Oiseaux migrateurs

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Caractéristiques des composantes valorisées

Habitat essentiel

La mer de Beaufort abrite plus de 65 espèces d'oiseaux migrateurs, nicheurs ou non, qui y viennent pour se reproduire, se nourrir, muer et faire une halte migratoire au printemps et à l'automne (Alexander et al., 1997). Presque toutes les populations de l'ouest de l'Arctique canadien de certaines espèces, dont l'Eider à tête grise (Somateria spectabilis), l'Eider à duvet (Somateria mollissima) et le Plongeon catmarin (Gavia stellata), migrent en passant par la région de la mer de Beaufort (Alexander et al., 1988, 1997; Dickson et al., 2005). Ces habitats marins, propices à une grande diversité et à une forte abondance d'oiseaux migrateurs, comprennent la ligne de côte, les eaux libres (sites côtiers, près des côtes et extracôtiers) et des polynies. À partir de la fin du mois de mai, des centaines de milliers d'oiseaux migrent en passant par la mer de Beaufort, voyageant vers le nord et l'est en suivant une série de chenaux libres et de polynies jusqu'aux lieux de nidification dans l'Arctique canadien. Les oiseaux demeurent dans les chenaux pour une période de deux à quatre semaines, jusqu'à ce que les lieux de reproduction soient disponibles (Alexander et al., 1997). De juin à la prise des glaces, les lagunes côtières, les baies, les cordons d'îles et les marais littoraux le long de la côte de la mer de Beaufort servent tous de lieux importants de nidification, de mue et de halte migratoire. La plus grande partie de la nidification s'effectue de la mi‑juin à la mi‑juillet, et l'élevage des couvées et la mue, de la mi‑juillet à la mi‑août. Durant la période de mue, de nombreuses espèces ne volent pas pendant deux à trois semaines.

Les populations qui se regroupent au cours de l'année (p. ex. dans des haltes migratoires et des lieux de mue et d'alimentation) sont vulnérables à des menaces propres aux sites, car une grande partie de ces populations peut alors être touchée. De plus, les populations d'espèces rares, menacées ou en voie de disparition qui occupent des habitats géographiquement restreints sont vulnérables si leur habitat est menacé. De nombreux oiseaux migrateurs occupent la mer de Beaufort du printemps à l'automne, et leurs arrivées et départs sont régis par la rupture et la prise de la glace de mer. Au nombre de ces espèces, on compte beaucoup de canards de mer, qui se nourrissent dans les zones extracôtières et nichent dans les milieux terrestres, notamment les rivages et les îles. Les autres espèces vivent davantage dans des milieux terrestres. C'est le cas des oies, des cygnes, des canards barboteurs et des oiseaux de rivage. Ces espèces utilisent les rivages, les milieux humides intérieurs et les hautes terres pour se reproduire et, parfois, les bras côtiers et les deltas pour se nourrir et faire halte. Les habitats côtiers et extracôtiers sont indispensables aux deux groupes d'espèces.

Espèces principalement marines

Les habitats extracôtiers sont importants pour les canards marins et les canards plongeurs tels que les eiders, les macreuses, les harles, les fuligules et le Harelde Kakawi. L'arrivée et le départ des canards marins et des canards plongeurs dans la région de la mer de Beaufort dépendent en grande partie de la rupture et de la prise des glaces. Les canards sont bien adaptés à la vie en mer et sont de bons nageurs capables d'attraper des proies marines. On les observe couramment en mer, près des zones côtières, lorsqu'ils se nourrissent en gros groupes.

