Les exploitants du traitement des eaux de Moricetown trouvent une solution limpide

De Anita Bedell

Floyd Naziel
Floyd Naziel à la station de traitement d'eau potable

L'approvisionnement en eau potable saine est une chose que plusieurs d'entre nous tiennent pour acquis. Mais pour les exploitants du traitement des eaux de Moricetown, une petite collectivité autochtone du Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, garantir une bonne qualité d'eau est un emploi à temps plein. Il s'agit d'une énorme responsabilité, que l'amélioration d'une usine de traitement des eaux a rendu bien plus facile à gérer.

Il y a six ans, Moricetown était sous le coup d'un avis de faire bouillir l'eau. À l'époque, la station de traitement des eaux ne possédait pas la capacité d'approvisionner toute la collectivité en eau potable et ne pouvait pas, de façon fiable, éliminer les bactéries nocives. On effectuait fréquemment des tests de qualité de l'eau, mais il fallait expédier les échantillons à Prince Rupert pour en faire l'analyse et il fallait des semaines avant d'obtenir les résultats. De plus, la crique d'eau de glacier qui fournissait la collectivité en eau est recouverte de poussière de glacier, une substance que l'ancienne usine de traitement des eaux ne parvenait pas à éliminer.

La population croissant à un rythme soutenu, et l'approvisionnement en eau étant vulnérable, il était évident qu'il fallait faire quelque chose. « Il fallait améliorer la station de traitement des eaux de Moricetown afin de répondre aux normes plus exigeantes en matière de qualité de l'eau et de soutenir la croissance de la collectivité, » affirme l'ingénieur hydraulique d'Affaires indiennes et du Nord Canada, Danny Higashitani.

Répondre aux besoins de la collectivité

Clayton Michell
Clayton Michell examine les résultats d'analyses de la qualité de l'eau

La bande de Moricetown reconnaissait qu'il fallait agir, mais ses membres n'étaient pas certains de la marche à suivre. Un conseiller a suggéré d'abandonner la méthode de traitement par filtration rapide au profit d'un système à sable lent. La bande a suivi ce conseil et n'a jamais regretté cette décision.

La station de filtration à sable lent est la première à être érigée sur une réserve, mais vraisemblablement pas la dernière. De plus en plus de communautés réalisent les avantages de la méthode de filtration à sable lent, y compris l'Organisation mondiale de la santé, qui a déclaré que « la méthode de traitement avec filtre à sable lent est probablement le moyen le plus efficace qui soit pour traiter l'eau potable. Cette méthode permet d'éliminer la charge de contamination bactérienne beaucoup plus efficacement que la méthode avec filtre à sable rapide. » En fait, la station de Moricetown peut fournir plus d'eau propre que ce dont la communauté a besoin actuellement.

Floyd Naziel et Clayton Michell, opérateurs de la station de traitement de Moricetown, sont chargés de surveiller la station sur place et à distance, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour s'assurer que l'eau répond aux normes établies dans les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada. Clayton Michell, qui travaille à la station depuis 1995, explique que la responsabilité d'une station de traitement est majeure : « Un opérateur de station de traitement d'eau potable doit être une personne fiable. Il ne s'agit pas seulement d'assurer l'approvisionnement en eau : il en va de la santé et de la sécurité de la population. »

Cecil Alfred, ancien opérateur de la station, est fier de la nouvelle installation : « L'eau produite par la station est excellente », affirme-t-il. Et il est fier des opérateurs qui travaillent sans relâche à maintenir la qualité de l'eau distribuée à la population.

« Je n'aurais jamais imaginé que je deviendrais un jour opérateur de station de traitement, » explique Floyd Naziel, qui a reçu son agrément en 2002. Floyd travaillait à la construction de la nouvelle installation lorsqu'il a été choisi par Cecil Alfred, qui voulait prendre sa retraite : « J'ai observé comment Floyd travaillait et je l'ai mis à l'épreuve pour voir s'il avait les qualités qu'il fallait, explique-t-il. Je sais qu'avec Floyd Naziel et Clayton Michell, la station est entre bonnes mains. »

Un apprentissage et un soutien éternels

Clayton Michell
Clayton Michell inspecte la prise d'eau du ruisseau

Naziel et Michell sont actuellement inscrits au programme des techniques de l'eau de l'Université de Thompson Rivers, cursus unique qui se distingue par sa flexibilité et ses méthodes innovatrices. Les deux opérateurs apprécient la possibilité qui leur est offerte de conjuguer cours à distance et stages pratiques d'une semaine à Kamloops.

Hors de la classe, messieurs Naziel et Michell disposent de tout le soutien dont ils ont besoin pour accomplir leur travail tout en poursuivant leurs études afin d'obtenir leur agrément. Le Programme de formation itinérante, qui est une initiative d'Affaires indiennes et du Nord Canada propose aux nouveaux opérateurs un suivi de formation et de soutien technique avec des opérateurs agréés, ayant une bonne expérience des systèmes de traitement d'eau potable. Les formateurs itinérants travaillent directement avec les opérateurs, se présentant sur place et leur prodiguant des conseils pour rendre leurs méthodes d'exploitation et d'entretien plus efficaces. « Je sais que si j'ai une question ou un problème, je peux appeler notre contact du Programme de formation itinérante », explique Clayton Michell.

Lorsqu'on lui demande ce que la nouvelle station de traitement a apporté à la communauté, Clayton Michell indique qu'une chose est sûre : elle a permis à la communauté de « respecter et apprécier cette précieuse ressource qu'est l'eau potable. »

Le gouvernement du Canada investit dans des projets qui offriront des avantages durables aux collectivités des Premières nations et il prend des mesures décisives afin d'améliorer la qualité de l'eau par l'intermédiaire du Plan d'action pour la gestion de l'eau potable et des eaux usées des Premières nations. Depuis 2006, les initiatives entreprises par le gouvernement du Canada avec les Premières nations et d'autres partenaires ont permi de réduire de près de 69 pour 100 le nombre de réseaux d'approvisionnement en eau à risque élevé dans les collectivités des Premières nations de la Colombie-Britannique. Au printemps de 2006, 64 Premières nations de la Colombie-Britannique avaient des systèmes d'eau potable à risque élevé. En date du 31 mars 2009, ce chiffre avait été ramené à 20. Pour de plus amples informations sur le Plan d'action pour la gestion de l'eau potable et des eaux usées des Premières nations, consulter le site suivant : www.ainc-inac.gc.ca/ai/mr/nr/j-a2008/2-3019-fra.asp