Baleines boréales

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Baleines boréales - Étér

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l'Arctique de l'Est

Caractéristiques des composantes valorisées

Habitat essentiel

De juin à septembre, les baleines boréales sont surtout présentes dans l'est de la mer de Beaufort et, de la mi‑août à la fin septembre environ, elles forment de grands groupes dispersés au large (Hardwood et Smith, 2002; Harwood et al., 2008). Les regroupements ont lieu dans des aires traditionnelles où les conditions océanographiques favorisent la concentration de zooplancton crustacé, qui constitue leur principale source d'alimentation (Thomson et al., 1986). Leurs habitats clés sont la péninsule de Tuktoyaktuk, le golfe d'Amundsen et les zones côtières du sud et de l'ouest de l'île Banks (COSEPAC, 2005). Les exigences en matière d'habitat des baleines boréales, dans les aires d'estivage, dépendent largement de la distribution des principales proies des baleines, qui peut varier d'année en année en fonction de la température, de la salinité, de l'intensité de la lumière et de la disponibilité des nutriments (Mackas et al., 1985). Les baleines peuvent occuper des eaux profondes (plus de 200 m) ou peu profondes (moins de 50 m), selon le mois de l'été et l'accessibilité des aliments (Griffiths et Buchanan, 1982; Richardson et al., 1985; Mate et al., 2000). Les baleines matures (y compris les femelles avec leurs petits) ont tendance à occuper des aires d'alimentation extracôtières (p. ex. au large de la péninsule de Tuktoyaktuk), tandis que les subadultes ont tendance à occuper des aires d'alimentation près des côtes (p. ex. au large de la côte du Yukon) (L. Harwood, comm. pers.).

Côte de l'île Banks et golfe d'Amundsen

  • La côte de l'île Banks et le golfe d'Amundsen sont les premières aires d'estivage que les baleines boréales atteignent après avoir suivi leurs voies de migration aux large des côtes de la mer de Beaufort (Fraker et Bockstoce, 1980; COSEPAC, 2005). Les baleines boréales peuvent atteindre les eaux de la côte de l'île Banks et du golfe d'Amundsen dès le mois de mai (Branham et al., 1980), même si on les observe surtout près de la côte de l'île Banks à cette époque de l'année (Hazard et Cubbage, 1982).
  • On observe souvent des baleines boréales dans le golfe d'Amundsen, au large de la baie King, à la fin juillet et au début août (Hazard et Cubbage, 1982). Au cours du mois de juillet, la partie ouest du golfe d'Amundsen constitue une aire d'estivage importante où les baleines tirent profit de la rupture hâtive des glaces qui a lieu dans cette zone pour s'alimenter dans les eaux profondes (plus de 200 m) (COSEPAC, 2005).

Péninsule de Tuktoyaktuk

  • À la fin août et au début septembre, les zones situées au nord de la péninsule de Tuktoyaktuk constituent des aires d'estivage importantes (Hardwood et Borstad, 1986; Richardson et al., 1987; Dickens et al., 1987) où on peut observer des baleines s'alimenter au large de la péninsule (Würsig et al., 1989).
  • On considère que le canyon Kugmallit et les parties intérieure et extérieure du plateau de la péninsule de Tuktoyaktuk constituent des habitats importants pour les baleines boréales dans le sud‑est de la mer de Beaufort.

Panache du fleuve Mackenzie

L'influence de l'eau douce dans la mer de Beaufort crée des conditions environnementales riches en nutriments idéales pour les baleines boréales en quête d'aliments. Les zones au large de la pointe King, de la pointe Shingle, de la baie du Mackenzie et de l'île Herschel ont toutes été désignées habitats importants des baleines boréales (WMAC 2000a; WMAC 2000b; WMAC 2000c; Dickens et al., 1987).

