L'art inuit : un mode d'expression à découvrir

auteur : Publié avec l'autorisation du ministre d'Affaires indiennes et du Nord Canada
date : Ottawa, 2000
ISSN : 0-662-854357
QS- : 6120-009-FF-A1

Format PDF   (278 Ko, 6 pages)

Information

Peux-tu imaginer à quoi ressemblent les ours polaires quand ils se tiennent debout sur leurs pattes de derrière? Connais-tu les héros des légendes inuites? D'après toi, comment les Inuites gardaient-elles leur bébé au chaud durant les journées et les nuits glaciales de l'Arctique? À quoi ressemble le campement d'été des Inuits? Quels sont les grands défis auxquels font face les jeunes Inuits d'aujourd'hui?

Pour connaître la réponse à toutes ces questions et à bien d'autres, il te faut découvrir le monde merveilleux de l'art inuit.

Les détails des sculptures et des dessins colorés que réalisent les Inuits t'ouvriront plus de portes que tu ne peux imaginer. Parmi les artistes inuits d'un certain àge qui oeuvrent encore aujourd'hui, bon nombre ont grandi dans un milieu traditionnel. Ils vivaient dans des igloos en hiver; l'été venu, ils s'abritaient sous des tentes faites de peaux d'animaux. Chaque année, leur famille retournait dans leur campement d'hiver et d'été, où elle pouvait apprécier l'affluence des mammifères marins et des animaux terrestres (comme les phoques, les baleines et les caribous).

Les mères portaient leur bébé dans un amauti, c'est-à-dire le large capuchon de leur parka. Lors de longs déplacements, elles transportaient plutôt les enfants à bord d'un traîneau tiré par un attelage de chiens.

Ce que nous enseigne l'art inuit

Le mode de vie traditionnel constitue l'un des principaux sujets de l'art inuit. Par leurs dessins et leurs sculptures, les artistes inuits font revivre leur histoire. L'art leur permet d'exprimer et d'immortaliser la faêon dont leurs ancêtres chassaient et confectionnaient des vêtements et des abris afin de se protéger. Dans leurs oeuvres d'art, de nombreux Inuits racontent comment leurs ancêtres ont apprivois? l'un des climats les plus rigoureux de la Terre.

On raconte que le shaman peut nager au fond des mers, s'envoler pour un aller et retour sur la Lune et se transformer en toutes sortes d'animaux.

Les artistes inuits se plaisent également à représenter des oiseaux, des mammifères marins et des animaux terrestres de l'Arctique. Les puissants ours polaires, les phoques au poil brillant, les caribous agiles, les loups blancs et les chouettes magnifiques sont quelques exemples d'animaux que reproduisent les sculptures et les dessins inuits.

Il te suffit d'examiner de près les oiseaux et les autres animaux illustrés dans l'art inuit pour découvrir que chacun présente généralement des caractères particuliers. Cette façon de personnaliser les sujets représentés dans leurs oeuvres montre le respect que les Inuits témoignent aux êtres vivants.

Chez les Inuits, de nombreux mythes et légendes racontent la relation qu'entretiennent les humains et les autres êtres vivants au sein d'un univers grandiose. Au coeur de ces légendes se trouvent des forces spirituelles qui peuplent l'univers inuit. Les récits, et les esprits qu'ils évoquent, continuent d'inspirer les artistes inuits d'aujourd'hui.

Le shaman a aussi acquis une grande popularité dans les oeuvres d'art inuites. Dans les sociétés inuites traditionnelles, ce personnage était, semble-t-il, un homme très sage possèdant des dons de guérison et d'autres mystérieux pouvoirs. On raconte que le shaman peut nager au fond des mers, s'envoler pour un aller et retour sur la Lune et se transformer en toutes sortes d'animaux.

L'art inuit prend plaisir à raconter les mille et une aventures du shaman, notamment les visites qu'il rendait à Sedna, un esprit terrifiant. Dans la légende inuite, Sedna était la mère de toutes les créatures marines. Si quelqu'un enfreignait ses règles, elle se mettait en colère, rompant ainsi l'harmonie qui règnait dans le monde inuit. En guise de punition, la furieuse Sedna tenait les créatures marines éloignées des chasseurs inuits, les privant ainsi de nourriture. Il n'y avait alors qu'une seule faêon de rétablir l'harmonie : le shaman devait plonger sous la mer et brosser la chevelure de Sedna, dans laquelle s'étaient emmêlées des algues marines.