Durant la saison de reproduction, des milieux stables avec des ressources de nourriture prévisibles constituent un élément déterminant du cycle vital des canards marins (Mehl, 2004). Ceux‑ci ont une maturité tardive et commencent généralement à se reproduire à l'âge de deux ou trois ans. Un retard de la saison de nidification attribuable aux conditions météorologiques saisonnières peut entraîner un échec de la reproduction durant l'année en cours. Les jeunes des canards marins sont souvent élevés en eaux libres, où ils sont plus exposés aux prédateurs (Mehl, 2004). La vulnérabilité des jeunes durant la période d'élevage et la maturité tardive rendent ces canards sensibles aux fluctuations de la population et, donc, aux changements environnementaux. Les principaux lieux de reproduction, d'alimentation et de halte migratoire dans la mer de Beaufort sont donc primordiaux à la survie de ces espèces.

Espèces principalement terrestres

Des espèces de canards barboteurs, d'oies, de cygnes et d'oiseaux de rivage passent beaucoup de temps sur les terres intérieures ou les masses terrestres le long de la côte durant la saison de reproduction; ils utilisent des habitats tels que des étangs, des marais salés, des milieux humides où l'on trouve du carex et des battures de vase. Les milieux secs et les habitats où l'on trouve du carex à proximité de milieux humides servent souvent de lieux de nidification. Les milieux humides, les étangs, les lagunes, les chenaux et les marais salés servent quant à eux de lieux d'alimentation, d'élevage et de mue. Les invertébrés, les crustacés et la végétation aquatique, qui constituent l'alimentation de la plus grande partie de la sauvagine, sont observés dans les habitats aquatiques intérieurs ou les zones côtières. Des conditions de sécheresse ou un retard de la fonte de la neige peuvent avoir des conséquences radicales sur la qualité et la disponibilité de ces habitats et de leurs sources de nourriture essentielles.

Description des zones d'habitats

Trois principales « zones d'habitat » abritent une diversité et une abondance considérables d'oiseaux migrateurs dans la mer de Beaufort : 1) la ligne de côte; 2) les eaux libres (incluant les sites côtiers, près des côtes et extracôtiers); 3) les polynies. Parmi les habitats sur la ligne de côte, on compte des milieux humides, des marais salés, des battures de vase et des estuaires. Ces habitats constituent des lieux importants de nidification et d'élevage. Les habitats côtiers, près des côtes et extracôtiers en eaux libres sont, quant à eux, prioritaires pour l'alimentation, la halte migratoire au printemps et la mue. Les polynies et les chenaux côtiers offrent les eaux libres nécessaires à l'alimentation des oiseaux migrateurs et constituent d'importants couloirs et haltes de migration.

Justification du choix

On fait état de préoccupations sur la situation de plusieurs espèces à l'échelle régionale et nationale. Les données régionales et continentales relatives aux inventaires de populations et d'habitats des populations nicheuses de sauvagine suggèrent que les populations de 10 espèces de canards marins sur 15 ont diminué à long terme, dont l'Harelde kakawi (Clangula hyemalis), l'Eider à tête grise, l'Eider à lunettes (Somateria fischeri), l'Eider à duvet, l'Eider de Steller (Polysticta stelleri), la Macreuse à front blanc (Melanitta perspicillata), la Macreuse à ailes blanches (Melanitta fusca), la Bernache cravant à ventre gris et la Bernache cravant noire (Branta bernicla nigricans) (Sudyam et al., 2000; Bowman et Koneff, 2002; Dickson et Gilchrist, 2002; Haszard, 2002). Des 42 espèces d'oiseaux de rivage qui nichent au Canada, 26 le font exclusivement à la limite forestière ou à des latitudes supérieures, principalement dans les Territoires du Nord‑Ouest et au Nunavut. De ces 26 espèces analysées, 21 montrent des tendances persistantes et négatives relatives à leurs populations respectives (Environnement Canada, 2001).

Viabilité

Le meilleur moyen de conserver la diversité des espèces est de protéger les écosystèmes et les habitats qui permettent cette diversité. Dans le cas de fluctuations de la population, ou encore d'extinctions locales, l'écosystème serait tout de même propice à la recolonisation et au succès des plantes et des animaux. Pour qu'on puisse les protéger, les principaux habitats terrestres et marins des oiseaux migrateurs doivent tout d'abord être définis. Leur protection jouera un rôle important dans la préservation de l'intégrité des écosystèmes terrestres et marins, de même que dans la préservation des oiseaux marins et de la sauvagine.

