ARCHIVÉE - Réponse du gouvernement du Canada au Sixième rapport du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones

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LES JEUNES AUTOCHTONES EN MILIEU URBAIN :
UN PLAN D'ACTION POUR LE CHANGEMENT

Déposée au Sénat au nom du Gouvernement du Canada
par l'Honorable Jacob Austin
Leader du Gouvernement au Sénat

INTRODUCTION

Le Gouvernement du Canada est heureux de répondre au Sixième rapport du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones, Les jeunes Autochtones en milieu urbain : un plan d'action pour le changement. Créé en décembre 1989, le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones a reçu le mandat d'examiner la législation et les questions relatives aux peuples autochtones du Canada. Dans son rapport, le Comité a examiné les conditions de vie et les défis auxquels font face plusieurs jeunes Autochtones en milieu urbain, et ont proposé des initiatives concrètes qui pourraient améliorer les politiques et les programmes. Le bon travail du Comité et le rapport qui a résulté de ses efforts, démontrent l'engagement des Sénateurs et le rôle que le Parlement et les Parlementaires peuvent jouer pour répondre aux besoins des jeunes Autochtones en milieu urbain du Canada.

Les questions autochtones, incluant celles qui ont trait aux jeunes Autochtones en milieu urbain, sont une priorité pour le Gouvernement du Canada. Lors de la Table ronde Canada-Peuples autochtones d'avril 2004, le Premier ministre Paul Martin notait que «si les jeunes Autochtones ne réussissent pas, c'est nous tous qui perdons.» Comme il s'agit d'une question de premier plan pour le gouvernement fédéral, les recommandations du Comité sont prises très au sérieux. Même si toutes les recommandations ne pourront être adoptées dans cette réponse, plusieurs auront un impact profitable sur le développement continu des politiques et des initiatives touchant les jeunes Autochtones en milieu urbain.

Comme plusieurs des questions qui ont trait aux jeunes Autochtones en milieu urbain chevauchent différentes juridictions, le Gouvernement du Canada devra travailler en étroite collaboration avec les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux afin que chacune des parties puissent mieux harmoniser ses réponses selon ses champs de responsabilité respectifs.

Tel que reconnu dans la Réponse du Gouvernement au Rapport de 2002 du Comité permanent de la Chambre des Communes intitulé Bâtir un avenir meilleur aux enfants autochtones vivant en milieu urbain, le Gouvernement reconnaît, qu'afin de répondre correctement aux besoins des jeunes Autochtones en milieu urbain, les efforts doivent être déployés bien avant que les enfants deviennent adolescents. Les expériences de la jeunesse sont profondément affectées par les possibilités d'apprentissage positives offertes dans les premières années et, avant cela, par un sain développement pendant la grossesse. Une approche concertée est essentielle, qui va de la prévention des dommages dévastateurs causés par le trouble du spectre de l'alcoolisation fœtale à l'amélioration de l'apprentissage au cours de la petite enfance, en passant par l'aide aux jeunes adultes pour prévenir leur enrôlement dans la criminalité ou pour échapper à l'influence des gangs.

Le Gouvernement du Canada s'attaque déjà aux défis auxquels font face les jeunes Autochtones et des exemples d'actions se trouvent tout au long de cette Réponse. D'autres politiques, initiatives et de nouvelles directions pourront émerger du travail en cours à la Table ronde Canada-Peuples autochtones et dans les séances de suivi sectorielles. Une journée de réflexion sur la politique et une réunion des Premiers ministres (respectivement prévues pour le printemps et l'automne 2005) permettront de développer plus à fond le Plan du Gouvernement. Les initiatives qui émergeront de ce processus pourront s'ajouter aux recommandations du Comité sénatorial.

RÉPONSE AUX RECOMMANDATIONS

Le Rapport du Comité propose 19 recommandations, touchant quatre volets :

Dans ce document, le Gouvernement du Canada répondra à chacune des recommandations.

RECOMMANDATION 1

Le Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada, en collaboration avec les Premières nations:

Le Gouvernement du Canada partage les préoccupations du Comité sénatorial au sujet des besoins des peuples des Premières nations vivant hors-réserve, et cherche de meilleures façons d'y répondre.

Les données du Recensement montrent que plus de 70% des Autochtones vivent hors-réserve, dont un sur deux vivent en milieu urbain. Dans son rapport, le Comité affirme que «jusqu'ici, le Canada s'est très peu soucié des besoins des jeunes Autochtones vivant en milieu urbain». L'un des freins majeurs à la progression de ce volet, identifié dans le rapport du Sénat, est la dispute de compétences entre les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux eu égard à la responsabilité face à la population autochtone hors-réserve.

En plus des programmes et des initiatives mis en évidence dans cette réponse, la réponse initiale du Gouvernement du Canada aux besoins des jeunes Autochtones en milieu urbain s'est faite par le biais de transferts aux gouvernements provinciaux et territoriaux (par exemple, le logement abordable et le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux) qui ont aidé à financer des programmes d'application générale. Pour répondre aux questions touchant les Autochtones en milieu urbain d'une manière plus efficace, tous les niveaux du gouvernement doivent collaborer afin de trouver des façons innovatrices pour assurer la prestation de programmes culturellement appropriés, complets et coordonnées. Le Gouvernement vise aussi à collaborer avec les Premières nations autonomes (PNA) en ce qui a trait à l'approvisionnement et à la prestation de services aux membres hors-réserve des PNA.

La discussion sur les questions de l'accès des peuples des Premières nations hors-réserve aux programmes et aux services, et, de façon plus générale, la poursuite d'un plan autochtone plus inclusif, font partie des enjeux qui doivent être discuté et sur lesquels les Peuples autochtones les autres gouvernements devront délibérer, par l'entremise de forums tels que les séances sectorielles faisant suite à la Table ronde Canada-Peuples autochtones et les discussions entre les autorités Fédérales, provinciales, territoriales et autochtones. Le Gouvernement du Canada est engagé dans ces processus.

