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Le présent guide réunit les leçons et les informations dont on dispose à ce jour sur les principes, les politiques et les processus essentiels à la mise en œuvre des ententes. Il a pour objet principal de guider les représentants fédéraux dans l’accomplissement des responsabilités incombant aux ministères aux termes des ententes sur les revendications territoriales globales (ERTG) et des ententes sur l’autonomie gouvernementale (EAG) [Note 1].
Les ERTG et les EAG sont des documents complexes. Elles fixent les objectifs et les obligations de nombreuses autorités différentes. Les signataires travaillent ensemble en toute bonne foi pendant la phase des négociations en vue de concevoir une entente claire tenant compte des objectifs mutuels, respectant les obligations, et susceptible d’être appliquée dans le contexte législatif et politique du moment. Au nom de la Couronne, les représentants de tous les ministères et organismes fédéraux concernés peuvent intervenir tout au long du processus de négociation.
Les relations entre les parties ne prennent pas fin une fois que l’encre a séché sur la page des signatures. Quand les signataires et les autres intervenants commencent à faire ce qu’exigent les ententes, ils s’engagent dans une nouvelle phase de travail importante. Notre guide aidera les représentants fédéraux à l’accomplir, c’est–à–dire à s’acquitter des obligations juridiquement contraignantes prévues dans ces ententes. Ce document inclut aussi de l’information à l’égard :
Bien qu’il ne soit pas destiné à servir de norme, il a été conçu pour régler les problèmes que posent régulièrement les ERTG et les EAG. Les subtilités et les particularités de chaque entente sortent, toutefois, du cadre de ce guide et elles ne peuvent évidemment pas toutes être abordées. Les représentants fédéraux vont devoir prendre connaissance eux–mêmes des particularités de chaque entente pour s’assurer qu’ils s’acquittent bien de leurs obligations. Autrement dit, ce guide est simplement là pour aider à mettre en œuvre les ententes.
Il doit être vu comme une introduction et une feuille de route qui permettront aux ministères et organismes fédéraux de clarifier et d’harmoniser leurs points de vue et de collaborer entre eux. Il a un vaste champ d’application [Note 2] – il ouvrira la voie à des guides sur d’autres sujets, qui traiteront de façon plus détaillée de problèmes de mise en œuvre essentiels. Il y en aura, entre autres, sur les modes substitutifs de règlement des conflits, les rapports annuels, les examens et la commémoration.
Les informations et conseils contenus dans notre guide s’appuient sur l’expérience acquise, sur plus de trois décennies, dans la mise en œuvre d’ententes. Du fait que celles–ci, tout comme les relations qu’elles instaurent, vont continuer à se développer, il en sera de même du guide, qui va être révisé périodiquement pour intégrer les leçons apprises et les politiques et processus nouvellement apparus.
On ne saurait surestimer l’importance des ERTG et des EAG pour le paysage politique, culturel et socioéconomique du Canada. Les ERTG et les EAG sont des documents juridiquement contraignants. Les droits et obligations des signataires – Canada, Autochtones et gouvernements provinciaux et territoriaux – bénéficient d’une importante reconnaissance juridique et ont force exécutoire. Ces ententes [Note 3] voient encore leur portée juridique renforcée par des lois d’application, et nombre d’entre elles tombent également sous la protection de la Constitution en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
Les ERTG et les EAG sont des documents complexes. Les ERTG définissent les droits de propriété des peuples autochtones sur les terres et les ressources naturelles situées dans des zones pour lesquelles aucun traité n’a été signé auparavant. Elles servent également à expliquer aux Canadiens et autres personnes intéressées de quel genre de droits il s’agit. Les EAG contiennent des dispositions autorisant des groupes autochtones à administrer leurs affaires internes et à exercer un plus large pouvoir de décision sur ce qui concerne leurs collectivités. Elles portent sur la structure et la responsabilisation des gouvernements autochtones, le pouvoir d’adopter des lois, les accords de financement et les programmes et services. Tel qu’il ressort de L’approche du gouvernement du Canada concernant la mise en œuvre du droit inhérent des peuples autochtones à l’autonomie gouvernementale et la négociation de cette autonomie [Note 4], disons, en gros, que le Canada considère les compétences ou les pouvoirs des Autochtones comme devant s’étendre pour la plupart à des domaines internes au groupe, qui font partie intégrante de sa culture autochtone distincte et sont indispensables à son fonctionnement en tant que gouvernement ou institution [Note 5]. L’autonomie gouvernementale permet aussi de concilier les compétences législatives fédérales, provinciales-territoriales et autochtones.
Ces ententes ont encore un autre aspect important : elles modifient les relations entre les signataires autochtones, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux concernés. Aux termes des ERTG et des EAG, les signataires autochtones sont de véritables gouvernements et les parties s’engagent, par conséquent, dans une relation innovante de gouvernement à gouvernement, qui instaure un autre type de rapports et de collaboration entre elles.
Les ERTG et les EAG signées par le Canada ont réussi à créer des collectivités autochtones solides et autonomes. Une évaluation faite en 2009 de quatre des ERTG [Note 6] les plus abouties a révélé que celles–ci avaient servi à délimiter avec précision et certitude les terres octroyées, en permettant aux groupes autochtones de bénéficier de la mise en valeur des ressources et en les aidant à instaurer un environnement favorable aux investissements. Les ERTG ont également eu un effet positif sur le rôle joué par les peuples autochtones dans l’économie des terres octroyées et sur leurs relations avec l’industrie, tout en leur donnant la possibilité de faire entendre leur voix de façon constructive et efficace dans les processus décisionnels concernant la gestion des terres et des ressources. En outre, ces ententes aident à protéger le mode de vie traditionnel des signataires autochtones. Le gouvernement fédéral en tire aussi des avantages parce qu’il progresse ainsi sur la voie des priorités générales qu’il s’est fixées à l’égard des Canadiens.
En concluant des ERTG et des EAG, les signataires s’engagent à assumer une série d’obligations visant à atteindre les buts de toutes les parties – améliorer le bien–être social et la prospérité économique des peuples autochtones, rendre les collectivités plus robustes et viables, et favoriser la participation des Canadiens autochtones à la vie politique, sociale et économique du Canada pour le plus grand bien de tous les Canadiens. Ces buts sont exposés dans le Plan d’action pour les Autochtones du Canada, dans la vision et le mandat du MAINC ainsi que dans les programmes et politiques établis par d’autres ministères fédéraux pour les Autochtones.