Des milliers d'oiseaux migrateurs s'arrêtent temporairement dans des zones situées au large des côtes pour s'alimenter, se reposer et se reproduire. Durant la migration printanière, ils dépendent des chenaux en eaux libres et des polynies. Au nombre des facteurs pouvant avoir une incidence sur la qualité des haltes migratoires, on compte la récurrence annuelle des eaux libres, la disponibilité de lieux d'alimentation en eau peu profonde et la turbidité de l'eau. Sans égard aux conditions des glaces, les eaux libres entre le cap Dalhousie et les îles Baillie sont extrêmement importantes pour les eiders et les Hareldes kakawis. Il est à noter que la turbidité de l'eau réduit la visibilité et entrave l'alimentation.

Les conditions météorologiques printanières et le moment de la fonte de la neige sont des facteurs limitatifs critiques du succès de reproduction de la sauvagine dans l'Arctique. Le succès de reproduction de toutes les espèces est le plus élevé au début du printemps et le plus faible lors des printemps les plus froids (Newton, 1977). Les chenaux côtiers en eaux libres, les baies et les lagunes où l'eau est claire qui sont à l'abri du panache du fleuve Mackenzie sont nécessaires pour les haltes migratoires printanières et automnales, la nidification, l'élevage, la mue et l'alimentation.

Vulnérabilité au développement

Les espèces d'oiseaux qui fréquentent les côtes et les eaux de la mer Beaufort pourraient être touchées par les activités pétrolières et gazières. La dégradation ou la destruction de l'habitat pourrait également avoir des conséquences graves sur une population donnée. L'importance d'un habitat terrestre ou marin spécifique dépend de la taille de la population qu'il abrite durant une certaine partie du cycle vital de l'espèce. Certaines activités (p. ex. le dragage), des zones d'étape aménagées sur le rivage et des plateformes extracôtières risquent de modifier l'habitat côtier des oiseaux et entraîner un déplacement. Des colonnes de brûlage, logements du personnel, installations de conditionnement des gaz et autres structures hautes pourraient également accroître la mortalité des oiseaux par collision directe.

L'impact d'un déversement d'hydrocarbures majeur dépend de l'emplacement, de l'ampleur et du nettoyage. Au cours de certains stades vitaux (p. ex. nidification, élevage, mue), les espèces d'oiseaux sont relativement sédentaires; les déversements peuvent alors avoir des effets localisés catastrophiques. Les canards et les oiseaux de mer sont particulièrement vulnérables aux déversements d'hydrocarbures parce qu'ils ont tendance à se rassembler en si grand nombre que même un petit déversement peut avoir des conséquences sur un nombre élevé d'oiseaux (Dickson et Gilchrist, 2002). Au printemps, les polynies et autres chenaux constituent des lieux importants d'alimentation et de halte migratoire pour les canards marins migrateurs et sont une source de nourriture pour un grand nombre d'oiseaux de mer durant les mois d'été. Durant la migration printanière, la pollution par des hydrocarbures dans les zones extracôtières situées dans le sud de la mer de Beaufort pourrait être dévastatrice pour plusieurs populations. Les oiseaux de mer et la sauvagine qui nichent ou muent se concentrent dans les baies abritées à proximité du rivage, de la fin de juillet à la mi‑août. Puisqu'ils ne volent pas durant la période de mue, les oiseaux sont alors vulnérables à la perturbation et aux déversements d'hydrocarbures.

