auteur : Jody B. Glacken and Frederick Hill
date :juin 2009
ISSN : 978-1-100-91711-5
QS- : 8647-000-FF-A1
format PDF
(369 Ko, 53 pages)
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Tout comme pour les projets pilotes, nous avons obtenu l'information que nous résumons ici grâce à la collaboration de plusieurs personnes à tous les ordres de gouvernement, à Postes Canada, dans le secteur privé et aux centaines de résidants de Kugaaruk, Kangiqsujuaq et de Fort Severn qui ont participé aux enquêtes sur la nutrition et les ménages, aux groupes de consultation et aux entrevues. Nous désirons remercier Jody Glacken, qui a préparé le rapport d'évaluation provisoire sur les projets pilotes à partir des résultats des groupes de consultation et des entrevues avec les intervenants clés menés en mars 2004 et également Judith Lawn et Dan Harvey, les auteurs des rapports des trois enquêtes de référence réalisées avant le début des projets et les rapports de la deuxième enquête sur les ménages à Kugaaruk (mars 2004), Fort Severn (décembre 2004) et Kangiqsujuaq (février 2005). Nous avons obtenu une excellente collaboration des conseils, du personnel et de tous les ménages de ces collectivités.
Les interviewers, traducteurs, interprètes et coordonnateurs suivants ont prêté main-forte à Jody et Judith : à Kugaaruk – Mary Aklah, Eric Amautinuar, Nick Amautinuar, Isabella Inuksaq, Caroline Illuitok, Sharon Ittimangnak, Bonnie Kayaitok, Leona Krejunark, Mary Ningark et Annie Washie; à Kanqiqsujuaq – Annie Alaku, Maggie Alaku, Pasa Kiatainaq, Joanisie Pilurtuut, Juanasi Taqa Qiisiq, Ulaayu Qisiiq, Dalacia Qumaaluk, Taqa Sagiakak, Qalingo Saviadjuk, Alec Tertliuk et Siasie Tuniq; à Fort Severn – Stephanie Bluecoat, Sharon Brethour, Cecilia Chapman, Stella Kakekapetum, Anne Koostachin, Abigail Matthews, Bernice Matthews, Sherrie Matthews, Margaret Miles, Virginia Nayotchekeesic, Maria Thomas et Bessie Turtle. Nous tenons également à souligner la contribution de Sharon Brethour, Mary Adams et Mary Aklah à titre de coordonnatrices des projets pilotes Aliments-poste.
Au cours des projets pilotes Leona Krejunark, Isabella Inuksaq et Joanne Illuitok à Kugaaruk, Mary Adams, Tuumasi Kumakuluk, Kevin Kristensen, Sean French et Lucy Irniq ont recueilli des données sur les prix et la qualité des aliments à Kangiqsujuaq, et Margaret Miles et Susan Fiddler ont accompli cette tâche à Fort Severn. Tracey Yantha, Jennifer Baizana et Peter Waisberg d'Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) ont effectué des enquêtes sur les prix dans ces collectivités pendant les projets pilotes et Anne Dumaresq, Jessica Gallienne et Jennifer Baizana ont recueilli les données.
Ken Vaughan et René Brisson de Postes Canada ont collecté les données sur les volumes de produits Aliments-poste expédiés et celles-ci sont publiées avec la permission d'André Fayad et de Ray Gervais de Postes Canada.
Nous avons exécuté ces projets pilotes en collaboration avec Brenda McIntyre et par la suite Amy Caughey et Rhonda Reid (ministère de la Santé et des services sociaux du gouvernement du Nunavut), le docteur Serge Déry, directeur de la Santé publique et Suzanne Paradis, ex-infirmière du programme sur le diabète (Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik - RRSSSN), Sue Vanstone (Bureau des services de santé pour les Autochtones, ministère de la Santé et des soins de longue durée de l'Ontario), Kathleen Lindhorst (The Backyard Nutritionist), qui a offert un appui nutritionnel pour les projets à Kugaaruk et à Kangiqsujuaq en l'absence d'une nutritionniste régionale, Sarah Miller (nutritionniste régionale de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits [DGSPNI], Santé Canada) et Lori Doran et Mary Trifonopoulos, également de la DGSPNI. Les rapports détaillés qu'ont rédigés Rhonda, Kathleen et Sarah sur leurs expériences dans ces collectivités nous ont fourni un constat inestimable de la mise en oeuvre du volet éducatif des projets. Mandy Graham, nutritionniste et Robert Ladouceur, infirmier du Programme du diabète à la RRSSSN ont participé récemment à l'évaluation des résultats.
Nous avons également pu compter sur des agents de Postes Canada à l'administration centrale et aux points d'entrée des aliments, des lignes aériennes, des grossistes, des gérants des magasins locaux, des cadres supérieurs de la North West Company, d'Arctic Cooperatives Limited (ACL) et de La Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Nous voulons aussi souligner la collaboration du professeur Jean-Pierre Émond et d'Émilie Laurin du Groupe de recherche sur le transport cargo aérien de l'Université Laval qui ont inclus Kugaaruk dans l'initiative d'assurance de la qualité du programme Aliments-poste.
Nous voulons aussi remercier nos trois nutritionnistes – Elaine Power (Université Queen's), Olivier Receveur (Université de Montréal) et Sangita Sharma (Université de Hawaii) – qui ont évalué l'efficacité des projets et dégagé les lacunes dans l'information à partir de leur examen des données d'évaluation.
En dernier lieu, pour leur rôle dans la conception du projet et l'élaboration d'un cadre d'évaluation, nous souhaitons souligner l'aide de Susan Beaubier, ancienne nutritionniste à la DGSPNI, Debra Reid, de Statistique Canada à ce moment, Jody Glacken et Judith Lawn et de Leona Krejunark et Elizabeth Kayaksak dont les connaissances sur Kugaaruk et surtout sur les habitudes alimentaires des résidants ont aidé à lancer le premier projet à Kugaaruk en décembre 2001.
Des obstacles demeurent, mais nous savons que nous pourrons les aplanir grâce à notre collaboration avec nos partenaires des secteurs privé et public et annoncer que ces projets ont entraîné des changements importants dans la nutrition et l'alimentation dans ces collectivités.
Nous espérons que l'information que nous présentons dans ce rapport et que notre part dans la réalisation des projets pilotes nous auront permis de contribuer à leur succès et que nous avons pu expliquer clairement les réussites à ce jour et les défis qui nous attendent.
Fred Hill
Gestionnaire
Sécurité alimentaire dans le Nord
Luc Ladouceur
Coordonnateur
Programme Aliments-poste
Direction générale de la Dévolution et des relations
territoriales
Organisation des Affaires du Nord, Affaires indiennes et du Nord Canada
Le Programme du service aérien omnibus du Nord, appelé couramment programme Aliments-poste, a été lancé à la fin des années 1960. En 1986, Postes Canada a reçu des fonds à titre de subvention pour le transport aérien des colis vers des collectivités isolées qui ne sont pas accessibles par voie terrestre à longueur d'année. Le programme vise actuellement les aliments périssables, certains aliments non périssables et certains articles non alimentaires essentiels. Les aliments offrant peu de valeur nutritive, l'alcool et le tabac sont inadmissibles au programme.
Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) a lancé des projets pilotes à Kugaaruk
(Nunavut), Kangiqsujuaq (Nunavik) et Fort Severn (Ontario) entre décembre
2001 et janvier 2003 avec des fonds obtenus du Programme d'innocuité des
aliments et de nutrition de Santé Canada. Le but général
des projets pilotes était de réduire le coût des aliments
nutritifs périssables les plus importants, offrir une éducation
nutritionnelle et sensibiliser les détaillants aux aliments sains.
En rendant plus abordable une alimentation saine et en incitant le consommateur à faire
des choix santé, les projets visaient à améliorer la
nutrition et la santé dans les collectivités nordiques isolées.
On a réduit les frais d'expédition des aliments « prioritaires
périssables », les fruits et légumes frais et surgelés,
les jus de fruit concentrés surgelés, les oeufs, le lait, le
fromage et le yogourt, aux collectivités pilotes. Les projets comprenaient également
l'éducation du consommateur (leçons de cuisine, dégustations),
la promotion des aliments sains dans les commerces de détail (articles
promotionnels, étiquetage des prix) et des moyens d'améliorer
la qualité des aliments.
Les principaux partenaires nationaux, provinciaux, régionaux et territoriaux
comprenaient AINC, Santé Canada, le gouvernement du Nunavut (ministère
de la Santé et des services sociaux), la Régie régionale
de la santé et des services sociaux du Nunavik, le ministère
de la Santé et des soins de longue durée de l'Ontario
et Postes Canada. Le gouvernement du Nunavut, la Régie régionale
de la santé et des services sociaux du Nunavik et le ministère
de la Santé et des soins de longue durée de l'Ontario
ont financé respectivement le volet éducatif des projets pilotes à Kugaaruk,
Kangiqsujuaq et Fort Severn. Postes Canada s'assurait que seuls des
aliments périssables prioritaires étaient envoyés aux
collectivités pilotes à tarif réduit.
Le rapport présente la situation avant le début des projets pilotes, les buts de ceux-ci, les réalisations à ce jour et les défis continus à surmonter. Les données utilisées pour préparer cet aperçu comprennent les suivantes :
Au-delà des réalisations ci-haut mentionnées, les projets pilotes ont fait face aux défis suivants :
Lorsqu'ils ont lancé les projets pilotes du programme Aliments-poste entre le 1er décembre 2001 et le 1er janvier 2003, Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) et Santé Canada ont amorcé une démarche afin de trouver des solutions complètes et efficaces aux problèmes liés à la nutrition et à la sécurité alimentaire qu'ont toujours connu les collectivités nordiques isolées. En prouvant que des changements nutritionnels importants étaient possibles grâce à une approche à plusieurs volets menée en collaboration avec d'autres ordres de gouvernement et le secteur privé, ces ministères prévoyaient que tous les gouvernements auraient en main les données nécessaires pour prendre des décisions concernant le programme Aliments-poste et d'autres programmes et politiques visant les problèmes sous-jacents. En acceptant de prendre part aux projets pilotes, les trois collectivités savaient pertinemment qu'elles ouvraient la voie à la possibilité pour plus de 100 000 résidants des 135 collectivités nordiques isolées de bénéficier de cette initiative et elles ont accepté volontiers cette responsabilité.
Ce rapport présente la situation avant le début des projets pilotes, l'objet de ces projets, les réalisations à ce jour et les défis continus. Les comparaisons entre les collectivités sont évidemment inévitables. C'est en ayant une idée précise de la différence entre la situation de référence et la mise en oeuvre et les effets des projets pilotes, qu'on a pu mieux comprendre comment cette démarche peut être efficace à différents niveaux dans les collectivités isolées du Nord et quelles autres actions peuvent être prises pour retirer le plein potentiel des projets. Aucune des collectivités participantes n'a demandé que ces comparaisons ne soient pas faites. En fait, elles voulaient savoir comment elles se distinguaient les unes des autres, car elles peuvent toutes profiter des enseignements collectifs.
Nous espérons que les dirigeants et la population de ces collectivités comprennent qu'en dégageant les différences dans les succès respectifs, les responsables des projets ne veulent aucunement critiquer les populations pour leurs choix alimentaires au magasin et à la maison. Ces populations, tout comme celles dans le Sud du pays, font leurs choix en fonction de la disponibilité, du prix, de la qualité, de la publicité, des préférences personnelles, de la commodité, du temps disponible à la préparation des aliments, du revenu disponible, de leurs connaissances sur les aliments sains et à faible valeur nutritive et les aptitudes à la préparation des aliments. Plusieurs circonstances doivent changer avant que les habitudes de consommation ne se transforment. Habituellement, il faut compter beaucoup plus que 18 mois pour que ces transformations ne se réalisent, ce qui correspond à la durée initiale prévue des projets. Les détaillants, lignes aériennes et grossistes ont l'énorme tâche d'assurer la disponibilité continue d'aliments sains de bonne qualité à des prix que peuvent se permettre les habitants du Nord tout en réalisant un profit qui est leur objectif premier, qui n'est toutefois pas l'unique ni l'ultime objectif des coopératives de détail.
En présentant les effets des projets à ce jour, AINC et Santé Canada souhaitent élaborer en collaboration avec leurs partenaires, les détaillants et les collectivités pilotes un plan d'action pour rendre encore plus efficaces ces projets s'ils doivent se poursuivre.
La plupart des lecteurs connaîtront déjà le programme Aliments-poste et les projets pilotes. Nous voulons cependant offrir des renseignements généraux à l'intention de ceux qui les connaissent moins afin qu'ils puissent mieux comprendre les réussites et les défis présentés dans le rapport.
AINC verse de l'argent à Postes Canada pour couvrir une partie des coûts associés au transport aérien d'aliments nutritifs périssables et d'autres produits essentiels vers les collectivités nordiques isolées dans trois territoires et six provinces. Près de 17,8 millions de kilogrammes de marchandises ont été expédiés en 2007-2008. Au total, 81 collectivités comptant 72 000 personnes ont compté fortement sur le programme pour leurs approvisionnements en aliments périssables. La plupart des envois sont destinés à des détaillants, mais d'autres entreprises et des consommateurs en reçoivent également. En 2007-2008, 45,2 millions $ ont été consacrés au programme. Les dépenses relatives au programme ont augmenté en moyenne de 13 % par année depuis 1998-1999 en raison de l'augmentation des envois et de la hausse du prix du carburant. Durant cette même période, les volumes expédiés ont augmenté en moyenne de 9 % par année.