Cependant, ces ERTG et EAG ne sont pas et ne voulaient pas être le seul moyen d’atteindre les buts en question. Plusieurs autres initiatives fédérales y contribuent. Le gouvernement fédéral fait d’importants investissements dans la mise en œuvre des ERTG et en faveur de l’autonomie gouvernementale des Autochtones, mais ces efforts ne sont qu’une partie de sa stratégie générale visant à améliorer leur bien–être social et économique. Il agit non seulement directement, par l’intermédiaire d’ERTG et d’EAG, mais également indirectement, au moyen d’autres formes de collaboration susceptibles d’améliorer la vie des peuples autochtones du Canada.
L’un des résultats majeurs des ERTG et des EAG est l’établissement de nouvelles relations de gouvernement à gouvernement. Les ERTG et les EAG modifient de fond en comble les relations entre la Couronne, les gouvernements provinciaux-territoriaux et les signataires autochtones. (Vous trouverez à l’annexe 2 des exemples de ces relations/compétences d’un nouveau genre.)
Les ERTG et les EAG sont des contrats juridiquement contraignants pour les signataires. De plus, les droits fixés dans les ERTG sont protégés par la Constitution en vertu de l’article 35. Pour respecter les relations qui se nouent entre les parties (et assumer les obligations qui en découlent), le Canada, dans son ensemble, doit s’efforcer, de concert avec les autres signataires, de remplir les obligations fédérales et de progresser vers la réalisation des buts mutuellement visés. L’interprétation et la mise en œuvre des ententes sont fondées sur la reconnaissance des principes fondamentaux régissant la gestion des droits protégés par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 [Note 7]. L’honneur de la Couronne est en jeu dans la façon dont le gouvernement fédéral gère ses relations avec les signataires autochtones des ententes. De plus, s’il ne remplit pas ses obligations, il risque d’avoir à supporter des frais, notamment judiciaires, et à assumer des engagements supplémentaires.
Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) a pour fonction de coordonner ces relations au nom du Canada et de rendre compte des résultats obtenus en la matière. Il convient, toutefois, de souligner que les ententes sont conclues au nom du gouvernement du Canada dans son ensemble. Bien que le MAINC joue un important rôle de coordination et de responsabilisation, de nombreux autres ministères fédéraux contribuent à la mise en œuvre des ERTG et des EAG.
Il est capital que tous les ministères fédéraux entamant une relation en vue de la mise en œuvre d’ERTG et d’EAG possèdent une bonne connaissance du nouveau système politique et socioéconomique créé par ces ententes. Il y a des obligations directes et d’autres, plus indirectes (annexe 3), comme de tenir compte des dispositions des ententes lors de la conception de nouveaux programmes et services ministériels. Ainsi, les ministères fédéraux doivent impérativement se rappeler toutes les dispositions des ERTG et des EAG, afin d’être certains d’assumer leurs obligations juridiques en conformité avec les nouvelles relations de gouvernement à gouvernement instaurées par les ententes.
L’expérience acquise après plus de 30 ans de mise en œuvre atteste de l’importance des ententes pour toutes les parties, et le pays dans son ensemble, ainsi que des avantages pour les signataires et les collectivités concernées.
Grâce à leur expérience et à des processus d’évaluation internes et externes, les signataires ont également relevé quelques points à améliorer. Par conséquent, le MAINC et le gouvernement fédéral dans son ensemble profitent actuellement de l’occasion pour tirer profit de ces leçons en collaboration avec leurs partenaires signataires. Le présent guide est un pas vers l’établissement d’une stratégie globale visant à renforcer les politiques et processus de mise en œuvre fédéraux. Nous allons exposer cette stratégie en détail.
La tâche incombant au Canada est de mettre en œuvre les ententes dans le respect de leurs buts généraux et de leur caractère spécial. Il faut donc trouver un moyen de remplir les obligations de la Couronne au–delà du minimum requis – moyen tenant compte de ce que le gouvernement fédéral estime avoir été convenu par les parties lors de la négociation de l’entente.
Les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des traités ne l’emportent en aucun cas sur leurs avantages. Le gouvernement fédéral estime que les ERTG et les EAG sont des réalisations importantes et que beaucoup de progrès ont déjà été accomplis.
Cela dit, nous devons continuer à nous mettre au défi d’aborder et de résoudre les problèmes difficiles, tout en réfléchissant sans arrêt à la façon d’améliorer la mise en œuvre de ces ententes et d’instaurer des relations mutuellement respectueuses pour reconnaître ces nouveaux gouvernements.
Le présent guide vise à lancer une campagne de sensibilisation au sein du régime fédéral sur ce que les ERTG et les EAG représentent pour le Canada, à étudier les rôles et responsabilités, et à donner des conseils sur la façon de vérifier si le Canada remplit ses obligations.
Le processus de négociation d’une ERTG ou d’une EAG, ou d’une entente combinant les deux, est une vaste entreprise. Une fois que l’entente est signée et entrée en vigueur, les signataires entament une nouvelle phase.
Les ententes modifient considérablement les relations entre signataires et autres intervenants. Pour rendre ces nouvelles relations viables à long terme, les parties doivent continuer à communiquer et à travailler ensemble.
Dans le cas d’une ERTG, chaque partie doit entretenir les nouvelles relations en s’acquittant des nombreuses obligations juridiques auxquelles elle a souscrit et en créant des partenariats de soutien mutuel. Les EAG comportent des obligations analogues et créent également de nouvelles relations entre les signataires. Celles–ci modifient sensiblement le paysage politique et socioéconomique.
La mise en œuvre des ERTG et EAG peut se diviser en quatre phases distinctes. Elles peuvent durer plus ou moins longtemps, mais elles donnent une idée de la manière dont s’instaurent les relations voulues par les ententes.
Bien que notre guide soit en grande partie axé sur les phases de mise en œuvre des traités après l’entrée en vigueur d’une entente, les ministères et organismes fédéraux jouent un rôle tout aussi important durant les phases de préparation et de négociation. La négociation d’ententes viables et réalistes est le fondement de relations fertiles après la signature des traités. Pour tout complément d’information sur les rôles à jouer par les ministères fédéraux tout au long des phases de mise en œuvre, on peut se reporter au Guide de mise en œuvre.
Ce Guide a été élaboré à l’intention des responsables fédéraux de la mise en œuvre à divers stades, que ce soit la préparation des négociations, l’établissement de plans de mise en œuvre ou la gestion de la mise en œuvre après la date d’entrée en vigueur. Tout comme dans le présent guide, les responsables fédéraux de la mise en œuvre y trouveront des conseils et des ressources pratiques qui leur permettront de s’acquitter de leurs obligations juridiques au titre des ERTG et des EAG.
Le Plan de mise en œuvre est l’un des outils clés qui facilitent la transition vers les nouvelles relations instaurées par les ERTG et les EAG. Tandis que les ententes définissent les relations et exposent les obligations de chacun, le plan de mise en œuvre et d’autres documents connexes (p. ex. les accords de financement) servent de feuilles de route montrant aux signataires comment s’acquitter de leurs obligations individuelles et réciproques. En général, ce plan n’est pas juridiquement contraignant, mais il est d’une importance primordiale pour le bon déroulement de la mise en œuvre.