Les zones côtières et infracôtières dans les bras et les baies relativement protégés, comme les baies Thrasher, Shoalwater et Shallow, sont vulnérables aux déversements d'hydrocarbures qui ont atteint les plages et persistent durant une certaine période (Dickins et al., 1987). Par conséquent, même si les endroits où l'on trouve des oiseaux migrateurs sont plus vulnérables au cours de l'été, c'est‑à‑dire lorsque les oiseaux sont dans la mer de Beaufort, les habitats très sensibles et les zones sensibles à la persistance des hydrocarbures déversés sur les plages demeurent vulnérables toute l'année. Les agents dispersants généralement utilisés lors de déversements peuvent être moins efficaces dans les zones de faible salinité, comme l'exutoire du Mackenzie (Dickson et al., 1987). En cas de déversement, certaines mesures devraient être adoptées pour éloigner les hydrocarbures des habitats très sensibles. Les mesures de nettoyage pourraient devenir plus difficiles dans des endroits tels que les bras au sud‑ouest de l'île Thumb, dans la baie Liverpool (Dickson et al., 1987).

Les oiseaux peuvent également être perturbés par les vols d'aéronefs entre les bases côtières et les plateformes extracôtières. Les effets négatifs du bruit (p. ex. vidange, déplacement ou départ de lieux importants) varient selon les espèces et le stade (nidification ou halte migratoire) cycle vital des oiseaux (Bunnell et al., 1981; Bélanger et Bédard, 1989). Les oiseaux nicheurs coloniaux sont particulièrement vulnérables puisqu'ils vivent de façon regroupée. Les oiseaux sont également vulnérables durant les périodes sédentaires de mue et d'élevage ainsi qu'à l'automne. En 1997, le Conseil consultatif de la gestion de la faune, dans les Territoires du Nord‑Ouest, a conclu qu'une altitude de vol de 650 mètres était appropriée pour perturber le moins possible les oiseaux dans des conditions normales et qu'une altitude minimale de 1 100 mètres devait être adoptée dans les endroits où il y a des rassemblements d'oiseaux (sanctuaires, colonies et lieux de mue). Le Comité d'étude des répercussions environnementales des Inuvialuits a adopté ces critères de vol (Inuvialuit Joint Secretariat, 2002). De plus, Environnement Canada recommande de demeurer à une distance de 1,5 kilomètre des concentrations d'oiseaux migrateurs durant les périodes de nidification, de reproduction et de mue et à une distance de 3 kilomètres durant les haltes du printemps et de l'automne (Bélanger et Bédard, 1989; Environment Canada, 2006).

Les lignes sismiques associées à l'exploration pétrolière et gazière peuvent également avoir des effets directs et indirects sur les habitats disponibles des espèces d'oiseaux terrestres dans l'Arctique. Des plans visant à augmenter l'exploration pétrolière et gazière dans l'Arctique canadien pourraient également nuire aux habitats de nidification des oiseaux migrateurs. À cause de la détérioration de la végétation le long des lignes sismiques de la toundra des hautes terres, l'habitat des oiseaux reproducteurs est également touché. Même si les oiseaux ont été observés dans les lignes sismiques, il semble que l'abondance des passereaux ait diminué dans ces zones perturbées, et ce, même 10 à 30 ans après les travaux de développement (Ashenhurst et Hannon, 2008).

Mesures d'atténuation

Au cours de certains stades vitaux (p. ex. nidification, élevage, mue), certaines espèces d'oiseaux sont particulièrement vulnérables aux conséquences possibles des projets de développement telles que les déversements d'hydrocarbures. Il existe cependant plusieurs stratégies pouvant servir à la planification des mesures d'atténuation propres à un projet :