Le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, expose une sculpture de Sedna, conêue par Natar Ungalaq, un artiste qui habite Igloolik, au Nunavut. Cette sculpture en pierre grise représente Sedna, coiffée d'une tignasse en poils de chien et munie d'une brosse à cheveux en os. L'air contrarié, Sedna attend avec impatience que le shaman vienne lui brosser les cheveux.

De nos jours, les jeunes artistes inuits ne font pas que s'inspirer des légendes traditionnelles; ils innovent. Le croisement de la culture inuite avec celle du reste de l'Amérique du Nord donne lieu à des formes d'art modernes et à de nouvelles idées que l'art inuit sait mettre en valeur. Par exemple, Oviloo Tunnillie, une artiste de Cape Dorset, au Nunavut, a réalisé de magnifiques sculptures illustrant un joueur de football et une femme en chaussures à talons hauts.

Dans une sculpture intitulée This Has Touched My Life, elle partage une expérience inoubliable qu'elle a vécue dans son enfance. À l'âge de six ans, elle est tombée malade et a été conduite dans un hôpital du Sud. Elle y a passé plusieurs années, éloignée des siens. Dans sa sculpture, l'artiste s'est représentée elle-même lorsqu'elle était une petite fille, debout, entourée de trois adultes, en gros plan. On aperçoit un homme en complet et deux femmes munies de gros sacs à main et de chapeaux à voilettes. Par cette oeuvre, Oviloo Tunnillie exprime les sentiments de solitude et d'aliénation qu'elle a éprouvés au moment où elle vivait loin de chez elle, dans une société qui lui était totalement étrangère.

Comme le prouve l'oeuvre d'Oviloo Tunnillie, l'art inuit excelle à communiquer les émotions fortes. Même si les artistes inuits se servent de formes et de matériaux simples, leurs oeuvres nous touchent profondément. Tantôt humoristique et joyeux, tantôt triste et même effrayant, ou encore exprimant un ensemble d'émotions, l'art inuit est beaucoup plus riche qu'il n'apparaît à première vue.

Des milliers d'années à pratiquer la sculpture

Depuis des milliers d'années, les Inuits ont une réputation d'experts dans le domaine de la sculpture. Outre leurs outils et leurs armes, ils concevaient des objets d'art à partir d'os, d'ivoire et de bois. Les ancêtres des Inuits d'aujourd'hui sculptaient des oiseaux, des ours, d'autres mammifères terrestres et marins ainsi que des visages humains et des masques. La plupart des objets sculptés il y a des milliers d'années étaient de petite taille. Selon certains chercheurs, les ancêtres des Inuits portaient ces objets comme amulettes afin d'éloigner les mauvais esprits.

Les matériaux et les outils

Chez les Inuits, on transmet l'habileté à sculpter la pierre et l'os de génération en génération. La plupart des Inuits apprennent à sculpter en observant d'abord un parent plus âgé à l'oeuvre, puis en lui donnant un coup de main.

Je peux apprendre à sculpter en observant d'abord.

Les sculpteurs inuits d'aujourd'hui privilégient la pierre pour réaliser leurs oeuvres. La pierre étant très malléable, les artistes parviennent à obtenir la grosseur et la forme voulues. La pierre offre également un éventail de couleurs, allant du gris ou du blanc vers le noir, en passant par le vert et le bleu-vert.

Les artistes inuits ont parfois beaucoup de mal à trouver la pierre idéale pour concevoir leurs sculptures. Il arrive même qu'ils doivent parcourir de longues distances sur terre ou sur mer pour enfin accéder à des carrières où se cache la pierre de qualité. Ces longs déplacements coûtent cher dans le Grand-Nord.

Les sculpteurs inuits aiment à diversifier les matériaux qu'ils utilisent pour travailler. Ils sculptent même les bois de caribou et les cornes de boeuf musqué, quoique ces matériaux soient plus difficiles à trouver. Les artistes inuits d'aujourd'hui, qu'ils soient sculpteurs, peintres ou producteurs de vidéos, utilisent tant l'aquarelle, la peinture à l'huile et la peinture acrylique que les textiles, les bandes vidéo et les pierres dénichées dans le Sud du Canada.

Pour créer leurs oeuvres, la plupart des sculpteurs inuits se servent de petits outils comme le ciseau, la hachette et le couteau, bien que les outils électriques gagnent en popularité. Toutefois, il n'y a rien de mieux qu'une lime et du papier abrasif pour les travaux délicats et la finition.