Il concrétise les obligations des signataires. Il varie d’une entente à l’autre, mais il a généralement le contenu suivant :
Vous trouverez à l’annexe 4 une feuille d’activité type contenue dans un plan de mise en œuvre.
Le plan de mise en œuvre est remis à tous les intervenants en même temps que l’ERTG ou l’EAG. Il représente un important outil de référence et de gestion pour les signataires après la date d’entrée en vigueur. Il peut être utilisé de plusieurs façons :
Les plans de mise en œuvre sont depuis toujours axés sur les obligations explicites des signataires, qui y trouvent les activités et les calendriers correspondants. Bien que ce soit là un aspect important, le stade de gestion de la mise en œuvre d’une ERTG ou d’une EAG est beaucoup plus qu’une série d’activités. Les nouvelles relations instaurées par les ERTG et les EAG doivent se développer dans le nouveau contexte des ententes.
Les comités de mise en œuvre (CMO), parfois appelés groupes de travail de la mise en œuvre, sont des organismes dont le mandat est établi dans les ententes ou résulte d’arrangements pratiques passés entre les signataires. Ils sont en fonction pendant toute la durée de l’entente. Après l’entrée en vigueur de celle–ci, c’est à eux qu’incombe principalement toute la gestion de la mise en œuvre. Ils sont composés de membres de chaque groupe signataire, qui sont généralement tenus, en vertu du mandat, de se réunir à intervalles réguliers au cours de l’année et de rester en relation.
La liste non exhaustive de leurs responsabilités est habituellement la suivante :
Pour se faire représenter auprès des comités de mise en œuvre, le Canada désigne souvent un directeur général ou un directeur, qui fait habituellement partie de la Direction générale de la mise en œuvre (DGMO) du MAINC dans le secteur des Traités et gouvernement autochtones (annexe 5). En sa qualité de représentant du Canada, le membre fédéral du CMO est chargé de participer aux activités de son comité au nom de tous les ministères fédéraux et d’en assurer la coordination.
Les CMO doivent également s’efforcer de tenir les ministères fédéraux au courant de leurs activités et décisions. Leurs représentants envoient à chaque ministère fédéral concerné des informations sur leurs activités et leurs calendriers de réunion. Ils profitent souvent des réunions de caucus régionales pour informer les ministères fédéraux sur les dossiers traités au CMO. En conséquence, ces réunions ont souvent lieu juste avant les réunions des CMO. Le représentant du CMO demande aux ministères fédéraux, pour toute question touchant à leur mandat, de participer à l’établissement du plan de travail et de l’ordre du jour, et d’assister aux réunions, aux examens et aux activités. Les représentants des bureaux régionaux des ministères exercent souvent cette fonction par l’intermédiaire des caucus régionaux.
Les organes de mise en œuvre (institutions de gouvernement populaire, conseils et comités) sont des organismes indépendants créés dans le cadre des ERTG et des EAG pour servir de tribunes où l’on peut traiter et exploiter certains articles des ententes.
Pour les signataires des ententes, ces conseils et comités jouent un rôle consultatif important dans des activités conjointes ou coopératives telles que l’aménagement du territoire, la gestion de la faune aquatique et terrestre, la mise en valeur des ressources humaines, la formation et les évaluations environnementales.
En général, les membres des conseils et comités sont des personnes désignées par chacun des groupes signataires de l’entente au niveau politique. Ils peuvent être des employés du gouvernement, des personnes du secteur privé ou des délégués de telle ou telle autorité compétente. Ils doivent posséder les connaissances et l’expérience nécessaires. Le ministre du MAINC joue un rôle essentiel en nommant des représentants fédéraux auprès de ces organes. Dans certains cas, d’autres ministères fédéraux sont appelés à y nommer également des membres.
Le concept d’obligation est un élément crucial des ERTG aussi bien que des EAG. La façon dont le gouvernement fédéral envisage les obligations est la suivante :
Comment oblige-t-on les signataires à respecter les ententes?
Les ERTG et les EAG, ainsi que les droits qui y sont stipulés, ont force de loi – toutes les ententes sont des contrats juridiquement contraignants passés entre les parties. Certaines tombent sous la protection de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Les autres ont force exécutoire en vertu d’une loi. Ainsi, chaque signataire est légalement obligé de s’acquitter des responsabilités énoncées dans les ententes.
Qui est obligé de respecter les ententes?
Tous les signataires d’ERTG ou d’EAG sont tenus de s’acquitter des obligations qui y sont énoncées. Pour ce qui est du Canada, les ententes sont signées au nom de la Couronne par le ministre du MAINC. Tous les ministères et organismes fédéraux concernés doivent s’assurer que les obligations de mise en œuvre relevant de leur mandat sont remplies comme il convient et en temps opportun.
Quel rapport y a-t-il entre obligations et objectifs?
En concluant des ERTG et des EAG, les signataires s’engagent à assumer une série d’obligations juridiquement contraignantes. Celles–ci sont considérées comme des mesures concrètes pouvant être prises par les signataires pour atteindre des objectifs plus larges, souvent évoqués dans les ententes sous le terme d’« énoncés de vision ». Les objectifs fixés dans les ERTG et les EAG figurent fréquemment dans le Plan d’action pour les Autochtones du Canada (tel qu’il apparaît dans le mandat ministériel du MAINC), plan qui vise à améliorer le bien–être social et la prospérité économique des peuples autochtones, à rendre les collectivités plus robustes et plus viables, et à encourager les Canadiens autochtones à participer au développement politique, social et économique du pays pour le plus grand bien de tous les Canadiens. Les obligations, telles qu’elles sont exposées dans les plans de mise en œuvre, consistent essentiellement à fournir aux parties une « feuille de route » concrète et mesurable indiquant la voie vers les grands buts collectifs à atteindre.
Le Canada estime que l’accomplissement des obligations dans le cadre des ententes et des plans de mise en œuvre n’est pas le seul moyen d’atteindre les objectifs généraux des ERTG et des EAG. En dehors de ces ententes, d’autres initiatives et ressources (financières et autres) du niveau fédéral, provincial-territorial et autochtone ou du secteur privé jouent un rôle important à cet effet. En outre, comme tout gouvernement, celui du Canada doit prendre ses décisions et établir sa liste de priorités en fonction des ressources dont il dispose et d’autres principes, tels que les moyens financiers, l’efficience, la faisabilité et la capacité.
Quel genre d’obligations trouve–t–on dans les ententes?
