Le centre culturel Squamish Lil’wat : un triomphe d’architecture et de culture des Premières nations

Soirée au Centre culturel Squamish Lil'wat
Soirée au Centre culturel Squamish Lil'wat

Pendant la construction du Centre culturel Squamish Lil'wat au coeur du village de Whistler, en 2007, une maman ourse noire et son ourson sont entrés d'un pas tranquille par l'entrée principale et ont examiné les lieux. Leur présence n'a pas été une cause de panique, mais plutôt de célébration. Après tout, pour la plupart des gens sur les lieux ce jour-là, des membres des nations Squamish et Lil'wat, ces créatures à longs poils hirsutes et aux griffes acérées étaient une bénédiction, un symbole de puissance et de chance.

Que la présence de cette famille d'ours ait porté chance ou non, il est certain que le centre culturel Squamish Lil'wat, qui a ouvert ses portes en 2008, est une réussite à plusieurs égards.

Une vision architecturale
Légendes et artéfacts au musée What We Treasure du Centre
Légendes et artéfacts au musée What We Treasure du Centre

Cette interprétation moderne d'une longue maison traditionnelle des Squamish et d'un istken (habitation souterraine) des Lil'wat est impressionnante, avec des murs de verre miroitant et une terrasse de cèdre entourant le bâtiment. Les montagnes spectaculaires aux cimes enneigées, un lieu traditionnel de rencontre et spirituel pour les deux nations, sont une toile de fond idéale.

Des pierres peintes de pictogrammes colorés ornent les allées menant aux magnifiques portes d'entrée en cèdre, lesquelles, avec à propos, mettent en vedette l'image d'un ours sculpté par des artisans locaux notoires de la nation Lil'wat.

À l'intérieur, des poutres de sapins de Douglas géants soutiennent la grande salle d'une hauteur de sept mètres où l'on trouve une richesse d'artefacts autochtones fabriqués par des membres des nations Squamish et Lil'wat. Une réplique massive de volants de fuseau sculptés à la main (un outil essentiel dans le tissage traditionnel) tourbillonne au-dessus. Un canot de chasse salish sculpté dans un seul cèdre est suspendu au plafond, tandis des couvertures tissées à la main par des tisseuses de la nation Squamish sont exposées sur les murs à côté de tapis en cèdre tissés avec des modèles très élaborés propres aux tisseuses de la nation Lil'wat. Dans la galerie à l'étage, des masques sculptés et d'autres artefacts et outils sont exposés pour les visiteurs.

Établir un lien entre le passé et l'avenir

Shawnna Apodaca
Shawnna Apodaca accueille les invités à l'entrée principale du Centre

Les visiteurs du centre culturel sont impressionnés par l'édifice lui-même, mais les commentaires élogieux s'adressent à l'équipe des jeunes des Premières nations énergiques et enthousiastes qui dirigent les visites guidées et les ateliers au cours desquels les visiteurs peuvent apprendre les arts anciens du perlage et du tissage ou quelques mots des langues traditionnelles des nations Lil'wat et Squamish.

Le chef de la nation Lil'wat, Leonard Andrew, et celui de la nation Squamish, Gibby Jacob, estimaient qu'il était important que le centre procure aux visiteurs une expérience culturelle authentique des Premières nations. Ils voulaient également que la nouvelle génération de jeunes des Premières nations se rebranche avec son passé. « Le cercle se referme. Il avait été brisé à un moment donné, précise le chef Gibby Jacob. Notre capacité d'accomplir les bonnes choses que nous devons faire pour nos enfants...nous revient. »

De nombreux jeunes du centre culturel sont diplômés de l'Aboriginal Youth Ambassador program. Ce programme, amorcé en 2001 par la nation Squamish, a été mis sur pied pour donner aux jeunes autochtones de la Colombie-Britannique un sens profond de leur lien avec leur terre et leur culture, tout en leur offrant une expérience des affaires et une formation en tourisme.

Pour l'ambassadrice de la nation Lil'wat, Holly Joseph, son travail au centre culturel lui donne l'occasion de partager les nombreuses histoires qu'elle a apprises lorsqu'elle était enfant et qu'elle cueillait des petits fruits avec sa mère. « Parmi les 10 enfants de notre famille, deux seulement se souviennent de ces histoires, affirme-t-elle. Maintenant, en l'honneur de ma mère et des générations qui l'ont précédée, je raconte ces histoires à des visiteurs du monde entier. De façon très concrète, c'est ce qui maintient nos ancêtres en vie. »

Atelier sur la confection d'un sac de guérisseur
Atelier sur la confection d'un sac de guérisseur

Roxy Lewis de la nation Squamish, une ambassadrice depuis 2004, affirme qu'elle a beaucoup appris sur sa propre culture et sur celle de la nation Lil'wat. Elle estime que le centre culturel reflète à quel point les Premières nations ont progressé depuis les 50 dernières années. « À une certaine époque, notre peuple n'avait pas le droit de parler sa propre langue. Maintenant, les gens veulent vraiment se renseigner sur notre langue et notre culture. »

Quel meilleur endroit pour le faire que dans ce lieu spectaculaire, le résultat d'un partenariat engagé, d'une vision inspirée et, peut-être, de la bénédiction d'une maman ourse et de son ourson.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le centre culturel Squamish Lil'Wat, veuillez consulter son site Web   : www.slcc.ca

Les photos de ce cas de réussite sont une courtoisie de Gary Fiegehen et du Centre culturel Squamish Lil'wat