  • Les baleines boréales occupent les aires autour du delta du Mackenzie à la fin de l'été. La répartition des baleines dans le delta du Mackenzie peut varier d'une année à l'autre : selon les années, elles peuvent demeurer dans des eaux peu profondes et libres de glace ou fréquenter des zones en mer situées dans ou près de la banquise (Richardson et al., 1987).
  • À la fin août et en septembre, les baleines boréales se regroupent dans la région du panache du fleuve Mackenzie, où les eaux troubles et saumâtres résultant de la circulation active en surface et des remontées d'eau créent vraisemblablement des milieux riches en nutriments pour les espèces d'invertébrés dont elles se nourrissent (Hardwood et Borstad, 1986; Würsig et al, 1989).
  • Entre août et octobre, on peut observer des baleines boréales près de la baie Herschel, alors qu'elles effectuent lentement leur migration d'automne jusqu'à la mer de Béring (Hardwood et Borstad ,1986; Richardson et al., 1987).
  • L'île Herschel, la région de Komakuk, le canyon Mackenzie et le rebord continental au nord de l'île Herschel sont tous des sites classés comme importants pour la baleine boréale.

Justification du choix

Historiquement, la baleine boréale a longtemps été une ressource importante pour les Inuit : un seul individu pouvait contribuer à la survie de tout un village en fournissant de la nourriture, de l'huile et des matériaux de construction pour une année entière (NWMB, 2000). Les documents archéologiques indiquent que les baleines boréales ont été chassées dans l'Arctique canadien à partir du XIIe siècle. (Freeman et al., 1998). Dans les Territoires du Nord‑Ouest, dans la région inuvialuite désignée, on autorise actuellement la chasse d'une baleine boréale par année. De nos jours, la baleine boréale est surtout chassée par les Inuit pour son importance culturelle et traditionnelle, plutôt que pour des raisons de survie. Les Inuit perçoivent la chasse à la baleine boréale comme un élément vital, pour les Inuit, sur les plans de la culture et des connaissances traditionnelles (NWMB, 2000).

La baleine boréale a également été sélectionnée en raison de l'importance de la mer de Beaufort dans son cycle de vie. À l'échelle fédérale, la population de baleines boréales des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort est désignée espèce préoccupante au Canada (COSEPAC, 2005) et espèce préoccupante mineure/dépendante de la conservation par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En raison des pressions du passé exercées par la chasse commerciale, la baleine boréale a pratiquement été poussée à l'extinction (COSEPAC, 2005). La population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort a aujourd'hui atteint des niveaux moins inquiétants, mais la surveillance continue de cette espèce est toujours nécessaire. De plus, la baleine boréale constitue un élément important des fonctions écologiques des mers de l'Arctique, tant comme prédateur que comme proie. Les baleines boréales semblent étroitement liées à la répartition de leurs proies (Würsig et al., 1989; Treacy et al., 2006) et peuvent être un bon indicateur des changements écologiques dans la dynamique de la mer de Beaufort.

Viabilité

Les pressions de la chasse commerciale ont presque poussé la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort à l'extinction vers la moitié du XIXe siècle. Cette population n'est pas encore entièrement rétablie et est actuellement à environ 50 % de sa taille historique. Elle a connu une hausse de 3,4 % entre 1978 et 2001 (George et al., 2004; COSEPAC, 2005). La plus récente estimation documentée de la population est de 10 740 individus (George et al.; 2004). La réglementation de la chasse commerciale est d'importance capitale pour la viabilité des baleines boréales. En raison de la maturité sexuelle tardive et de la faible fécondité de l'espèce, le fait de soustraire des individus à une population peut avoir de graves répercussions (COSEPAC, 2005).

Les observations historiques de baleines boréales dans la mer de Beaufort témoignent de l'importance de cette région au cours des périodes de migration du printemps, de l'été et de l'automne. La prédation, les activités humaines en mer et les pressions climatiques qui agissent sur les conditions des glaces peuvent avoir des effets sur la survie et la répartition des baleines boréales dans la mer de Beaufort (COSEPAC, 2005). La protection d'aires d'alimentation à utilisation élevée dans la mer de Beaufort est primordiale pour maintenir des populations viables de cette espèce, car la répartition des baleines boréales semble étroitement liée à la répartition verticale et horizontale de leurs proies (Würsig et al., 1989).