Rapport entre la common law et les obligations
Il importe de noter que la common law canadienne et les décisions judiciaires peuvent aboutir à l’établissement de nouvelles obligations fédérales qui sont associées aux ERTG et aux EAG mais n’en font pas expressément partie.
Les signataires utilisent les plans de mise en œuvre pour établir les budgets de tous les organes de mise en œuvre créés dans le cadre de l’entente et repérer les activités et projets qui entraîneront des coûts supplémentaires pour les ministères fédéraux. Les engagements de financement pris pendant la planification de la mise en œuvre ou la négociation des accords de financement budgétaires se limitent au mandat financier approuvé par le Cabinet. Pour la mise en œuvre de l’entente, les négociateurs établissent des plans dans le cadre de ce mandat financier et conçoivent leurs activités de mise en œuvre en prenant en considération des facteurs tels que le rapport coût-efficacité, les économies d’échelle, l’efficience et la capacité. Les ministères fédéraux ayant des mandats ou des obligations au titre d’une ERTG ou d’une EAG doivent être consultés aussi bien sur une base bilatérale au stade des négociations qu’au sein du caucus fédéral et du Comité directeur fédéral, afin de déterminer les coûts et d’approuver les accords de financement dans les plans de mise en œuvre.
Pour que l’entente définitive puisse être ratifiée par le gouvernement fédéral, il faut que le financement nécessaire à sa mise en œuvre ait été approuvé à la fois par le Cabinet et le Conseil du Trésor. Pour pouvoir accéder à un nouveau financement, le cas échéant, il faut l’accord du Cabinet, et celui du Conseil du Trésor est nécessaire pour modifier les diverses autorisations de dépenses ministérielles exigées par la mise en œuvre de l’entente. Selon le genre d’activité de mise en œuvre, le financement peut être soit limité dans le temps, soit permanent.
Quand le Canada conclut une ERTG et une EAG avec des groupes autochtones, le gouvernement fédéral doit approuver le financement :
Les obligations conditionnelles, déclenchées par certains événements rendant nécessaire une activité ultérieurement, éventuellement avec un coût supplémentaire, sont difficiles à prévoir. On peut parfois accéder à un financement supplémentaire pour des activités et projets inattendus, afin de permettre au Canada de s’acquitter de ses obligations, mais une planification rigoureuse est alors nécessaire si l’on veut obtenir les fonds en temps voulu. Avec l’accord des organismes centraux, on peut soumettre une présentation au Conseil du Trésor pour modifier les autorisations de dépenses ministérielles et assurer ainsi le financement exigé par ces obligations conditionnelles.
La mise en œuvre continue des ERTG et des EAG et de leurs obligations demande un examen périodique des progrès réalisés ainsi que le renouvellement des engagements de financement. La Direction générale de la mise en œuvre du MAINC joue un rôle primordial dans l’organisation de cet examen et la négociation, avec les autres parties, du renouvellement des accords de financement. Quand le renouvellement exige une augmentation du financement, il est possible de recourir à des cadres de gestion fournissant des indications sur la façon d’obtenir de nouveaux fonds, et éventuellement des mandats de financement. Il incombe à chaque ministère fédéral d’évaluer le financement supplémentaire dont il a besoin pour s’acquitter des obligations imposées par les ERTG et les EAG et de recourir au processus de présentation au Conseil du Trésor en vue de demander et d’obtenir des fonds supplémentaires.
Les ministères fédéraux sont tenus de mener leurs activités de mise en œuvre selon les « trois C » : clarté, conformité et coordination. Le MAINC joue, toutefois, un rôle primordial dans le renforcement et le maintien de ces principes avec ses collègues fédéraux.
CLARTÉ
CONFORMITÉ
COORDINATION
Le secteur des Traités et des gouvernements autochtones (TGA) du MAINC s’acquitte des fonctions dévolues au Ministère pour négocier, faire entrer en vigueur et mettre en œuvre les ERTG et les EAG. La Direction générale de la mise en œuvre (DGMO) du TGA joue le rôle principal en coordonnant et en surveillant la mise en œuvre des ententes au niveau fédéral après la date d’entrée en vigueur.
La DGMO du MAINC surveille et coordonne les rôles à jouer par les ministères fédéraux dans la mise en œuvre des ERTG et des EAG :
SURVEILLANCE ET COORDINATION
COORDINATION DES OBLIGATIONS DU GOUVERNEMENT DU CANADA
ACTIVITÉS DE MISE EN ŒUVRE PERMANENTES
Les rôles joués par les bureaux régionaux du MAINC dans la mise en œuvre dépendent du contexte régional et du traité. Leurs mandats englobent habituellement une série de responsabilités communes :
Les bureaux de l’administration centrale tout comme ceux des régions jouent un rôle primordial dans la collaboration des ministères fédéraux avec le MAINC pour la mise en œuvre des ERTG et des EAG. En général, le personnel régional des ministères fédéraux peut entrer en relation avec ses homologues des bureaux régionaux du MAINC, aussi bien bilatéralement que dans les caucus régionaux, afin de parler des problèmes concernant une région ou une entente en particulier et trouver une solution. Quand les enjeux sont plus importants, les ministères fédéraux sont encouragés à s’adresser à la DGMO du MAINC pour chercher une solution. La DGMO est normalement le premier point de contact de tous les ministères fédéraux ayant besoin de conseils ou de ressources pour s’acquitter de leurs responsabilités en matière de mise en œuvre, et elle les oriente vers les autorités compétentes. Vous trouverez à l’annexe 5 des listes de personnes–ressources pour entrer en relation avec la DGMO et les bureaux régionaux du MAINC.
Les organismes centraux (Secrétariat du Conseil du Trésor, Bureau du Conseil privé, ministère des Finances et ministère de la Justice) sont indispensables à la mise en œuvre des ERTG et des EAG.
Pour mettre en œuvre les ERTG et les EAG, beaucoup d’autres ministères et organismes fédéraux jouent des rôles importants. Bien qu’il incombe au MAINC d’assurer la coordination de la mise en œuvre et que les organismes centraux aient aussi un rôle à jouer, il convient de souligner que les ententes sont conclues au nom de la Couronne, ce qui fait que tous les ministères et organismes fédéraux sont concernés.
Tous les ministères fédéraux ont un rôle à jouer dans l’accomplissement des obligations découlant des ERTG et des EAG. Certains ministères peuvent être chargés d’intervenir activement pour s’acquitter de ces obligations, mais ils doivent tous connaître les dispositions des ententes, par exemple les obligations concernant la passation de marchés, afin de veiller à la conformité de leurs activités ministérielles avec les clauses tombant sous la protection de la Constitution.
