ARCHIVÉE - La Première nation Metlakatla et sa vision de l'avenir

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De Anita Bedell

La Première nation Metlakatla a une certaine vision de l'avenir qu'elle souhaite pour les trois éléments qui composent son univers — la terre, la mer et sa collectivité.

Vue de Metlakatla depuis le quai du ferry
Vue de Metlakatla depuis le quai du ferry

Essaimés dans les vallées de la Skeena et de la Nass et dans les îles qui bordent la rude côte ouest de la Colombie-Britannique, les Metlakatla sont les descendants des neuf tribus des Tsimshian de la côte. Arrivés dans la région il y a plusieurs milliers d'années, ils ont toujours entretenu une relation symbiotique avec la terre et l'océan. La pittoresque collectivité de Metlakatla est perchée à flanc de mer, au bout de la péninsule de Tsimshian.

Souvent méprise pour une communauté îlienne, Metlakatla a les pieds bien sur terre mais n'est accessible que par bateau. Dépourvue de desserte routière, la petite communauté dépend du ferry pour la liaison avec la ville la plus proche, Prince Rupert, ce qui n'est pas sans compliquer les plans d'aménagement.

Chefs héréditaires devant le nouveau totem
Chefs héréditaires devant le nouveau totem

Pour Metlakatla, le concept proposé par la planification communautaire globale (PCG)  est un moyen idéal de réaliser sa vision d'un avenir qui sera placé sous le signe de la prospérité et de la qualité de vie. La PCG permet à la Première nation d'avoir un mécanisme structuré pour la guider dans son travail de planification : « Pour nous, la PCG est un outil de référence qui nous dit ce qui est fait et ce qui reste à faire, explique Robert Grodecki, ancien gestionnaire de programme. Pour les membres de la communauté, elle signifie que leur avis est réellement pris en compte et qu'ils peuvent voir des résultats et des progrès concrets. »

L'une des choses que toute la communauté a été unanime à réclamer était la construction d'un nouveau centre communautaire. Réalisé l'an dernier, le magnifique bâtiment en cèdre comprend un grand gymnase et une cuisine de qualité industrielle pour l'organisation de grandes réceptions. Une autre réalisation récente a été la construction d'un totem, le tout premier à être érigé à Metlakatla depuis 160 ans. Ce totem, que la communauté réclamait en priorité, constitue une représentation visuelle de l'identité de la Première nation Metlakatla, de son histoire et de sa vision d'avenir.

Pour le chef du conseil Harold Leighton, la PCG est un outil de partenariat et de développement économique. M. Leighton explique que les responsables de la communauté font de la planification depuis de nombreuses années, mais que ce n'est qu'en adoptant le concept de la PCG qu'ils sont réellement devenus organisés : « La PCG nous a permis de réunir tous les éléments du puzzle, explique-t-il. En ayant un plan concret, les Metlakatla sont devenus de véritables entrepreneurs. La Metlakatla's Business Development Corporation est maintenant propriétaire-exploitant d'une dizaine d'entreprises qui emploient de nombreux membres de la bande : « Nous sommes davantage conscients des opportunités et des progrès qui peuvent être réalisés grâce à une bonne planification », affirme Harold Leighton.

Le succès de Metlakatla est fondé sur une planification rigoureuse et sur l'établissement de relations fécondes. Au cours des cinq dernières années, la Première nation a signé des protocoles d'entente pour pouvoir travailler avec les municipalités voisines de Prince Rupert et de Port Edward, ainsi qu'avec le district régional et le gouvernement de la Colombie-Britannique. Elle s'est également employée à renforcer ses liens avec les
Lax Kw'alaams, Première nation voisine établie à Port Simpson, au nord de Prince Rupert. Les Lax Kw'alaams et les Metlakatla ont en commun des terres et un intérêt pour le développement durable. Pour Harold Leighton : « Si l'on veut que les choses changent dans la région du Pacifique Nord-Ouest, on ne peut le faire isolément. Il faut se mettre ensemble. »

Des liens très solides sont aussi en train d'être tissés au sein de la communauté. Pour Monica Ryan-Gamble, des services de gouvernance de la Première nation, la vision de Metlakatla émane directement des membres de la communauté : « Depuis les enfants jusqu'aux Aînés, tout le monde a son mot à dire sur ce qui doit être fait. »

Monica Ryan-Gamble
Ryan-Gamble devant le nouveau centre communautaire

Monica admet toutefois qu'il n'a pas été facile de mobiliser les gens pour participer au plan d'avenir. Il y a déjà eu plusieurs exercices de planification et les membres de la communauté se plaignent d'avoir à remplir sondage après sondage pour finalement voir très peu de résultats. Il s'est avéré plus efficace d'organiser des rencontres de groupe, et l'on s'est aperçu que les commentaires et les suggestions qui en ressortaient étaient très semblables. Metlakatla a récemment organisé deux foires communautaires où les membres sont venus en grand nombre, l'une à Metlakatla et l'autre à Prince Rupert Monica dit que selon elle, les membres de la communauté commencent à comprendre l'importance du concept de PCG et de ce qu'il peut apporter à la collectivité.

Des progrès tangibles ont été réalisés mais il reste encore beaucoup à faire. Les enfants aimeraient avoir leur propre école et les Aînés aimeraient avoir un centre médical local pour ne pas avoir à s'éloigner de leurs familles lorsqu'ils ont besoin de soins. Pour Monica Ryan-Gamble, le défi consiste maintenant à appliquer le concept de PCG et à le garder bien vivant : « Nous ne voulons pas d'un beau rapport qui restera sur les tablettes, dit-elle en parlant du récent rapport publié dans le cadre du PCG. Il s'agit de notre plan à nous et c'est de notre avenir qu'il s'agit. »

Les Premières nations de la Colombie-Britannique utilisent de plus en plus souvent la planification communautaire globale comme moyen de s'adapter au changement et de planifier un meilleur avenir pour leurs communautés. La PCG est un processus holistique qui permet à une communauté d'établir la marche à suivre pour parvenir à la viabilité et à l'autosuffisance et pour développer ses capacités de gouvernance. Affaires indiennes et du Nord Canada appuie les communautés autochtones dans leur adoption de cet important mécanisme de planification. Pour plus d'information au sujet de la PCG, consulter le site suivant : http://www.ainc-inac.gc.ca/fra/1100100021901/1100100021902