Chasse traditionnelle

Autres composantes d'intérêt dans cette région :
Ours blanc | Baleines boréales | Bélugas | Phoques annelés | Caribou de Peary
Oiseaux migrateurs | Chasse traditionnelle | Chasse traditionnelle | Déversements

Été
Chasse traditionnelle - été

Hiver
Chasse traditionnelle - hiver

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Caractéristiques des composantes valorisées

Habitat essentiel

Plusieurs zones côtières et extracôtières de la mer de Beaufort sont utilisées pour la chasse traditionnelle d'espèces animales arctiques. Ces zones sont classées ci‑après par espèce et par point de repère.

Ours blanc

Péninsule de Tuktoyaktuk

La zone située au large de la péninsule de Tuktoyaktuk, de l'ouest de l'île Pelly à la baie Franklin vers l'est, est principalement utilisée pour la chasse de subsistance à l'ours blanc durant l'hiver (WMAC, 2000c).

Béluga

Baie Mackenzie

La Baie Mackenzie est située à l'intérieur de la zone de gestion des bélugas 1A, qui compte trois camps de chasse à la baleine utilisés du 15 juin au 15 août (WMAC, 2000a). Ces camps sont ceux de la pointe Shingle, de Running River et de Bird Camp.

Île Kendall

Cette île est adjacente à la zone de gestion des bélugas 1A et accueille un camp d'été de chasse à la baleine appartenant aux Inuvik (WMAC, 2000a).

Baie de Kugmallit

La baie est située à l'intérieur des zones de gestion des bélugas 1A et 2 (WMAC, 2000a). Quatre camps de chasse à la baleine appartenant aux Tuktoyaktuks et aux Inuvik sont situés autour de la baie, à West et East Whitefish Station, à Ikinaluk et sur l'île Hendrickson (WMAC, 2000a; North/South Consultants Inc., 2003).

Phoque annelé

Péninsule de Tuktoyaktuk

Les zones côtières de la péninsule de Tuktoyaktuk, depuis la baie de Kugmallit jusqu'à la baie Atkinson et depuis la baie Liverpool/Wood jusqu'à la région des lacs Finger et Husky, sont des habitats utilisés pour la chasse au phoque en automne (WMAC, 2000c).

Des zones de chasse au phoque d'hiver sont établies sur la glace de mer au large de la péninsule de Tuktoyaktuk, depuis l'île Baillie jusqu'à l'île Pelly, à l'ouest et au nord (WMAC, 2000c).

Au printemps, la chasse au phoque se déroule d'avril à juin dans la partie est des lacs Husky, dans la région des lacs Finger.

Oiseaux migrateurs

Péninsule de Tuktoyaktuk

Les terres s'étendant de la région de la baie Mackenzie jusqu'à celle de la baie Liverpool, y compris l'île Pullen et la baie de Kugmallit, sont utilisées comme zones de chasse à l'oie en automne (WMAC, 2000c).

Les zones de la mer de Beaufort entourant les îles Garry, Pelly et Hooper, la baie McKinley, les terres situées à l'est de la baie de Kugmallit et la baie Hutchison sont utilisées comme zones de chasse à l'oie en été (WMAC, 2000c).

Des zones de chasse à l'oie sont utilisées au printemps le long des îles dans la partie ouest de l'estuaire du fleuve Mackenzie, de l'est de l'île Richards à l'estuaire de la rivière Mason, y compris la péninsule de Tuktoyaktuk et la région des lacs Husky (WMAC, 2000c).

Les zones de chasse à l'oie, en automne, s'étendent sur toute la côte, de la frontière entre le Yukon et l'Alaska à la rivière Mason, et comprennent des sites de la rivière Anderson et des lacs Crossley.

Baie Mackenzie

Cette région offre d'importantes zones historiques et actuelles de chasse de subsistance à la sauvagine (de juin à septembre).

Justification du choix

La chasse (et le piégeage) demeure un élément important sur les plans culturel, social et spirituel pour les Inuvialuit, mais elle a également une importance économique. Des plans de conservation communautaire (PCC) ont été élaborés pour aider à protéger l'environnement dans les zones côtières et extracôtières du delta du Mackenzie et de la mer de Beaufort en vue de la survie de la culture des Inuvialuit. L'un des objectifs du PCC est de repérer et de protéger les habitats fauniques importants, les zones de chasse saisonnière et les sites culturels (p. ex. des cabanes) et de formuler des recommandations pour la protection et la gestion des ressources dont dépendent les modes de vie prioritaires. La pollution causée par les hydrocarbures représente une menace pour les espèces sauvages, qui constituent la base d'un moyen de subsistance et une partie du revenu brut de la région. L'article 13 de la Convention définitive des Inuvialuit (CDI) décrit un régime de compensation et de responsabilité pour les dommages causés à la faune et à la flore par le développement.