Vulnérabilité au développement

Les répercussions possibles du développement industriel sur les baleines boréales dans la mer de Beaufort sont les suivantes :

  • Les activités industrielles peuvent réduire la qualité et la quantité d'habitats convenables pour les baleines boréales, particulièrement en ce qui a trait aux aires d'alimentation.
  • Les activités industrielles peuvent accroître les risques de mortalité à proximité des projets de développements.
  • Les activités industrielles peuvent nuire aux tendances et aux comportements migratoires, rendant ainsi les baleines plus sensibles aux autres pressions environnementales, comme la prédation et les changements climatiques.

Vulnérabilité de l'habitat

La présence de baleines boréales dans la mer de Beaufort, du printemps à l'automne, les rend vulnérables à l'impact des activités industrielles sur leur habitat pendant la majeure partie de l'année dans cette région. Les effets résiduels des activités industrielles peuvent entraîner la perte totale d'habitat, souvent causée par « l'empreinte » des projets de développement industriel, ou la perte réelle d'habitat, c'est‑à‑dire que les baleines évitent les habitats situés près des projets de développement.

Les activités de développement susceptibles de perturber les baleines boréales comprennent :

  • la pollution industrielle et les déversements divers;
  • le bruit causé par les activités d'exploration sismique et le déplacement des navires;
  • les blessures causées par des collisions avec des navires;
  • la construction d'îles ou de plateformes de forage temporaires.

La pollution industrielle et les déversements divers peuvent entraîner la perte totale ou réelle d'habitat. Les habitats de baleines boréales les plus vulnérables à ces rejets sont les eaux peu profondes du delta du Mackenzie et du golfe d'Amundsen. L'impact sur la population qui pourrait résulter d'un déversement d'hydrocarbures dépend largement de la saison, de la quantité et du type de contaminant rejeté, des facteurs climatiques et des mesures d'atténuation prises. Un déversement d'hydrocarbures survenant dans les eaux peu profondes et dans les estuaires désignés habitat essentiel de la baleine boréale serait très grave et pourrait entraîner un impact considérable propre aux sites. Les zones de la région du panache du fleuve Mackenzie sont vulnérables en raison du grand nombre de baleines qui s'y regroupent à la fin de l'été. Un déversement se produisant au large, dans les aires et les corridors d'alimentation, de déplacement et de migration, pourrait être moins grave puisque les baleines boréales peuvent contourner le déversement dans ces eaux plus profondes. Le contact avec des déversements d'hydrocarbures peut avoir un impact direct sur la disponibilité des invertébrés et, donc, sur la santé et le comportement migratoire des baleines.

La pollution par le bruit causée par l'homme dans la mer de Beaufort peut avoir des effets néfastes sur les baleines boréales. Celles‑ci sont sensibles aux bruits produits par le forage, la construction en mer, l'exploration sismique et les navires, qui causent des changements dans leurs comportements normaux et, dans certains cas, un évitement des zones d'activité (Richardson et al., 1986, 1990, 1995; Davies, 1997). La présence d'installations de forage peut entraîner une importante perte temporaire de l'habitat disponible (Schick et Urban, 2000). Les effets à long terme de la pollution par le bruit sur les baleines boréales dans la mer de Beaufort sont inconnus, mais on considère qu'ils représentent une grave menace pour cette espèce dans l'est de l'Arctique (Moshenko et al., 2003).

Risques de mortalité

En plus de produire du bruit, les navires peuvent entrer en collision avec des baleines boréales et les blesser grièvement. En effet, la collision avec des navires risque d'entraîner de grandes lacérations (George et al., 1994), qui peuvent agir directement et indirectement sur la santé d'un individu en modifiant ses comportements d'alimentation et de survie. George et al. (1994) ont constaté que les blessures causées par des navires étaient rares et touchaient environ 1 % des individus de la population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort. Cette faible proportion pourrait cependant être associée au faible nombre de navires dans la région (George et al., 2004), mais, comme pour les baleines noires, elle pourrait également être liée au faible taux de survie des individus qui entrent en collision avec des navires (Kraus, 1990).