RECOMMANDATION 2

Le Gouvernement Fédéral doit entreprendre des négociations formelles avec les organisations métisses appropriées afin de clarifier et de résoudre les questions de compétences et de droits peuples métis du Canada en suspens.

Depuis que le Comité a fait cette recommandation, le Gouvernement du Canada et les leaders autochtones ont conjointement franchi des étapes afin de trouver de nouvelles façons de collaborer au bénéfice de tous les peuples autochtones, incluant les Métis.

Dans le Discours du Trône de février 2004, le Gouvernement s'est engagé à intégrer le leadership métis dans ses politiques. Devançant la recommandation, le Gouvernement a déjà tenu une première Table ronde Canada-Peuples autochtones en avril 2004 et a intégré les Métis dans ce processus. Suite à la Table ronde, une série de séances de suivi sectorielles est en cours pour s'occuper du détail d'un éventail de questions. Dans son allocution à la Table ronde, le Premier ministre a spécifiquement fait référence à la nécessité de renforcer les relations avec la communauté métisse du Canada.

Le 19 septembre 2003, la Cour Suprême du Canada a rendu sa décision dans la cause R v. Powley, dans laquelle la Cour a statué que la communauté métisse vivant à et autour de Sault Ste-Marie (Ontario) a le droit de chasser pour se nourrir, un droit protégé par l'art. 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. La décision est significative puisqu'il s'agissait de la première fois que la Cour Suprême reconnaissait que les Métis pouvaient faire valoir les droits autochtones protégés par l'art. 35. La décision de la Cour Suprême aura un impact plus large puisqu'elle a ouvert la porte aux cours canadiennes qui pourront reconnaître à d'autres groupes métis, qui satisferont aux conditions, des droits autochtones métis.

L'Interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits est responsable de la Réponse fédérale à la décision Powley. La réponse intérimaire traite des conséquences immédiates de la décision en partenariat avec les gouvernements provinciaux et les leaders Métis. Cela implique des discussions sur les méthodes pour identifier les chasseurs métis et les façons d'adapter leurs pratiques de récolte. Ce travail est appuyé par la recherche et l'analyse légale. En outre, les organisations métisses bénéficient d'un soutien de capacité pour participer de façon significative aux discussions. Cette approche a été couronnée de succès et bien reçue par les Provinces et les organisations métisses. L'élaboration d'une méthode objective et vérifiable pour l'identification des chasseurs aidera à apporter clarté et stabilité à la question de principe de l'identification des Métis avec pour objectif d'établir les droits autochtones potentiels. Le Gouvernement du Canada s'est engagé à verser 50,5 millions $, incluant une somme additionnelle de 30 millions $ annoncée dans le Budget 2005, à ce processus.

Ainsi, le Gouvernement du Canada considère que le processus progresse de façon significative en conformité avec l'esprit de cette recommandation.

RECOMMANDATION 3

Le Gouvernement reconnaît que l'éducation post-secondaire est la clé pour améliorer la qualité de vie des Peuples autochtones sans égard à leur lieu de résidence. Il reconnaît que l'apprentissage permanent est à la base de l'autonomie et de l'amélioration de la qualité de vie.

Le Gouvernement a été impliqué dans plusieurs initiatives conjointes avec les partenaires autochtones, depuis la Table ronde Canada-Peuples autochtones qui a eu lieu en avril 2004. En novembre 2004, le Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien a tenu des séances de suivi sectorielles sur l'apprentissage permanent, dont l'une mettait l'accent sur l'éducation post-secondaire et le développement des compétences. Les résultats de ces séances, comme ceux qui découleront de la journée de réflexion sur la politique avec les leaders autochtones et la réunion des Premiers ministres (prévues respectivement pour le printemps et l'automne 2005) aideront à donner une direction à la révision de l'éducation post-secondaire actuellement assumée par le Ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.

L'éducation est une priorité pour le Gouvernement du Canada et c'est à travers l'éducation que les jeunes Autochtones seront en mesure de devenir des joueurs actifs dans l'économie. Le Gouvernement s'est engagé à mettre de l'avant des actions concrètes pour s'assurer que les jeunes Autochtones reçoivent l'éducation de qualité qui leur sera nécessaire pour jouer un rôle actif dans leurs communautés, dans l'économie et dans la société canadienne.

Le Gouvernement du Canada octroie actuellement du financement pour soutenir l'éducation post-secondaire des Indiens inscrits et des étudiants inuits. Le Gouvernement reconnaît également la nécessité de revoir tout le financement post-secondaire pour s'assurer qu'il comble les besoins de tous les peuples autochtones, et soutient leur participation accrue et leur succès dans l'éducation post-secondaire.

Le site Web des Affaires indiennes et du Nord Canada héberge un annuaire électronique contenant plus de 500 bourses. Ce guide électronique facilitera l'accès rapide aux étudiants autochtones admissibles à un annuaire national constitué d'organisations et d'institutions offrant plus de 500 prix, qui totalisent plus de 2,5 millions $.

Par ailleurs, tous les Canadiens ont accès au fonds de dotation de 2,5 millions $ des Bourses du Millénaire, créées en 1999, et tous les Autochtones ont accès au fonds de dotation de 22 millions $, qui inclut une somme additionnelle de 10 millions $ annoncée dans le Budget 2005, qui sera utilisé par la Fondation nationale des réalisations autochtones (FNRA) pour offrir du soutien éducationnel supplémentaire. Les étudiants autochtones peuvent également avoir accès aux bourses, aussi administrées par la FNRA, provenant de Santé Canada pour les aider à poursuivre des possibilités d'éducation menant à des carrières de professionnels de la santé.