Les sculpteurs inuits doivent travailler à l'extérieur, même durant la période hivernale. En effet, la poussière que produit la pierre est très nocive si elle est inhalée. Au retour de leur voyage dans le Nord, beaucoup de visiteurs aiment se rappeler les sons produits par les ciseaux et les marteaux qu'utilisent les sculpteurs.

Comment a-t-on découvert l'art inuit?

En 1948, un artiste canadien nommé James Houston a visité l'Arctique dans le but de dessiner des portraits des Inuits. Il achetait aussi des sculptures conçues par des artistes inuits qu'il rencontrait et les expédiait dans le Sud. Cette même année, ces pièces ont connu un vif succès auprès des participants à une exposition organisée à Montréal.

Quelques années plus tard, James Houston s'est établi à Cape Dorset, au Nunavut. Avec la collaboration d'un groupe d'artistes inuits, il s'est livré à quelques expériences. Résultat : la gravure inuite a vu le jour. Les Inuits d'aujourd'hui ont popularisé cet art, qui occupe maintenant le deuxième rang en importance.

Les gravures sont produites à l'aide de peinture et de pochoirs, bien que d'autres procédés puissent être utilisés. L'avantage de cette forme d'art est que plusieurs versions colorées peuvent être créées à partir du dessin original.

En très peu de temps, le monde entier s'est intéressé aux gravures et aux sculptures inuites. Aujourd'hui, les uvres d'art inuites sont exposées dans les musées de tous les continents. Partout dans le monde, nombreux sont ceux qui souhaitent ajouter ces pièces à leur collection privée.

Kenojuak Ashevak, de Cape Dorset, a signé un chef-d'oeuvre de réputation internationale. Sa gravure célèbre, intitulée The Enchanted Owl, représente une belle chouette qui, de ses grands yeux ronds, nous regarde fixement. L'oiseau à l'allure fière et curieuse est doté de longues plumes qui cernent sa tête et son corps d'audacieuses touches de couleurs. Dans son uvre, Kenojuak Ashevak a su exprimer admirablement son amour pour les oiseaux. Fidèle à la tradition de ses ancêtres, elle a transformé son respect pour les espèces vivantes en une fascinante oeuvre d'art.

D'allure fière et curieuse, cette belle chouette nous regarde fixement de ses grands yeux ronds.

En examinant attentivement les gravures et les sculptures inuites, tu peux en apprendre beaucoup au sujet des légendes et des mythes inuits, des coutumes des Inuits d'autrefois et des changements que les Inuits d'aujourd'hui ont dû apporter à leur mode de vie. Par-dessus tout, tu découvriras sûrement des oeuvres dynamiques qui stimuleront ton imagination et éveilleront tes émotions.

Activités suggérées

Des sites Web à visiter

Consulte les sites Web suivants pour en savoir davantage sur l'art inuit et pour admirer des reproductions d'oeuvres inuites :

Le Nord et le Sud canadiens

Repère sur une carte du Canada le 60e parallèle. Le Nord canadien englobe tout le territoire situé au nord de cette latitude. Cette immense région comprend le Nunavut, les Territoires du Nord-Ouest, le territoire du Yukon de même qu'une partie du Québec et du Labrador.

Carte du Canada qui montre le 60e parallèle

Si tu vivais dans le Nord, tu considérerais le reste du pays comme étant le Sud canadien. Si tu habites au sud du 60e parallèle, tu es un Canadien du Sud.

Bios

Karoo Ashevak est né en 1940, près de Kitikmeot, région du Centre de l'Arctique maintenant comprise dans le territoire du Nunavut. Il faisait preuve d'une grande curiosité et d'un amour profond de la vie. Ces qualités l'ont inspiré dans la création de sculptures à la fois franches et intenses. Parfois effrayantes, parfois humoristiques, ses oeuvres représentaient souvent des esprits dont on lui avait parlé dans son enfance. Son matériau préféré était les vieux os de baleine.

Karoo n'était âgé que de 34 ans lorsqu'il a connu une fin tragique dans un incendie. Toutefois, le talent qu'il a montré au cours de sa brève carrière artistique a été reconnu à grande échelle, notamment lors d'expositions individuelles de ses uvres à Toronto, Montréal, New York et Washington. Ses sculptures font partie des collections du Musée des beaux-arts du Canada et du Musée canadien des civilisations.