L'objectif de ce service est de réduire le coût des aliments nutritifs et périssables ainsi que des autres articles essentiels, ce qui favorise la consommation d'aliments nutritifs et l'amélioration de la nutrition, de la santé et du bien-être des collectivités qui ne sont pas accessibles à longueur d'année par transport de surface.
Le même taux, soit 80 cents le kilogramme et 75 cents par colis, s'applique pour l'envoi d'aliments périssables à toutes les destinations depuis des points d'entrée désignés, sauf quatre collectivités recevant leurs envois d'Inuvik dont les taux sont inférieurs (30 cents le kilogramme et 75 cents le colis) pour compenser le coût du camionnage à Inuvik, qui est le point d'entrée de la région de Beaufort-Delta. Afin d'encourager l'utilisation du transport maritime, des chalands et des chemins d'hiver pour l'expédition d'aliments non périssables, on exige des tarifs plus élevés pour les aliments non périssables et les produits non alimentaires – 1 $ le kilogramme et 75 cents par colis dans les provinces et 2,15 $ par kilogramme et 75 cents par colis dans les territoires. Les taux n'ont pas augmenté depuis 1993.
Le service Aliments-poste existe dans certaines régions canadiennes depuis la fin des années 1960, mais ce n'est qu'en 1986 que le gouvernement du Canada a commencé à subventionner Postes Canada pour ce service. Le Secrétariat du Conseil du Trésor a géré ces paiements jusqu'à ce que la responsabilité soit transférée à AINC en 1991 à la suite d'une vaste consultation publique par le ministère. Les critères de la politique établis en 1991 – concentration sur les aliments nutritifs périssables expédiés aux collectivités isolées à un tarif uniforme, aliments de faible valeur nutritive non subventionnés et aliments non périssables et produits non alimentaires expédiés à des tarifs plus élevés – s'appliquent encore aujourd'hui.
En 1992 et 1993, des enquêtes sur la nutrition ont été menées dans six collectivités inuites (Pond Inlet, Arctic Bay, Repulse Bay, Coral Harbour, Gjoa Haven et Nain) et deux collectivités des Premières nations (Fort Severn et Davis Inlet) qui utilisaient le programme. De plus, les résultats des enquêtes menées dans le cadre de l'étude de 1992 Santé Québec auprès des Inuits du Nunavik ont été analysés dans l'optique du programme. Les résultats actualisés de ces enquêtes ont été publiés en 2002.[Note 1] On a tenu des consultations publiques sur le programme en 1994 et 1996, en se fondant sur le document de travail [Note 2] et un projet d'amélioration du programme[Note 3]. En août 1996, on a retiré certains aliments périssables prêts-à-manger, entre autres, le poulet frit et des produits non alimentaires non essentiels et en janvier 2004, les boissons à saveur de fruits et les jus sucrés.
La Direction générale de l'évaluation et de la vérification interne a entrepris en 1996-1997 un examen qui comprenait des enquêtes sur la nutrition à Pond Inlet et à Repulse Bay. Les rappels alimentaires de 24 heures faits auprès des Inuites en âge de procréation n'ont pas dégagé de hausse statistiquement significative de la consommation d'aliments nutritifs périssables entre 1992 et 1997 dans les deux collectivités.[Note 4] Le seul changement notable a été l'augmentation de l'apport en vitamine A à Repulse Bay. L'apport moyen à partir d'aliments nutritifs périssables a augmenté, mais la différence n'était pas statistiquement significative. Cependant, les réponses aux enquêtes sur la consommation ont dégagé un changement important de la consommation chez les femmes à Pond Inlet. Plus de femmes en 1997 qu'en 1992 ont déclaré avoir consommé plusieurs types de fruits et de légumes au cours du mois précédent. L'importante hausse d'envois depuis 1991 démontre sans nul doute que les habitudes alimentaires ont considérablement changé. Cependant, les effets sur la nutrition et la santé ne sont pas encore connus.
Le programme et surtout sa forme dans les territoires ont été profondément transformés entre 1991 et 1993. Les tarifs pour l'expédition d'aliments périssables à la région de Baffin ont diminué en octobre 1991 passant de 2,10 $ à 1,50 $ le kilogramme, puis à 1,20 $ en octobre 1992 et à 80 cents en juillet 1993. Le supplément de 75 cents le colis n'a pas changé. On a également commencé à offrir le programme aux régions de Kivalliq et de Kitikmeot, aux Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et au Labrador en octobre 1991. Les tarifs pour les aliments périssables ainsi que pour les aliments non périssables et les produits non alimentaires ont augmenté dans les provinces pendant cette période, afin qu'un tarif uniforme pour les aliments périssables soit en place en juillet 1993. Depuis, la seule exception a été une réduction en janvier 2001 pour les collectivités approvisionnées à partir d'Inuvik.
Le rapport sur les enquêtes sur la nutrition réalisées à Pond Inlet et Repulse Bay publié en 2001 a recommandé l'« examen d'une approche plus ciblée qui offrirait un tarif postal plus bas pour les fruits et légumes périssables et les produits laitiers, et une évaluation de l'influence d'un tel changement sur le coût des aliments et les apports en nutriments » ainsi que des « initiatives conjointes avec le gouvernement fédéral, les territoires, les provinces et l'industrie pour appuyer le Programme par des programmes pratiques, efficaces et prolongés de formation nutritionnelle adaptés au contexte culturel, dans le cadre d'un programme de sensibilisation à un mode de vie sain. » [Note 5]
Les initiatives du Programme d'innocuité des aliments et de nutrition de Santé Canada comprises dans le Budget de 1999 contenaient le financement nécessaire pour mettre en oeuvre les projets pilotes et évaluer les effets de la démarche sur plusieurs fronts sur la nutrition et la sécurité alimentaire. Cependant, le financement a été fourni seulement à compter de 2000-2001. On a invité deux provinces et deux territoires (les plus importants utilisateurs du programme) à participer aux projets pilotes en septembre 2000. Le ministère de la Santé et des services sociaux du gouvernement du Nunavut (GN), la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) et le ministère de la Santé et des soins de longue durée de l'Ontario (MSSLDO) ont accepté de participer aux projets et de financer le volet sur la nutrition ou l'éducation du consommateur.
Les projets visaient à apporter de nouvelles connaissances sur l'efficacité de diverses interventions en matière d'éducation nutritionnelle, de promotion et de subvention au transport dont les buts sont d'accroître la consommation de certains aliments nutritifs périssables et de réduire la consommation d'aliments prêts-à-manger et d'aliments à faible valeur nutritive. Les gouvernements pourraient prendre des décisions plus éclairées sur les questions liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition dans les collectivités nordiques isolées et améliorer le programme Aliments-poste.
Les objectifs dans les collectivités pilotes étaient les suivants :
On a utilisé des modalités différentes pour choisir les collectivités pilotes dans les deux territoires et la province ayant accepté de participer aux projets. Au Nunavut, on a opté pour Kugaaruk parce qu'il y avait une nutritionniste régionale (qui malheureusement avait quitté au tout début du projet) et en raison de la taille de sa population et de son emplacement. Au Québec, on a pressenti trois collectivités répondant aux critères arrêtés, dont la taille de la population et le nombre de magasins. Kangiqsujuaq a répondu favorablement avant la date limite. En Ontario, Fort Severn a demandé à AINC de participer tôt après l'annonce du projet à Kugaaruk. Cette collectivité était idéale parce qu'on y avait réalisé une enquête nutritionnelle en 1992 et tenu des consultations sur le programme en 1990 et ensuite en 1995. On n'a donc pas pressenti d'autres collectivités en Ontario. Cependant, on s'est adressé au MSSLDO et à des organisations autochtones régionales (nation Nishnawbe Aski et Keewaytinook Okimakanak) qui se sont prononcés en faveur de Fort Severn. Les conseils des trois collectivités ont offert avec enthousiasme leur participation.
Kugaaruk est située à près de 1 300 kilomètres
au nord-est de Yellowknife. La coopérative Koomiut, la seule épicerie
du hameau, s'approvisionne auprès de grossistes à Edmonton.
Les commandes sont acheminées par l'intermédiaire de
Arctic Cooperatives Ltd. à Winnipeg. Certains fournisseurs envoient également
des aliments directement à des résidants. Kugaaruk est la collectivité la
plus éloignée de la région de Kitikmeot en ce qui a
trait aux approvisionnements en aliments périssables et non périssables.
Les aliments périssables sont expédiés par camions par
les grossistes d'Edmonton jusqu'à Yellowknife, le point
d'entrée du programme Aliments-poste duquel l'expédition
des aliments à Kugaaruk est fait par First Air. Les aliments non périssables
arrivent une fois l'an en septembre par voie maritime depuis Montréal.
Kangiqsujuaq se trouve à environ 1 700 kilomètres au nord de
Montréal. On y trouve deux épiceries, la Wakeham Bay Cooperative
et le magasin Northern appartenant à la North West Company de Winnipeg.
Elles achètent les aliments périssables de fournisseurs à Montréal,
Val-d'Or et Rouyn-Noranda. La Fédération des coopératives
du Nouveau-Québec (FCNQ) est le grossiste des coopératives
locales. Elle exécute les commandes, organise le camionnage de la
Baie-d'Urfé à Val-d'Or, le point d'entrée
du service Aliments-poste pour les collectivités
du Nunavik. Les aliments admissibles sont remis à Postes Canada à Val-d'Or,
transportées par camion sur une distance de 856 kilomètres
jusqu'à La Grande et ensuite expédiés par Air
Inuit jusqu'à Kangiqsujuaq 950 kilomètres plus loin.
Certaines entreprises d'alimentation de Val-d'Or et de Montréal
envoient directement des aliments à des résidants de Kangiqsujuaq.
Fort Severn est située à environ 850 kilomètres de Thunder
Bay. Le magasin Northern et le magasin général Washaho (un
détaillant privé au début du projet pilote qui appartient
maintenant à la Première nation de Fort Severn) s'approvisionnent
en denrées périssables à Winnipeg. Certains fournisseurs
winnipégois envoient directement des provisions à des résidants
de la collectivité. Fort Severn est la collectivité la plus éloignée
en Ontario où sont expédiés des aliments périssables
et non périssables. Les aliments périssables sont camionnés
environ 700 kilomètres de Winnipeg à Pickle Lake, le point
d'entrée du programme. Les aliments frais et surgelés
arrivent habituellement une fois par semaine. Les denrées non périssables
arrivent une fois l'an à bord de chalands de la Moosonee Transportation
Limited basée à Moosonee. La route d'hiver à partir
de Gillam au Manitoba qui rejoint Shamattawa est en service pendant
quelques semaines et on l'utilise pour réapprovisionner la collectivité en
denrées de base.
Kugaaruk participe au programme depuis 1992, Kangiqsujuaq depuis plus de 35 ans et Fort Severn depuis les années 1970.
Kugaaruk, Kangiqsujuaq et Fort Severn sont trois petites collectivités autochtones isolées. La population est jeune, peu scolarisée et a de faibles revenus. Le coût des aliments est élevé. Les emplois y sont rares et on compte grandement sur les transferts gouvernementaux qui ont représenté en 2000 près de 20 % des revenus totaux selon le recensement de 2001 (tableau 1). Près de 95 % de la population de Kugaaruk et Kangiqsujuaq est inuite tandis que tous les résidants de la collectivité crie de Fort Severn se sont déclarés Indiens de l'Amérique du Nord dans le recensement de 2001.
| Caractéristiques | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn |
|---|---|---|---|
| Population totale recensée | 605 | 536 | 401 |
| Population d'appartenance autochtone Inuit (réponse unique) | 575 | 510 | 400 |
| Indien de l'Amérique du Nord (réponse unique) | 0 | 0 | 400 |
| Inuit (réponse unique) | 570 | 505 | 0 |
| Moins de 15 ans – pourcentage | 47,8% | 42,2% | 37,5% |
| Âge médian (ans) | 15,8 | 19,4 | 22,4 |
| Pourcentage de la population de 25 ans et plus sans diplôme d'études secondaires | 60% | 68,4% | 55,6% |
| Personnes ayant travaillé toute l'année à plein
temps en 2000 (nombre et pourcentage de la population de 15 ans et plus) |
|||
| Hommes | 45 (28%) | 45 (29%) | 35 (29%) |
| Femmes | 25 (18%) | 30 (21%) | 25 (20%) |
| Total | 70 (23%) | 75 (25%) | 55 (22%) |
| Gains moyens des personnes ayant travaillé toute l'année à temps plein en 2000 |
|||
| Hommes | 40 146$ | 32 823$ | 32 059$ |
| Femmes | 26 678$ | 30 490$ | 25 205$ |
| Total | 35 336$ | 31 890$ | 29 122$ |
| Taux d'emploi | |||
| Hommes | 59,4% | 58,1% | 45,8% |
| Femmes | 50,0% | 62,1% | 44,0% |
| Total | 56,7% | 59,3% | 44,0% |
| Taux de chômage | 12,8% | 16,7% | 21,4% |
| Ménages | 105 | 100 | 100 |
| Revenu médian des ménages en 2000 | 44 800$ | 43 328$ | 33 392$ |
| Composition du revenu total | |||
| Gains | 70,7% | 80,3% | 78,3% |
| Transferts gouvernementaux | 20,9% | 18,7% | 20,8% |
| Autres sources de revenu | 7,4% | 0,2% | 1,0% |
| Pourcentage des adultes qui disent que leur état de santé est : |
|||
| excellent ou très bon | 60% | 55% | S.O. |
| bon | 37% | 34% | S.O. |
| Passable à mauvais | NA | 10% | S.O. |
| Pourcentage des adultes ayant une ou plusieurs affections de longue durée diagnostiquées par un professionnel | 13,3% | 32,1% | S.O. |
Source : Statistique Canada, recensement de 2001. Les données sur la santé sont tirées de l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2001. Cette enquête ne contient aucune donnée sur Fort Severn.