Les ministères fédéraux jouant habituellement un rôle direct dans la planification et les activités de mise en œuvre sont les suivants :
Il arrive souvent que l’administration centrale et les bureaux régionaux de ces ministères travaillent tous à la mise en œuvre des ententes. En général, les représentants de l’administration centrale participent au caucus fédéral et au Comité directeur fédéral, et donnent des orientations stratégiques. Le personnel de l’administration centrale doit également rester en relation avec les autres secteurs de son ministère, afin de vérifier si leurs obligations de mise en œuvre ont été remplies.
Le personnel régional dirige souvent la mise en œuvre d’un grand nombre de mesures exigées quotidiennement par les ententes. Cela dépend, toutefois, de l’organisation interne de chaque ministère fédéral; il peut y avoir des différences entre les rôles et responsabilités respectifs de l’administration centrale et des régions.
Vous trouverez à l’annexe 6 un bref résumé des rôles et responsabilités incombant aux signataires autochtones et provinciaux-territoriaux au titre des ERTG et des EAG.
Le Canada a mis en place un cadre pour donner aux responsables fédéraux de la mise en œuvre les structures, les outils et les informations dont ils ont besoin pour s’acquitter avec succès des obligations qui leur incombent en la matière, le Cadre fédéral de gestion des traités modernes (cadre de gestion de la mise en œuvre – annexe 7). Le cadre de mise en œuvre facilite :
Les caucus régionaux sont des tribunes interministérielles structurées qui aident à s’assurer que les activités de mise en œuvre des ententes dans les régions se font dans un souci de collaboration, de conformité et d’efficacité. En général, ils se réunissent régulièrement, souvent en même temps que les CMO (avec les trois groupes signataires). Ces réunions permettent aux membres des ministères fédéraux responsables de la mise en œuvre de parler de questions pertinentes, de proposer de traiter certains problèmes au caucus fédéral, et de consulter le représentant du Canada auprès du CMO au sujet des travaux du comité avant que celui–ci se réunisse. Les caucus régionaux ont essentiellement pour fonction de mettre les représentants fédéraux régionaux en relation avec : leurs homologues, les signataires des ententes et les membres du caucus fédéral et du Comité directeur fédéral. Ces caucus traitent des questions propres à une région ou un traité en particulier, ainsi que celles pouvant être examinées dans le cadre des mandats, programmes et autorisations ministériels en cours.
Les responsables fédéraux de la mise en œuvre qui appartiennent à des ministères concernés et travaillent dans des bureaux régionaux disposent de cette tribune pour discuter et résoudre leurs problèmes.
Le caucus fédéral donne des orientations et adresse des recommandations au Comité directeur fédéral (et aux responsables fédéraux de la mise en œuvre) aussi bien au stade des négociations qu’à celui de la mise en œuvre des ERTG et des EAG. Parmi les questions pouvant être portées devant le caucus fédéral, il y a celles qui concernent une ou plusieurs régions ou ententes, qui se rattachent aux mandats ou autorisations de programmes fédéraux en cours, ou qui exigent une décision financière de la part des ministères. Le caucus fédéral se compose de représentants de l’administration centrale (présente dans la Région de la capitale nationale) de tous les ministères et organismes fédéraux ayant un rôle important à jouer dans la mise en œuvre des traités modernes, ainsi que de représentants des organismes centraux. Les bureaux régionaux peuvent, si besoin est, se faire représenter auprès du caucus fédéral.
Les responsables fédéraux confrontés à des problèmes ayant de fortes répercussions sur la mise en œuvre dans tout le pays peuvent les porter devant le caucus fédéral. En général, c’est la DGMO du MAINC qui les soumet. C’est à elle aussi que s’adressent, en premier lieu, les caucus régionaux pour faire évaluer leurs problèmes.
Le Comité directeur fédéral (CDF) est chargé de donner des orientations aux ministères et organismes fédéraux en matière de mise en œuvre. Pour les questions stratégiques et financières, cette tâche incombe à un dirigeant du comité. Si besoin est, le CDF prend des décisions ou formule des recommandations concernant les mandats de mise en œuvre, les questions financières et les stratégies.
La DGMO du MAINC collabore avec le service Liaison et coordination des mandats du TGA pour coordonner l’ordre du jour du CDF concernant les problèmes de la DGMO.
Les échanges d’informations et l’entretien de réseaux de responsables fédéraux de la mise en œuvre permettent une collaboration fructueuse au niveau fédéral. Le cadre de gestion de la mise en œuvre contient les outils nécessaires à cet effet.
Ressources
Un centre de ressources en ligne contenant de la documentation et des outils d’apprentissage sera mis en place. Les responsables de la mise en œuvre de tous les ministères et organismes fédéraux sont encouragés à communiquer au centre de ressources des informations sur leurs programmes, politiques et problèmes, ainsi que des idées en matière de mise en œuvre. Le centre fournira une liste fédérale intergouvernementale de personnes–ressources ayant affaire à divers aspects de la mise en œuvre.
Outils de formation
Le MAINC est en train de mettre au point une série d’outils de formation à l’intention de tous les représentants fédéraux. Il y a, entre autres, un cours en ligne sur le respect des obligations imposées aux ministères fédéraux pour la passation de marchés dans les régions visées par des ententes, et une série de guides destinés aux responsables fédéraux de la mise en œuvre sur des questions générales et particulières en la matière.
Quelques ministères fédéraux ont préparé leurs employés à s’acquitter de leurs obligations de mise en œuvre au moyen de lignes directrices internes, de séances de formation et d‘autres initiatives. Ceux qui ne l’ont pas encore fait sont encouragés à élaborer des outils de formation en collaboration avec la DGMO du MAINC et d’autres collègues fédéraux, afin d’être certains de transmettre avec exactitude l’ensemble des politiques et procédures de mise en œuvre à tous leurs employés concernés.
Il est indispensable d’exercer une surveillance et de présenter des rapports sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre, afin de régler les questions survenant pendant les activités de mise en œuvre des signataires et intégrer les leçons dans les politiques et processus de négociation et de mise en œuvre.
Les mécanismes de surveillance et de présentation de rapports permettent également de demander aux responsables fédéraux de la mise en œuvre de rendre des comptes à la haute direction, au Parlement, au public canadien et aux autres signataires sur la façon dont ils s’acquittent de leurs obligations au titre des ententes. Les mécanismes actuellement en usage sont les suivants :
PROCESSUS PERMANENTS
ÉVALUATIONS EXTERNES
Le Canada et les autres signataires d’ERTG et d’EAG doivent impérativement se tenir au courant des résultats et des recommandations découlant des évaluations externes des ententes. Ces évaluations peuvent provenir du Sénat et des commissions parlementaires, ainsi que d’organisations autochtones telles que la Coalition des revendications territoriales (annexe 8). Elles offrent souvent des conseils pratiques sur la façon d’améliorer la mise en œuvre des ententes et de renforcer les relations qui y sont établies. La DGMO du MAINC, en collaboration avec ses collègues fédéraux, si besoin est, a qualité pour établir et appliquer des plans d’action visant à tenir compte de ces évaluations externes.