Mesures d'atténuation

On peut appliquer plusieurs stratégies à la planification de l'atténuation propre à chaque projet en se basant sur le résumé des effets résiduels des projets, la saisonnalité des déplacements des baleines boréales et les critères employés pour définir le classement. Les considérations suivantes ne doivent pas être interprétées comme des prescriptions de mesures à prendre sans délai; il s'agit plutôt de stratégies pouvant s'avérer précieuses dans la planification de projets.

  • Les aires d'alimentation de haute qualité sont des zones importantes pour la viabilité de l'espèce; c'est pourquoi les incidences devraient y être atténuées/évitées autant que possible. Ces aires comprennent la baie Mackenzie et la péninsule de Tuktoyaktuk. Si des développements doivent être entrepris dans de telles zones, le déroulement des activités devrait, dans la mesure du possible, coïncider avec les périodes pendant lesquelles les baleines boréales ne sont pas présentes dans la région (de septembre à avril).
  • Dans les aires de migration de printemps et d'automne des baleines boréales, les activités de déplacement de navires en mer devraient être limitées à des niveaux auxquels l'impact, à l'échelle des populations, n'est pas apparent.
  • Généralement, les activités sur les glaces risquent peu de produire des effets résiduels après la saison de prise des glaces et peuvent constituer une option préférable aux activités en eaux libres, particulièrement si les accidents et les dangers sont maîtrisés.

Changements climatiques

Les modèles de circulation générale prévoient des réductions importantes de l'épaisseur et de la couverture de la glace de mer arctique à cause d'une hausse des émissions de CO2 dans l'atmosphère. Les modèles climatiques actuels ne suffisent pas à prévoir la dynamique régionale des glaces, les vents, les caractéristiques mésoéchelles et les mécanismes de réapprovisionnement en nutriments. Ces éléments doivent être connus afin de prévoir la productivité et la réponse trophique (Tynan et DeMaster, 1997). On peut cependant formuler des hypothèses à propos de l'impact potentiel des tendances du climat arctique observées sur les espèces sauvages. Les changements de l'étendue et de la concentration de la glace de mer peuvent modifier les répartitions saisonnières, les répartitions géographiques, les tendances en matière de migration, l'état nutritionnel, le succès de reproduction et l'abondance et la structure de certaines espèces. Pour la baleine boréale, comme pour la plupart des cétacés, la diminution de l'étendue de la glace entraînera un effet indirect plutôt qu'une véritable perte d'habitat (Tynan et DeMaster, 1997). Parmi les effets indirects, on compte les changements possibles de l'abondance et de la répartition des invertébrés marins, principales proies des baleines boréales.

Les algues épontiques sont très importantes dans l'environnement arctique, car elles constituent la première source de nourriture dans la chaîne trophique (Alexander, 1995). Ces algues, qui sont présentes à la limite entre la banquise et l'eau de mer, se forment au‑dessous de la glace et s'intègrent à la colonne d'eau durant la fonte, au printemps. La présence de cette nouvelle source de nourriture à cette époque de l'année entraîne la prolifération du phytoplancton, ce qui assure une abondance de copépodes (la principale proie des baleines boréales) (Drolet et al., 1991; Tynan et DeMaster, 1997). Les habitats de la lisière des glaces sont donc très importants pour les baleines boréales. Un changement de la survenue ou la perte de cette source de nourriture, au printemps, pourrait modifier le comportement, les tendances de migration, la répartition et le taux de survie des baleines boréales (COSEPAC, 2005).

Niveaux de sensibilité et cotes

D'avril à juin, la majeure partie de cette population migre vers les aires d'estivage du sud de la mer de Beaufort, en suivant les chenaux et les zones d'eaux libres formés par la rupture des glaces, au printemps. En été, les baleines boréales sont surtout présentes dans l'est de la mer de Beaufort, où elles forment de grands groupes dispersés au large, de la mi août à la fin septembre environ. Des ensembles de données concernant les baleines boréales, recueillis entre 1980 et 1986, et des relevés plus récents effectués en 2007 et 2008 ont été utilisés pour élaborer la carte de sensibilité (Harwood, comm. pers.). Les densités de baleines boréales observées ont été calculées pour des mailles de grille de 20 km x 20 km, et les mailles comptant plus de 5 baleines par 100 km2 ont été désignées aires de regroupement, selon la définition ad hoc actuelle du MPO (Harwood et al., 2008).