Seulement de 20 % à 25 % des Autochtones des collectivités
pilotes avaient un emploi à temps plein en 2000. Les emplois étaient
moins nombreux à Fort Severn et Kugaaruk avait la population la plus
jeune puisque près de la moitié des Inuits étaient âgés
de moins de 15 ans. Le revenu médian par ménage en 2000 était
environ un tiers plus élevé à Kugaaruk et à Kangiqsujuaq
qu'à Fort Severn, mais les différences après impôt
serait moindre, car le revenu des Indiens inscrits vivant dans une réserve
n'est pas imposé. Les données sur le revenu peuvent porter à confusion,
si on ne tient pas compte des coûts de logement, car les ménages à Kugaaruk
recevant l'aide sociale paient un loyer minime qui est de beaucoup
inférieur à celui à Kangiqsujuaq. De plus, les loyers
payés par les salariés dans ces collectivités diffèrent également.
Les avis personnels sur l'état de santé diffèrent
entre les résidants de Kugaaruk et de Kangiqsujuaq selon l'Enquête
auprès des peuples autochtones de 2001. Le tiers des adultes de Kangiqsujuaq
ont rapporté une affection de longue durée comparativement à 13
% des adultes à Kugaaruk. Cependant, le constat tiré de l'Enquête
auprès des peuples autochtones était beaucoup plus positif
que la situation tracée lors des enquêtes de référence
menées juste avant le début des projets pilotes.
Le programme Aliments-poste a débuté à Kugaaruk le 1er décembre 2001, à Kangiqsujuaq, le 1er juillet 2002 et à Fort Severn, le 1er janvier 2003. Ces dates correspondaient à celles de la réduction des tarifs d'expédition des aliments périssables prioritaires. Les autres volets ont été lancés quelques mois plus tard. Les interventions menées pour atteindre les objectifs ci-dessus, les responsables et les partenaires sont présentés dans le tableau ci-dessous.
| Interventions / Activités | Responsable | Autres partenaires |
|---|---|---|
| Réduction du tarif (50 ¢ le kg) d'expédition des aliments périssables prioritaires |
AINC | Postes Canada |
| Initiative d'assurance de la qualité du programme Aliments-poste | Postes Canada | Groupe de recherche sur le transport cargo aérien, Université Laval AINC |
| Promotion des aliments sains dans les commerces de détail | Détaillants | AINC |
| Éducation du consommateur | GN RRSSSN MSSLDO |
Santé Canada |
| Acceptation des aliments traditionnels en tant qu'aliments périssables prioritaires à Cambridge Bay pour envoi à Kugaaruk | AINC | Postes Canada |
On a promis à chaque collectivité de mener les projets pendant au moins 18 mois. Cependant, on les a prolongés le temps nécessaire à la réalisation de tous les volets pour que les changements de comportement se manifestent et que l'évaluation de leur incidence soit possible.
Dans toutes les collectivités pilotes, on a réduit à 30 ¢ le kilogramme (le montant forfaitaire de 75 ¢ par colis demeure inchangé) les tarifs pour les aliments périssables prioritaires : lait frais (sauf le lait chocolaté), lait UHT en boîte, babeurre, fromage, fromage fondu, fromage cottage, yogourt, boissons au yogourt, lait en poudre, légumes frais, légumes surgelés (y exclus les frites et autres produits transformés de la pomme de terre), fruits frais, fruits surgelés, jus concentré surgelé, oeufs. À Fort Severn, à la demande du conseil, les céréales cuites et le pain de blé entier ont été ajoutés. À Kugaaruk, également à la demande du conseil, les aliments traditionnels ont été désignés aliments périssables prioritaires pouvant ainsi être expédiés à tarif réduit de Cambridge Bay à compter de janvier 2003. Ces aliments sont riches en éléments nutritifs dont l'apport est inadéquat chez les populations pilotes.
L'assurance de la qualité ne se limitait pas à l'application du programme dans les collectivités pilotes. Cette initiative lancée d'abord en raison de la très piètre qualité des aliments sur la côte du Labrador a compris l'élaboration de lignes directrices pour les installations, la manutention, l'emballage, l'assainissement et les inspections ainsi que la formation des grossistes, détaillants, lignes aériennes et agents de Postes Canada faisant partie du système Aliments-poste. L'initiative a été mise en oeuvre à Yellowknife et à Val-d'Or, mais pas encore à Pickle Lake.
Lorsqu'on a proposé les projets aux collectivités,
on a insisté sur le fait que les détaillants devraient en
faire plus pour promouvoir les aliments sains et surtout les aliments
périssables prioritaires. À tout le moins, ils feraient
bénéficier leurs clients des rabais tarifaires, ce à quoi
ils se sont engagés sans hésitation. On s'attendait également à ce
que les détaillants commandent suffisamment de provisions pour
satisfaire à la demande accrue des produits moins coûteux, à ce
que les aliments périssables prioritaires soient identifiés
comme tels, à ce que les prix soient affichés clairement
et à ce qu'une plus grande attention soit accordée à l'étalage
et à la salubrité afin d'encourager les consommateurs à acheter
ces produits.
À cette fin, AINC a conçu et distribué gratuitement
le matériel promotionnel suivant :
L'éducation du consommateur a été confiée à une
coordonnatrice locale à temps partiel engagé par le hameau,
village nordique ou la Première nation. Il recevait l'appui
d'une nutritionniste à l'emploi ou à contrat
du gouvernement du Nunavut, de la RRSSSN ou de la DGSPNI. Les trois
administrations participantes ont réglé le coût des
coordonnatrices et des fournitures par voie d'accords de contribution.
L'éducation comprenait plusieurs activités dont le
type et l'étendue variaient selon l'endroit en fonction
des plans élaborés par le personnel du GN, du MSSLDO, de
Santé Canada et un diététiste contractuel de la RRSSSN
ainsi que des résidants et des professionnels de la santé de
l'endroit.
La diététiste a formé la coordonnatrice de projet à Kugaaruk et a offert un soutien jusqu'en mars 2003 lorsque la nutritionniste régionale a pris en main ces deux responsabilités. La nutritionniste régionale a visité Kugaaruk quatre fois en 2003 et a passé en tout 16 jours dans la collectivité. Les activités offertes jusqu'en mars 2004 comprenaient les dégustations en magasin ainsi que des leçons de cuisine. La coordonnatrice du projet offrait des collations santé dans les cliniques familiales et les garderies et a organisé un concours d'affiche sur les aliments sains pour les étudiants.
La première coordonnatrice à Kangiqsujuaq a été engagée et a suivi la formation dispensée par la diététiste en juin 2003. Elle a cependant remis sa démission à la mi-juillet. La nouvelle coordonnatrice a été embauchée et formée en octobre 2003 et a suivi une formation complémentaire à la mi-janvier 2004. La diététiste a passé huit jours dans la collectivité jusqu'à la fin mars 2004. Les activités comprenaient des séances hebdomadaires de dégustation en magasin et des leçons de cuisine. La coordonnatrice a également parlé de nutrition et de saine alimentation dans des émissions radiophoniques et a fait des exposés sur l'alimentation saine aux étudiants (maternelle à la 5e année) et cuisiné avec eux une fois par semaine.
La coordonnatrice à Fort Severn a assisté à cinq séances de formation animées par la nutritionniste communautaire entre août 2003 et février 2004 afin de recevoir l'agrément d'éducatrice communautaire en alimentation. La nutritionniste a passé 17 jours à Fort Severn jusqu'à la fin mars 2004. Les activités comprenaient des dégustations au magasin Northern, des cours de cuisine et l'enseignement traditionnel. De plus, la coordonnatrice a visité les écoles pour présenter le Guide alimentaire canadien et parler de saine alimentation. Elle a également rédigé chaque mois un message sur la nutrition diffusé sur le canal communautaire.
Les tableaux 2a (Impacts prévus par intervention) et 2b (Résultats généraux prévus) qui suivent présente les interventions, les impacts et résultats escomptés, les sources d'information et les indicateurs utilisés pour contrôler le rendement des projets pilotes. Le rapport contient un résumé de l'information de référence ainsi que les renseignements recueillis pendant les projets pilotes. L'orientation prévue et souhaitée des changements pour chaque indicateur était connue d'avance, mais les partenaires n'ont pas fixé de cibles spécifiques à atteindre.
Le volet éducatif comprenait une sensibilisation par les coordonnatrices avec l'aide des nutritionnistes ainsi que la diffusion de renseignements tirés des enquêtes de référence sur la nutrition et la sécurité alimentaire. On n'a pas recueilli d'information sur la sensibilisation et les compétences des consommateurs. Les groupes de consultation menés en mars 2004 ont permis d'avoir une certaine idée de la connaissance par les consommateurs des projets pilotes. Les perceptions des changements au niveau des prix obtenues par les enquêtes et les groupes de consultation sont un indicateur de sensibilité des consommateurs dans la mesure où elles correspondent à des modifications réelles des prix. On suppose que l'amélioration de la sensibilisation et des compétences des consommateurs, y compris la connaissance du changement au niveau des prix, contribuent à l'atteinte des résultats prévus.
| Intervention/Activité | Impacts prévus | Indicateurs | Sources d'information |
|---|---|---|---|
| Réduction des tarifs (50 ¢/kg) pour l'expédition des aliments périssables prioritaires | Coût réduit des aliments périssables prioritaires | Coût des aliments périssables prioritaires dans le Panier de provisions nordique révisé et des produits spécifiques | Enquêtes sur les prix |
Perceptions des prix et des changements de prix |
Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
||
| Initiative d'assurance de la qualité du programme Aliments-poste1 | Aliments périssables de meilleure qualité | Nombre et types de fruits et légumes frais de qualité bonne à excellente disponibles | Enquêtes sur la qualité |
Perception de la qualité des aliments sains |
Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
||
| Promotion des aliments sains dans les commerces de détail | Meilleures variété et disponibilité des aliments sains | Variété (type, format) des fruits et légumes surgelés et de jus surgelés disponible | Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
| Variété (type, format) de produits laitiers de qualité bonne à excellente disponible1 | Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
||
| Disponibilité des oeufs1 | Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
||
| Perception de la variété et de la disponibilité des aliments sains | Sondages auprès des ménages Groupes de consultation |
||
| Environnement des commerces amélioré | Étiquetage des prix Identification des aliments périssables prioritaires |
Inspections sur place | |
Salubrité |
Information des détaillants | ||
| Étalage | Information des détaillants | ||
| Éducation du consommateur | Connaissances et compétences améliorées du consommateur | Connaissance du projet pilote | Groupes de consultation |
| Acceptation des aliments traditionnels en tant qu'aliments périssables prioritaires à Cambridge Bay | Coût moindre et variété améliorée des aliments traditionnels dans le magasin de Kugaaruk | Coût et variété des aliments traditionnels disponibles | Enquêtes sur les prix |
1Les produits laitiers et les oeufs frais sont de qualité bonne à excellente à moins que la date de péremption soit dépassée ou qu'ils soient moisis.
| Résultats prévus1 | Indicateurs | Sources d'information |
|---|---|---|
| Meilleures décisions d'achat (plus d'aliments périssables prioritaires et moins de malbouffe et de plats cuisinés) | Aliments achetés au cours des quatre dernières semaines | Sondages auprès des ménages |
| Perceptions de changement dans les habitudes d'achat | Groupes de consultation | |
| Ventes au détail | Détaillants | |
| Volumes d'envois aliments-poste | Postes Canada | |
| Consommation accrue d'aliments périssables prioritaires et d'aliments traditionnels | Consommation moyenne de divers aliments | Enquêtes sur la nutrition – rappels de 24 heures |
| Consommation moindre de malbouffe et de plats cuisinés | Fréquence de la consommation de divers aliments au cours du mois précédent | Enquêtes sur la nutrition – Questionnaire sur la fréquence de consommation |
| Apport en éléments nutritifs améliorés (plus de vitamines A, C et B6, de folate, de calcium et de fibres, moins de gras, de gras saturés et de sucre) | Consommation moyenne et médiane | Enquêtes sur la nutrition – rappels de 24 heures |
| Pourcentage avec apports insuffisants | ||
| Meilleure sécurité alimentaire | Pourcentage en situation de sécurité alimentaire et d'insécurité alimentaire avec et sans connaissance de la faim | Sondages auprès des ménages (USDA Food Security Module) |
| Santé améliorée (à long terme) | Auto-évaluation de l'état de santé | Enquêtes sur la nutrition et la santé |
| États de santé | ||
| Meilleures décisions gouvernementales dans les questions liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition | Améliorations au programme Aliments-poste pour le bénéfice de toutes les collectivités isolées | |
| Amélioration des autres programmes et politiques sur la sécurité alimentaire et la nutrition | ||
1Les résultats prévus dans ce tableau représentent l'effet cumulatif de toutes les interventions de la première colonne du tableau 2a au lieu du résultat d'une intervention spécifique.