Ressources humaines et Développement des compétences Canada revoit aussi le soutien qu'il accorde aux peuples autochtones vivant hors réserve dans le cadre de son programme de financement du marché du travail, en particulier celui fourni par la Stratégie de développement des ressources humaines autochtones (SDRHA). D'autres considérations seront prises en compte dans ce contexte pour trouver la meilleure façon d'aider les jeunes Autochtones à développer les compétences requises pour les emplois disponibles.

RECOMMANDATION 4

Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a récemment conduit une série de révisions horizontales du financement des programmes du gouvernement dans le cadre d'un processus de révision des dépenses de l'ensemble des ministères et agences. Au cours de ce travail, les programmes touchant les jeunes Autochtones en milieu urbain des différents ministères sont examinés en vue d'éliminer les dédoublements et de combler les lacunes.

Le Gouvernement est d'accord avec l'idée qu'une base de données ou un carrefour d'échange pour partager l'information sur les programmes touchant les jeunes et le travail s'y rattachant pourrait être très utile pour une vaste gamme d'organisations, gouvernementales ou non, et qu'une telle ressource devrait être accessible à tous. Une approche serait d'utiliser un réseau existant tel que YouthNet ou le portail Aboriginal Canada accessible à l'adresse suivante : Le Réseau autochtone Canada   (non disponible en français)

Le portail Aboriginal Canada offre déjà une fenêtre singulière sur l'information et les services pour les peuples autochtones. Le portail compte parmi ses partenaires neuf ministères fédéraux et six organisations autochtones nationales. Le portail oeuvre constamment à augmenter les liens avec les ministères fédéraux, les provinces et les territoires. L'inventaire des programmes pour les jeunes tenu par Ressources humaines et Développement social.

Les rapports annuels sur les activités et les constatations dans le domaine de la jeunesse autochtone seront inclus dans le Bulletin autochtone que le gouvernement fédéral s'est engagé à produire dans le cadre de son travail pour s'assurer que les programmes et les politiques pour les Autochtones canadiens sont orientés vers l'atteinte de résultats quantifiables.

RECOMMANDATION 5

Que le gouvernement fédéral veille à l'application des principes qui suivent dans le cadre des programmes de prestation de services qu'il finance et qui sont destinés aux jeunes Autochtones vivant en milieu urbain :

Les principes constructifs identifiés par le Comité sénatorial pour guider le développement et la prestation de programmes aux jeunes Autochtones vivant en milieu urbain sont utiles, non seulement pour les efforts déployés par le fédéral, mais aussi pour tous les partenaires financiers et les intervenants. Différents Ministères, incluant les Affaires indiennes et du Nord canadien, Ressources humaines et développement des compétences, Patrimoine canadien, Sécurité publique et Protection civile, appliquent déjà de tels principes dans les phases de développement et de mise en œuvre de projets et d'initiatives.

Le grand principe suggéré ici, soit l'implication de ceux qui sont chargés d'identifier les besoins, de déterminer les priorités, d'élaborer les programmes et la prestation de services, en est un que le Gouvernement a endossé et appliqué de façon accrue ces dernières années dans ses partenariats avec les peuples autochtones. Par exemple, des initiatives fédérales telles que la Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain incluent les jeunes dans les processus décisionnels locaux par l'intermédiaire de comités de pilotage. En outre, Ressources humaines et Développement des compétences Canada finance l'embauche d'intervenants jeunesse dans chacune des organisations autochtones nationales pour accroître la participation des jeunes Autochtones dans le développement des compétences.

Tout en respectant les questions de financement dans ce domaine, le Gouvernement, par l'entremise de Développement social Canada, est à développer une série d'ateliers s'adressant aux intervenants pour développer une Stratégie de Service pour les Autochtones, mettant l'accent sur ceux qui vivant en milieu urbain. Des sessions de planification stratégique ont lieu, avec pour objectif la création d'un groupe de travail qui pourra déterminer quelles offres de service devraient être considérées prioritaires dans le présent et dans l'avenir.

La suggestion visant à «assurer un financement soutenu aux projets pilotes qui ont fait leurs preuves et intégrer ces initiatives aux pratiques ministérielles» devrait être comprise en relation avec les objectifs du Gouvernement en ce qui a trait au financement de tels projets pilotes. Plusieurs de ces initiatives sont destinées à démontrer le potentiel de certaines approches, dans la perspective d'apprendre ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et ce qui peut être amélioré en termes de financement et de prestation. Ces leçons apprises représenteront des outils valables qui seront utiles dans le développement futur des programmes destinés aux jeunes Autochtones.

RECOMMANDATION 6

Étant donné ses rapports fondamentaux, constitutionnels et fiduciaires avec les peuples autochtones du Canada :

Le Gouvernement est d'accord avec l'idée qu'il a un rôle important à jouer, en partenariat avec les provinces, les territoires et les municipalités pour répondre aux préoccupations générales de la population autochtone urbaine du Canada. Plusieurs actions sont en cours pour améliorer la coopération entre les divers intervenants. Le Gouvernement participe à de nombreux mécanismes, comme l'Entente de développement urbain de Winnipeg, qui amène le fédéral, le provincial et d'autres gouvernements à s'occuper des questions autochtones urbaines.

La Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain est un autre exemple de coordination et de collaboration. Comme l'a observé le Comité sénatorial, La Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain est conçue pour améliorer le développement de politiques et la coordination de programmes au niveau fédéral et à d'autres paliers de gouvernement en taillant sur mesure les programmes gouvernementaux selon les besoins spécifiques des peuples autochtones vivant dans les villes.