  • Les canards et les oiseaux de mer sont particulièrement vulnérables aux déversements d'hydrocarbures. Il est essentiel d'avoir des plans en cas de déversements dans les zones extracôtières importantes (p. ex. polynie du cap Bathurst et delta du fleuve Mackenzie), qui tiennent compte de leurs conditions spécifiques.
  • Les oiseaux de mer et la sauvagine en période de nidification et de mue se rassemblent près des côtes, dans des baies abritées, de la fin juillet à la mi‑août. Ils ne volent pas durant la période de mue et sont relativement sédentaires durant la période de nidification; ils sont donc vulnérables aux perturbations et aux déversements d'hydrocarbures durant ces périodes. Des restrictions quant à l'échéancier des projets de développement devraient être établies pour ces périodes. On devrait également mettre en œuvre des plans d'intervention spécifiques de ces zones en cas de déversement sur les côtes, lesquels devraient comprendre des mesures visant à éloigner les hydrocarbures des côtes.
  • Dans la mesure du possible, il faudrait éviter de réaliser des projets de développement dans les zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO). Selon la zone spécifique et les périodes où les oiseaux y sont présents, des restrictions devraient également être établies pour les travaux dans ces zones et à proximité. À titre d'exemple, les mesures d'atténuation visant à réduire la perturbation des oiseaux comprendront la sélection des trajectoires, l'altitude et l'horaire des vols pour éviter les rassemblements importants d'oiseaux dans ces zones.

Changements climatiques

Les modèles de circulation générale prévoient des réductions importantes de l'épaisseur et de la couverture de la glace arctique à cause d'une hausse des émissions de CO2 dans l'atmosphère. Les modèles du climat actuels ne suffisent pas à prévoir la dynamique régionale des glaces, les vents, les caractéristiques mésoéchelles et les mécanismes de réapprovisionnement en nutriments. Ces éléments doivent être connus afin de prévoir la productivité et la réponse trophique (Tynan et DeMaster, 1997). On peut cependant poser des hypothèses à propos de l'impact potentiel des tendances du climat arctique observées sur les espèces sauvages. Les oiseaux pourraient servir d'indicateurs d'effets écologiques des changements climatiques à plus grande échelle puisqu'ils occupent une vaste gamme d'habitats. Certaines variables climatiques sont souvent identifiées comme ayant une influence sur les réponses des oiseaux, dont l'augmentation des températures de l'air et de la mer, l'élévation des niveaux de la mer, l'assèchement des milieux humides et la variabilité de la glace de mer. Dans les régions nordiques, le réchauffement peut prolonger les périodes de nidification, assurer plus de nourriture pour les jeunes et diminuer la mortalité des oisillons. Cependant, le réchauffement peut réduire les lieux de nidification et d'alimentation, l'élévation des niveaux de la mer peut endommager les lieux de reproduction importants sur la côte, et la hausse du nombre de tempêtes durant la saison de nidification peut anéantir les efforts de nidification, détruire des nids et des œufs et tuer des oisillons (UNEP, 2005). Des températures continentales plus chaudes pourraient également nuire à des habitats convenant à certains oiseaux (tels que le Phalarope à bec étroit), où l'assèchement prématuré et la prolifération de petits arbustes pourraient réduire les lieux de reproduction existants (Walpole et al., 2008). De plus, les changements climatiques risquent d'avoir des effets drastiques sur les fissures et les chenaux de la polynie du cap Bathurst. Les augmentations de température ou les retards dans les changements climatiques saisonniers touchent la taille et la disponibilité de cet habitat essentiel. Le retard de la disponibilité de cet habitat des canards marins pourrait entraîner des conséquences sur leur rendement reproducteur puisqu'ils ne font généralement qu'une tentative de nidification et peuvent ne pas se reproduire une année à cause d'incidences météorologiques (Mehl, 2004).