La présente section est destinée à répondre à quelques–unes des questions les plus fréquemment posées par les ministères fédéraux au sujet de leurs responsabilités en matière de mise en œuvre. Cette liste de contrôle des étapes à franchir, le cas échéant, n’est pas complète, mais elle propose plutôt une série de solutions ainsi que des listes de personnes–ressources auxquelles les responsables fédéraux de la mise en œuvre peuvent demander des réponses à leurs questions et préoccupations.
Toutes les parties signataires d’ERTG et d’EAG – fédérales, provinciales-territoriales et autochtones – ont le plus grand intérêt à ce que les ministères et organismes ayant des responsabilités au titre de ces ententes se montrent très actifs. Cependant, comme les ententes ont été conclues sur une période de 35 ans et varient considérablement en contexte et en complexité et à cause des mécanismes qui sont venus s’y ajouter avec le temps, les ministères ont parfois beaucoup de mal à remplir leurs engagements.
Le présent guide se propose de donner non seulement une feuille de route au gouvernement fédéral pour la gestion de la mise en œuvre, mais aussi une large esquisse des divers systèmes, processus et outils mis en place pour rendre cette gestion plus efficace.
Les ERTG et les EAG instaurent des relations permanentes et évolutives dans lesquelles la réconciliation entre les peuples autochtones et la Couronne est un objectif important. La mise en œuvre fructueuse des ententes n’est pas seulement une étape décisive vers cette réconciliation, mais elle est également essentielle à l’élaboration et au maintien des nouvelles relations prévues par ces ententes historiques.
Accord de financement budgétaire (AFB) : Accord financier mis en place dans un but fixé par une ERTG ou une EAG, et défini dans le plan de mise en œuvre correspondant.
Compétence : Capacité d’adopter des lois.
Entente : Entente négociée sur un aspect quelconque des revendications gouvernementales et de l’autonomie gouvernementale, en vertu de la présente approche.
Entente définitive : Version définitive d’une ERTG ou EAG.
Entente de principe (EP) : Entente préliminaire à l’entente définitive, qui traite, avec certains détails, de toute la gamme des questions devant faire l’objet de l’entente définitive.
Entente sur l’autonomie gouvernementale (EAG) : L’entente sur l’autonomie gouvernementale, parfois associée à une ERTG, contient des dispositions autorisant des groupes autochtones à administrer leurs affaires internes et à exercer un plus large pouvoir de décision sur ce qui concerne leurs collectivités. Elle porte sur la structure et la responsabilisation des gouvernements autochtones, leur pouvoir d’adopter des lois, les accords de financement et les programmes et services.
Entente sur les revendications territoriales globales (ERTG) (également appelée traité moderne) : Les revendications territoriales reposent sur l’affirmation des droits et titres ancestraux continus jamais abolis par un traité antérieur à 1970 ou d’autres moyens juridiques. Les ERTG (également appelés traités modernes) recouvrent un large éventail de domaines tels que la compétence en matière de terres et de ressources, les droits de récolte, les droits d’exploitation du sous-sol, le partage des recettes d’exploitation, la gestion des terres et des ressources, la gestion de l’environnement et les droits de récolte dans les zones extracôtières. Les droits accordés en vertu de ces ententes tombent sous la protection de l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
Examen : Les ERTG et EAG prescrivent plusieurs types d’examens, dont des examens généraux périodiques des progrès accomplis dans la mise en œuvre; des examens des niveaux de financement; des examens des clauses économiques, et des examens comparatifs. Ces examens donnent aux parties l’occasion de détecter les points faibles et de formuler des recommandations sur la façon d’y remédier.
Gouvernement autochtone : Organisme gouvernemental d’un groupe autochtone disposant d’une assise territoriale, qui a la possibilité d’exercer des compétences et des pouvoirs sur les terres autochtones.
Institution autochtone : Institution desservant des Autochtones et habilitée à exercer des pouvoirs en rapport avec un groupe autochtone.
Organes de mise en œuvre : Connus également sous le nom d’institutions de gouvernement populaire, les organes de mise en œuvre ont pour mission de gérer et d’exécuter des éléments sectoriels d’une ERTG, tels que la gestion des ressources, les évaluations environnementales, le développement des ressources humaines et le développement économique. Ils se composent habituellement de représentants nommés par chacun des organismes signataires (Autochtones, gouvernement fédéral, provinces-territoires). En général, leurs activités sont financées annuellement par le Canada.
Peuples autochtones : Les Indiens, les Inuits et les Métis du Canada.
Plan de mise en œuvre : Document élaboré conjointement pour chaque ERTG et EAG. Il a pour objet de clarifier les rôles, responsabilités, activités et calendriers que les signataires et d’autres organes de mise en œuvre doivent prendre en considération pour s’acquitter des obligations et atteindre les objectifs plus généraux des ententes. Il établit également les accords de financement correspondants (moyennant une autorisation parlementaire). Contrairement aux ententes elles–mêmes, les plans de mise en œuvre ne sont pas protégés par la Constitution – mais ils représentent pour les signataires une importante « feuille de route » pour mettre le traité en œuvre.
Pouvoir : Tout pouvoir autre que celui d’adopter des lois, comme le pouvoir de dispenser ou d’administrer des programmes et services, ou d’appliquer des lois d’autres gouvernements.
Renouvellements : Les ERTG et EAG comportent plusieurs éléments renouvelés à intervalles réguliers (habituellement par tranches de 5 à 10 ans). Ce sont, notamment, les plans de mise en œuvre et les accords financiers. Les renouvellements font souvent suite à un processus d’examen et nécessitent des négociations entre les signataires des ententes. Ils ont beaucoup d’importance parce qu’ils donnent aux signataires l’occasion d’adapter les dispositions du traité à des changements et d’y intégrer les leçons apprises.
Terres autochtones :
Vous trouverez ci–dessous quelques-unes des différences existant entre les relations des signataires avant et après la date d’entrée en vigueur.
Avant la date d’entrée en vigueur
Après la date d’entrée en vigueur
Les terres appartiennent au gouvernement fédéral.
Les terres appartiennent aux signataires autochtones.
Les terres sont gérées par le gouvernement fédéral.
Les signataires autochtones, en qualité de propriétaires, sont responsables, dans une large mesure, de la gestion des terres octroyées par des ententes, ainsi que de l’exploitation des ressources qui s’y trouvent. Ils peuvent cogérer les terres et les ressources.