Le succès des projets pilotes de la Stratégie a mené au doublage de son financement, qui est passé à 50 millions $ dans le Budget 2004. Ces sommes vont financer des projets sur une périodes de quatre ans dans douze ville - Vancouver, Prince George, Edmonton, Calgary, Lethbridge, Saskatoon, Regina, Prince Albert, Winnipeg, Thompson, Thunder Bay et Toronto. Les projets pilotes sont conçus et menés localement, en partenariat avec les peuples autochtones vivant en milieu urbain, des organisations et d'autres paliers de gouvernement. Ces projets mettent à l'épreuve de nouvelles approches pour répondre aux besoins des peuples autochtones urbains. Plus encore, Ressources humaines et Développement des compétences Canada travaille à l'intérieur de la SDRHA pour améliorer la coordination et l'alignement du financement du marché du travail urbain et la capacité de prestation de services dans les centres urbains.

Par le biais de ces projets et d'autres efforts, les organisations autochtones appropriées sont de plus en plus impliquées dans les programmes destinés aux Autochtones vivant en milieu urbain. Cela inclut les organisations locales, davantage familières avec les besoins des peuples autochtones vivant en milieu urbain.

RECOMMANDATION 7

Que, en raison du succès que connaît l'Initiative des centres urbains polyvalents pour les jeunes Autochtones (ICUPJA) et de l'importance de celle-ci pour les jeunes Autochtones vivant en milieu urbain, le gouvernement fédéral, par l'entremise du ministère du Patrimoine canadien :

L'initiative des centres urbains polyvalents pour jeunes Autochtones (ICUPJA) offre aux jeunes Autochtones vivant en milieu urbain des occasions de renforcer leur identité culturelle et les aide à atteindre leurs objectifs personnels. Une récente évaluation de cette initiative a révélé trois éléments qui ont contribué à son succès : l'ICUPJA permet de développer les compétences de gestion des jeunes Autochtones en les stimulant et en les incitant à se surpasser; elle renforce l'identité culturelle des jeunes participants pour ainsi les aider à atteindre leurs objectifs personnels; et elle donne une flexibilité permettant d'offrir des projets conformes aux besoins, aux cultures et aux capacités des communautés. Le principe « Par les jeunes, pour les jeunes » permet aux jeunes Autochtones de participer à la construction de leur propre avenir. La collaboration des jeunes lors de l'élaboration et de la mise en oeuvre de projets leur permet d'améliorer leur estime de soi et d'accroître leur engagement au sein de leur communauté. Les résultats démontrent que, dans plusieurs cas, les compétences, les connaissances, l'expérience et l'estime de soi acquis lors de la mise en oeuvre de projets ou dans des comités consultatifs, ont contribué à inciter les participants à poursuivre des possibilités académiques ou liées à des perspectives d'embauche. Plusieurs sont aujourd'hui des leaders communautaires.

Néanmoins, les jeunes Autochtones doivent encore surmonter d'importants défis. Les données du recensement démontrent qu'en dépit d'une certaine amélioration du rendement scolaire et d'une diminution du taux de chômage chez les jeunes Autochtones, il existe encore d'importants écarts entre le rendement des jeunes Autochtones et des non-Autochtones. Patrimoine Canadien entend poursuivre sur cette lancée en continuant d'inciter les jeunes Autochtones vivant en milieu urbain à se surpasser pour améliorer le potentiel de leurs communautés ainsi que leurs propres perspectives d'avenir.

RECOMMANDATION 8

Que le gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et les représentants et les organismes pertinents des jeunes Autochtones vivant en milieu urbain, fournisse des fonds d'immobilisation pour la création, dans les communautés urbaines où est concentrée une forte population de jeunes Autochtones, de centres pour jeunes citadins autochtones. Ces centres seront situés dans des endroits facilement accessibles aux jeunes.

Le Gouvernement du Canada, par l'entremise de Patrimoine canadien, soutient 100 Centres d'amitié autochtones à travers le Canada. Ceux-ci offrent aux Autochtones vivant en milieu urbain, incluant les jeunes, des installations dans lesquelles ils peuvent se rencontrer et accéder à une programmation culturelle pertinente et à des services.

En raison de la croissance significative des populations autochtones urbaines, Patrimoine canadien travaille avec les Centres nationaux d'amitié autochtones pour répondre aux pressions auxquelles font face les jeunes Autochtones vivant en milieu urbain.

RECOMMANDATION 9

Que le gouvernement fédéral, en collaboration avec les organisations autochtones pertinentes, mettre sur pied à l'intention des jeunes citadins autochtones, des programmes de transition appropriés culturellement et axés sur la communauté. Des efforts devront être faits pour établir des liens entre les services de transition pour jeunes Autochtones et les communautés des réserves et des campagnes.

Le Gouvernement du Canada est d'accord avec l'idée que les programmes de transition peuvent être une partie importante des efforts pour aider les jeunes Autochtones à s'adapter au mode de vie urbain, et que des liens avec leurs réserves ou leurs communautés locales sont nécessaires pour être parfaitement efficaces. Plusieurs ministères travaillent avec les organisations autochtones, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les autorités locales dans ce domaine.

À titre d'exemple, la majorité des programmes de Patrimoine canadien pour les jeunes Autochtones en milieu urbain est administré par l'intermédiaire d'ententes de tiers avec les organisations autochtones. Les fonds de Patrimoine canadien soutiennent les conseils des jeunes Autochtones aux niveaux national, provincial et régional. Ces conseils des jeunes sont activement impliqués dans l'élaboration et la mise en œuvre du financement provenant de Patrimoine canadien et d'autres sources pour les jeunes Autochtones urbains. Ces conseils créent des occasions pour les jeunes Autochtones de développer un important leadership, d'acquérir de l'expérience sur les politiques et le financement et d'influencer le gouvernement pour qu'il réponde plus efficacement aux besoins et aux aspirations des jeunes.

