Ours blanc

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Caractéristiques des composantes valorisées

Habitat essentiel

La répartition de l'ours blanc et la façon dont il utilise son habitat dans la mer de Beaufort varient d'une saison à l'autre. Durant l'hiver (la saison des glaces s'étend d'octobre à avril), la plupart des ours chassent activement les phoques dans les zones de glace annuelle (glace qui se forme et qui fond chaque année). Dans la mer de Beaufort, les bélugas chassent principalement dans les chenaux interinsulaires et les eaux de glace active, comme les polynies et les chenaux côtiers. L'emplacement des chenaux a une grande incidence sur la répartition des phoques et le comportement prédateur des ours blancs pendant l'hiver, alors qu'ils se déplacent vers le sud et rejoignent le littoral du continent ou le golfe Amundsen (Stirling, 2002). Les plus importants habitats de bordure de banquise et de glace dérivante sont répartis sur une bande qui passe par la polynie du cap Bathurst. Cette zone intermédiaire de glaces annuelles fracturées et non consolidées se trouve dans des eaux peu profondes, entre la glace de rive et la banquise permanente plus au large (Stirling, 1990).

La reproduction a lieu pendant une période relativement courte, en avril et en mai, et les femelles adultes occupent les meilleures aires d'alimentation, le long des chenaux parallèles à la côte. Les mâles sont attirés dans ces zones par la présence des femelles (Stirling et al., 1993). L'accouplement a lieu principalement sur la glace des eaux libres. Au printemps et au début de l'été, à la rupture des glaces, les ours blancs suivent la lisière des glaces, où se trouvent les phoques. Lorsque la glace fond complètement, pendant les mois d'été, la plupart des ours quittent la banquise pour atteindre les aires de mise bas de la mer de Beaufort, sur le versant nord de l'île Banks. Les femelles mettent bas pendant la période des eaux libres lorsque les proies sont rares. Les ours peuvent aussi se déplacer vers le nord, sur la banquise permanente.

Au début de novembre, les femelles gravides creusent des tanières de mise bas sur la terre ferme, près de la côte ou en mer sur la banquise permanente. Les ourses gravides se retirent parfois dans des tanières de mise bas de la fin octobre au début novembre. On trouve ce genre de tanières dans les bancs de neige sur la banquise permanente, mais principalement dans les petites îles situées près des côtes ouest et sud de l'île Banks et, en moins grand nombre, dans les îles et les zones côtières de Tuktoyaktuk, à l'est de l'Alaska. L'île Herschel semble être la plus importante aire de mise bas sur la côte de la partie continentale (Stirling et Andriashek, 1992). Pendant les périodes particulièrement froides ou lorsque les conditions météorologiques sont difficiles, les mâles solitaires et les femelles avec petits peuvent également s'abriter dans des tanières, dans la partie sud de la banquise permanente, sur plusieurs centaines de kilomètres (Stirling, 2002).

Justification du choix

L'ours blanc est une espèce bien en vue pour plusieurs raisons : il peut servir d'espèce indicatrice des changements climatiques, est utile sur les plans social et économique, et est désigné espèce en péril (espèce préoccupante selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada [COSEPAC]). Le Canada, qui abrite la majorité des ours blancs de la planète, doit veiller à la conservation de l'espèce conformément à l'Accord sur la conservation des ours blancs (polaires). De plus, l'ours blanc a été désigné composante valorisée des milieux littoraux marins dans le récent projet d'étude portant sur les effets cumulatifs dans le delta du Mackenzie (Beaufort Delta Cumulative Effects Project) (Dillon Consulting Limited et Salmo Consulting Limited, 2005), et comme mammifère marin valorisé dans le Programme de surveillance des effets cumulatifs dans les Territoires du Nord Ouest ainsi que dans les plans de conservation communautaires (PCC) portant sur la zone d'étude. En outre, l'ours blanc contribue directement aux activités économiques des collectivités qui en font le commerce, tant sur le plan de la consommation (chasse) que sur le plan des utilisations non consommatrices (tourisme et observation de la faune). Par conséquent, les inquiétudes concernant la situation de l'espèce existent à l'échelle régionale et nationale.

L'habitat de l'ours blanc dans les Territoires du Nord Ouest se trouve dans la région visée par le règlement des revendications des Inuvialuit. Le gouvernement des Territoires du Nord Ouest et la Convention définitive des Inuvialuit exigent tous deux la mise en œuvre d'un processus d'examen des activités d'exploration, de développement et de recherche ainsi que la prise en considération de leurs effets sur les populations d'ours blancs et sur les autres espèces sauvages.