On a mené des enquêtes de référence dans les trois collectivités avant le début des projets pilotes. Elles comprenaient un rappel de 24 heures, des questionnaires sur la fréquence alimentaire pour les femmes en âge de procréer afin d'évaluer l'apport en éléments nutritifs et les habitudes d'alimentation dans le mois précédant ainsi qu'une enquête auprès de tous les ménages pour mesurer la sécurité alimentaire, les habitudes d'achat, les perceptions de la qualité et du changement des prix et les obstacles à l'achat de certains aliments. Les résultats de ces enquêtes ont été publiés.[Note 6],[Note7],[Note 8] Nous présentons dans les sections pertinentes du rapport certaines constatations clés des enquêtes et des enquêtes de suivi menées à Kugaaruk (mars 2004), Kangiqsujuaq (février 2005) et Fort Severn (décembre 2004).[Note 9],[Note10],[Note 11]
Les interventions visaient à réduire les prix et à améliorer la qualité, la variété et la consommation d'aliments sains et à cette fin on a mis en place des moyens pour surveiller les prix, la qualité, la variété et les envois. Le personnel d'AINC a mené des enquêtes sur les prix avant et pendant les projets pilotes au cours de ses visites communautaires, mais la responsabilité première pour les enquêtes sur les prix et la qualité a été confiée au hameau, au village nordique et à la Première nation en vertu de contrats avec le ministère. On a formé à cette fin des résidants de chaque collectivité.
Postes Canada remet à AINC des données trimestrielles sur le volume (poids) des aliments périssables prioritaires, les autres aliments périssables et les aliments non périssables expédiés dans les collectivités avant et pendant les projets pilotes. Cependant, la plupart des aliments non périssables arrivent à ces collectivités par d'autres moyens. AINC n'a pas de statistiques sur les aliments expédiés et non vendus, mais un changement important dans les volumes correspondrait évidemment à une modification de la consommation dans la collectivité.
Postes Canada n'ayant pas de détails sur les différents aliments expédiés, AINC s'est entendu avec ACL pour avoir des données sur les ventes à la coopérative à Kugaaruk de 2001 à 2007. La North West Company et la FCNQ ont également accepté de fournir des données sur les ventes. Cependant, l'établissement d'indicateurs fiables et utiles des ventes et surtout des ventes des fruits et légumes frais est une démarche difficile et pénible pour plusieurs raisons - les détaillants utilisent des systèmes différents ou les ont adaptés à leurs besoins et certains systèmes saisissent le nombre et le montant des ventes et non les quantités.
On a réuni des groupes de consultation réunissant 59 résidants en mars 2004 et interviewé 34 informateurs clés participant en diverses capacités aux projets en mars et en avril 2004 pour connaître leurs points de vue sur la mise en oeuvre, les impacts, les points forts et les faiblesses de chaque volet des projets, leur satisfaction générale à l'égard des projets et leurs suggestions sur les façons de les améliorer. Les participants ont également fourni des données démographiques et de l'information sur la sécurité alimentaire. AINC a conclu un contrat avec un expert en évaluation de programmes pour qu'il mène les groupes de consultation et les entrevues avec l'aide d'un interprète local. Cette démarche a également permis de connaître le degré de sensibilisation des participants aux groupes de consultation, leur participation aux projets pilotes et leur connaissance de ces initiatives communautaires.
Au total, 17 participants à Kangiqsujuaq et 21 à Fort Severn étaient autochtones. Cependant, cinq des 21 participants à Kugaaruk étaient non autochtones. Presque tous avaient plus de 30 ans. À Kugaaruk, on avait un nombre égal d'hommes et de femmes, mais la plupart des participants dans les deux autres collectivités étaient des femmes. Seulement près du quart des participants appartenaient à des ménages recevant l'aide sociale, mais 60 % des participants ont avoué qu'ils avaient ou que d'autres adultes dans le ménage avaient diminué les portions ou sauté des repas au cours de la dernière année parce qu'ils manquaient d'argent pour acheter de la nourriture. Ce pourcentage s'établissait à 43 % à Kugaaruk et à environ 70 % dans les deux autres collectivités.
Les 34 informateurs clés comprenaient des représentants de tous les commanditaires des projets, Postes Canada, les trois lignes aériennes offrant les services aux collectivités pilotes, les détaillants locaux et leur siège social ou organisation parapluie, les coordonnatrices locales, les professionnels de la santé locaux et une diététiste contractuelle ayant participé au volet éducatif dans deux collectivités.
Le rapport [Note 12]de la consultante n'a pas été publié, mais on a ajouté dans les sections pertinentes du présent rapport les constatations clés issues des groupes de consultation et des entrevues.
On a conclu un contrat avec trois nutritionnistes en avril 2005 pour évaluer l'efficacité des projets pilotes, cerner les lacunes au chapitre de l'information et formuler des recommandations en fonction des données disponibles. On a remis aux examinateurs – de l'Université Queen's, de l'Université de Montréal et de l'Université de Hawaii – des données sur la mise en oeuvre et les résultats des projets. On a résumé leurs réponses à des questions et analysé celles-ci avec eux à une réunion avec des représentants d'AINC et de Santé Canada en juin 2005. L'analyse a porté sur l'efficacité des volets des projets, l'interprétation des quantités expédiées en tant qu'indicateur de la consommation d'aliments périssables prioritaires, la nécessité de collecter des données dans les collectivités témoins et l'importance des changements observés au chapitre de l'alimentation et de la santé. On a aussi analysé les avis des examinateurs sur les recommandations d'AINC concernant le programme Aliments-poste. Leurs commentaires ont été incorporés au rapport.
Avant les projets pilotes, les prix des aliments à Kugaaruk étaient d'au moins 40 % supérieurs à ceux à Kangiqsujuaq (tableau 3). Les prix à Fort Severn se situait à mi-chemin entre les deux. La différence était plus marquée pour les aliments périssables prioritaires qui se vendait jusqu'à 80 % plus cher à Kugaaruk qu'à Kangiqsujuaq.
| Panier de provisions nordique révisé1 | Kugaaruk août 2001 |
Kangiqsujuaq mai 2002 |
Fort Severn octobre 2002 |
|---|---|---|---|
| Aliments périssables prioritaires | 162$ | 116$ | 154$ |
| Autres aliments périssables | 106$ | 87$ | 97$ |
| Aliments non périssables | 122$ | 104$ | 104$ |
| Total | 391$ | 307$ | 355$ |
1Coût hebdomadaire pour une famille de quatre (un homme et une femme âgés de 31 à 50 ans et une fille et un garçon âgés de 9 à 13 ans) fondé sur le prix moyen dans la collectivité pour chaque article dans le panier en utilisant les formats spécifiés, et pour plusieurs produits, une marque nationale particulière. L'enquête sur les prix à Fort Severn a été menée en octobre avant l'enquête de référence sur la nutrition et la sécurité alimentaire de décembre 2002. Seul le magasin Northern vendait des aliments au moment de l'enquête sur les prix. Toutefois, le dépanneur vendait aussi des aliments pendant l'enquête de référence sur la nutrition et la sécurité alimentaire. Le total peut être différent de la somme des éléments puisque ces données sont arrondies.
Comme le fait voir le tableau 4, le coût des aliments dépassait le revenu mensuel d'aide sociale d'une famille biparentale de quatre de 131 $ à Kugaaruk, 123 $ à Kangiqsujuaq et 373 $ à Fort Severn après avoir payé le coût du logement.
| Revenu/coûts mensuels1 | Kugaaruk août 2001 |
Kangiqsujuaq mai 2002 |
Fort Severn octobre 2002 |
|---|---|---|---|
| Revenu après logement | 1 562$ | 1 204$ | 1 163$ |
| Nourriture2 | 1 693$ | 1 327$ | 1 536$ |
| Reliquat (manque à gagner) | (131$) | (123$) | (373$) |
1 Le revenu comprend les avantages et crédits fiscaux et l'aide sociale.
2 Les coûts sont fondés sur le Panier de provisions nordique révisé.
Dans la plupart des cas, la réduction des prix des aliments périssables prioritaires correspondait à la baisse tarifaire de 50 ¢ le kilogramme. Les prix sont demeurés plus bas dans les collectivités pilotes que dans les magasins des détaillants dans les collectivités avoisinantes utilisant la même chaîne d'approvisionnement. La marge entre les prix dans les collectivités pilotes et dans les points d'entrée dans les villes du sud a été réduite. Les tableaux 5a à 5e présentent des prix de certains aliments périssables prioritaires avant le lancement des projets en 2001, au moment de la première enquête sur les prix après la réduction tarifaire (2002 à Kugaaruk et 2003 à Kangiqsujuaq et Fort Severn) et lors des enquêtes de 2005 et 2006 dans chaque collectivité.
| Collectivité | Prix ($) | Changement général du prix (2001-2006) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire (2001) | Après réduction tarifaire | ||||
| Première enquête après la réduction | 2005 | 2006 | |||
| Kugaaruk – Co-op1 | (août) 9,98 | 2002 (février) 5,14 |
(janvier) 5,99 | (mars) 5,99 | Diminution |
| Kangiqsujuaq – Coop2 | (décembre) 5,81 | 2003 (juin) 4,78 |
(août) 5,25 | (mars) 5,79 | Diminution |
Kangiqsujuaq – magasin Northern |
(décembre) 6,39 |
2003 (avril) 4,75 |
(janvier) 4,65 | (mars) 5,15 | Diminution |
| Fort Severn – magasin Northern3 | (novembre) 7,19 | 2003 (mars) 5,05 |
(février) 5,09 | (avril) 5,19 | Diminution |
| Fort Severn – Dépanneur4 | (novembre) 6,93 |
2003 (mars) 7,38 |
(février) 6,73 | (avril) 6,13 | Diminution |
1 Le lait UHT en boîte d'un litre était
le seul lait liquide vendu à Kugaaruk avant le projet pilote. Les prix
sont ceux de la boîte d'un litre en 2001 et d'un carton de
litres de lait 2 % en 2002, 2005 et 2006.
2 Prix d'un carton de lait homogénéisé de 2 litres.
3 Prix en 2001, 2003 et 2005 d'un carton de lait homogénéisé de
2 litres et d'un carton de 2 litres de lait écrémé en
2006.
4Prix de 2 litres de lait 2 % achetés en contenant de 4 litres
ou en sacs.
| Collectivité | Prix ($) | Changement général du prix (2001-2006) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire (2001) | Après réduction tarifaire | ||||
| Première enquête après la réduction | 2005 | 2006 | |||
| Kugaaruk – Co-op |
(août) 3,97 | 2002 (février) 3,97 |
(février) 3,99 | (mars) 4,49 | Augmentation |
| Kangiqsujuaq – Co-op | (décembre) 3,34 | 2003 (juin) 3,11 |
(février) 3,20 | (mars) 3,29 | Diminution |
| Kangiqsujuaq – magasin Northern | (décembre) 3,29 | 2003 (avril) 3,45 |
(février) 3,99 | (mars) 3,69 | Augmentation |
| Fort Severn – magasin Northern | (novembre) 3,85 | 2003 (mars) 3,85 |
(février) 3,35 | (avril) 3,25 | Diminution |
| Fort Severn – Dépanneur1 | (novembre) 4,25 | 2003 (mars) 3,95 |
(février) 4,05 | (avril) 3,75 | Diminution |
1Prix d'une douzaine d'oeufs extra gros en 2006.