Les projets pilotes de la Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain constituent un autre exemple de travail en cours dans ce domaine. Ces projets pilotes mettent à l'épreuve de nouvelles idées sur la façon de répondre, par le biais de partenariats, aux besoins de peuples autochtones urbains. Certains de ces projets expérimentent des approches novatrices pour répondre aux questions de transition. Les idées couronnées de succès seront reprises dans de futures initiatives. Le Gouvernement est ouvert aux idées des organisations autochtones et des communautés sur les manières d'aider les jeunes à bien s'adapter à la vie urbaine et éviter le piège de la criminalité.

RECOMMANDATION 10

Que le gouvernement fédéral, par l'entremise du ministre d'État à la Condition physique et au Sport amateur, élabore et finance une initiative pour offrir une gamme d'activités sportives et récréatives aux jeunes citadins autochtones. Cette initiative devra faire la promotion de programmes d'activités sportives et récréatives :

Le Gouvernement du Canada est d'accord avec cette recommandation et reconnaît que le sport peut être d'un grand secours pour combattre les problèmes des jeunes dans les communautés autochtones, qu'elles soient urbaines ou rurales. Patrimoine canadien (Sport Canada), en collaboration avec les leaders sportifs autochtones à l'échelle nationale et communautaire, travaillent à l'amélioration de la santé autochtone et du bien-être par le sport. Ce travail est conçu de façon à avoir, à long terme, un grand impact sur les jeunes et les enfants. Parmi ses bénéfices, notons le développement du leadership, des compétences sociales et démocratiques, la stimulation de l'économie, aidant ainsi à contrer les effets pervers de la pauvreté, l'amélioration de la qualité de vie des participants et de leurs communautés, et la réduction des barrières à la participation sportive des jeunes Autochtones en milieu urbain et ailleurs.

Sport Canada contribue 1,2 millions $ par année pour le développement du sport autochtone par le biais de huit ententes bilatérales avec les provinces et les territoires. Sport Canada finance également plusieurs organisations sportives nationales et multiservices pour des projets de développement de la participation sportive. En 2004-2005, la contribution à sept programmes de développement du sport autochtone totalisait 330 000 $. Ce financement a permis d'offrir des séances d'initiation aux sports tels que le badminton, le basket-ball, le canoë-kayak, le hockey et le tennis de table aux enfants et aux jeunes autochtones. D'autres initiatives de développement du sport autochtone incluent un programme de modèle autochtone (Esteem Team) et un «On the Move», un programme de participation sportive pour les filles autochtones (Association canadienne pour l'avancement des femmes et des sports) en partenariat avec le Cercle sportif autochtone. Sport Canada a également octroyé 485 000 $ pour le financement du Cercle sportif autochtone qui soutient les initiatives sportives autochtones telles que le coaching et le développement des athlètes.

RECOMMANDATION 11

Que le gouvernement fédéral, par l'entremise du ministère du Patrimoine canadien, offre un financement spécial et soutenu à l'égard des programmes d'arts expressément destinés aux jeunes Autochtones vivant en milieu urbain.

Le Gouvernement du Canada apprécie la contribution que l'implication dans les arts de toutes sortes peut apporter à la fois aux individus et à leur communauté. Pour les jeunes Autochtones urbains, les arts peuvent être une source d'estime de soi et de fierté, une occasion d'explorer leur patrimoine et une façon de canaliser de façon constructive leur énergie, leurs talents et leurs intérêts.

De nombreux projets soutenus par divers ministères fédéraux incluent les expériences artistiques des Autochtones. Le Secrétariat des arts autochtones du Conseil des Arts du Canada a aussi la responsabilité de soutenir l'engagement des pratiques artistiques autochtones dans toutes les disciplines artistiques. Son programme de subventions offre du financement aux groupes et aux individus autochtones pour des projets qui implique le partage, l'appréciation, la compréhension ou la sensibilisation aux connaissances et aux pratiques traditionnelles et/ou contemporaine. Par le biais des projets pilotes de la Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain, le Gouvernement soutient les initiatives qui donnent l'occasion aux jeunes autochtones urbains de participer au financement des arts. À titre d'exemple : Moccasin Flats, une série télévisée produite à Regina, qui remporte un immense succès.

RECOMMANDATION 12

Que le gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et les organisations autochtones, élabore diverses stratégies afin de réduire l'absentéisme scolaire chez les jeunes autochtones. Ces stratégies devront comporter des mesures axées sur :

Le Gouvernement du Canada voit le grave problème d'absentéisme des jeunes Autochtones comme une partie d'un plus vaste enjeu d'efficacité éducationnelle à travers les années scolaires. L'absentéisme est symptomatique de divers enjeux dont certain prennent racine dans les jeunes années. Un certain nombre d'initiatives de divers ministères touchent à tout le moins indirectement à cette question.

Le programme d'aide préscolaire aux Autochtones dans les réserves (PAPAR), qui s'adresse aux communautés urbaines et nordiques est un programme de développement de la petite enfance financé par Santé Canada pour les enfants autochtones et leurs familles. Dans le cadre de ce programme, des stratégies d'intervention en bas âge donnent aux enfants autochtones une image positive d'eux-mêmes, une volonté d'apprendre et des possibilités pour devenir des jeunes gens qui réussissent. Les projets sont élaborés et contrôlés localement, et administrés par des organisations autochtones sans but lucratif.