Viabilité

Les ours blancs dépendent en grande partie de la présence de la glace de mer, sur laquelle ils chassent, s'accouplent et exercent d'autres fonctions vitales. Les aires de mise bas sont un élément clé de l'écologie des ours blancs, car elles protègent les petits et les femelles allaitantes des chasseurs et de la prédation intraspécifique. Dans le passé, les femelles étaient souvent chassées dans leur tanière de mise bas sur l'île Banks et sur la partie continentale, ce qui peut expliquer l'augmentation de la proportion de tanières que l'on trouve actuellement sur la banquise permanente, au large des côtes (Stirling, 2002). Toutefois, la diminution de l'étendue des glaces et la dégradation de leur qualité ont été associées à l'augmentation du nombre de tanières côtières, alors que la disponibilité et la qualité des habitats de la bordure de la banquise tendent à décliner(Fischbach et al., 2007). On prévoit d'ailleurs que la disponibilité de la glace de mer continuera à diminuer et que les ourses tendront davantage à creuser leurs tanières dans les zones côtières.

Vulnérabilité au développement

Dans l'est de la mer de Beaufort, la majeure partie des activités de forage en mer ont lieu dans des zones peu profondes (< 50 m), et il y a chevauchement entre les principaux habitats d'alimentation des ours blancs et les zones de forage (Stirling, 1988). Des déversements et des explosions de grande échelle, durant l'automne ou l'hiver, pourraient affecter les principales aires d'accouplement (voir ci-dessus) et d'alimentation. Par exemple, le pétrole emprisonné dans la glace finirait par atteindre les habitats de la bordure de la banquise et des glaces dérivantes. Il existe probablement deux types de liens entre la viabilité des populations d'ours blancs et les effets propres à certains projets. En effet, les activités industrielles peuvent :

  • réduire la qualité et l'abondance des habitats disponibles propices aux ours blancs, en particulier pour s'alimenter et pour mettre bas;
  • accroître les risques de mortalité des ours qui se trouvent à proximité de zones industrielles.

Vulnérabilité de l'habitat

Les perturbations possibles des aires de mise bas et d'alimentation pourraient nuire gravement aux populations d'ours blancs (COSEPAC, 2002). En effet, les activités industrielles peuvent entraîner des effets résiduels menant soit à la perte complète d'habitat, ce qui n'est pas rare compte tenu de l'empreinte des projets de développement industriel, soit à la perte réelle d'habitat (les ours blancs évitent les zones situées à proximité de projets de développement). Selon les fluctuations saisonnières de l'occurrence des ours et le moment où se produisent les effets, la perte d'habitat ou l'évitement de certaines zones à cause d'un projet en particulier peuvent être limités à des saisons précises.

Dans le contexte de l'exploration et de l'exploitation pétrolière, les perturbations pourraient s'étendre jusqu'à un maximum de 50 km à partir d'une source ponctuelle de pollution (p. ex. construction et exploitation de routes de glace) (Devon Canada Corporation, 2004). D'autres projets semblables d'exploration et d'exploitation pétrolière et gazière entraîneraient probablement des effets plus localisés sur l'habitat; le torchage, le forage et la construction de socles de glace pourraient notamment entraîner l'évitement des ours sur environ 1 km autour d'un emplacement précis. À cause de ces perturbations localisées, deux à sept phoques (Devon Canada Corporation, 2004) pourraient éviter le site, réduisant ainsi les sources de nourriture des ours. La gravité des conséquences éventuelles de la perte d'habitat liée à l'exploration et à l'exploitation d'hydrocarbures sur les populations d'ours blancs est incertaine et varie selon le nombre de projets, la saison pendant laquelle les activités sont menées et la durée de ces activités. Il est toutefois peu probable, en général, que la perte d'habitat due à des activités pétrolières uniquement influe directement sur les populations. En effet, ce sont plutôt le taux de mortalité et les modifications de l'habitat en raison du climat qui influent directement sur les tendances des populations.

La présence d'hydrocarbures ou d'autres contaminants découlant de rejets accidentels ou de défaillances liées à l'exploration pétrolière et au transfert de combustibles est également susceptible d'entraîner un déclin de l'habitat disponible. Le contact avec des rejets d'hydrocarbures peut nuire directement à la santé des ours et/ou entraîner une diminution de la disponibilité des phoques annelés. Les effets sur les populations pouvant découler de tels accidents dépendent en grande partie de la saison, de la quantité et du type de contaminant rejeté, des facteurs climatiques et des mesures d'intervention mises en œuvre.

