À propos des anciens combattants autochtones

Il est important de se souvenir des efforts que les Autochtones (Premières Nations, Métis et Inuit) du Canada ont déployés au front en temps de guerre. Ces efforts vont de pair avec la tradition de dévouement et de sacrifice de leurs ancêtres.

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L'enrôlement dans la Première Guerre mondiale

Imagine que tu habites depuis toujours ton petit village natal et que nous sommes en 1914. Suppose que tu dois plier bagage, dire adieu à tes amis et aux membres de ta famille, puis quitter ton village à pied vers une destination lointaine.

John Campbell était un Autochtone qui vivait dans les Territoires du Nord. Pour défendre le Canada lors de la Première Guerre mondiale, il a traversé la forêt à pied et a voyagé en canot pendant des jours. Il a ensuite acheté un billet pour monter à bord d'un bateau à vapeur à destination de Vancouver, où il s'est enrôlé dans l'armée. Il a franchi presque 5 000 km pour rejoindre l'armée lors d'un périple sans pareil. La distance est équivalente à celle entre les villes de Montréal et Vancouver.

Savais-tu que…?

Plus de 4 000 Autochtones du Canada ont quitté leur foyer et leur famille pour aller livrer combat durant la Première Guerre mondiale.

La contribution des Autochtones

Plus de 7 000 Autochtones ont apporté d'importantes et différentes contributions lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) et de la Guerre de Corée (1950-1953).

La plupart des vétérans autochtones qui ont servi lors des trois guerres faisaient partie de l'infanterie (les troupes terrestres). Un certain nombre de soldats autochtones sont devenus tireurs d'élite ou éclaireurs. Ils ont mis à profit leurs aptitudes de chasseurs et leur savoir-faire militaire pour mener à bien ces tâches dangereuses.

Les tireurs d'élite devaient être adroits et précis. Ils tiraient sur des cibles ennemies à partir de positions cachées appelées « nids ».

Les éclaireurs devaient être rapides et discrets. Leur rôle était de pénétrer le front avant une attaque pour situer les troupes ennemies et évaluer leur puissance de feu, puis de transmettre secrètement cette information à leur retour de leur côté de la ligne de combat.

Les Autochtones qui sont demeurés au Canada en temps de guerre ont également joué un rôle important. À la fin des deux guerres mondiales, les Autochtones avaient versé 67 000 $ à divers fonds de secours, comme ceux de la Croix-Rouge ou de l'Armée du Salut. De plus, nombre d'entre eux avaient généreusement offert leurs terres pour servir de postes de défense, d'aéroports et de champs de tir.

L'histoire de Charlotte Edith Anderson Monture

Photo portrait de Charlotte Edith Anderson Monture, American Expeditionary Forces. Collection John Moses.

Les femmes autochtones ont offert leurs services et aptitudes inestimables lors des trois guerres. Au pays, elles ont organisé des collectes de fonds, fait du tricot pour les soldats ou encore ont travaillé dans les usines. À l'étranger, beaucoup étaient infirmières.

Par exemple, Charlotte Edith Anderson Monture de la réserve des Six nations de la rivière Grand, en Ontario, a servi comme infirmière outre-mer lors de la Première Guerre mondiale.

Elle a travaillé dans un hôpital américain à Vittel, en France, où elle soignait des soldats blessés. Il s'agit de la première femme autochtone qui a travaillé comme infirmière diplômée au Canada.

En 1983, à l'âge de 93 ans, Charlotte Edith Anderson Monture, parle avec un journaliste de son expérience pendant la guerre :

« Nous pouvions marcher là où les combats avaient eu lieu. C'était un sordide paysage : des bâtiments en ruine, des arbres brûlés, des douilles partout, des villes entières détruites. »

Langues autochtones

Les langues autochtones ont joué un rôle unique et essentiel en temps de guerre.

Charles Checker Tompkins de Grouard, en Alberta, est un ancien combattant cri de la Deuxième Guerre mondiale. Le groupe de soldats cris dont il faisait partie transmettait des messages codés. Son rôle était de traduire des messages militaires en cri avant de les faire parvenir aux destinataires dans les champs de bataille en Europe.

Souvent, dans ces messages, les dirigeants militaires donnaient des ordres et des instructions précises concernant le mouvement des troupes, les lignes de ravitaillement et d'autres éléments clés. Il était vital que cette information demeure secrète.

Une fois le message codé entre les mains du destinataire, un autre Autochtone du groupe de communication traduisait en anglais l'information rédigée en langue crie avant de la remettre aux militaires supérieurs pour transmission.

L'histoire de Thomas George Prince

Thomas George Prince (à droite), avec son frère Morris Prince – 12 février, 1945. Photographe : Christopher J. Woods. Bibliothèque et Archives Canada. 

Thomas George Prince était un soldat remarquable qui s'est enrôlé dans l'armée lors de la Deuxième Guerre mondiale en 1940, lorsqu'il avait 24 ans et qui s'est enrôlé de nouveau pour servir à deux reprises lors de la Guerre de Corée.