En outre, par le biais des séances de suivi sectorielles sur l'apprentissage permanent, le Gouvernement explore de nouvelles façons de travailler avec les peuples autochtones et les gouvernements provinciaux et territoriaux là où le besoin d'améliorer les résultats éducationnels des peuples autochtones se fait sentir.

Pour soutenir la culture et les langues autochtones, le Gouvernement a annoncé une somme de 172,5 millions $, en décembre 2002, pour soutenir la création d'un nouveau Centre des langues et des cultures autochtones. Les recommandations d'un comité consultatif autochtone examinant les activités et les opérations de ce centre sont attendues d'ici peu. Le Budget 2005 prévoit un financement de 5 millions $ pour prolonger d'une année l'Initiative des langues autochtones, qui soutient des projets communautaires touchant les langues autochtones.

En outre, le Programme d'études canadiennes (PEC) soutient la recherche et le développement de matériel d'apprentissage de qualité pour les jeunes Canadiens. Parmi les initiatives financées, le développement de matériel d'apprentissage culturellement pertinent pour les jeunes Autochtones.

RECOMMANDATION 13

S'attaquer au trouble du spectre de l'alcoolisation fœtale (TSAF) fait partie d'une plus vaste approche (i.e. une approche multi-agences) pour identifier des stratégies à long terme de prévention et d'intervention qui profiteront à la fois aux communautés autochtones urbaines et aux Premières nations vivant sur réserve.

Des engagements à réduire le nombre de nouveau-nés autochtones affectés par le TSAF et de fournir aux communautés autochtones des outils et des ressources pour solutionner le TSAF se retrouvent dans les trois plus récents Discours du Trône. L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) est actuellement en train de développer la recherche, le diagnostique et les capacités de détection pour traiter le TSAF. Elle travaille également avec les partenaires du Gouvernement du Canada, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les organisations communautaires (incluant les organisations autochtones), et avec les individus affectés afin d'explorer les écarts en matière de connaissances, de formation, d'outils et de ressources pour traiter le TSAF. L'ASPC explore présentement des façons de cibler la population générale tout en se concentrant sur les peuples autochtones vivant en milieu urbain et dans les communautés du Nord. Cette approche intégrée du TSAF œuvre à mettre en commun, et donc à augmenter, les investissements actuels des autres stratégies et initiatives fédérales, provinciales et territoriales, telles que le Partenariat du Nord-Ouest canadien pour le TSAF, Santé Publique (surveillance et épidémiologie), l'Initiative nationale pour les sans-abri, le renouvellement de la justice pour les jeunes, la prévention du crime, la condition des personnes handicapées et la Stratégie canadienne renouvelée sur les drogues, et le développement de la petite enfance pour les enfants autochtones.

Le Budget 2005 a identifié 145 millions $ pour la santé des mères et des enfants et le développement de la petite enfance. En général, l'augmentation des programmes construirait sur les fondations constituées des investissements actuels pour développer une approche plus intégrée et complète et combler les écarts prioritaires. Le programme de santé pour la mère et l'enfant fera la promotion de grossesses saines, des bébés et des jeunes enfants. L'expansion du programme d'aide préscolaire aux Autochtones dans les réserves et hors réserve est conçue pour préparer les enfants autochtones à leurs années scolaires. Le programme encourage le développement de projets contrôlés localement avec des composantes qui incluent la culture et la langue, l'éducation, la promotion de la santé, la nutrition, le soutien social et l'implication parentale. Le programme s'efforce aussi de fournir des compétences parentales et d'améliorer les relations familiales, de favoriser le développement émotionnel et social et d'accroître la confiance.

RECOMMANDATION 14

Que le gouvernement fédéral, par l'entremise du ministère de la Santé et en collaboration avec les organisations autochtones et les représentants de la jeunesse autochtone :

Les enjeux liés à la santé sexuelle, à la grossesse et à la maternité/partenité sont des domaines de grande importance pour les Autochtones canadiens, spécialement pour les jeunes. Un certain nombre de programmes soutenus par le Gouvernement du Canada traitent de ces domaines.

Le programme d'aide préscolaire aux Autochtones urbains et des communautés du Nord offre des stratégies d'intervention en bas âge conçues et contrôlées localement, qui implique le soutien aux parents à titre de premiers et de plus influents professeurs des enfants, tout en offrant une expérience préscolaire aux jeunes enfants autochtones afin de les préparer pour leurs années scolaires.

Les programmes communautaires augmentent l'accès à la santé et au soutien social pour les enfants et les familles vivant dans des circonstances qui présentent des défis. Par leur adaptabilité de mise en œuvre au niveau des communautés, ces programmes répondent aux besoins des populations prioritaires, incluant les peuples autochtones vivant en milieu urbain et dans les communautés du Nord. Le Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP), par exemple, dessert environ 50 000 femmes chaque année, dont approximativement 22% qui s'identifient comme Autochtones.

Personne n'est parfait est un programme culturel approprié qui cible diverses communautés et groupes, incluant les peuples autochtones vivant en milieu urbain et dans les communautés du Nord. Le programme offre de l'éducation parentale et du soutien aux parents vulnérables. Personne n'est parfait est intégré à des programmes communautaires existants tels que le Programme d'action communautaire pour les enfants, le PCNP, le programme d'aide préscolaire aux Autochtones urbains et des communautés du Nord et par le biais des services de santé et des services sociaux provinciaux.

Il est largement reconnu que la promotion de la santé publique et la prévention de la maladie sont essentielles pour réduire les disparités en santé, atteindre des résultats enviables en matière de santé, et contribuer à la durabilité de notre système de santé. C'est pour cette raison que le Gouvernement du Canada a annoncé, dans le Budget 2005, un investissement de 300 millions $ sur une période de 5 ans dans la Stratégie intégrée vivre en santé et maladies chroniques. Cette stratégie intégrée inclura une série d'activités pour faire la promotion de saines habitudes alimentaires et encourager l'activité physique et le poids santé qui peuvent aider à prévenir et contrôler les maladies chroniques, de saines habitudes de vie qui peuvent être transmise des parents aux enfants.