Les changements climatiques peuvent modifier l'endroit, la date et la durée des voies de migration. De façon générale, la migration printanière des oiseaux est considérée plus importante que celle automnale parce que la migration printanière détermine la date d'arrivée sur les lieux de reproduction, ce qui est essentiel pour l'accouplement et le choix du territoire. L'activité et l'abondance des arthropodes semblent liées à la date et aux conditions météorologiques dans l'Arctique; de même, la température, les vents et les précipitations ont une forte influence (Tulp et al., 2008). Les changements climatiques pourraient également modifier les périodes d'abondance de nourriture pour les oiseaux migrateurs. Les tendances de réchauffement pourraient causer une diminution de la nourriture coïncidant avec l'arrivée des oiseaux migrateurs, entraînant ainsi un changement nécessaire de la période de migration (Tulp et al., 2008). On s'inquiète de l'hypothèse selon laquelle des espèces d'oiseaux qui migrent sur de longues distances ne soient pas en mesure de changer suffisamment leur comportement migratoire pour s'adapter aux changements relatifs à la disponibilité des sources importantes de nourriture telles que les insectes, les fleurs et les petits fruits (Climate Risk, 2006). Ces changements constituent une menace lorsqu'ils font en sorte que le cycle vital des oiseaux ne respecte plus la synchronie avec les plantes et les insectes dont dépendent la survie et la reproduction des oiseaux.

Niveaux de sensibilité et cotes

Les populations qui sont regroupées pour une quelconque période de l'année (p. ex. : haltes migratoires, aires de reproduction et d'alimentation) sont vulnérables aux menaces spécifiques aux sites, car une grande partie de la population peut alors être menacée. De plus, les populations qui occupent des habitats géographiquement restreints (espèces rares, menacées ou en voie de disparition) sont vulnérables si leurs habitats sont menacés.

Été/automne (mai-octobre) sensibilité dans les zones maritimes

Beaucoup d'oiseaux migrateurs occupent la mer de Beaufort du printemps à l'automne. Les arrivées et les départs sont régis par la rupture et la prise de la glace de mer.

Faible sensibilité (1) : Zones très peu utilisées s'étendant au-delà de la limite estivale de la banquise et couvrant environ la surface estivale de la banquise (définie par Stirling, 2002).

Sensibilité faible à modérée (2) : Zones où les populations sont très dispersées dans une région géographique ou dans un large éventail d'habitats. Ces populations sont moins vulnérables aux menaces spécifiques aux sites, car seulement un petit nombre d'individus serait affecté. Ces zones comprennent les régions côtières où la glace de rive persiste jusqu'à la fin du mois de mai et le début du mois de juin, les régions à la limite de la banquise estivale, les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité modérée (3) : Zones où les populations sont concentrées dans un habitat pour n'importe quelle période de l'année, y incluant les haltes migratoires, les colonies de nidification, les zones de reproduction et d'alimentation. Ces zones comprennent les lieux de densité modérée à élevée, mais comptant moins de 1 % de la population au Canada et les régions côtières et les limites en mer de la banquise estivale ainsi que les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité modérée à élevée (4) : Zones de population occupées dans des habitats et des sites géographiques limités qui soutiennent au moins 1 % de la population au Canada ou qui ont un statut ou une désignation d'aire de conservation. Notamment, des zones clés comme le versant Nord du Yukon (delta de la rivière Blow, Nunaluk Spit, le passage Workboat, l'île Herschel, les deltas des rivières Babbage et Spring), les plaines côtières du Yukon, le delta du fleuve Mackenzie et les zones le long de la péninsule Tuktoyaktuk (rivières Kugaluk, Moose et Smoke, deltas inférieurs des rivières Anderson et Mason; les baies Harrowby, Kukjutkuk, Hutchinson et McKinley; l'île Phillips) (figure 28). Ces zones comprennent aussi des sites de biodiversité exceptionnelle et les zones s'étendant des côtes à la mer puis à la limite, y incluant les régions côtières et les limites en mer de la banquise estivale ainsi que les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité élevée (5) : Zones qui soutiennent 50 % de la population au Canada, notamment la polynie du Cap Bathurst (figure 29) et l'habitat essentiel défini au termes de la Loi sur les espèces en péril.

Été/automne (mai-octobre) sensibilité dans les zones côtières

Beaucoup d'oiseaux migrateurs occupent la mer de Beaufort du printemps à l'automne. Les arrivées et les départs sont régis par la rupture et la prise de la glace de mer.