Il a quitté sa maison dans la Première Nation de Brokenhead, à Scaterbury, au Manibota, pour travailler dans le Corps du génie royal canadien.

En 1942, il travaillait en Europe au sein du 1er Bataillon canadien de service spécial, qui est devenu la première Force d'opérations spéciales, une unité conjointe canadienne-américaine spécialisée dans l'éclairage et les attaques-surprises des installations ennemies. Les soldats allemands appelaient cette force la « Brigade du diable ».

Le 8 février 1944, en tant que membre de la « Brigade du diable », Prince observait les activités ennemies à partir d'une maison de ferme abandonnée près de Littoria, en Italie. Tandis qu'il espionnait les troupes allemandes depuis la maison, ses lignes de communication ont été coupées, ce qui l'empêchait d'envoyer des messages à ses compatriotes.

Calmement, il a retiré son uniforme et mis des vêtements civils pour avoir l'air d'un fermier local (et non pas d'un soldat), il a pris une binette et, en pleine vue des soldats allemands, il s'est mis à sarcler son champ. Lentement, il a avancé le long du fil jusqu'à ce qu'il arrive au point où celui-ci était endommagé. Il s'est alors penché comme pour attacher ses lacets et a rapidement raccordé le fil.

Puis, il a tranquillement regagné la maison de ferme. Sa réaction rapide et son courage dans cette situation lui ont permis de continuer à transmettre des rapports sur les activités de l'ennemi afin que son unité puisse planifier ses attaques.

Thomas George Prince a reçu la Médaille militaire et la Silver Star américaine pour sa bravoure devant l'ennemi lors de la Deuxième Guerre mondiale, une médaille pour son service en Corée, la Médaille canadienne du volontaire pour son service volontaire et pour avoir servi pendant un total de 18 mois, en plus de la Médaille du service des Nations Unies pour son service militaire lors de la Guerre de Corée.

Un remerciement particulier aux anciens combattants autochtones

Monument national érigé en l'honneur des anciens combattants autochtones. Prise de photo : le 7 août, 2008.

Livrer des combats pendant la guerre n'est ni facile ni agréable. C'est un travail souvent solitaire et très dangereux. Environ 500 soldats autochtones ont perdu la vie lors des deux guerres mondiales.

Les anciens combattants autochtones ont fait de grands sacrifices pour contribuer à l'effort de guerre du Canada, tant au pays qu'à l'étranger. Bon nombre d'entre eux ont surmonté des défis de taille pour servir dans l'armée, comme :

  • apprendre l'anglais
  • s'adapter à de nouvelles cultures
  • se séparer de leur famille et amis

Ce monument se veut un profond et perpétuel hommage à la contribution de tous les Canadiens autochtones aux efforts de guerre et aux opérations de maintien de la paix. Le monument a été inauguré en 2001 lors de la Journée nationale des Autochtones.

Le monument représente l'ensemble des Autochtones du Canada et il est une création de l'artiste Lloyd Pinay de la Première Nation Peepeekisis en Saskatchewan.

C'est grâce à l'Association nationale des anciens combattants autochtones et aux dons généreux de Canadiens que ce monument a pu être érigé.

Médailles et distinctions

Photographie de Huron Brant – Médaille militaire. Italie, 14 juillet 1943. Anciens Combattants Canada.

Les anciens combattants autochtones ont bien des raisons d'être fiers de leurs réalisations militaires.

Bon nombre de soldats autochtones ont reçu des médailles et des distinctions en reconnaissance de leurs aptitudes et de leur bravoure hors du commun.

Lors de la Première Guerre mondiale, au moins 50 médailles ont été remises à des Autochtones au Canada pour leur courage dans leur rôle de tireur d'élite et d'éclaireur ainsi que lors d'autres missions risquées et héroïques. Lors des guerres, le ministère des Affaires indiennes (maintenant Affaires autochtones et du Nord Canada) a reçu des milliers de lettres en provenance du front qui faisaient les éloges des tireurs et des éclaireurs autochtones.

Activité : Créer une médaille pour un ancien combattant autochtone

Les médailles sont un type de « décoration » ou de distinction remises aux soldats en reconnaissance de leur travail extraordinaire dans l'armée. De nombreux anciens combattants autochtones ont reçu des médailles pour leur bravoure et leur excellence lors des deux guerres mondiales et de la Guerre de Corée.

L'une d'entre elles était la Médaille militaire ou « M.M. », qui a été décernée à plusieurs anciens combattants autochtones. Une autre distinction importante était la médaille américaine Silver Star, qui a été remise à 59 Canadiens.

Si tu pouvais créer une médaille pour remercier un ancien combattant autochtone d'avoir servi pendant la guerre :

  • De quoi aurait-elle l'air?
  • Quelles en seraient la couleur et la forme?
  • Quel genre d'image comporterait-elle, s'il y a lieu?
  • Y aurait-il des écritures sur la médaille?
  • Qu'aimerais-tu dire à cet ancien combattant?

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