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Réseau des agents de développement économique autochtone de l'Atlantique (RADEAA)

Un nouveau réseau de spécialistes du développement économique est en train d'imprimer sa marque sur l'avenir du développement économique du Canada atlantique.

« Nous sommes le principal réseau [du Canada] à pouvoir agir avec ce niveau d'envergure parce que notre sphère d'influence concerne l'ensemble du Canada atlantique, a déclaré Junior Denny, agent de développement économique de la Première nation Eel Ground et coprésident du Réseau des agents de développement économique autochtone de l'Atlantique (RADEAA). Notre action a ceci de particulier qu'elle transcende les frontières et les compétences gouvernementales et qu'elle rassemble les acteurs du développement économique autochtone. »

L'idée de créer le Réseau des agents de développement économique autochtone de l'Atlantique a jailli en 2000, lors de la conférence régionale sur la reconstruction de l'économie autochtone de l'Atlantique, où les chefs autochtones, les représentants du gouvernement et du secteur privé ainsi que les autres grands acteurs du développement économique ont développé une stratégie et un plan d'action à l'échelle de la région dans son ensemble. En 2001, le RADEAA a été chargé par les chefs autochtones de l'Atlantique de mettre en ouvre cette stratégie de développement.

« Cela nous a permis, en tant que responsables du développement économique de nos communautés respectives, d'avoir un forum propice à la mutualisation des savoirs et des pratiques, au perfectionnement des compétences et à la réalisation en commun de projets et d'initiatives d'intérêt régional », a expliqué M. Denny.

Les agents de développement économique (ADE) de trente et une communautés des Premières nations, des Innus et des Inuits de la région atlantique travaillent ensemble pour la réalisation de trois grands objectifs prioritaires : 1) meilleur accès aux capitaux; 2) développement des capacités; 3) mise en place d'une structure de développement économique panatlantique. Ils travaillent avec Dr. Fred Wein de l'Université Dalhousie et de Krista Brookes de l'Atlantic Policy Congress of First Nations Chiefs.

« Tout le monde disait : "Il y a quatre provinces dans cette stratégie - cela risque de ne pas fonctionner", explique Mme Brookes, dont l'organisation est chargée d'administrer le réseau. Mais le fait est que nous avons procédé très progressivement et que nous nous sommes limités à certains axes d'action. Tout le monde est extrêmement motivé. »

Mme Brookes explique que l'équipe a hâte de passer à la prochaine étape, après avoir atteint ses objectifs prioritaires à court terme pour les quatre premières années, notamment le lancement du programme Quick Start, projet pilote d'un an financé par Affaires indiennes et du Nord Canada et l'Agence de promotion économique du Canada atlantique. Plus de quarante subventions d'un montant maximal de 5 000 $ chacune ont été accordées à des petites initiatives d'activité économique concernant des communautés autochtones.

Et beaucoup de progrès a été accompli dans le développement des capacités des ADE. Par exemple, ceux-ci se sont employés à obtenir l'homologation du Conseil pour l'avancement des agents de développement autochtones, (CAADA) dès la création du RADEAA. L'homologation du CAADA permet d'uniformiser l'ensemble des connaissances et des compétences des ADE qui travaillent ou qui veulent travailler pour le développement économique autochtone. Des séances de formation intensives d'une durée d'une semaine sont organisées sur des sujets comme la philosophie du développement économique communautaire, l'analyse et l'évaluation des impacts et la comptabilité financière et gestionnelle.

« La formation est très stimulante, explique Mme Brookes. On voit que les agents se connaissent mieux et sont plus à l'aise les uns avec les autres. C'est très positif. Pour moi, cela indique qu'ils seront plus enclins à échanger et à apprendre les uns des autres. »

Junior Denny est d'accord : « Les ADE sont plus que des collègues », explique-t-il.

« Nous nous appelons par nos prénoms, nous nous respectons et nous nous aidons mutuellement, dit-il. Nous sommes comme une grande famille. »