Faible sensibilité (1) : zones qui sont peu utilisées durant l'année.

Sensibilité faible à modérée (2) : zones où les populations sont très dispersées dans une région géographique ou dans un large éventail d'habitats. Ces populations sont moins vulnérables aux menaces spécifiques aux sites, car seulement un petit nombre d'individus serait affecté. Ces zones comprennent les régions côtières, les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité modérée (3) : zones où les populations sont concentrées dans un habitat pendant une quelconque période de l'année, incluant les haltes migratoires, les colonies de nidification, les zones de mue et d'alimentation. Ces zones comprennent les endroits de densité modérée à élevée – mais comptant moins de 1 % de la population au Canada – et les régions côtières, les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité modérée à élevée (4) : habitats et sites géographiques limités qui soutiennent au moins 1 % de la population au Canada ou qui ont un statut ou une désignation d'aire de conservation. Notamment, des zones clés comme le versant Nord du Yukon (delta de la rivière Blow, Nunaluk Spit, le passage Workboat, l'île Herschel, les deltas des rivières Babbage et Spring), les plaines côtières du Yukon, le delta du Mackenzie et les zones bordant la péninsule Tuktoyaktuk (rivières Kugaluk, Moose et Smoke, deltas des rivières Anderson et Mason; les baies Harrowby, Kukjutkuk, Hutchinson et McKinley; l'île Phillips). Ces zones comprennent aussi des sites de biodiversité exceptionnelle et les régions côtières, les hautes terres et les zones inondables.

Sensibilité élevée (5) : zones où les populations sont concentrées dans un habitat pendant une quelconque période de l'année, incluant les haltes migratoires, les colonies de nidification, les zones de mue et d'alimentation. Ces zones comprennent les sites de densité élevée.

Résumé

Dans les Territoires du Nord‑Ouest, les zones côtières et marines abritent une diversité et une abondance considérables d'oiseaux migrateurs qui utilisent la ligne de côte, les eaux libres (sites côtiers, près des côtes et extracôtiers) et des polynies au cours de certaines périodes de leur cycle vital (nidification, mue, halte migratoire). Au nombre des espèces qui utilisent souvent les eaux du large, on compte le Plongeon catmarin, le Plongeon du Pacifique, le Plongeon à bec blanc, l'Eider à duvet, l'Harelde kakawi, la Mouette de Sabine et le Goéland bourgmestre. Les espèces d'oiseaux qui dépendent des eaux près des côtes sont notamment les suivantes : le Plongeon catmarin, le Plongeon du Pacifique, la Bernache cravant, le Cygne siffleur, le Goéland bourgmestre, la Sterne arctique, la Petite Oie des neiges, le Guillemot à miroir, l'Eider à duvet et le Guillemot de Brünnich. La majorité des oiseaux ne sont pas présents dans la zone du projet au cours de la période hivernale, où les eaux sont couvertes de glace; par conséquent, les interactions devraient seulement survenir durant la période de mobilisation précédant les opérations et durant la rupture des glaces printanière suivant les opérations hivernales de forage.