On a compté le nombre de fois que les baleines boréales s'étaient regroupées dans une maille donnée au cours des années pour lesquelles un relevé était disponible, et la fréquence des regroupements a été utilisée pour fixer le niveau de sensibilité à 3, 4 ou 5. Le système de niveaux de sensibilité ci dessous a été basé sur la période où des baleines boréales occupent la région pour s'alimenter, se déplacer et migrer. Les risques provenant des effets résiduels du développement menacent beaucoup la viabilité des populations dans les aires de regroupement et les zones où la remontée des eaux offre des aires d'alimentation de qualité; c'est pourquoi des catégories de risques plus élevés sont associées à ces habitats.

Été/automne (mai-octobre) Sensibilité

Faible sensibilité (1) : Toutes les zones de non-rassemblement profondes de moins de 2 mètres, car les baleines boréales ne peuvent pas se rendre dans ces zones en raison de leur taille.

Sensibilité faible à modérée (2) : Toutes les zones de non-rassemblement profondes de plus de 2 mètres, c. à d. les zones dont l'utilisation comme corridors de déplacement ou de migration ou zones d'alimentation est limitée.

Sensibilité modérée (3) : Les zones autour du delta du Mackenzie à la fin de l'été. La répartition dans le delta du Mackenzie peut varier d'une année à une autre, car parfois, les baleines restent dans les eaux peu profondes libres de glace, et parfois on les trouve en mer dans la glace ou près de celle ci.

Sensibilité modérée à élevée (4) : La moitié ouest du golfe d'Amundsen est une aire d'estivage importante au mois de juillet, et les zones au large de King Point, de Shingle Point, de la baie Mackenzie et de l'île Herschel ont été désignées comme un habitat important de la baleine boréale.

Sensibilité élevée (5) : Les zones au nord de la péninsule Tuktoyaktuk sont des aires d'estivage importantes à la fin du mois d'août et au mois de septembre.

Résumé

La baleine boréale a été sélectionnée comme composante valorisée de l'écosystème (CVE) principalement en raison de son importance culturelle et de son utilisation traditionnelle par les chasseurs inuits. Elle constitue un élément important des fonctions écologiques de la mer arctique, et elle est étroitement liée à la répartition des proies invertébrées, ce qui en fait un excellent indicateur possible des changements écologiques dans la dynamique de la mer de Beaufort.

Les baleines boréales sont présentes dans la zone d'étude du printemps à l'automne, tandis qu'elles occupent principalement l'est de la mer de Beaufort en été. Leurs habitats clés sont les zones côtières de l'ouest de l'île Banks, le golfe d'Amundsen, la péninsule de Tuktoyaktuk et le delta du Mackenzie (COSEPAC, 2005). Dans la mer de Beaufort, les baleines cherchent surtout à s'alimenter. La voie migratoire de la baleine boréale dans la mer de Beaufort passe par des chenaux dans la glace, où des zones d'eau libre se forment à la suite de la rupture des glaces. Il est donc possible que les changements climatiques aient des effets sur les tendances de migration, l'abondance de la nourriture et le taux de survie des baleines boréales dans la mer de Beaufort.

Les incidences possibles des activités industrielles sont la pollution, les déversements divers, le bruit causé par les humains et les collisions avec des navires. Les activités industrielles qui ont lieu au cours de l'hiver (c'est‑à‑dire lorsque l'eau est gelée dans la majeure partie de la zone d'étude) risquent d'avoir des effets directs sur les baleines boréales alors qu'elles hivernent dans la mer de Béring. Selon leur emplacement dans la mer de Beaufort, les activités de développement industriel au printemps, en été et en automne peuvent influer sur les baleines boréales.

Références

Voir les références utilisées pour l'information des baleine boréale