13.(1)
Les objectifs de la présente section sont :
  • a) de prévenir les dommages causés aux espèces sauvages et à leur habitat par le développement et d'éviter la perturbation des activités de chasse des Inuvialuit;
  • b) si des dommages surviennent, de rétablir, dans la mesure du possible, l'état initial de la faune et de son habitat et de compenser les chasseurs, trappeurs et pêcheurs pour leurs pertes en matière de chasse de subsistance et de chasse commerciale.
13.(12)

Le gouvernement convient que chaque projet de développement susceptible d'avoir des effets sur la région désignée des Inuvialuit qui est de son ressort et qui pourrait nuire considérablement à l'habitat faunique ou à la chasse actuelle ou future ne sera autorisé qu'à la suite d'un examen en bonne et due forme de toutes les préoccupations en matière d'environnement et sera assujetti aux dispositions d'atténuation et de rétablissement raisonnables imposées.

Viabilité

La zone de chasse totale des Inuvialuit n'a pas beaucoup changé depuis les années 1960, mais il y a eu une baisse du nombre de chasseurs et un passage de la chasse à plein temps à la chasse à temps partiel (Usher, 2002). La quantité moyenne d'aliments traditionnels récoltée a chuté entre les années 1960 et 1990. Plusieurs raisons expliquent cette baisse : principalement, l'abandon des chiens (qui étaient principalement nourris d'espèces marines de phoques et de poisson blanc) comme moyen de transport, l'utilisation accrue de la motoneige et le passage de la chasse à plein temps à la chasse à temps partiel. Ces changements de mode de vie ont mené à une transition globale entre les sources marines et terrestres d'aliments traditionnels. Bien que la quantité totale d'aliments traditionnels récoltés ait chuté, la quantité consommée par les Inuvialuit a augmenté. La chasse de subsistance demeure donc une pratique importante sur les plans économique et culturel dans la région (Usher, 2002).

Les chasseurs ont souvent une préférence pour certaines zones de chasse (Bromley, 1996; Byers et Dickson, 2001). La majeure partie de la chasse d'animaux terrestres se déroule près de la côte, en raison de la facilité du transport et de l'accessibilité. Pour gérer leurs ressources de façon durable, les Inuvialuit ont établi des zones spéciales et recommandé des pratiques d'utilisation des terres pour leurs domaines de planification. En élaborant des catégories de gestion des terres, les collectivités ont classé par ordre de priorité les utilisations des terres et les activités, en plus de définir les zones particulièrement importantes sur les plans écologique et culturel.

Vulnérabilité au développement

Le développement influe sur la chasse de différentes façons : la perte d'accès à des zones de chasse, la disparition d'espèces, des changements technologiques et la perte de temps de chasse au profit du travail. Ces deux derniers éléments ont eu une incidence sur le rôle culturel de la chasse qui, tout en étant encore une activité familiale, est reléguée aux fins de semaine et aux journées fériées. Ainsi, le contact avec la nature et la passation des connaissances et des compétences du mode de vie traditionnel sont compromis. De plus, l'exploration gazière et pétrolière accrue pourrait entraîner une plus grande diminution des activités de chasse (Byers et Dickson, 2001).

La chasse aux grands mammifères marins et à la sauvagine migratrice est très restreinte dans le temps et l'espace (Usher et Wenzel, 1987). Les Inuvialuit chassent toujours dans les mêmes zones, et ce, pour des raisons d'accessibilité et parce qu'ils savent où se regroupent les animaux. De nombreuses zones de chasse sont importantes pour les espèces sauvages selon les saisons (p. ex. migration, nidification, mise bas). Les régions côtières et extracôtières de la zone d'étude chevauchent une grande partie de la zone de chasse à l'ours blanc des Inuvialuit. Les activités d'exploitation gazière et pétrolière pourraient influer sur les déplacements des ours blancs et les rendre moins disponibles à la chasse, en plus de perturber leurs sites de mise bas (Perham, 2005). Les ours blancs sont également sensibles aux changements dans la quantité de nourriture attribuables à l'altération du milieu, aux déversements et au bruit (Report of the Scientific Review Panel, 2002). Cela peut également porter les ours blancs à quitter une zone perturbée, ce qui nuit à la chasse.