| Collectivité | Prix ($) | Changement général du prix (2001-2006) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire (2001) | Après réduction tarifaire | ||||
| Première enquête après réduction tarifaire | 2005 | 2006 | |||
| Kugaaruk – Co-op |
(Août) 2,99 | 2002 (Février) 2,99 |
(Février) 2,99 | (Mars) 2,99 | Aucun changement |
| Kangiqsujuaq – Co-op | (Décembre) 2,43 | 2003 (Avril) 2,24 |
(Janvier) 2,31 |
(Mars) S.O. |
Diminution |
| Kangiqsujuaq – magasin Northern | (Décembre) 2,99 | 2003 (Avril) 2,99 |
(Janvier) 2,85 | (Mars) 2,85 | Diminution |
| Fort Severn –magasin Northern | (Novembre) 3,39 | 2003 (Mars) S.O. |
(Février) 2,85 | (Avril) 3,25 | Diminution |
| Fort Severn – Dépanneur1 | (Novembre) S.O. | 2003 (Mars) S.O. |
(Février) S.O. | (Avril) S.O. | Inconnu |
1 Le jus d'orange surgelé n'était pas disponible au dépanneur de Fort Severn à ces dates.
| Collectivité | Prix ($) | Changement général du prix (2001-2006) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire (2001) | Après réduction tarifaire | ||||
| Première enquête après réduction tarifaire | 2005 | 2006 | |||
| Kugaaruk – Co-op |
(Août) 3,59 | 2002 (Février) 2,49 |
(Février) 2,99 | (Mars) 3,99 | Augmentation |
| Kangiqsujuaq – Co-op |
(Décembre) 2,88 | 2003 (Avril) 1,90 |
(Février) 2,71 | (Mars) 2,89 | Aucun changement |
| Kangiqsujuaq – magasin Northern | (Décembre) 2,73 | 2003 (Avril) 3,02 |
(Février) 2,59 | (Mars) 2,39 | Diminution |
| Fort Severn – magasin Northern | (Novembre) 5,29 | 2003 (Mars) 3,38 |
(Février) 3,35 | (Avril) 3,75 | Diminution |
| Fort Severn – Dépanneur | (Novembre) 4,89 | 2003 (Mars) 4,95 |
(Février) 4,45 | (Avril) 4,45 | Diminution |
| Collectivité | Prix ($) | Changement général du prix (2001-2006) |
|||
|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire (2001 | Après réduction tarifaire | ||||
| Première enquête après réduction tarifaire | 2005 | 2006 | |||
| Kugaaruk – Co-op |
(Août) 4,49 | 2002 (Février) 3,29 |
(Février) 2,99 | (Mars) 3,29 | Diminution |
| Kangiqsujuaq – Co-op | (Décembre) 1,71 | 2003 (Juin) 2,60 |
(Février) 2,32 | (Mars) 2,49 | Augmentation |
| Kangiqsujuaq – magasin Northern | (Décembre) 1,89 | 2003 (Avril) 1,63 |
(Février) 1,75 | (Mars) 1,79 | Diminution |
| Fort Severn – magasin Northern | (Novembre) 5,15 | 2003 (Mars) 3,46 |
(Juin) 3,69 | (Avril) 3,49 | Diminution |
| Fort Severn – Dépanneur1 | (Novembre) 2,85 | 2003 (Mars) 3,45 |
(Juin) S.O. | (Avril) S.O. | Inconnu |
1Le sac de 2 lb de carottes non pelées n'était pas disponible au dépanneur de Fort Severn en 2005 ou 2006.
Pour résumer, la réduction du prix du lait dans tous les magasins était
satisfaisante dans les trois collectivités. La baisse du prix des
oeufs était en général moins satisfaisante que celle
du lait. La réduction du prix des oeufs était assez satisfaisante à la
Coop à Kangiqsujuaq, au magasin Northern et au dépanneur à Fort
Severn, mais elle ne l'était pas à la Coop à Kugaaruk
et au magasin Northern à Kangiqsujuaq. La réduction du prix
du jus d'orange surgelé était généralement
satisfaisante à tous les magasins à Kangiqsujuaq et à Fort
Severn. Il n'y a eu aucun changement du prix à Kugaaruk. La
réduction du prix des bananes était satisfaisante partout sauf à Kugaaruk
en 2006. En dernier lieu, la réduction du prix des carottes à la
Coop à Kugaaruk et au magasin Northern à Fort Severn était
satisfaisante. La réduction n'était pas satisfaisante
au dépanneur à Fort Severn. Bien que les prix n'aient
pas diminué à la Coop à Kangiqsujuaq, le prix des carottes
aux deux magasins était raisonnable et beaucoup plus abordable qu'à Kugaaruk
ou à Fort Severn.
On a également mesuré l'effet de la réduction
tarifaire en utilisant le coût total des aliments périssables
prioritaires dans le Panier de provisions nordique révisé (PPNR)
qu'AINC a instauré en 2008 pour surveiller le coût d'un
panier d'aliments sains pour une famille de quatre personnes. Le panier
contient les aliments périssables prioritaires suivants : lait, yogourt,
fromage, oeufs, jus d'orange surgelé, jus de pomme surgelé,
oranges, pommes, bananes, pommes de terre, carottes, oignons, choux, navet
et une variété de légumes surgelés. Puisque le
poids des aliments périssables prioritaires contenu dans le PPNR correspond à environ
28 kilogrammes, la réduction du taux d'expédition de
50 ¢ le kilo devrait avoir réduit sa facture hebdomadaire d'environ
16 $ si on inclut le poids de l'emballage et la perte.
Le tableau 6 présente le coût total du PPNR dans les collectivités
pilotes, les collectivités avoisinantes, les points d'entrée
et les centres d'approvisionnement du sud avant la réduction,
après la réduction (2002 à Kugaaruk et 2003 à Kangiqsujuaq
et Fort Severn) et en 2005 et 2006 dans chaque collectivité. Selon
ces données, le coût des aliments périssables prioritaires
contenus dans le PPNR était 30 $ de moins à Kugaaruk qu'à Gjoa
Haven, 26 $ de moins à Kangiqsujuaq qu'à Kangirsuk en
2006 et 16 $ de moins à Fort Severn qu'à Attawapiskat
en 2005. Le magasin Northern à Attawapiskat n'utilise pas le
programme Aliments-poste, mais il est un repère raisonnable en raison
de la distance entre le point d'entrée à Timmins et Attawapiskat
qui est semblable à celle entre Pickle Lake et Fort Severn. Malgré la
nouvelle politique de la Fédération citée précédemment,
les prix à Kangiqsujuaq étaient tout de même plus bas
en 2006 qu'en 2001.
Le coût du PPNR au magasin Northern à Fort Severn a diminué de
30 $ entre novembre 2001 et la fin mars 2003. Toutefois, presque la moitié de
cette réduction avait été observée en octobre
2002 – avant le début du projet pilote. Les raisons de cette
réduction sont inconnues. Entre octobre 2002 et mars 2003, le prix
des aliments prioritaires dans le PPNR est passé de 154 $ à 138
$, une réduction additionnelle de 16 $. Une réduction supplémentaire
de 4 $ a été relevée au cours des trois années
suivantes.
| Collectivité | Coût hebdomadaire ($)1 | |||
|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire | Après réduction tarifaire | |||
| Tôt après réduction tarifaire | À mi-mise en oeuvre | Enquête sur les prix de 2006 | ||
Kugaaruk Gjoa Haven Taloyoak Yellowknife Edmonton |
2001 |
2002 |
2005 |
2006 (Mars) 137 $ (Mars) 167 $ (Août) 165 $ (Mars) 83 $ (Mars) 73 $ |
Kangiqsujuaq Kangirsuk Val-d'Or Montreal |
2001 (Décembre) 119 $ (Décembre) 115 $ (Octobre) 70 $ (Décembre) 70 $ |
2003 (Avril) 101 $ (Avril) 111 $ |
2005 (Août) 114 $ (Août) 124 $ (Novembre) 74 $ (Novembre) 69 $ |
2006 (Mars) 107 $ (Mars) 133 $ |
Fort Severn Pickle Lake Winnipeg Attawapiskat Moosonee Timmins |
2001 (Novembre) 168 $ (Décembre) 100 $ (Mai) 70 $ (Janvier) 137 $ (Mai) 63 $ |
2003 (Mars) 71 $ |
2005 (Novembre) 137 $ (Novembre) 101 $ (Novembre) 71 $ (Février) 153 $ (Février) 93 $ (Janvier) 67 $ |
2006 (Avril) 134 $ |
1Le coût à Kugaaruk est fondé sur les prix à la Coop, le seul magasin dans la collectivité. À Gjoa Haven et à Taloyoak, il est fondé sur les prix à la Coop. À Kangiqsujuaq et à Kangirsuk, il est fondé sur le prix moyen aux deux magasins pour chaque article du panier. À Fort Severn, Pickle Lake, Attawapiskat et Moosonee, il est fondé sur les prix au magasin Northern. Celui dans les villes du sud et à Yellowknife est fondé sur les prix dans un supermarché.
On a demandé aux résidants qui ont participé aux groupes
de consultation en mars 2004 si au cours des deux dernières années
le prix de certains aliments avait diminué, augmenté ou était
inchangé. À Kugaaruk et Fort Severn, la plupart des participants
ont dit n'avoir remarqué aucun changement si ce n'est
une baisse du prix des oeufs et une hausse de celui des fruits et légumes
frais. À Kangiqsujuaq, la plupart ont indiqué que le prix des
fruits et légumes frais et surgelés et du lait avait diminué et
que celui du concentré de jus surgelé, du fromage, du yogourt
et des oeufs avait augmenté.
Le tableau 7 compare le changement réel de prix pour les aliments
périssables prioritaires selon la perception des groupes de consultation
et celle des participants à l'enquête de suivi menée à Kugaaruk
(mars 2004), Kangiqsujuaq (février 2005) et Fort Severn (décembre
2004).
| Aliments périssables prioritaires | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Réel1 | Groupes de consultation2 | Enquête de suivi sur les ménages3 | Réel1 | Groupes de consultation2 | Enquête de suivi sur les ménages3 | |
| Fruits et légumes frais Fruits frais Légumes frais |
Diminution Diminution |
Aucun changement | Aucun changement Aucun changement |
Variable Variable |
Diminution | Diminution Diminution |
| Fruits et légumes surgelés Fruits surgelés Légumes surgelés |
Inconnu Variable |
Aucun changement | Question non posée Aucun changement |
Inconnu Variable |
Diminution | Question non posée Augmentation |
| Jus de fruit concentré surgelé | Diminution | Aucun changement | Aucun changement | Variable | Augmentation | Augmentation |
| Oeufs | Aucun changement | Aucun changement | Aucun changement | Diminution | Augmentation | Aucun changement |
| Lait frais | Diminution | Aucun changement | Augmentation | Diminution | Diminution | Augmentation |
| Fromage | Diminution | Aucun changement | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation |
| Yogurt | Diminution | Aucun changement | Aucun changement | Aucun changement | Augmentation | Augmentation |
| Lait en poudre | Augmentation | Question non posée | Question non posée | Diminution | Question non posée | Question non posée |
| Pain de blé entier | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | |||||
| Céréales à cuire / avoine | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | |||||
| Aliments périssables prioritaires | Fort Severn | ||
|---|---|---|---|
| Réel1 | Groupes de consultation2 | Enquête de suivi sur les ménages3 | |
| Fruits et légumes frais Fruits frais Légumes frais |
Diminution Diminution |
Augmentation | Augmentation Augmentation |
| Fruits et légumes surgelés Fruits surgelés Légumes surgelés |
Inconnu Diminution |
Aucun changement | Question non posée Aucun changement |
| Jus de fruit concentré surgelé | Diminution | Aucun changement | Aucun changement |
| Oeufs | Diminution | Diminution | Aucun changement |
| Lait frais | Diminution | Aucun changement | Aucun changement4 |
| Fromage | Diminution | Aucun changement | Augmentation |
| Yogurt | Diminution | Aucun changement | Aucun changement |
| Lait en poudre | Augmentation | Question non posée | Question non posée |
| Pain de blé entier | Augmentation | Aucun changement | Augmentation |
| Céréales à cuire / avoine | Augmentation | Aucun changement | Aucun changement |
1Les changements actuels sont fondés
sur le nombre de produits appariés dans chaque catégorie où le
prix a augmenté, a diminué ou n'a pas changé entre
août 2001 et octobre 2003 à Kugaaruk, entre mai 2002 et juin 2004 à Kangiqsujuaq
et entre octobre 2002 et février 2004 à Fort Severn. Un seul
magasin à Fort Severn vendait des aliments en octobre 2002 et le changement
réel des prix est établi uniquement en fonction des prix à ce
magasin.
2 Les perceptions des groupes de consultation sont fondées sur la perception
de la majorité des participants.
3 Pour les enquêtes de suivi sur les ménages, la perception est
fondée sur la plus importante catégorie de réponses (augmentation,
diminution, aucun changement).
4 Au total, 33 % des répondants étaient d'avis que le prix
du lait frais avait augmenté et un pourcentage égal pensait que
le prix avait diminué.
On a demandé aux principaux informateurs en mars 2004 dans quelle mesure les prix ont diminué dans les collectivités pilotes. Ils pensaient que les projets pilotes avaient dans une certaine mesure réussi à diminuer les prix et qu'ils ont connu leur plus grand succès à Kangiqsujuaq.
Lors de l'enquête de suivi sur les ménages dans les trois
collectivités pilotes, un nombre beaucoup plus élevé des
répondants qu'à l'enquête de référence
ont dit que la qualité des fruits et des légumes frais était
de bonne à excellente. De plus, un pourcentage plus élevé de
répondants à Kugaaruk et à Fort Severn ont dit que la
qualité du pain et des oeufs était bonne ou excellente tandis
que plus de ménages à Kangiqsujuaq et à Fort Severn
ont dit que la qualité du lait frais était de bonne à excellente.
On a demandé aux participants aux groupes de consultation s'ils
pensaient que la qualité des aliments périssables prioritaires était
meilleure, pire ou inchangée. À Kugaaruk et à Fort Severn,
ils n'ont constaté aucune amélioration de la qualité sauf
celle des fruits et légumes frais à Kugaaruk et du fromage à Fort
Severn. Pour leur part, les participants à Kangiqsujuaq étaient
d'avis que la qualité des oeufs, du lait frais, du fromage et
du yogourt s'était améliorée au cours des deux
dernières années.