Kenojuak Ashevak est née en 1927 et a grandi dans la partie sud de l'île de Baffin, au Nunavut. Sa famille pratiquait le mode de vie nomade et se déplaçait d'un campement à l'autre. Kenojuak était très jeune lorsqu'elle a épousé Johnniebo. Dans la vingtaine, elle a attrapé la tuberculose et a dû passer près de quatre années dans un hôpital du Québec.

Une fois rétablie, elle a retrouvé son époux et est allée vivre avec lui dans différents campements. Vers la fin des années 50, Kenojuak et Johnniebo ont rencontré l'artiste canadien James Houston, qui les a encouragés à sculpter et à dessiner. Une des estampes de Kenojuak a fait partie du premier catalogue d'estampes publié à Cape Dorset en 1959. En 1966, Kenojuak et Johnniebo se sont établis à Cape Dorset pour permettre à leurs enfants de fréquenter l'école. Le couple s'est consacré à son travail artistique jusqu'à la mort de Johnniebo en 1972.

L'immense murale du pavillon du Canada à Expo 70 au Japon est l'une des pièces auxquelles Kenojuak et Johnniebo ont travaillé conjointement. Les estampes de Kenojuak ont été présentées dans au moins 100 expositions depuis plus de 30 ans.

On peut voir certaines de ses oeuvres imaginatives et colorées au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée canadien des civilisations, au Musée royal de l'Ontario et à la Vancouver Art Gallery.

Kenojuak a été honorée à plusieurs reprises pour son travail artistique. Elle s'adonne toujours à son art en explorant de nouvelles idées et de nouveaux styles.


Jessie Oonark est née en 1906 et a grandi au sein d'une famille de chasseurs itinérants qui vivait au nord de Baker Lake, au Nunavut. Jessie a connu des temps difficiles dès l'âge adulte. Son mari ayant perdu la vie à cette époque, elle était seule pour élever ses enfants. Il lui est souvent arrivé de ne pouvoir nourrir sa famille. Jessie a visité Baker Lake pour la première fois en 1958. Un aviateur les avait alors aperçues, sa fille et elle, parcourant le territoire en quête de nourriture. Cette même année, un biologiste de la faune canadienne a remarqué le talent artistique de Jessie et l'a encouragée à dessiner. Elle était alors au début de la cinquantaine.

En 1960, ses dessins sont reproduits dans le célèbre catalogue d'estampes de Cape Dorset. Jessie travaillait d'arrache-pied à son art et se plaisait à chanter en dessinant. On dit de ses oeuvres qu'elles évoquent un monde de lumière et de rires. L'artiste aimait représenter des jeux traditionnels d'enfants ainsi que les styles vestimentaires de différents groupes inuits. Elle a obtenu de nombreuses distinctions et a notamment été membre de l'Académie royale des arts et titulaire de l'Ordre du Canada. Jessie est morte en 1985.

On peut admirer certaines de ses oeuvres au Musée des beaux-arts du Canada et au Musée canadien des civilisations.


Oviloo Tunnillie est née en 1949 dans un campement appelé Kangia, situé sur l'île de Baffin, au Nunavut. Son père pratiquait la sculpture et la chasse, tandis que sa mère dessinait. Atteinte de la tuberculose à l'âge de cinq ans, Oviloo a passé une année entière dans des hôpitaux du Sud du Canada. Par la suite, à l'âge de sept et huit ans, elle a dû y retourner pour subir d'autres traitements. Cette expérience vécue loin de chez elle a inspiré l'une de ses sculptures les plus touchantes.

À l'adolescence, elle est retournée vivre sur l'île de Baffin, où elle a commencé à pratiquer la sculpture de la pierre de savon, art qu'elle a appris en observant son père. Depuis 1972, Oviloo s'adonne à la sculpture, expérimentant chaque fois de nouveaux sujets et de nouvelles formes. L'évolution que connaît le monde des Inuits demeure le principal sujet de ses sculptures. Ses oeuvres ont fait l'objet de plusieurs expositions, notamment en Russie.

On peut trouver quelques-unes des oeuvres d'Oviloo au Musée des beauxarts du Canada, au Musée canadien des civilisations de même qu'à la Winnipeg Art Gallery.