Les phoques peuvent aussi être touchés par les changements dans la quantité de nourriture, tels que l'altération de leur environnement. Ceux‑ci n'évitent pas les zones souillées par des hydrocarbures, ce qui nuit à la mise bas et à l'élevage des petits. On observe donc un taux de mortalité plus élevé chez les petits, en plus de dommages aux yeux et au cerveau (Report of the Scientific Review Panel, 2002). Ces changements pourraient avoir une incidence sur la chasse et l'accès aux zones de chasse, du moins de façon temporaire.

Les baleines continuent également de fréquenter les zones souillées par des hydrocarbures ou des contaminants. Elles évitent cependant les endroits où il y a eu des explosions causées par des canons à air en remontant à la surface, en se cachant dans les ombres acoustiques ou simplement en s'éloignant (Report of the Scientific Review Panel, 2002). Ces changements comportementaux ont été observés par les Autochtones de l'Alaska.

Les oiseaux migrateurs font partie intégrante de la chaîne trophique. Ils consomment de la végétation, du zooplancton, des mollusques et des poissons. Les changements au plan de l'approvisionnement alimentaire et le mazoutage des oiseaux entraînent la mortalité, une diminution de la reproduction et de la croissance, et un rétrécissement de l'aire de la répartition, ce qui interfère avec la chasse.

La chasse a un rôle économique (en fournissant des denrées alimentaires et des revenus) et un rôle culturel (activité familiale, contact avec la nature et transmission des connaissances et des compétences du mode de vie traditionnel). L'exploration gazière et pétrolière accrue peut entraîner des changements importants en matière d'emploi et de revenu. L'économie, principalement de subsistance, pourrait devenir une économie basée sur les salaires. On observerait alors un déclin des activités de pêche et de chasse (Byers et Dickson, 2001).

Mesures d'atténuation

La pollution causée par les hydrocarbures représente une menace pour les espèces sauvages, qui constituent la base d'un moyen de subsistance et une partie du revenu brut de la région. L'article 13 de la convention définitive des Inuvialuit (CDI) décrit un régime de compensation et de responsabilité pour les dommages causés à la faune et à la flore par le développement.

13.(1)
Les objectifs de la présente section sont :
  • a) de prévenir les dommages causés aux espèces sauvages et à leur habitat par le développement et d'éviter la perturbation des activités de chasse des Inuvialuit;
  • b) si des dommages surviennent, de rétablir, dans la mesure du possible, l'état initial de la faune et de son habitat et de compenser les chasseurs, trappeurs et pêcheurs pour leurs pertes en matière de chasse de subsistance et de chasse commerciale.

Sous réserve du paragraphe 13(3), les Inuvialuit doivent être indemnisés des pertes de chasse réelles causées par les projets de développement dans la région désignée des Inuvialuit et, sous réserve du paragraphe 13(4), doivent tirer partie des mesures de protection environnementales visant à réduire les futures pertes de chasse attribuables aux projets de développement dans la région désignée des Inuvialuit.

13.(12)
Le gouvernement convient que chaque projet de développement susceptible d'avoir des effets sur la région désignée des Inuvialuit qui est de son ressort et qui pourrait nuire considérablement à l'habitat faunique ou à la chasse actuelle ou future ne sera autorisé qu'à la suite d'un examen en bonne et due forme de toutes les préoccupations en matière d'environnement et sera assujetti aux dispositions d'atténuation et de rétablissement raisonnables imposées.

Changements climatiques

Les changements climatiques peuvent avoir des conséquences sur la disponibilité et l'utilisation d'espèces à titre d'aliments traditionnels. Les habitants de l'Arctique se sont toujours adaptés à un environnement changeant; cependant, le rythme et l'étendue actuels des changements climatiques peuvent être plus importants que ceux qu'ils ont connus jusqu'à maintenant (Riedlinger, 1999). Les changements observés au cours des années 1990 étaient sans précédent et se situaient au‑delà du taux de variation normal que connaissent les Inuvialuit (Berkes et Jolly, 2001).

