Les étudiants réussissent au Centre d’apprentissage pour adultes de Kitsumkalum

De Amanda Costa

Colleen Austin et la classe de 2009
Colleen Austin et la classe de 2009

Les voyageurs qui la municipalité de Terrace, en Colombie-Britannique, et se dirigent vers l'ouest en longeant la rive droite de la majestueuse rivière Skeena, croisent bientôt la petite communauté de la Première nation de Kitsumkalum. Connue sous le nom de Peuple du Merle, la nation Kitsumkalum respecte la coutume séculaire voulant que les traditions culturelles, la propriété et le statut se transmettent aux enfants par le côté maternel de la famille. Il n'y a pas de doute, les femmes jouent un rôle central dans la société de Kitsumkalum et font le lien entre chaque génération et celles qui l'ont précédée.

Pour une femme comme Charlotte Guno, directrice du Centre d'apprentissage 'Na aksa Gila Kyew et coordonnatrice à l'éducation pour la Première nation de Kitsumkalum, le maintien des liens entre sa culture et sa communauté est plus qu'une priorité personnelle; c'est une des principales raisons qui l'ont incitée à mettre sur pied ce centre où se donne le programme d'éducation des adultes de Kitsumkalum.

À première vue, le programme du Centre d'apprentissage ressemble à n'importe quel autre programme d'éducation des adultes, avec ses cours d'anglais, de sciences et de mathématiques qui donnent aux étudiants la base nécessaire pour poursuivre leurs études. Ce qui distingue ce programme, c'est l'accent qu'il met sur un enseignement adapté à la réalité culturelle.

Un milieu d'apprentissage adapté à la culture autochtone

Ici, au Centre d'apprentissage 'Na aksa Gila Kyew, les étudiants apprennent la langue locale, le sm'algyax, et reçoivent un enseignement sur les mets traditionnels dans le cadre d'un cours de nutrition. Le Centre a même produit un document vidéo sur les échanges interculturels en collaboration avec un groupe d'Autochtones de Bolivie. Modestes en apparence, ces changements d'approche font toute la différence pour les étudiants du Centre, qui profitent d'une éducation respectueuse de leur culture et axée sur leur mode de vie.

L'enseignante principale Colleen Austin est le moteur de plusieurs méthodes et programmes d'enseignement uniques à l'école. Forte d'une expérience en éducation autochtone, Mme Austin sait que les étudiants apprennent mieux quand ils se sentent appuyés. Elle est donc attentive aux besoins de tous et chacun. « Tous nos étudiants ont eu des problèmes au secondaire, explique-t-elle. Mon travail consiste à modifier la perception qu'ils ont de leur propre éducation. » En travaillant en collaboration étroite avec un petit groupe d'étudiants, Colleen Austin peut transcender le rôle conventionnel de l'enseignante. Qu'il s'agisse d'être à l'écoute d'un étudiant ou de coudre à la main un blason familial sur des toges avant la collation des grades, Colleen Austin fait plus que son devoir pour aider ses étudiants à réussir.

L'éducation, c'est la liberté

Le clan Bolton à la remise des diplômes
Le clan Bolton à la remise des diplômes

Charlotte Guno et Colleen Austin s'attachent au potentiel de chacun des étudiants qui entrent au Centre d'apprentissage. Certains d'entre eux, comme Annie Bolton, étaient réticents à retourner à l'école, mais sont depuis devenus des modèles sur le plan éducatif dans la communauté de Kitsumkalum. Annie Bolton, avec toutes ses occupations de mère, d'épouse et de bénévole communautaire, n'avait ni le temps ni l'énergie qu'il fallait pour fréquenter l'école. Mais son rêve d'aller un jour à l'université et sa motivation à réussir l'ont emporté. Le Centre d'apprentissage lui a fourni un cadre d'accueil et de soutien qui lui a réussi, au point d'inspirer d'autres personnes, notamment deux de ses enfants, Kevin et Jenniefer, à reconsidérer leurs objectifs pédagogiques.

Il a fallu beaucoup de volonté et de détermination, mais le printemps dernier, les membres de cette famille ont reçu leur diplôme ensemble, lors d'une cérémonie chaleureuse tenue en présence de leurs parents et amis.

Charlotte Guno est rayonnante quand elle parle de ses étudiants. Deux diplômés de 2009 se proposent d'aller à l'université, tandis que plusieurs autres entendent suivre une formation collégiale ou professionnelle près de chez eux.

Mme Guno a pour but ultime de développer le potentiel d'apprentissage permanent de chaque étudiant. Elle enseigne à ses étudiants à croire en eux-mêmes et leur fait valoir qu'il vaut toujours la peine de s'engager à terminer ses études secondaires : « Je leur dis toujours que l'éducation, c'est la liberté. Au bout du compte, l'éducation, c'est le meilleur moyen de mener la vie qu'ils méritent. »