Risques de mortalité

Les conflits entre humains et espèces sauvages sont courants dans les régions où les humains et les ours cohabitent. Pour les espèces comme l'ours blanc, la perte de femelles adultes lors de tels conflits pose un grand risque pour les populations parce que le taux de reproduction et la densité de l'espèce sont faibles et que celle-ci se reproduit relativement tard dans son cycle vital. Des taux de mortalité élevés chez les femelles adultes entraîneraient probablement un déclin plutôt rapide des populations (c'est‑à‑dire en deux à trois générations).

Les risques de mortalité sont plus élevés lorsque les ours s'approchent des installations (en particulier sur la glace). Il arrive qu'on les abatte pour assurer la sécurité des humains. Les ours blancs, en raison de leur grande curiosité, peuvent être attirés par les installations des projets (Stirling, 1988), ce qui peut faire en sorte qu'on les abatte pour se défendre si leur présence n'est pas bien surveillée ou si rien n'est mis en place pour éviter qu'ils ne s'approchent. Il existe également des risques de mortalité sur les lieux des projets de développement situés près de côtes, car ceux-ci se trouvent à proximité des aires de mise bas (en particulier pendant la prise des glaces) et des zones où les ours chassent au large (glace active et annuelle). De manière générale, la fréquence des rencontres entre les ours blancs et les humains (et les installations) dépend sans doute de l'importance des activités dans leur habitat, et les risques de mortalité augmentent en fonction des activités humaines, même lorsque les meilleures mesures d'atténuation sont mises en œuvre.

Les risques de mortalité directement associés aux projets d'exploitation pétrolière et gazière n'ont pas été quantifiés dans la zone d'étude située dans la mer de Beaufort. Toutefois, la mise en œuvre de mesures rigoureuses de surveillance des ours, de gestion des déchets et de dissuasion, et de protocoles de rencontre a permis de réduire les risques de mortalité des ours (Devon Canada Corporation, 2004).

Mesures d'atténuation

Les déversements de contaminants (en particulier d'hydrocarbures) constituent une menace potentielle qui pourrait entraîner des effets nocifs directs sur les populations de phoques de la mer de Beaufort et, par conséquent, sur les populations d'ours blancs. On peut considérer ces risques comme ayant une probabilité d'occurrence relativement faible et comme faciles à gérer à l'aide de mesures de prévention. Les activités menées sur la glace, comme le forage sur glace, la construction de routes de glace et le torchage sont les plus susceptibles d'influer directement sur les ours, soit par la perte de leur habitat, soit en accroissant les risques de mortalité. Si des travaux devaient être entrepris dans des zones abritant des tanières de mise bas, il serait souhaitable qu'ils coïncident avec la période durant laquelle les femelles s'éloignent des tanières pour s'alimenter (du mois d'avril à la fin du printemps). Les femelles occupent parfois ces tanières pendant la saison des eaux libres et la période de mise bas (de la fin octobre jusqu'à mars ou avril).

Changements climatiques

Les menaces les plus grandes pour les ours blancs sont probablement les changements écologiques à grande échelle causés par le réchauffement planétaire (Stirling et Derocher, 1993), qui pourraient modifier les caractéristiques de la glace de mer. On suppose que, à cause du retrait spectaculaire de la banquise, du nombre et de la durée records des périodes d'eaux libres et de la longueur accrue des interglaciels qui ont prédominé dans l'Arctique au cours des dernières années, la quantité de glace de mer disponible comme substrat est moindre, et les ours passent moins de temps à se déplacer et à rechercher de la nourriture au début de l'été et à l'automne. Avec la rupture de plus en plus hâtive des glaces et la saison de recherche de nourriture raccourcie, les ours sont forcés de revenir plus rapidement sur la côte, ce qui peut entraîner un stress nutritionnel pouvant mener à la prédation intraspécifique dans le sud de la mer de Beaufort (Amstrup et al., 2006; Stirling et al., 2008). Par conséquent, le réchauffement planétaire, la période des eaux libres accrue et la fonte des glaces de l'Arctique qui s'ensuit entraînent un déclin du taux de survie des ours blancs, notamment des reproducteurs et des jeunes de l'année (Monnett et Gleason, 2006; Hunter et al., 2007; Regehr, 2007; Rode et al., 2007).