Les conséquences sur la chasse attribuables aux changements climatiques comprennent des changements liés à l'accès aux ressources, à la sécurité, à la prévisibilité et à la disponibilité des espèces (Berkes et Jolly, 2001). Le climat peut représenter un facteur déterminant de l'accès aux zones de chasse. Une fonte plus rapide de la neige et une rupture hâtive des glaces à cause des printemps plus chauds, et une accumulation importante de neige non compactée rend l'accès difficile à certains endroits et peut diminuer la durée de la période de chasse (Berkes et Jolly, 2001). Ces changements rendent également difficile la prévision du niveau de sécurité de l'environnement. Les zones de chasse près des côtes, telles que les chenaux, peuvent être moins dangereuses que les zones situées au large (Laidler et al., 2006). Au cours des années 1990, les déplacements des glaces en hiver et au printemps étaient moins prévisible à cause du mouvement accru, de l'amincissement général, des changements de répartition des crêtes de pression, et des fissures et des chenaux (Berkes et Jolly, 2001).

Tous ces changements climatiques ont une incidence sur la disponibilité de certaines espèces et peuvent limiter l'accès aux aliments traditionnels (Ford et al., 2008). Certaines zones de chasse traditionnelle peuvent être inaccessibles ou difficiles d'accès durant certaines périodes de l'année. D'autres encore peuvent être délaissées en raison de la réponse des espèces à l'environnement changeant. Dans ces zones, où les espèces sont encore disponibles, les conditions de chasse (p. ex. visibilité des phoques sur la glace en été) peuvent être moins bonnes à cause des changements environnementaux (Berkes et Jolly, 2001).

Niveaux de sensibilité et cotes

Chasse traditionnelle

Des plans de conservation communautaires ont été élaborés pour aider à protéger l'environnement dans la région du delta du Mackenzie et dans les zones côtières et maritimes de la mer de Beaufort. Dans le cadre de ces plans, d'importants habitats d'espèces sauvages ou aires de chasse ont été identifiés. On a attribué des catégories de gestion à ces zones en fonction de leur importance écologique et culturelle, du besoin de préserver les ressources renouvelables et de la nécessité de protéger les activités prioritaires. Comme les Inuvialuit avaient déjà élaboré un système de classification en cinq parties semblable à celui utilisé par l'outil d'aide à la décision, leur système a été adopté aux fins de ce projet.

Faible sensibilité (1) :

terres et plans d'eau où il n'y a pas de ressources culturelles ou renouvelables importantes et sensibles (c'est‑à‑dire de peu d'intérêt pour la chasse). Il s'agit des terres de catégorie A selon les plans de conservation communautaires (PCC).

Sensibilité faible à modérée (2) :

terres et plans d'eau où il y a des ressources culturelles ou renouvelables d'une certaine importance et d'une certaine sensibilité (c'est‑à‑dire d'un certain intérêt pour la chasse). Il s'agit des terres de catégorie B selon les PCC.

Sensibilité modérée (3) :

terres et plans d'eau où il y a des ressources culturelles ou renouvelables importantes et sensibles aux changements durant certaines périodes de l'année. Il s'agit des terres de catégorie C selon les PCC. Disposition des éléments environnementaux et culturels/utilisation des terres d'une évaluation stratégique environnementale de la partie canadienne de la mer de Beaufort

Sensibilité modérée à élevée (4) :

terres et plans d'eau où il y a des ressources culturelles ou renouvelables d'une importance et d'une sensibilité particulières tout au long de l'année. Il s'agit des terres de catégorie D selon les PCC.

Sensibilité élevée (5) :

terres et plans d'eau où il y a des ressources culturelles ou renouvelables d'une importance et d'une sensibilité extrêmes. Il s'agit des terres de catégorie E selon les PCC. Cette catégorie recommande le plus haut degré de protection; aucun projet de développement ne doit y être entrepris.

Résumé

La chasse à l'ours blanc, au béluga, au phoque annelé et aux oiseaux migrateurs, espèces encore consommées et utilisées pour fabriquer des vêtements, a été identifiée comme un élément socioéconomique et culturel essentiel. Ce constat vaut certainement pour les trois collectivités inuvialuites étudiées ici. En effet, ces collectivités continuent de subvenir aux besoins de leurs membres en matière de chasse de subsistance. Cependant, le développement industriel, dont les activités pétrolières et gazières, ne doit pas nuire à la capacité des peuples autochtones du Nord de chasser des animaux sauvages.

Références

Voir les références utilisées pour l'information des chasses traditionnelles Voir les références utilisées pour l'information des ours blancs