Plus encore, lors de la réunion spéciale des Premiers ministres et des leaders autochtones qui a eu lieu le 13 septembre 2004, le gouvernement fédéral s'est engagé à mettre en œuvre une série de mesures pour répondre à des questions de santé urgentes et critiques pour les peuples autochtones du Canada. Ces investissements s'attaqueront aux besoins urgents et critiques en matière de santé dans les communautés autochtones, incluant la santé sexuelle. À long terme, ces investissements devraient contribuer à combler l'écart dans le statut de la santé entre les peuples autochtones et les autres Canadiens, et augmentera l'accès à des services de santé de qualité. Ce financement a été confirmé dans le Budget 2005. Il inclut : 200 millions $ sur 5 ans pour la création d'un Le Fonds pour l'adaptation des services de santé autochtones, 100 millions $ sur 5 ans pour une initiative de ressources humaines en santé, et 400 millions $ d'investissements en prévention et promotion, incluant des investissements pour la prévention du suicide des jeunes autochtones, la santé de la mère et de l'enfant et le développement de la petite enfance.

Le Fonds pour l'adaptation des services de santé (FASS) est destiné à permettre aux gouvernements et aux communautés de concevoir de nouvelles façons d'intégrer et d'adapter des services de santé existants afin de mieux répondre aux besoins des peuples autochtones. Une enveloppe du financement pour le FASS provient de l'adaptation, dont l'objectif est de soutenir les gouvernements provinciaux et territoriaux afin qu'ils adaptent leurs programmes de santé existants pour répondre aux besoins uniques de tous les peuples autochtones, incluant ceux vivant en milieu urbain, les terres de peuplement et les communautés métisses.

RECOMMANDATION 15

Que le gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et les administrations municipales, et en consultation avec les organisations autochtones, appuie l'établissement de maisons d'hébergement pour aider les jeunes Autochtones urbains à quitter le milieu des gangs. Les programmes devraient cibler les grandes villes « à risque élevé ».

Le Gouvernement du Canada partage les préoccupations du Comité en ce qui a trait à l'implication des jeunes Autochtones dans des gangs. Le Gouvernement soutient un certain nombre de projets qui visent, à tout le moins en partie, à aider les jeunes Autochtones à s'affranchir des gangs. Des exemples des initiatives du Gouvernement du Canada à ce chapitre suivent.

Le ministère de la Justice soutient plusieurs projets à Winnipeg, incluant la Table ronde communautaire sur les questions de gangs autochtones, organisée par l'Association métisse de Winnipeg pour réunir les travailleurs de première ligne des initiatives communautaires de Colombie-Britannique, de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba qui travaillent avec les membres des gangs autochtones. Cette Table ronde offrira l'occasion de discuter et de planifier une guérison et une réintégration des membres de gangs autochtones dans la communauté.

Sécurité publique et Protection civile Canada (SPPCC) et ses partenaires sont impliqués dans plusieurs activités, incluant une stratégie communautaire sur la violence et les questions de gangs à Edmonton. Cette stratégie cherche à répondre aux points de pression et aux écarts dans les services et à recommander et mettre en œuvre des approches novatrices et des solutions aux problèmes existants. Cela aidera à réduire la sur-représentation des Autochtones dans le système de justice criminelle. Cela aidera également à développer des processus communautaires qui offrent des alternatives à l'incarcération et soutiennent la libération sécuritaire, opportune et efficace des délinquants autochtones des institutions fédérales. Parmi les partenaires, on retrouve le Service de police d'Edmonton et les commerces locaux.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a entrepris des démarches proactives pour dissuader les jeunes de joindre des gangs. Par exemple, plusieurs jeunes Autochtones doivent quitter leurs communautés pour fréquenter l'école secondaire dans de grands centres urbains, devenant ainsi des proies faciles pour les gangs qui les recrute pour se joindre à eux. À Winnipeg, un programme finance le déplacement de victimes de la violence des gangs et d'anciens membres de gangs vers les communautés pour qu'ils puissent venir témoigner auprès des autres jeunes et les mettre en garde avant que ces derniers ne quittent leurs communautés pour aller étudier dans de plus grands centres urbains.

La Stratégie nationale de prévention du crime (SNPC) soutient des initiatives qui cherchent à réduire le nombre de crimes et de persécutions dans les communautés à travers le Canada. En s'adonnant à la prévention du crime par le biais du développement social, la SNPC cherche à réduire les facteurs de risques qui peuvent conduire certains individus à risque, tels que les jeunes Autochtones, à adopter des comportements criminels. La SNPC offre du soutien financier et des ressources pour aider les jeunes Autochtones à gérer les facteurs psychologiques, sociaux et économiques qui peuvent mener au crime et à la persécution tels que la violence familiale, l'isolement social, l'analphabétisme et l'abus de drogues et d'alcool.

Dans le même ordre d'idée, à travers la Stratégie de développement des ressources humaines autochtones, Ressources humaines et Développement des compétences Canada a mis l'accent sur les besoins des jeunes à risque et cherche des façons d'augmenter son soutien. La Stratégie d'emploi pour les jeunes aide déjà plusieurs jeunes Autochtones urbains à risque et d'autres possibilités sont explorées.

RECOMMANDATION 16

Que le gouvernement fédéral élargisse le Programme national de lutte contre l'abus de l'alcool et des drogues chez les Autochtones pour inclure tous les jeunes Autochtones des régions urbaines, sans égard à leur statut.