Le tableau 8 compare les perceptions des participants aux groupes de
consultation du changement de la qualité des aliments périssables
prioritaires depuis le début des projets pilotes et les perceptions
des répondants à l'enquête de suivi sur les ménages.
Lorsqu'on a demandé aux intervenants clés leur impression
sur l'efficacité du volet assurance de la qualité des
projets pilotes, les informateurs clés ont répondu qu'il
avait été assez efficace à Kangiqsujuaq, mais inefficace à Kugaaruk
et à Fort Severn. Ils ont dit n'avoir perçu que d'infimes
changements à Kugaaruk et à Fort Severn et que la qualité générale
des aliments périssables prioritaires était mauvaise.
En dernier lieu, on a engagé et formé un inspecteur de la qualité et
des prix dans chaque collectivité. Il devait réaliser chaque
mois une enquête sur les prix dans chaque magasin. Il devait aussi évaluer
chaque mois la qualité dans chaque magasin le jour où les étagères étaient
remplies. Il devait aussi contrôler la qualité pendant six jours
consécutifs (du lundi au samedi) à tous les deux mois. Selon
les données sur la qualité recueillies à Kugaaruk (août-octobre
2003), Kangiqsujuaq (janvier-mars 2004) et Fort Severn (octobre 2003 – juin
2004), en moyenne neuf fruits et légumes frais de bonne ou d'excellente
qualité étaient disponibles à Kugaaruk comparativement à 25 à Kangiqsujuaq
et à 14 à Fort Severn. Le tableau 9 compare la moyenne aux
quantités maximales et minimales de fruits et de légumes frais
de bonne ou d'excellente qualité dans chacune des collectivités
pilotes aux périodes indiquées ci-dessus.
| Produit | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Groupes de consultation1 | Enquête de suivi sur les ménages2 | Groupes de consultation1 | Enquête de suivi sur les ménages2 | Groupes de consultation1 | Enquête de suivi sur les ménages2 | |
| Fruits et légumes frais Fruits frais Légumes frais |
Amélioration | Amélioration Amélioration |
Aucun changement | Amélioration Amélioration |
Aucun changement | Amélioration Amélioration |
| Fruits et légumes surgelés Fruits surgelés Légumes surgelés |
Aucun changement | Question non posée Détérioration |
Aucun changement | Question non posée Amélioration |
Aucun changement | Question non posée Amélioration |
| Jus de fruits concentré surgelé | Aucun changement | Question non posée | Aucun changement | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Oeufs | Aucun changement | Amélioration | Amélioration | Amélioration | Aucun changement | Amélioration |
| Lait frais | Aucun changement | Amélioration | Amélioration | Amélioration | Aucun changement | Amélioration |
| Fromage | Aucun changement | Question non posée | Amélioration | Question non posée | Amélioration | Question non posée |
| Yogurt | Aucun changement | Question non posée | Amélioration | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Lait en poudre | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée |
| Pain de blé entier | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Aucun changement | Amélioration | |||
| Céréales à cuire | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Aucun changement | Question non posée | |||
1Les perceptions des groupes de consultation
sont fondées sur la perception de la majorité des participants.
2 Pour les enquêtes de suivi sur les ménages, la perception
est fondée sur la différence des pourcentages de réponse
aux enquêtes de référence et aux enquêtes de suivi
sur les ménages.
| Produit alimentaire | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Fruits frais | Légumes frais | Fruits frais |
Légumes frais | Fruits frais | Légumes frais | |
| Nombre moyen | 4 | 5 | 10 | 15 | 5 | 9 |
| Nombre minimal | 0 | 2 | 7 | 14 | 0 | 2 |
| Nombre maximal | 10 | 9 | 14 | 20 | 16 | 20 |
À Kugaaruk, 44 % des répondants à l'enquête
de suivi sur les ménages ont indiqué que les fruits et légumes
frais étaient plus disponibles qu'il y a deux ans tandis que
41 % n'avaient perçu aucun changement. La majorité des
répondants (59 %) à Kangiqsujuaq étaient d'avis
que la disponibilité des fruits et légumes était meilleure
en 2005 qu'en 2002. En dernier lieu, la majorité (48 %) des
répondants à l'enquête de suivi sur les ménages
pensaient que la disponibilité des fruits et légumes frais à Fort
Severn n'était pas meilleure que lors de l'enquête
de référence. Cependant, 30 % des ménages étaient
d'avis qu'elle l'était.
Les participants aux groupes de consultation à Kugaaruk et à Fort
Severn en mars 2004 étaient d'avis que la disponibilité d'aliments
périssables prioritaires ne s'était pas améliorée
depuis le début des projets pilotes, si ce n'est celle des fruits
et légumes frais et du yogourt à Kugaaruk et des fruits et
légumes frais à Fort Severn. Ils ont également indiqué que
le yogourt et le pain de blé entier étaient moins disponibles à Fort
Severn. Cependant, les participants aux groupes de consultation à Kangiqsujuaq étaient
d'avis que la disponibilité de tous les aliments périssables
prioritaires était plus grande depuis le début des projets
pilotes. Les résidants de Kugaaruk ont indiqué que les aliments
traditionnels étaient parfois disponibles à la Coop de Koomiut,
mais à prix très élevés.
Le tableau 10 fait voir les perceptions de changement des participants
aux groupes de consultation dans la disponibilité des aliments périssables
prioritaires et des participants aux enquêtes de suivi sur les ménages.
| Produit | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Groupes de consultation1 | Enquêtes sur les ménages2 | Groupes de consultation1 | Enquêtes sur les ménages2 | Groupes de consultation1 | Enquêtes sur les ménages2 | |
| Fruits et légumes frais |
Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation |
| Fruits et légumes surgelés |
Aucun changement | Question non posée |
Augmentation | Question non posée |
Aucun changement | Question non posée |
| Jus de fruits concentré surgelé | Aucun changement | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Oeufs | Aucun changement | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Lait frais | Aucun changement | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Fromage | Aucun changement | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Aucun changement | Question non posée |
| Yogurt | Augmentation | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Diminution | Question non posée |
| Lait en poudre | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée | Question non posée |
| Pain de blé entier | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Diminution | Question non posée | |||
| Céréales à cuire | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Aucun changement | Question non posée | |||
1 les perceptions des groupes de consultation
sont fondées sur la perception de la majorité des participants.
2 Différence entre le pourcentage de ménages ayant
indiqué que
les fruits et légumes frais étaient plus ou moins disponibles
entre le moment des enquêtes de référence et celui des
enquêtes de suivi sur les ménages.
À l'enquête de suivi sur les ménages, on a remarqué une hausse importante du pourcentage de répondants à Kugaaruk et à Kangiqsujuaq qui ont indiqué qu'il y avait toujours ou la plupart du temps une variété suffisante de fruits et de légumes frais. Cependant, la majorité des ménages dans ces deux collectivités ont fait remarquer qu'il n'y avait que parfois ou jamais assez de variété de fruits et de légumes frais. La majorité des ménages (58 %) à Fort Severn étaient d'avis que la variété était parfois ou rarement suffisante, mais cela représente tout de même une importante amélioration depuis l'enquête de référence de 2002.
Dans les trois collectivités pilotes, on a acheté en plus grand
nombre certains fruits et légumes frais dans les quatre semaines précédant
l'enquête de suivi sur les ménages que dans les quatre
semaines précédant l'enquête de référence.
De plus, les répondants de Fort Severn ont déclaré avoir
acheté plus de lait frais, de fromage et de jus de fruit congelé.
On a demandé aux résidants qui ont participé à l'enquête
de suivi sur les ménages s'ils avaient modifié leurs
habitudes d'achat au cours des deux ou trois dernières années.
La différence entre ceux qui ont dit acheter plus ou moins d'aliments
périssables prioritaires dégage une augmentation dans les trois
collectivités des achats de certains fruits et légumes frais
et surgelés, de lait et d'oeufs tandis que les répondants à Kugaaruk
et Kangiqsujuaq ont mentionné qu'ils achetaient plus de yogourt.
De plus, les ménages à Kugaaruk ont acheté plus de fromage,
ceux à Kangiqsujuaq, plus de jus de fruit surgelé et ceux à Fort
Severn, plus de pain de blé entier.
Le tableau 11 présente les changements dans les habitudes d'achat
dans les quatre semaines avant les enquêtes et les changements perçus
par les répondants dans leurs habitudes d'achat au cours des
deux ou trois dernières années.
| Produit | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Achats déclarés1 | Changement perçu2 | Achats déclarés1 | Changement perçu2 | Achats déclarés1 | Changement perçu2 | |
Fruits et légumes frais Fruits frais Légumes frais |
Augmentation Augmentation |
Aucun changement Aucun changement |
Augmentation Augmentation |
Augmentation Augmentation |
Augmentation Augmentation |
Augmentation Augmentation |
| Légumes surgelés |
Augmentation | Aucun changement |
Diminution | Augmentation |
Augmentation | Augmentation |
| Jus de fruits pur surgelé | Augmentation | Aucun changement | Aucun changement | Augmentation | Augmentation | Augmentation |
| Lait frais | Augmentation | Aucun changement | Diminution | Question non posée | Augmentation | Question non posée |
| Lait en poudre | Augmentation | Aucun changement | Diminution | Question non posée | Augmentation | Question non posée |
| Lait en boîte | Diminution | Aucun changement | Augmentation | Question non posée | Diminution | Question non posée |
| Lait (frais/en boîte) | Question non posée | Aucun changement | Augmentation | Augmentation | Question non posée | Augmentation |
| Oeufs | Question non posée | Aucun changement | Question non posée | Augmentation | Question non posée | Augmentation |
| Fromage | Diminution | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation |
| Yogurt | Augmentation | Aucun changement | Augmentation | Augmentation | Augmentation | Augmentation |
| Aliments traditionnels | Augmentation | Aucun changement | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | |||
| Pain de blé entier | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Question non posée | Augmentation | |||
| Céréales à cuire (avoine) | N'est pas un aliment périssable prioritaire dans ces collectivités. | Question non posée | Augmentation | |||
1Habitudes d'achat déclarées
dans les quatre semaines précédant l'enquête de suivi
sur les ménages à Kugaaruk (2004), Kangiqsujuaq (2005) et Fort
Severn (2004).
2 Différence entre le pourcentage de ménages participant à l'enquête
de suivi ayant déclaré acheter plus ou moins d'aliments
périssables prioritaires qu'il y a deux ans à Kugaaruk
et Fort Severn et trois ans à Kangiqsujuaq.
AINC a obtenu de Postes Canada les données trimestrielles sur les volumes d'aliments périssables prioritaires envoyés aux collectivités pilotes (Kugaaruk 2002-2008, Kangiqsujuaq 2002-2008 et Fort Severn 2003-2008). Les figures 1 à 3 font voir les volumes trimestriels d'aliments périssables prioritaires envoyés dans chaque collectivité pilote.
Figure 1: Volumes trimestriels des envois d'aliments périssables prioritaires à Kugaaruk
La description du graphique est disponible sur une page différente.
Figure 2: Volumes trimestriels des envois d'aliments périssables Prioritaires à Kangiqsujuaq.
La description du graphique est disponible sur une page différente.
Figure 3: Volumes trimestriels des envois d'aliments périssables prioritaires à Fort Severn.
La description du graphique est disponible sur une page différente.
Les envois d'aliments périssables prioritaires à Kugaaruk
d'avril à juin 2005 étaient presque deux fois et demie
ceux pendant le même trimestre en 2002 (de quatre à six mois
après le début du projet pilote). L'ouverture de la nouvelle épicerie
en avril 2005 qui a une plus grande superficie d'entreposage et d'étalage
des aliments périssables explique peut-être en partie l'augmentation.
Entre la première et la troisième année entière
du projet pilote à Kugaaruk (2002-2004 inclusivement), les envois
ont augmenté de 28 %. Cependant, les volumes annuels comprennent les
hausses attribuables à la présence d'une importante équipe
de construction à Kugaaruk aux étés de 2002, 2003 et
2004.
On doit également mentionner que des familles ont quitté Fort Severn à l'été 2004
en raison de la présence de moisissures dans l'école.
La figure 4 fait voir les volumes annuels d'aliments périssables
prioritaires par collectivité pilote.
Figure 4: Volumes annuels des envois d'aliments périssables prioritaires par collectivité pilote.
La description du graphique est disponible sur une page différente.
La preuve la plus manifeste de l'efficacité des projets pilotes
est l'augmentation du volume d'aliments périssables prioritaires
expédiés aux collectivités pilotes. On ne peut attribuer
clairement la hausse aux projets pilotes, mais il semble qu'on consommait
dans les collectivités plus d'aliments périssables prioritaires
puisque le pourcentage de changement de la quantité d'aliments
expédiés peut représenter par substitution une hausse
pourcentile correspondante de la consommation.
