Le lieu d'apprentissage de la Première nation de Hesquiaht : bien plus qu'une école

De Anita Bedell

Le Place of Learning de la Première Nation de Hesquiaht
Le Place of Learning de la Première Nation de Hesquiaht

Le nouveau lieu d'apprentissage (Place of Learning) de la Première nation de Hesquiaht n'est pas seulement une école. C'est un centre communautaire. C'est un refuge. Et surtout, c'est l'œuvre de la collectivité, que les membres ont construite de leurs propres mains, selon leur propre vision, en utilisant les ressources naturelles de leur territoire ancestral.

Grâce à des réunions très courues, la collectivité a joué un rôle décisif dans la conception et la construction de l'école. En fait, plus de la moitié des membres de Hesquiaht ont contribué à sa construction. « Nous voulions une école bien à nous, pas une école qu'on nous aurait donnée, explique Cecil Sabbas, administrateur de la bande et coordonnateur du projet. Le processus a été inspirant pour nous tous. »

Le « Story Pit » et son mât totémique
Le « Story Pit » et son mât totémique, don du chef héréditaire Andrews

Inspirant, mais aussi difficile. Faute d'accès routier à Hesquiaht, sur l'île de Vancouver, il a fallu faire venir l'équipement par barge ou par hydravion. Mais encore là, cette minuscule collectivité éloignée, nichée à l'entrée d'un goulet, près de Hot Springs Cove, est habituée à surmonter les difficultés. En 1964, un terrible raz-de-marée a détruit la communauté, forçant ses membres à se disperser à Port Alberni et à Victoria. À partir de rien, la communauté s'est reconstituée, et ceux qui sont restés sont fiers d'être chez eux dans cet endroit donnant sur la mer.

L'écologie par l'exemple

« On a longtemps songé à ce projet », souligne Cecil Sabbas, en évoquant les travaux de conception et le souci particulier que les auteurs ont eu de la terre et des ressources naturelles qu'elle procure. Les solides rondins utilisés comme poutres de soutènement ont été recueillis après un orage. Le cèdre, présent partout dans l'école, provient du territoire ancestral et a été transformé par des bénévoles avec une scie achetée par la communauté pour le projet. L'achat de la scie était considéré comme un investissement dans l'autosuffisance.

Entre autres caractéristiques écologiques de l'édifice, l'eau de pluie chauffée par le soleil sert de source d'énergie pour le système de chauffage géothermique, tout comme le vent pour le système de ventilation à l'air naturel. « Nous voulions un système simple et exigeant peu d'entretien. Nous voulons contribuer à la salubrité de l'environnement, même si nous sommes peu nombreux et isolés. Nous essayons de réduire le plus possible notre empreinte écologique », explique M. Sabbas.

Le chef héréditaire Dominic Andrews, l'un des plus ardents promoteurs de l'école, a fait don du mât totémique qui se dresse aujourd'hui fièrement au-dessus du « Story Pit », où les enfants donnent des spectacles et se réunissent pour écouter des histoires. « L'esprit du grand chef est présent dans l'école », comme M. Sabbas le signale régulièrement aux visiteurs.

Par la communauté, pour la communauté

Des élèves en compagnie de la directrice Rebecca Atleo
Des élèves en compagnie de la directrice Rebecca Atleo

Rebecca Atleo, directrice de l'école, a récemment déménagé de Victoria à Hesquiaht. Dès les premiers jours, elle a pu constater qu'il y a à Hesquiaht un bon esprit communautaire, et que l'école a un effet positif et unifiant sur la communauté. « Cette école est un élément positif pour la communauté, dit-elle. C'est le meilleur moyen de faire comprendre que nous pouvons créer, que nous pouvons accomplir, que nous pouvons concrétiser tout ce que nous voulons. »

Une bonne partie de la philosophie éducative de Mme Atleo lui vient de sa grand-mère, qui disait : « Le meilleur moment pour enseigner aux enfants, c'est quand ils sont en train de manger. Ils avalent la connaissance. » Aujourd'hui, le gymnase de l'école est un lieu de réunion, de fête et d'apprentissage. La communauté entend y tenir très bientôt son premier potlatch.

Le projet de construction d'école de la Première nation de Hesquiaht a bénéficié du soutien d'Affaires indiennes et du Nord Canada, qui a versé un appui financier de 7,5 millions de dollars dans le cadre de son programme d'immobilisations éducatives et fourni des orientations en cours de route. Pour sa part, la province de la Colombie-Britannique a récemment offert 12 ordinateurs, des antennes paraboliques et un accès à Internet. « Le gouvernement a contribué à notre réussite », reconnaît Cecil Sabbas.

La communauté de Hesquiaht envisage l'avenir avec un peu plus d'optimisme. Elle prévoit organiser une cérémonie de remise de diplômes à des étudiants de toutes les Premières nations Nuu-chah-nulth, qui aura lieu dans le nouveau gymnase. Rebecca Atleo espère aussi que les autres Premières Nations s'inspireront de l'exemple de Hesquiaht pour lancer elles aussi leurs projets communautaires de nature à avoir des effets positifs.

L'investissement dans l'éducation des Premières nations

Vue générale de l'école et de la vallée Stein, l'antique lieu d'enseignement du peuple nlakapamux
Vue générale de l'école et de la vallée Stein, l'antique lieu d'enseignement du peuple nlakapamux

Située à la périphérie de Lytton, en Colombie-Britannique, à deux heures et demie à l'est de Vancouver, l'école Nlakapamux de Stein Valley a ouvert ses portes en septembre 2009. Ce nouvel établissement accueille plus de 270 élèves, de la maternelle à la 12e année, et on y enseigne les matières traditionnelles comme les mathématiques, l'anglais et les sciences, de même que la langue locale, le nlakapamux, et les études autochtones.

L'affichage dans les classes est en nlakapamux et en anglais
L'affichage dans les classes est en nlakapamux et en anglais

La nouvelle école est un magnifique exemple de ce que le travail acharné et les partenariats peuvent accomplir. Les Premières nations locales ont travaillé de concert avec le conseil scolaire bénévole et Affaires indiennes et du Nord Canada à concrétiser la vision d'une école nouvelle.

Dans le cadre d'un engagement permanent à fournir une éducation de grande qualité, Affaires indiennes et du Nord Canada a contribué à la construction de dix écoles sur des réserves indiennes depuis 2004. De plus, le Ministère a assuré le financement de 119 écoles des Premières nations en Colombie-Britannique.