Cote de sensibilité d'été

Été (de juillet à octobre)

La rupture des glaces et la réduction de la banquise estivale font en sorte que les ours blancs de la mer de Beaufort s'aventurent sur la terre ferme ou choisissent des habitats comptant une grande proportion de vieille glace, ce qui les pousse vers le nord à mesure que la glace fond (Messier et al., 1994; Schliebe et al., 2008). Les ours blancs sont d'excellents nageurs : ils nagent lorsqu'ils chassent activement, lorsqu'ils se déplacent entre leurs aires de chasse et lorsqu'ils passent de leurs habitats de glace de mer à leurs habitats terrestres. On considère que la nage exige plus d'énergie que la marche; c'est pourquoi les ours abandonnent souvent les zones où la glace fond pour se rendre sur la terre ferme lorsque les concentrations de glace tombent sous 50 % (Derocher, Lunn et Stirling, 2004).

Sensibilité d'été

Faible sensibilité (1): zones qui sont peu utilisées durant l'année et qui, par conséquent, n'ont pas de répercussions considésur la viabilité de l'espèce dans la région. Ce sont, par exemple, des zones qui ont peu de valeur pour la reproduction (aires de mise bas) ou la survie (utilisation limitée à fins alimentaires). Ces zones sont situées à plus de 300 kilomètres (au nord) au-delà dela limite estivale de la banquise.

Sensibilité faible à modérée (2): partie de la glace de première année et de la banquise permanente qui a une valeur limitée en tant qu'aire d'alimentation et de mise bas (principalement pendant la période des eaux libres) et qui comprend la zone de transition principalement composée de glace de première année située entre la banquise permanente, au nord, et les eaux libres, au sud (Dickins et al., 1987).

Sensibilité modérée (3): aires d'alimentation à des périodes non critiques de l'année (saison des eaux libres) qui comprennent la zone située entre la limite d'été des glaces côtières et la zone de lisière des floes et de glaces dérivantes.

Sensibilité modérée à élevée (4): aires d'alimentation à des périodes critiques de l'année, soit au printemps (période de mise bas des phoques, au mois de mai) et au début de l'automne (zone de lisière des floes et de glaces dérivantes, polynies), ainsi que des zones utilisées intensément près des aires de mise bas et de déplacement côtières pendant la saison des eaux libres, lorsque les proies se font rares.

Sensibilité élevée (5): zones qui sont définies comme « habitat essentiel » en vertu de la Loi sur les espèces en péril et qui sont essentielles à la survie de l'espèce.

Cote de sensibilité d'hiver

Hiver (de novembre à juin)

L'emplacement des chenaux a une grande incidence sur la répartition des phoques et des ours blancs pendant leur chasse hivernale. Pendant l'hiver, les ours blancs se déplacent vers le sud, vers le littoral du continent ou le golfe d'Amundsen (Stirling, 2002). Les plus importants habitats de bordure de banquise et de glace dérivante sont répartis sur une bande passant par la polynie du cap Bathurst. Cette zone intermédiaire de glaces annuelles fracturées et non consolidées se trouve dans des eaux peu profondes, entre la banquise côtière et la banquise permanente plus au large (Stirling, 1990). Généralement, le chenal de la polynie devient visible dès le mois de mars (Dickens et al., 1987). La superficie maximale de la polynie observée entre avril et juin a été utilisée pour établir, de façon prudente, les frontières de cette zone pour la période hiver/printemps (Dickens et al., 1987; Service canadien des glaces, 2002). Dans l'est de la mer de Beaufort, la majeure partie des activités de forage en mer ont lieu dans les zones peu profondes (< 50 m), et il y a chevauchement entre les principaux habitats d'alimentation des ours blancs et ces zones de forage (Stirling, 1988). Des déversements et des explosions de grande échelle, durant l'automne ou l'hiver, pourraient avoir une incidence sur les principaux habitats d'accouplement (voir ci‑dessus) et d'alimentation. Le pétrole emprisonné dans la glace finirait par atteindre les habitats de la bordure de la banquise et des glaces dérivantes.