Les données sur les envois d'aliments périssables prioritaires
avant le lancement des projets pilotes ne sont pas disponibles, car le programme
Aliments-poste n'avait pas de catégorie spécifique pour
ces aliments. Cependant, si on suppose que toute l'augmentation des
envois des aliments périssables est attribuable aux aliments périssables
prioritaires pendant la première année de chaque projet pilote,
cela représenterait une hausse d'environ 40 grammes par personne
par jour à Kugaaruk (en excluant les mois d'été lorsque
les équipes de construction étaient sur place), de 80 grammes
par personne par jour à Kangiqsujuaq et de 75 grammes par personne
par jour à Fort Severn.
La figure 5 présente les volumes annuels d'aliments expédiés à chaque
collectivité pilote par personne, par jour, avec rajustements pour
l'augmentation de la population*. Les envois ont augmenté de
140 grammes additionnels par jour par personne à Kugaaruk et 110 grammes
par jour par personne à Kangiqsujuaq jusqu'en 2006 avant de
retomber à Kugaaruk et se stabiliser à Kangiqsujuaq. Une fois
cumulées, les augmentations dans ces collectivités peuvent
avoir un impact considérable sur l'apport en éléments
nutritifs et la santé si elles sont maintenues à long terme.
L'importance de ces augmentations ne peut être évaluée
que par des enquêtes de suivi nutritionnelles et l'analyse des
données de vente au détail d'aliments spécifiques. À Fort
Severn, le manque à gagner de revenu plus important requis pour rendre
abordable une diète santé aux résidents explique peut-être
pourquoi le projet pilote n'a pas permis une augmentation soutenue
des envois d'aliments périssables prioritaires à cette
collectivité depuis 2003.
* Les rajustements sont basés sur les recensements de 2001 et 2006 à Kugaaruk et Kangiqsujuaq et la Population du Registre des Indiens à Fort Severn.
Figure 5: Volumes des envois d'aliments périssables prioritaires par personne, par jour par collectivité pilote.
La description du graphique est disponible sur une page différente.
Lorsqu'on transpose les changements sur le plan des ventes ou des
volumes expédiés aux quantités d'aliments consommés,
on doit tenir compte des pertes au détail et dans les ménages
et des quantités d'aliments consommés par les résidants
par opposition aux visiteurs de courte durée. Le changement positif
de la consommation d'aliments périssables prioritaires dans
les collectivités pilotes évalué approximativement en
fonction de la hausse des volumes expédiés et l'intérêt
des résidants pour de l'information sur la nutrition soutiennent
indirectement la thèse que le régime alimentaire s'est
amélioré. Une consommation accrue d'aliments sains, ne
serait-ce qu'une seule portion par jour, a d'importants bienfaits
pour la santé, à savoir la diminution du risque d'accident
ischémique cérébral et de maladies du coeur, des décès
liés aux maladies cardiovasculaires et non cardiovasculaires et des
décès, toutes causes confondues. [Note
13],[Note
14],[Note
15] De plus, un apport élevé en
légumes et fruits protège contre les maladies chroniques telles
que le diabète, les maladies cardiovasculaires et divers cancers.
[Note
16],[Note
17],[Note
18],[Note
19]
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande à chaque
personne de consommer au moins 400 grammes de fruits et de légumes
chaque jour.
Des données sur l'apport alimentaire avant et après les
interventions apporteraient de l'information sur ceux qui au sein de
la collectivité consommait les aliments recommandés et permettrait
de cerner les groupes (d'âge moyen, aîné ou plus
jeune) qui ont besoin d'une éducation nutritionnelle plus ciblée.
De plus, une évaluation du régime alimentaire permettrait de
savoir si les personnes en plus grande insécurité alimentaire
consomment plus les aliments périssables prioritaires. En raison des
contraintes budgétaires, les données de l'enquête
de référence n'ont porté que sur les femmes en âge
de procréer.
On a demandé aux résidants qui ont participé aux groupes
de consultation en mars 2004 s'ils étaient satisfaits des projets
pilotes dans leur collectivité. Les participants de Kugaaruk étaient
assez satisfaits tandis que ceux à Kangiqsujuaq et à Fort Severn étaient
très satisfaits.
Les informateurs clés étaient assez satisfaits de la mise en
place des projets pilotes. Ils ont mentionné une amélioration
dans les collectivités pilotes. À Kugaaruk, certains des volets
clés (p. ex. la réduction des prix) ont connu plus de succès
que d'autres, entre autres, l'éducation du consommateur,
tandis qu'à Kangiqsujuaq, la réduction des prix, l'assurance
de la qualité des aliments et l'éducation du consommateur
ont été mise en place avec passablement de succès. Au
moment des entrevues (mars 2004), plusieurs informateurs clés pensaient
qu'il était trop tôt pour commenter le projet à Fort
Severn, car il était en place depuis trop peu de temps mais ils étaient
confiants que le projet avait le potentiel de changer positivement la vie
des résidants.
On a mesuré la sécurité alimentaire des adultes et
des enfants au cours des 12 derniers mois précédent la réduction
tarifaire en se servant d'une échelle à 18 éléments
utilisée au Canada et aux États-Unis pour classer les ménages
dans trois catégories : en situation de sécurité alimentaire,
en situation d'insécurité alimentaire sans expérience
de la faim, en situation d'insécurité alimentaire avec
expérience de la faim. On a repris les enquêtes deux ou trois
années plus tard, mais l'enquête de suivi à Kugaaruk
a été menée en utilisant seulement six éléments à propos
de la sécurité alimentaire des adultes.
Le niveau d'insécurité alimentaire variait dans les trois
collectivités. À Kugaaruk, on a noté en 2004 une nette
amélioration de la sécurité alimentaire où moins
d'adultes ont été classés en situation d'insécurité alimentaire
avec connaissance de la faim et plus étaient en situation d'insécurité alimentaire
sans connaissance de la faim. On a noté la plus grande amélioration
chez les personnes à faible revenu. En 2004 à Kugaaruk, on
n'a pas mesuré la sécurité alimentaire chez les
enfants.
Tout comme en 2002, tous les ménages non inuits à Kangiqsujuaq étaient
en situation de sécurité alimentaire en 2005. On a relevé cependant
un repli important de la sécurité alimentaire des Inuits adultes
en 2005. Dans les 12 mois précédant l'enquête de
suivi en février 2005, près de 25 % des Inuits adultes étaient
en situation d'insécurité alimentaire avec expérience
de la faim comparativement à 7 % en 2002. Le pourcentage des enfants
en situation d'insécurité alimentaire sans connaissance
de la faim n'a pas changé. Cependant, plus d'enfants étaient
en situation d'insécurité alimentaire en 2005 qu'en
2002. Dans cette période, l'insécurité alimentaire
avec expérience de la faim a surtout augmenté chez les travailleurs à faible
revenu.
Comparativement à 2002, un pourcentage plus élevé d'adultes à Fort
Severn étaient en situation de sécurité alimentaire
en 2004. Le pourcentage d'adultes en situation d'insécurité alimentaire
avec expérience de la faim était également plus élevé qu'en
2002. La sécurité alimentaire chez les enfants s'est
améliorée un peu plus. Comparativement à 2002, un pourcentage
plus élevé d'enfants étaient en situation de sécurité alimentaire
et moins d'enfants ont été classés en situation
d'insécurité alimentaire avec ou sans connaissance de
la faim.
Le tableau 12 fait voir la sécurité alimentaire dans les collectivités
pilotes avant et après la réduction tarifaire.
| Sécurité alimentaire | Kugaaruk | Kangiqsujuaq | Fort Severn | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Avant réduction tarifaire 2001 |
Après réduction tarifaire 20041 |
Avant réduction tarifaire 2002 |
Après réduction tarifaire 2005 |
Avant réduction tarifaire 2002 |
Après réduction tarifaire 2004 |
|
| Sécurité alimentaire - adultes | ||||||
| Sécurité alimentaire | 17% | 21% | 60% | 51% | 32% | 39% |
| Insécurité alimentaire sans expérience de la faim | 24% | 51% | 33% | 27% | 41% | 29% |
| Insécurité alimentaire avec expérience de la faim | 59% | 28% | 7% | 22% | 26% | 32% |
| Sécurité alimentaire - enfants | ||||||
| Sécurité alimentaire | 17% | Question non posée |
60% | 53% | 31% | 44% |
| Insécurité alimentaire sans expérience de la faim | 30% | 34% | 34% | 45% | 37% | |
| Insécurité alimentaire avec expérience de la faim | 52% | 6% | 14% | 24% | 19% | |
1Les résultats pour Kugaaruk de 2004 étaient fondés sur une échelle de sécurité alimentaire de six éléments. Tous les autres résultats étaient fondés sur une échelle de 18 éléments.
Le niveau d'insécurité alimentaire dans les trois collectivités était très élevé, mais la sécurité alimentaire s'est améliorée dans deux des trois collectivités pilotes. On a noté une amélioration chez les adultes à Kugaaruk et les ménages avec enfants à Fort Severn. La progression de l'insécurité alimentaire à Kangiqsujuaq serait attribuable à des changements environnementaux débordant le cadre des projets pilotes. L'amélioration marquée de la sécurité alimentaire sera fort probablement le résultat d'une baisse du taux de pauvreté et de chômage et d'un accès plus grand aux aliments traditionnels, mais on peut raisonnablement supposer que la réduction du prix des aliments obtenue par les projets pilotes en est modestement responsable. On devra faire reculer encore plus les niveaux d'insécurité alimentaire afin de voir des améliorations nettes dans la situation nutritionnelle de la population.
La connaissance des projets dans les collectivités était limitée. À Kugaaruk,
les participants aux groupes de consultation étaient d'avis
que la plupart des résidants ne connaissaient pas le projet et, s'ils
en avaient connaissance, ils ne comprenaient pas son but et ses rouages. À Kangiqsujuaq,
les participants étaient d'avis que même si la plupart
des résidants connaissaient le programme Aliments-poste, ils ignoraient
ce qui le distinguait du projet pilote. À Fort Severn, les participants
ont indiqué que la plupart des résidants et surtout les aînés
ne connaissaient par le projet pilote. Cependant, la comparaison des données
de l'enquête de référence et de l'enquête
de suivi sur les ménages révèle une hausse du nombre
de ménages inuits ayant déclaré utiliser le programme
pour des commandes personnelles à Kugaaruk et Kangiqsujuaq. À Kugaaruk,
les répondants utilisaient le programme pour commander de la viande,
des fruits et légumes frais, du lait et des aliments surgelés,
tandis que les ménages à Kangiqsujuaq commandaient de la viande,
des aliments surgelés et d'autres produits alimentaires.
On a préparé différents articles promotionnels pour
faire connaître le projet pilote et souligner l'importance d'une
saine alimentation. On a montré ces articles aux participants aux
groupes de consultation et on leur a demandé s'ils les avaient
vus dans leur collectivité et où. On a produit des affiches,
affichettes d'étagère et papillons publicitaires en anglais
et en inuktitut pour Kugaaruk, des affiches, affichettes, papillons et brochures
en anglais/inuktitut et en français/inuktitut pour Kangiqsujuaq et
des affiches et papillons en anglais et en cri pour Fort Severn. La plupart
des participants aux groupes de consultation ne connaissaient pas les articles
promotionnels distribués dans les collectivités. Cependant,
la majorité d'entre eux se rappellent avoir vu des affiches à Kugaaruk
et à Fort Severn, des papillons à Kugaaruk et à Kangiqsujuaq
et des affichettes dans les trois collectivités pilotes.
Le commerce de détail présente un obstacle de tous les instants
pour les projets pilotes. Même si les participants aux groupes de consultation
estimaient que la qualité des aliments périssables prioritaires
s'était améliorée à Kugaaruk, ils n'étaient
pas satisfaits de la qualité générale des fruits et
légumes frais, car ils se gâtaient dans les quelques jours suivant
leur arrivée. Ils ont suggéré de les entreposer dans
une chambre froide appropriée dès leur arrivée. Ils
pensaient également que la qualité serait meilleure si on apprenait
aux consommateurs comment les manipuler (remettre sans tarder au congélateur
les aliments congelés; ne pas les laisser dégeler un peu avant
de les recongeler). Les informateurs clés étaient d'avis
que le personnel du magasin ne savait pas comment manipuler correctement
les aliments.
Les participants aux groupes de consultation à Kangiqsujuaq étaient
satisfaits de la qualité des fruits et légumes frais. Ils ont
dit qu'ils arrivaient le plus souvent frais au magasin si bien qu'ils
se détérioraient moins. Ils ont aussi mentionné une
amélioration de l'emballage des fruits et légumes surgelés.
Comme pour les participants aux groupes de consultation à Kugaaruk,
ceux de Fort Severn n'étaient pas satisfaits de la qualité des
produits frais. Ils ont indiqué que la qualité était
inégale et variait selon les saisons – le lait et les bananes
arrivaient gelés en hiver et les bleuets et les fraises étaient
gâtés à leur arrivage en été. Ils étaient
d'avis que la qualité des aliments périssables serait
meilleure si les envois n'« attendaient pas » si longtemps à Pickle
Lake et à l'aéroport à Fort Severn à leur
arrivée.
L'étiquetage est un autre aspect du commerce de détail.
