La vie dans une collectivité autochtone

auteur : Publié avec l'autorisation de la ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien
date : Ottawa, 1998
QS- : 6120-005-FF-A1

Format PDF (109 Ko, 2 pages)

Information

Mon nom est Shaun et je fais partie de la Première nation de Blue Hill. Nous sommes membres de la Nation crie.

Je joue au hockey avec les Blue Hill Rangers, au niveau bantam. Nous nous déplaçons pour participer à des tournois et à des parties un peu partout dans la province et j'ai remarqué beaucoup de différences entre les collectivités des Premières nations.

D'un autre côté, la vie dans certaines collectivités autochtones ressemble beaucoup à celle des villages canadiens. Nous allons à l'école, nous jouons à des jeux vidéos et à la balle, et nous faisons des plans pour notre avenir, comme tout le monde.

Notre collectivité est différente parce que ma famille y habite depuis des générations, c'est-à-dire depuis très longtemps. Les collectivités autochtones ont été formées au départ par des groupes de familles qui habitaient ensemble. Voilà pourquoi les aînés peuvent savoir d'où nous venons simplement par notre nom de famille. Nous n'avons pas toujours habité ici, dans cette collectivité, sauf que mes ancêtres ont vécu dans cette région, et ils ont chassé et pêché sur le territoire que nous occupons aujourd'hui. Lorsque je me promène avec mes parents sur nos terres, ils me racontent des histoires au sujet des endroits et des gens qui habitaient ici auparavant. Contrairement à ceux de bien des Premières nations, mes ancêtres ont pu choisir l'emplacement de leur réserve lorsqu'ils ont signé leur traité. Ils ont choisi cet endroit parce qu'il est spécial. C'est ma patrie et je m'y sens chez moi.

Nous votons pour élire notre conseil de bande, qui s'occupe de la réserve comme le fait un conseil municipal dans les autres villes et les autres villages. La grande différence est que c'est nous qui choisissons nos propres règles pour les élections. De plus, tous les membres ont le droit de voter même s'ils n'habitent plus ici. Contrairement aux gens qui vivent dans d'autres villes ou d'autres villages, nous demeurons toujours membres de notre collectivité même si nous déménageons ailleurs.

Aujourd'hui, les peuples autochtones ne peuvent plus vivre uniquement en travaillant sur la terre comme autrefois. Le chômage est un de nos plus grands problèmes. Certains d'entre nous travaillent dans la collectivité pour le conseil de bande ou pour l'école. Nous avons aussi quelques cultivateurs dans la réserve, mais ça prend beaucoup de terres pour cultiver et notre réserve ne peut en contenir qu'un petit nombre. C'est pourquoi environ la moitié de nos membres ont quitté la réserve et habitent maintenant en ville. Notre chef et notre conseil sont toujours à la recherche de nouvelles façons de créer des emplois pour plusieurs de nos membres. Ma mère est enseignante et mon père conduit un autobus scolaire. Depuis quelques années, c'est notre conseil de bande qui s'occupe du programme scolaire et ma mère est parmi ceux et celles qui sont allés à l'université pour devenir enseignants.

Notre école est différente parce qu'elle est dirigée par la collectivité. Nous avons une commission scolaire pour nous seuls et on nous encourage à apprendre les traditions, y compris la langue de nos ancêtres.

Cela veut dire que les aînés, y compris mes grands-parents, viennent en classe et nous racontent des histoires sur l'ancien temps et sur leur façon de vivre à cette époque.

Après l'école, je vais jouer au hockey avec des amis à la patinoire. Nous avons une équipe qui fait partie de la ligue locale. En plus, nous avons des filles dans notre équipe. Les filles ont leur propre équipe de volley-ball. Elles sont bonnes. L'été dernier, elles ont été choisies pour représenter la province lors des Jeux autochtones de l'Amérique du Nord. Elles n'ont pas gagné de médaille, mais nous sommes quand même très fiers d'elles.

Lorsque j'aurai fini l'école, je veux aller à l'université pour devenir enseignant. J'aimerais combiner ma passion des sports et mes études, et devenir entraîneur ou professeur d'éducation physique. Je serai peut-être obligé d'aller vivre ailleurs pour trouver du travail, mais ma collectivité sera toujours mon chez-moi.

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