David Ruben Piqtoukun est membre d'une famille de 15 enfants et est né en 1950 au coeur de la région du delta du Mackenzie, dans le Grand-Nord. Sa famille avait adopté un mode de vie nomade et se déplaçait d'un campement à l'autre. À l'âge de cinq ans, David Ruben a commencé à fréquenter un pensionnat.

En 1972, David Ruben est initié à l'art de la sculpture sur pierre par son frère Abraham Anghik. Depuis 1974, il a participé à plusieurs expositions, dont des expositions individuelles à Winnipeg, Edmonton, Inuvik et Vancouver, dans le cadre de l'Expo 86.

Les masques de shaman représentés dans l'oeuvre de David Ruben sont inspirés par un de ses ancêtres, qui était shaman en Alaska. La transformation du shaman en une forme animale demeure un sujet que privilégie David Ruben. Le sculpteur utilise une vaste gamme de matériaux, dont l'acier soudé, l'os de baleine, le calcaire, l'albâtre cristallin d'Italie et le marbre africain.

On peut admirer les oeuvres de David Ruben au Musée des beaux-arts de l'Ontario, au Musée canadien des civilisations et dans la Collection McMichael d'art canadien.


Pitseolak Ashoona est née en 1904 sur l'île Nottingham, dans le détroit d'Hudson. Elle a passé son enfance à voyager avec sa famille d'un campement à l'autre, près des villages d'Iqaluit et de Cape Dorset. Lorsqu'elle était adolescente, son père est décédé. Ses trois frères ont donc organisé son mariage avec un jeune chasseur nommé Ashoona. C'est en suivant les déplacements du caribou que le couple arrivait à survivre. À la mort de son époux, qui a succombé à la maladie lors d'un voyage de chasse estival, Pitseolak est restée seule pour élever ses cinq enfants.

Dans les années 50, Pitseolak s'est installée à Cape Dorset avec son plus jeune enfant. C'est là qu'elle a fait la connaissance de l'artiste canadien James Houston, qui l'a encouragée à dessiner. Ses dessins aux traits énergiques évoquent son mode de vie nomade et la force de son esprit. Au cours de 25 années qui ont suivi, elle a réalisé plus de 7 000 merveilleux dessins. Plusieurs d'entre eux se trouvent dans le catalogue publié chaque année à Cape Dorset, en plus d'avoir été exposés à plus d'une centaine de reprises au Canada. Aujourd'hui, on peut admirer ses oeuvres au Musée des beaux-arts de l'Ontario, au Musée des beauxarts du Canada, au Musée canadien des civilisations et à la Winnipeg Art Gallery.

Décédée en 1985, Pitseolak a été honorée plusieurs fois au cours de sa carrière artistique. Quatre de ses enfants sont aussi devenus des artistes : sa fille, Napachie Pootoogook, et ses trois fils, Qaqaq, Kiugaaq et Komwartok, tous trois sculpteurs.


Lucy Tasseor Tutsweetok est née en 1934 à Nunalla, au Manitoba, près de la frontière du Nunavut. Sa famille y vivait de la chasse.

Après la mort de son père, Lucy s'est installée chez ses grands-parents à Arviat, au Nunavut. Au début des années 60, elle a commencé à sculpter des figurines animales. C'est alors qu'elle s'est souvenu des visages humains que son grand-père dessinait lorsqu'elle était enfant. Ce souvenir a été la source d'inspiration qui lui a permis d'acquérir son propre style. Depuis, elle sculpte dans de gros blocs de pierre des groupes de visages et des têtes minuscules qui expriment un sens communautaire et un sentiment d'intimité. Ces petits visages semblent sortir tout naturellement des aspérités de la pierre.

Lucy expose ses oeuvres depuis 1970. On peut admirer certaines de ses sculptures au Musée des beaux-arts de l'Ontario, au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée canadien des civilisations et à la Winnipeg Art Gallery.


Natar Ungalaq est né en 1959, près de Hall Beach, au Nunavut. Maintenant résidant d'Igloolik, il a commencé à sculpter la pierre à l'âge de neuf ans et a fait son apprentissage en observant les sculpteurs plus âgés. La pierre de savon est son médium préféré, car elle est tendre et lui permet de créer les formes qu'il désire.

Présentées partout au Canada et à Washington, les oeuvres de Natar figurent dans des catalogues italiens et allemands en plus d'être exposées au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée canadien des civilisations, à la galerie d'art de l'University of Lethbridge et à la Winnipeg Art Gallery.

Autres liens d'intérêt :

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