Les participants aux groupes de consultation à Kugaaruk étaient
d'avis que l'étiquetage ne s'était pas amélioré depuis
le début du projet pilote. Le prix figurait sur certains articles,
entre autres les articles soldés, mais le plus souvent, le prix affiché ne
correspondait presque jamais à celui de l'article au-dessus
ou même à côté de l'étiquette. De
plus, les étiquettes et le prix à la caisse ne correspondaient
pas. Les participants ont aussi dit que les caissiers ne connaissaient pas
parfois le prix des articles annoncés dans les dépliants.
À Kangiqsujuaq, les participants aux groupes de consultation étaient
d'avis que l'étiquetage à la Coop s'était
amélioré, mais qu'il était encore incohérent. À titre
d'exemple, l'étiquette était fixée sur les
fruits et légumes frais et presque tous les produits en boîte,
mais rarement sur les produits congelés, entre autres les jus surgelés,
et le lait où l'étiquette recouvrait la date de péremption.
Plusieurs participants ont dit qu'ils ne demandaient pas au caissier
le prix des produits non étiquetés et qu'ils choisissaient
ceux qui l'étaient, peu importe leur valeur nutritive. En dernier
lieu, un participant a mentionné que le magasin Northern n'étiquetait
pas chaque produit et plaçait plutôt l'étiquette
sur l'étagère. Cependant, en raison du faible éclairage
ou d'une mobilité réduite, il était difficile
de lire l'étiquette sur les étagères inférieures.
Les participants à Fort Severn en mars 2004 étaient d'avis
que l'étiquetage s'était détérioré depuis
le début du projet pilote. Au magasin Northern, les articles dans
l'armoire réfrigérée des produits laitiers et
les fruits et légumes frais n'étaient pas étiquetés.
Les prix se trouvaient sur l'étagère, mais il ne correspondait
pas toujours à celui à la caisse. Les participants ont cependant
dit que l'étiquetage au magasin Washaho était assez satisfaisant,
car presque tous les articles, sauf les fruits et légumes frais, avaient
une étiquette. On ne trouvait aucun prix sur les tablettes à ce
magasin.
Les informateurs clés interviewés en mars 2004 ont tous indiqué que
l'étiquetage à Kugaaruk et à Fort Severn laissait à désirer.
Il s'était amélioré à la Coop de Kangiqsujuaq,
mais il était inégal.
On a offert plusieurs activités éducatives depuis le début
des projets pilotes, entre autres, des dégustations dans les magasins,
des leçons de cuisine et des activités nutritionnelles pour
les jeunes dans les trois collectivités. Cependant, les projets n'ont
pas vraiment réussi à améliorer les connaissances des
consommateurs, car la mise en oeuvre de ce volet était restreinte,
surtout à Kugaaruk. Seulement un participant du groupe de consultation
avait assisté aux leçons de cuisine à Kugaaruk. Par
contre, la plupart des participants à Kangiqsujuaq connaissaient les
dégustations en magasin et les leçons de cuisine ou y avaient
participé. À Fort Severn, les résidants connaissaient
les trois activités d'éducation du consommateur suivantes
: les dégustations, les leçons de cuisine et les messages télévisés
sur la nutrition.
Les informateurs clés étaient d'avis que même si
le volet éducatif n'avait pas réussi pleinement à Kugaaruk,
il avait été efficacement mis en oeuvre à Kangiqsujuaq
et à Fort Severn. Ils ont attribué ce succès aux efforts
des coordonnatrices de projet. Les informateurs ont offert plusieurs obstacles à la
mise en oeuvre, entre autres, le manque d'intérêt dans
les activités à Kugaaruk et à Kangiqsujuaq et le retard
dans l'introduction des activités à Kangiqsujuaq.
Le revenu du ménage et le niveau de scolarité sont des déterminants
plus parlants de l'alimentation saine que les connaissances nutritionnelles.
Des interventions éducatives de faible portée et durée
ne mèneront probablement pas à une demande accrue de produits
périssables prioritaires. L'éducation nutritionnelle
est un volet important si elle est pratique, appropriée et adaptée à la
culture et englobe les aliments traditionnels.
On ne peut isoler l'impact de mesures telles que la réduction tarifaire, l'éducation nutritionnelle et la promotion au détail. On ne peut que mesurer l'impact cumulatif des trois volets. Les projets pilotes sont des exemples d'un programme intégré où les stratégies influant sur le milieu (réduction des prix et hausse de la disponibilité d'aliments sains) sont renforcées par l'éducation nutritionnelle. Il n'est donc pas possible, voire souhaitable, d'isoler ou d'évaluer l'impact de chaque volet au moyen d'une étude comme celle-ci. Si on avait effectué des interventions différentes dans des collectivités distinctes, on aurait pu évaluer la contribution relative de chaque volet. En remplacement de cette démarche, on pourrait utiliser une évaluation détaillée de chaque volet pour expliquer la réussite ou l'échec du projet et déterminer les éléments ayant mené à l'efficacité de l'intervention.
Comme on l'a mentionné plus tôt, les détaillants
utilisent des systèmes différents auxquels ils ont parfois
apportés des changements et il faudrait consacrer énormément
d'efforts et de temps pour dégager des indicateurs fiables et
utiles des tendances des ventes, surtout pour ce qui est des fruits et légumes
frais. Certains systèmes enregistrent le nombre et la valeur des ventes,
mais non la quantité (poids) des produits vendus, ce qui complique
l'analyse des données sur les ventes.
Même avec ces maigres données, on devrait s'attendre à une
hausse des ventes d'aliments sains et une baisse des ventes de malbouffe
si les nouveaux prix étaient suffisamment publicisés. À titre
d'exemple, les boissons plus saines, dont les jus de fruit et le lait,
devraient remplacer les boissons moins nutritives, entre autres les boissons
gazeuses et les cristaux à saveur de fruits et les fruits frais pourraient
remplacer les gâteries comme les biscuits et les tablettes de chocolat.
On doit toutefois se rappeler qu'il est difficile de prédire
les changements au niveau des ventes, car ils peuvent varier entre les produits,
d'un groupe d'âges ou sexe à l'autre et d'une
collectivité à l'autre.
Les instruments d'évaluation (enquêtes de référence
et de suivi, groupes de consultation, entrevues avec les informateurs clés)
n'ont pas saisi les facteurs et les événements externes
et il a été impossible d'indiquer s'ils ont mené ou
non à des changements. De plus, on ne peut attribuer sans l'ombre
d'un doute aux projets les changements documentés sur le plan
des envois et des habitudes d'achat dans les collectivités pilotes
en raison du modèle d'étude actuel et de la mise en oeuvre
limitée des volets éducatif et promotionnel des projets. Les
données laissent penser que les projets ont eu des effets sur le régime
alimentaire. Pour attribuer le changement de comportement aux interventions,
on aurait dû recueillir des données dans des collectivités
témoins ainsi que l'exposition des personnes aux différents
volets et matériels des projets.
La petitesse de l'échantillon dans les trois collectivités
influe sur la mesure de l'efficacité des interventions dans
la modification du régime alimentaire et de l'état de
santé. La taille des collectivités empêche d'établir
si l'apport en éléments nutritif a changé. Pour
obtenir des données statistiquement importantes, on devra observer
un changement important au niveau de la nutrition pendant une longue
période
de temps. Cependant, les tailles des échantillons pour les rappels
de 24 heures et les méthodes de collecte convenaient mieux à la
détection des changements dans la consommation d'aliments clés
que dans les apports en éléments nutritifs. Si pour une enquête
de suivi on utilisait la même taille d'échantillon que
pour l'enquête de référence, on pourrait déceler
un effet de moyen à important (p. ex. un augmentation de 50 % de la
consommation de fruits et de légumes). Compte tenu de la hausse des
envois dans les collectivités pilotes et surtout à Kugaaruk,
on peut s'attendre qu'une enquête nutritionnelle décèle
une modification de l'apport en éléments nutritifs (voir
la figure 1 – Volumes trimestriels des envois d'aliments périssables
prioritaires à Kugaaruk).
Depuis la mise en place des projets pilotes, le prix des aliments périssables
prioritaires a diminué dans la plupart des cas d'au moins la
réduction tarifaire de 0,50 $ le kilo. Les prix dans les collectivités
pilotes sont aujourd'hui toujours plus bas que ceux dans les collectivités
avoisinantes utilisant la même chaîne d'approvisionnement.
Les enquêtes complémentaires et les résultats des groupes
de consultation ont démontré que même si la plupart des
résidants n'étaient pas au courant de la réduction
des prix pour la plupart des aliments périssables prioritaires spécifiques,
ils pensaient que les projets avaient contribué à une baisse
générale des prix. On ne doit donc pas s'étonner
qu'ils ne se rappellent pas les prix en vigueur il y a deux ou trois
ans ou ne décèlent pas les changements de prix lorsque l'étiquetage
est de si mauvaise qualité dans les collectivités nordiques.
Les détaillants, les ministères impliqués dans les projets
pilotes, les collectivités et les coordonnatrices de projet auraient
pu informer davantage la population des réductions. Il aurait pu en
résulter une augmentation des envois et des achats.
La mauvaise qualité et le manque de variété et de disponibilité de
fruits et de légumes frais et de lait sont encore des obstacles à l'achat
d'aliments périssables prioritaires. Cependant, le pourcentage
de ménages qui ont coté de bonne à excellente la qualité des
fruits et légumes frais particuliers, du lait et des oeufs a augmenté dans
chaque collectivité. De plus, le pourcentage de ménages ayant
indiqué que les fruits et légumes frais étaient toujours
ou presque toujours disponibles a aussi augmenté. Toutefois, moins
de la moitié des ménages dans l'enquête de suivi étaient
d'avis qu'il y avait toujours ou assez de variété.
Les données disponibles sur les changements perçus dans les
achats et les achats réels ainsi que sur les volumes expédiés
fournies par Postes Canada révèlent des améliorations
de la consommation alimentaire dans les collectivités pilotes. Les
résultats des enquêtes de suivi sur les ménages et des
groupes de consultation démontrent que des changements positifs sont
survenus dans les habitudes d'achat et par implication dans la consommation. À titre
d'exemple, à Fort Severn, on achèterait moins de tablettes
de chocolat, de croustilles et de boissons gazeuses depuis la mise en oeuvre
des projets pilotes. On n'a pas recueilli de données sur les
ventes au détail et les envois de produits spécifiques. Une
analyse de cette information pourrait donner une idée de la consommation
en l'absence d'enquêtes de suivi nutritionnelles.
Avant la mise en oeuvre des projets, l'insécurité alimentaire chez les adultes et les enfants était beaucoup plus prononcée à Kugaaruk et à Fort Severn qu'à Kangiqsujuaq. Cependant, la sécurité alimentaire à Kugaaruk (des adultes) et à Fort Severn (des enfants) s'est améliorée entre les enquêtes de référence et les enquêtes de suivi. On a relevé la plus importante amélioration chez les travailleurs à faible revenu plutôt que chez les assistés sociaux et les familles relativement à l'aise. On ne peut attribuer directement ces améliorations aux projets pilotes, mais la réduction des prix, la hausse de la disponibilité et de la qualité des aliments périssables prioritaires et l'éducation nutritionnelle y auront tous contribué.
La sécurité alimentaire chez les adultes et les enfants à Kangiqsujuaq s'est détériorée entre la période précédant le projet pilote et 2005. Diverses causes sont possibles, entre autres, le manque d'accès aux aliments traditionnels et la toxicomanie. Beaucoup plus de répondants à l'enquête de suivi qu'à l'enquête de référence se sont dits « extrêmement préoccupés » par l'accès aux aliments traditionnels, la toxicomanie et le manque d'argent pour acheter de la nourriture.
L'éducation du consommateur dans les collectivités isolées ne peut à elle seule avoir une grande incidence sur les ventes au détail. En raison de la grande insécurité alimentaire dans les collectivités pilotes, un changement dans l'alimentation ne peut survenir sans une réduction du tarif postal et des prix. Même avec les prix réduits, le faible revenu peut demeurer un obstacle aux changements au niveau des achats d'aliments nutritifs et des gestes conséquents découlant d'une meilleure connaissance de la nutrition. L'effet de la réduction des prix sur les ventes est habituellement plus grand que l'éducation nutritionnelle et la promotion au détail. Toutefois, les activités pratiques, entre autres les leçons de cuisine, les dégustations et les interventions en magasin seront probablement plus efficaces que l'éducation moins interactive, entre autres, les brochures et les enseignements.
Les projets pilotes Kugaaruk, Kangiqsujuaq et Fort Severn ont été porteurs de changements positifs. Ils ont démontré que la situation peut être améliorée même dans des collectivités où les obstacles logistiques à la disponibilité courante d'aliments sains et de bonne qualité semblent insurmontables. Les changements de comportement et surtout au niveau de la consommation alimentaire surviennent lentement et la disponibilité d'aliments traditionnels pourraient être un facteur important. Toutefois, le plein potentiel de cette approche intégrée à plusieurs volets peut être réalisé si la réduction tarifaire pour les aliments périssables prioritaires est maintenue, si un effort soutenu est déployé pour améliorer les connaissances nutritionnelles et les compétences en matière de préparation des aliments et de budgets des consommateurs et si les détaillants en font plus pour offrir un environnement et une sélection qui favorise une alimentation plus saine.