On trouve des habitats terrestres et marins des oiseaux dans les zones côtières et extracôtières. Les habitats dans la polynie et les chenaux du cap Bathurst, des îles Banks et du delta du Mackenzie sont essentiels aux canards marins (Eider à tête grise, Eider à duvet et Harelde kakawi) durant la migration printanière. Les oiseaux arrivent sur les lieux de nidification dans la mer de Beaufort entre la fin mai et le début juin. De la fin juillet au début août, la baie McKinley–île Phillips, la région de la baie Kukjuktuk et Hutchison, et le passage Workboat à l'île Herschel sont les principaux habitats des quelque 100 000 canards en mue et en pré‑mue. Comme les oiseaux migrateurs se rassemblent pour se nourrir le long des lisières de glace et dans les chenaux ouverts, ils sont particulièrement vulnérables aux déversements de pétrole durant les périodes de reproduction, de nidification, de mue et de migration. Les déversements d'hydrocarbures pourraient réduire de façon considérablement certaines espèces d'oiseaux dans les lieux de concentration, voire les éliminer, et avoir des conséquences durables sur la population entière d'oiseaux migrateurs dans la région. Les inquiétudes relatives à cette menace potentielle ont poussé à faire des recherches pour améliorer nos connaissances de l'emplacement, de la taille, du succès de reproduction, des habitudes alimentaires et des trajectoires de migration de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs dans la mer de Beaufort (Alexander et al., 1988; Gratto-Trevor, 1996; Dickson, 1997; Hines et Wiebe Robertson, 2006).

On a identifié 11 principaux habitats terrestres et marins pour les oiseaux migrateurs. Chaque site sélectionné abrite au moins 1 % de la population canadienne des espèces d'oiseaux migrateurs durant certains stades vitaux (nidification, mue, halte migratoire), abrite une population qui occupe un habitat restreint sur le plan géographique ou encore est un site de biodiversité exceptionnelle. Ces sites sont reconnus pour leurs caractéristiques physiques ou écologiques uniques et se sont donc vu attribuer une cote de conservation (sites du Programme biologique international [PBI], ZICO au Canada, refuges d'oiseaux migrateurs, parcs nationaux, parcs territoriaux, habitats terrestres et marins clés des oiseaux migrateurs du Service canadien de la faune, terres spécialement désignées dans des plans de conservation communautaire [PCC]). Les refuges d'oiseaux migrateurs et les parcs nationaux et territoriaux permettent de protéger pleinement les oiseaux, mais ce n'est pas le cas des autres désignations (PBI, ZICO, habitats clés du SCF et PCC). Leur identification vise à sensibiliser et à attirer l'attention sur les activités qui peuvent menacer une région.

De plus, les habitats terrestres et marins clés des oiseaux migrateurs s'étendent au‑delà des limites de la zone d'étude (p. ex. côtes ouest et sud de l'île Banks). Les effets sur certaines populations d'oiseaux migrateurs (p. ex. Eider à tête grise) à l'extérieur de la zone d'étude peuvent s'ajouter aux effets à l'intérieur de la zone d'étude.

Il est possible de faire quelques prévisions à propos des effets de l'industrie pétrolière sur les oiseaux de mer et d'autres organismes marins dans l'Arctique canadien. Malgré des efforts consciencieux de l'industrie afin de réduire le plus possible les pertes lors des opérations quotidiennes, on observe encore quelquefois des accidents et de faibles niveaux de pollution par les hydrocarbures dans certaines régions. En cas de déversement important, il pourrait y avoir un taux élevé de mortalité dans toute région où l'on observe des rassemblements d'oiseaux migrateurs. Les accidents découlant de défaillances de l'équipement ou de la négligence humaine peuvent être réduits par des travaux de conception, de construction et d'entretien et par la prise de mesures de précaution. Dans le cas d'un accident majeur, on doit immédiatement avoir accès aux ressources humaines et à l'équipement nécessaires pour contenir et nettoyer le déversement dans la mesure possible.

La présence d'un nombre plus élevé d'êtres humains, de navires et d'aéronefs ainsi que la réalisation d'autres projets pétroliers et gaziers dans la région pourraient perturber davantage la vie marine, y compris les oiseaux migrateurs. À l'aide de projets de conception, de construction et d'entretien de qualité, il est possible de réduire le plus possible les conséquences de l'exploration et de l'exploitation pétrolières et gazières. À titre d'exemple, il est possible de réduire le niveau de perturbation causé par les aéronefs et les navires en identifiant et en évitant les zones sensibles à certains moments de l'année.

Références

Voir les références utilisées pour l'information les oiseaux migrateurs