Les bandes résident sur une réserve ou une assise territoriale appartenant au gouvernement fédéral.
Les groupes autochtones bénéficiant de l’autonomie gouvernementale résident sur des terres octroyées par des ententes, qui appartiennent à des signataires autochtones et sont régies par eux; l’autonomie gouvernementale peut également être négociée avec des groupes autochtones sans assise territoriale.
La collectivité autochtone est assujettie à la législation fédérale et provinciale-territoriale.
Les gouvernements autochtones ont la capacité d’adopter et de faire exécuter des lois dans un certain nombre de domaines, tels qu’ils sont définis dans les ententes. Ces lois peuvent prendre le pas sur la législation fédérale et provinciale-territoriale.
Les programmes et services sont gérés par le Canada ou délégués aux bandes.
Des programmes et services négociés (p. ex. en matière de santé, d’éducation ou de patrimoine) sont conçus et gérés par les signataires autochtones.
Les procédures d’organisation et d’élection de l’administration locale indienne sont fixées par la Loi sur les Indiens.
Les procédures d’organisation et d’élection gouvernementales sont régies par le gouvernement autochtone.
Les résolutions du conseil de bande doivent être approuvées par le ministre du MAINC.
Les lois et politiques sont adoptées et exécutées en toute autonomie.
Les fonds sont attribués par le gouvernement fédéral au conseil de bande pour gérer les programmes et services.
Les fonds sont attribués par le gouvernement fédéral au moyen d’accords de financement. Le niveau de financement est d’abord déterminé par les parties, qui évaluent et négocient le montant nécessaire pour atteindre les objectifs des ententes.
Une fois les fonds attribués, le gouvernement signataire autochtone est entièrement responsable de leur affectation aux priorités fixées.
Responsabilité devant le MAINC pour les dépenses, la législation, les élections, etc.
Le gouvernement signataire est responsable devant les membres de la collectivité autochtone pour les dépenses, la législation, les élections, etc.; il a moins de rapports à présenter au gouvernement fédéral.
Il importe de noter que certains ministères fédéraux doivent s’acquitter d’obligations directes au titre des ERTG et EAG, généralement sous forme d’activités concrètes. Mais beaucoup d’autres, et il est tout aussi important de le souligner, contractent des obligations « indirectes ». Pour celles–ci, il n’est pas toujours nécessaire de mener des actions ponctuelles telles que celles de la colonne gauche. Les obligations « indirectes » peuvent, par exemple, être liées aux propres activités des ministères fédéraux ou exiger que leurs représentants fassent attention aux effets que ces ententes ont sur leur propre mandat ou domaine de compétence ou tiennent les signataires autochtones au courant de leurs activités.
Obligations directes
Obligations « indirectes »
Jouer un rôle essentiel dans la planification de la mise en œuvre, y compris en examinant et en approuvant les dispositions du plan de mise en œuvre qui ont un rapport avec leur mandat.
Donner des avis aux signataires sur les questions touchant à leurs compétences ou relevant d’eux.
S’assurer que les obligations ministérielles exposées dans les ententes et les plans de mise en œuvre sont remplies en temps opportun.
Entamer un dialogue avec les signataires autochtones quand les programmes ou activités ont une incidence sur leurs compétences.
Mener les activités de mise en œuvre fixées dans les plans de mise en œuvre.
Donner des avis et des informations aux comités/groupes de travail, conseils et autres comités.
Participer à des comités/groupes de travail de mise en œuvre tripartites, ainsi qu’aux conseils et autres comités.
S’assurer que les nouveaux programmes sont conçus et exécutés en conformité avec les dispositions des ERTG et EAG.
Mettre en œuvre les programmes ministériels actuels en conformité avec les dispositions des ERTG et des EAG.
Communiquer et entretenir d’étroites relations de travail avec les membres de toutes les parties signataires au sujet des obligations et mandats des ministères.
Surveiller les activités de mise en œuvre et présenter des rapports (p. ex. des rapports annuels tripartites).
Se tenir informé des nouvelles ententes, politiques et procédures.
S’assurer que les représentants ministériels ont reçu une formation sur les obligations de mise en œuvre existantes et autres questions touchant à celle–ci.
Les ministères possédant ou gérant des biens immobiliers fédéraux doivent se tenir au courant des dispositions pouvant avoir une incidence sur ces biens – protection des sites patrimoniaux, consultations sur l’aliénation de terrains fédéraux excédentaires, considérations sur l’accès aux terres, et dispositions sur le développement économique.
PLAN DE MISE EN ŒUVRE AUTOCHTONE
DES ERTG/EAG –ANNEXE A
PROJET : Brève description du projet
RESPONSABLES : Liste des signataires/organes de mise en œuvre responsables
PARTICIPANT/LIAISON : Liste des organismes jouant un rôle de soutien dans la mise en œuvre du projet
CLAUSES QUI RENVOIENT AU PROJET : Liste des clauses numérotées qui renvoient au projet en question dans l’ERTG ou l’EAG invoquée
RENVOIS : Liste des clauses de renvoi des ERTG ou EAG invoquées
RESPONSABLE
ACTIVITÉS
CALENDRIER
Partie responsable (p. ex. le ministère fédéral compétent, Pêches et Océans Canada)
Activité nécessaire pour remplir l’obligation
Délais
Partie responsable (p. ex. le signataire autochtone)
Activité nécessaire pour remplir l’obligation
Délais
PERSONNES-RESSOURCES DE LA DIRECTION GÉNÉRALE
DE LA MISE EN ŒUVRE DU MAINC
Veuillez consulter le site Web Collaboration pour obtenir une liste des personnes-ressources de la Direction générale de la mise en œuvre du MAINC.
PERSONNES-RESSOURCES DES BUREAUX RÉGIONAUX DU MAINC
Veuillez consulter le site Web Collaboration pour obtenir une liste des personnes–ressources des bureaux régionaux du MAINC.
PERSONNES-RESSOURCES D’AUTRES MINISTÈRES FÉDÉRAUX
Veuillez consulter le site Web Collaboration pour obtenir une liste des membres du caucus fédéral appartenant aux ministères et organismes fédéraux compétents.
Note : Ces listes sont revues et révisées périodiquement dans un souci d’exactitude.
Les signataires autochtones jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des traités modernes. Les ententes sont conçues et mises en œuvre pour le bien des peuples autochtones et dans le but de reconnaître et de protéger leurs droits et titres ancestraux. Les bénéficiaires ciblés par les ERTG et les EAG sont les collectivités autochtones et le Canada. Les personnes désignées par le gouvernement autochtone comme devant le représenter sont indispensables au succès de la négociation, de la ratification et de l’application des traités modernes. Elles sont également chargées de s’acquitter des obligations fixées dans ces ententes.