Les zones de sensibilité de l'hiver sont semblables à celles de l'été, mais elles comprennent aussi les aires de mise bas côtières et maritimes. Celles-ci sont un élément clé de l'écologie des ours blancs, car elles peuvent réduire la vulnérabilité des petits et des femelles allaitantes aux chasseurs et à la prédation intraspécifique. Au début du mois de novembre, les femelles gravides creusent des tanières de mise bas, sur la terre ferme près de la côte ou en mer sur la banquise permanente. Les tanières observées dans de grandes régions de l'Arctique canadien étaient situées à moins de 8 km de la côte (Harington, 1968; Messier et al., 1994). Par le passé, les femelles étaient souvent chassées dans leur tanière de mise bas, sur l'île Banks et sur le continent, ce qui pourrait avoir contribué à l'augmentation de la proportion de tanières que l'on trouve actuellement sur la banquise permanente, au large des côtes (Stirling, 2002). Toutefois, la diminution de l'étendue et de la qualité des glaces a été associée à l'augmentation du nombre de tanières côtières, puisque la disponibilité et la qualité des habitats de la bordure de la banquise tendent à diminuer (Fischbach et al., 2007). On prévoit d'ailleurs que la disponibilité de la glace de mer continuera à diminuer et que les ourses auront davantage tendance à creuser leurs tanières dans les zones côtières. Si la banquise estivale s'éloigne suffisamment de la côte, pour une assez longue durée, elle pourrait empêcher les femelles gravides qui s'alimentent au large d'atteindre la terre ferme, et celles-ci seraient contraintes de creuser leurs tanières dans les habitats détériorés de la bordure de la banquise (Fischbach et al., 2007). Si des travaux devaient être entrepris dans les zones abritant des tanières de mise bas, il serait souhaitable qu'ils coïncident avec la période durant laquelle les femelles s'alimentent loin des tanières (du mois d'avril à la fin du printemps). Les femelles peuvent occuper ces tanières durant la saison des eaux libres et la période de mise bas (de la fin octobre jusqu'à mars ou avril).

Sensibilité d'hiver (de novembre à juin)

Faible sensibilité (1):zones peu utilisées durant l'année et ayant peu de valeur pour la reproduction (aires de mise bas) ou la survie (utilisation limitée à desfins alimentaires).

Sensibilité faible à modérée (2):partie de la banquise de glace de l'année et de la banquise permanente ayant une valeur limitée comme aire de mise bas ou aire d'alimentation.

Sensibilité modérée (3):aires d'alimentation à des périodes non critiques de l'année (de novembre jusqu'au début mars) comprenant la zone de transition composée principalement de glace de première année qui s'étend entre la limite nord de la polynie du cap Bathurst et la limite sud de la banquise permanente (Dickins et al., 1987). La valeur alimentaire de ces zones est associée au débutet au milieu de l'hiver.

Sensibilité modérée à élevée (4):aires d'alimentation (zone de lisière des floes et de glaces dérivantes, polynies) à des périodes critiques de l'hiver (de la mi-mars à avril).

Sensibilité élevée (5):zones qui sont définies comme « habitat essentiel » en vertu de la Loi sur les espèces en péril et qui sont essentielles à la survie de l'espèce.  Elles comprennent les zones utilisées intensément près des aires de mise bas côtières du début de l'hiver au début du printemps (de novembre à avril) pour mettre bas. En raison de la diminution de la vieille glace stable, de l'augmentation des glaces dérivantes et de l'allongement de la période de fonte, la proportion des aires de mise bas des ours blancs dans les régions côtières continuera d'augmenter, jusqu'à ce que la glace d'automne soit si éloignée des rives que les femelles gravides ne soient plus capables d'atteindre la côte à tempspour mettre bas.

Résumé

Les ours blancs ont été considérés comme composante valorisée de l'écosystème (CVE) en raison de leur popularité, de leur importance économique et de la place qu'ils occupent dans la chaîne trophique en tant que prédateurs de premier ordre dans la mer de Beaufort. Une cote de sensibilité plus élevée a souvent été attribuée aux aires de mise bas et de recherche de nourriture lors de périodes critiques. En raison des changements saisonniers dans la répartition des ours blancs et dans leur utilisation de l'habitat, on recommande de considérer les activités envisageables à long terme lors de l'évaluation des grilles individuelles. Même si les activités d'exploration pétrolière et gazière ne peuvent avoir lieu que pendant les saisons où les ours sont absents, (p. ex. exploration sismique en eaux libres), les infrastructures de production d'hydrocarbures associées à de telles activités d'exploration (dont la mise en place est l'objectif des activités d'exploration) pourraient, en fin de compte, demeurer en place toute l'année et nuire aux populations d'ours blancs au-delà des saisons d'exploration.

Des recommandations précises quant à aux fluctuations saisonnières des projets et aux autres mesures d'atténuation devraient faire partie de la planification et/ou de l'évaluation des effets environnementaux des projets. Des travaux continus visant à cibler et à cartographier les zones où les ours blancs sont les plus susceptibles de mettre bas et de rechercher de la nourriture devraient également améliorer la capacité des autorités réglementaires et de l'industrie d'atténuer la perturbation des ours dans leur tanière (perte réelle d'habitat) et de réduire la probabilité d'abattage des ours en situation de conflit (risques de mortalité).

References

Voir les références utilisées pour l'information des ours blancs