commerciaux et de la possibilité de mener des activités de pêche. La présence d'espèces dépend de la disponibilité des habitats et de la présence de populations en santé et viables. L'évitement des habitats importants pour le poisson et des zones de pêche réduira le risque de perturbations sensorielles, de modifications des habitats et d'altérations des sources d'aliments par le rejet de contaminants. Cela peut se faire en évitant physiquement une zone importante ou en menant les activités quand les espèces ne sont pas présentes (p. ex., l'hiver quand l'omble chevalier anadrome se trouve dans les eaux intérieures). Les opérations d'exploration sismique peuvent avoir un impact direct sur les poissons et sur leur disponibilité pour la récolte. Les mesures d'atténuation possibles des opérations sismiques comprennent la réduction du niveau d'énergie des canons sismiques et/ou l'augmentation progressive de l'intensité des niveaux d'énergie pour permettre aux poissons de s'adapter au niveau d'énergie final.

Les pêcheurs doivent pouvoir accéder à la ressource pour exercer leur activité. Les exploitants d'entreprises pétrolières et gazières peuvent empêcher les interactions directes avec la pêche en pratiquant l'évitement ou, lorsque cela est possible, en menant leurs activités durant les périodes où il ne se fait pas de pêche.

Références

Voir les références utilisées pour l'information de pêche commerciale