Dans la mise en œuvre des ERTG et des EAG, les signataires autochtones jouent, entre autres, les rôles suivants : gestion, surveillance et présentation de rapports concernant la possession et l’administration des terres et des ressources; élaboration de politiques et de lois dans certains domaines de compétence; gestion et exécution de programmes et de services destinés aux collectivités partenaires; gestion et répartition de fonds pour la mise en œuvre; établissement et gestion de structures gouvernementales; relations de gouvernement à gouvernement avec d’autres signataires; participation à des comités de mise en œuvre tripartites et à des examens et renouvellements périodiques; contribution à la rédaction de rapports annuels; surveillance et signalement des effets des ententes sur leurs collectivités, et élaboration de stratégies de collaboration en partenariat avec d’autres signataires, en vue d’améliorer la mise en œuvre des ententes.
Les signataires provinciaux et territoriaux des ERTG et des EAG jouent des rôles tout aussi importants dans la mise en œuvre des ententes. Les compétences reconnues aux signataires autochtones par les ERTG et les EAG sont souvent des compétences transférées par les provinces ou territoires ou ayant un lien avec elles. Parmi les rôles des gouvernements provinciaux-territoriaux, citons les principaux :
(Cette liste ne se veut pas exhaustive, mais elle donne une vue d’ensemble des principaux rôles joués par les signataires provinciaux et territoriaux dans la mise en œuvre des ERTG et des EAG.)

La version textuelle de ce diagramme se trouve sur une page séparée.
1 – Bureaux régionaux du MAINC
QUI
QUOI
COMMENT
2 – Comités de mise en œuvre
QUI
QUOI
COMMENT
3 – Caucus régionaux
QUI
QUOI
COMMENT
4 – Direction générale de la mise en œuvre (DGMO du MAINC)
QUI
QUOI
COMMENT
5 – Caucus fédéral sur l’autonomie gouvernementale
et les revendications globales
QUI
QUOI
COMMENT
6 – Ministères fédéraux – Administration centrale et régions
QUI
QUOI
COMMENT
Note : La répartition des responsabilités entre l’administration centrale et les régions est propre à chaque ministère
7 – Comité directeur fédéral de l’autonomie gouvernementale et des revendications globales (CDF)
QUI
QUOI
COMMENT
La Politique sur les revendications territoriales globales (1973) a fixé les principes essentiels sous–tendant le rôle du gouvernement fédéral dans la négociation des traités modernes.
Elle a eu, entre autres, pour objectif d’apporter la certitude et d’abandonner l’approche ambiguë à l’égard des droits ancestraux sur les terres et les ressources en remplaçant ces droits, non définis, par un ensemble de droits et d’avantages clairement exposés dans une entente de règlement. L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît et affirme les droits ancestraux et les droits issus des traités existants ou qui peuvent être acquis par la conclusion d’ententes de règlement des revendications territoriales.
En 1986, d’importantes modifications ont été apportées à la Politique sur les revendications territoriales globales. Celles–ci ont consisté notamment à étendre la portée des négociations fédérales sur les revendications territoriales globales à des domaines tels que les recettes produites par les ressources, le renforcement du rôle joué par les Autochtones dans les décisions sur l’environnement, et l’engagement d’entamer des négociations sur l’autonomie gouvernementale. L’un des éléments les plus importants de la politique révisée a été de stipuler que toutes les nouvelles ERTG devront être accompagnées d’un plan de mise en œuvre négocié, propre à guider les signataires après l’entrée en vigueur de l’entente. Avec le temps, cette politique a connu des innovations dans le processus de revendication et les décisions juridiques (comme dans l’approche de la certitude).
La Politique sur le droit inhérent (PDI) (1995) reconnaît que les peuples autochtones du Canada ont un droit inhérent à se gouverner eux–mêmes, c’est–à–dire à prendre des décisions dans les affaires internes de leurs collectivités et pour tout ce qui fait partie intégrante de leur culture et s’avère indispensable au bon fonctionnement d’un gouvernement autochtone. Il s’agit, entre autres, de l’établissement de structures gouvernementales et de constitutions internes, de l’appartenance au groupe, du mariage, des langues, de la culture, de la religion, de l’éducation, de la santé, des services sociaux, du maintien de l’ordre et de l’application des règles de droit. La Politique demande également que la négociation des ententes sur l’autonomie gouvernementale porte sur les moyens financiers, l’efficience, les besoins en matière d’immobilisations, le double emploi des services, la faisabilité et la capacité.
La PDI exige que toute entente ratifiée sur l’autonomie gouvernementale soit accompagnée d’un plan de mise en œuvre, conçu pour définir les rôles et responsabilités des signataires ainsi que les activités et calendriers décidés par eux pour appliquer les ententes.
Les premières ententes sur les revendications territoriales globales ratifiées par le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux-territoriaux et les signataires autochtones ont été la Convention de la Baie James et du Nord québécois (1975) et la Convention du Nord–Est québécois (1978). Comme les signataires de ces ententes géraient les nouvelles relations financières, politiques, administratives et législatives créées par les ententes, il devenait clair que la mise en vigueur des clauses d’un traité moderne exigeait un plan global. Le manque de clarté subsistant sur les rôles et responsabilités et l’interprétation des dispositions des traités a fini par faire obstacle à la mise en œuvre des ententes et à créer des tensions dans les nouvelles relations que celles–ci avaient instaurées.
La nécessité de trouver une solution s’est donc imposée aussi bien intérieurement (aux signataires des ententes) qu’extérieurement (au Bureau du vérificateur général). Les parties prenantes ont réfléchi à la façon dont elles pourraient collaborer à l’amélioration des processus de mise en œuvre et de leurs relations. Plusieurs objectifs leur sont apparus :
Depuis lors, les parties prenantes cherchent à atteindre ces objectifs et à renforcer leur collaboration, notamment par une directive stratégique obligeant à ajouter un plan de mise en œuvre dans les nouvelles ententes.
Ce plan a été conçu comme une feuille de route pour toutes les parties collaborant à la mise en œuvre et à l’efficacité des traités modernes. Il clarifie les obligations figurant dans les ententes et décrit les activités de mise en œuvre en répondant aux questions suivantes : « Qui? », « Quand? » « Comment? » et « Combien? », en se fondant sur les décisions prises conjointement par les parties au sujet de leurs responsabilités individuelles et collectives. Il instaure ainsi de nouvelles relations pour la mise en œuvre des ententes, dans un souci de clarté et de responsabilisation.
ORGANISMES AUTOCHTONES
Portail des Autochtones au Canada – Index des organisations autochtones nationales

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Remarque : Cette carte est un outil de référence général. Les coordonnées des ERTG et EAG ne sont pas toujours exactes.
ERTG et EAG du Yukon :