À titre de programme de santé financé par le fédéral, le Programme National de lutte contre l'abus de l'alcool et de drogues chez les Autochtones (PNLAADA) fournit des services de traitement aux Premières nations vivant dans les réserves et aux Inuits vivant dans les communautés inuites, cependant, le PNLAADA dépanne aussi les Premières nations vivant hors réserve, là où l'accessibilité le permet. Les centres de traitement du PNLAADA ciblent la population adulte et offrent occasionnellement des services aux jeunes adultes. En ce moment, il y a trois centres de traitement du PNLAADA situés dans les zones urbaines (Calgary, Thunder Bay et Winnipeg). Les autres centres sont situés dans les réserves. Le programme doit subir une évaluation qui en déterminera la direction future, incluant sa portée, l'allocation de ressources et les priorités du programme.

Le Programme national de prévention et de traitement de l'abus des solvants chez les jeunes joue un rôle communautaire de prévention, d'intervention et de traitement des jeunes abuseurs de solvant. Cela inclut un réseau de centres de traitement de la dépendance au solvant qui offrent des services de traitement internes et externes culturellement adaptés aux jeunes des Premières nations. La plupart des centres ciblent les jeunes de 12 à 19 ans et un vise les jeunes de 16 à 25 ans. Les composantes du programme consistent en l'intervention et le traitement. Tout comme pour le PNLAADA, le Programme national de prévention et de traitement de l'abus des solvants chez les jeunes cible principalement les Premières nations vivant dans les réserves et aux Inuits vivant dans les communautés inuites. Néanmoins, le Programme dépanne les jeunes des Premières nations vivant hors réserve, là où l'accessibilité le permet. Une évaluation des services du Programme offerts aux jeunes des Premières nations et aux jeunes Inuits qui abuse de solvant est en cours.

L'un des objectifs du PNLAADA et des programmes de lutte contre l'abus de solvant est d'offrir des traitements culturellement adaptés aux Premières nations et aux peuples inuits. Les programmes sont gérés par les organisations des Premières nations et/ou par les communautés, et combinent des approches non-autochtones, telles que des programmes d'enseignement en 12 étapes à des compétences et des techniques issues des cultures des Premières nations et des Inuits. Cette recommandation de créer des centres de traitement et de services pour les jeunes culturellement adaptés est soutenue et est présentement mise en œuvre par le PNLAADA et les programmes de lutte contre l'abus de solvant chez les jeunes.

Le Programme de traitement et de réhabilitation d'abus d'alcool et de drogues, un programme de 14 millions $ par année, dont les coûts sont partagés par les provinces et les territoires participants, travaille à assurer l'accès aux Canadiens à des services efficaces de traitement d'abus d'alcool et de drogues, en particulier les jeunes et les femmes. De tels services peuvent inclure le financement du traitement des dépendances à l'alcool et aux drogues pour les Autochtones non admissibles au financement sous le PNLAADA. Le programme entreprend également des activités de recherche telles que le développement et la propagation de connaissances et d'informations qui contribuent au traitement efficace et de qualité des dépendances à l'alcool et aux drogues et aux programmes de réhabilitation visant à répondre aux besoins des populations vulnérables. Le Programme de financement des tribunaux de traitement de la toxicomanie (PFTTT) est un programme de financement sous forme de contribution disponible aux organisations gouvernementales et non-gouvernementales pour mettre en œuvre des tribunaux de traitement de la toxicomanie. Le PFTTT reçoit l'approbation du Conseil du Trésor en octobre 2004. Selon la situation géographique des nouveaux tribunaux soutenus par le Programme, il est possible que certains soient accessibles aux clients hors réserve.

RECOMMANDATION 17

Tel que noté précédemment, le Gouvernement du Canada, par le biais de la Stratégie de développement des ressources humaines autochtones (SDRHA), ne travaille pas qu'à outiller les jeunes Autochtones avec des compétences d'emploi pertinentes mais examine aussi les possibilités de lancer de nouvelles initiatives dans ce domaine. Celles-ci incluent un soutien additionnel par le biais du SDRHA, tel que recommandé par le Comité, et de futurs projets pour les jeunes Autochtones par le biais de la Stratégie d'emploi pour les jeunes.

De façon similaire, les étudiants autochtones ont accès à des bourses d'études de Santé Canada, administrées par la Fondation nationale des réalisations autochtones (FNRA), pour les aider à poursuivre des possibilités d'éducation menant à des carrières de professionnels de la santé. Les 100 millions $ confirmés dans le Budget 2005 pour l'Initiative des ressources humaines autochtones en santé sont destinés à accroître le nombre d'Autochtones qui choisiront une profession en soins de la santé; à adapter les curriculums actuels des professionnels de la santé pour qu'ils fassent preuve de plus de sensibilité culturelle; et à améliorer le maintien des travailleurs de la santé desservant les peuples autochtones, incluant les Premières nations, les Inuits et les Métis. Ce travail s'appuiera sur le travail de la Stratégie pan-canadienne des ressources humaines en santé. Santé Canada travaille avec les Autochtones, le fédéral, les provinces, les territoires, les professionnels de la santé et d'autres partenaires pour développer une initiative globale.

La création de meilleurs liens entre les jeunes Autochtones et le secteur privé est nécessaire pour que les jeunes Autochtones puissent participer pleinement à la société canadienne. À cette fin, le Gouvernement du Canada contribue au projet Blueprint for the Future (BFF), un projet élaboré par la FNRA pour augmenter la sensibilisation aux possibilités d'emploi et aux exigences en matière de formation qui y sont associées dans divers secteurs du marché du travail canadien. Jusqu'à ce jour, le programme a soutenu environ 25 000 jeunes qui ont participé à des foires de carrières à Vancouver, Edmonton, Calgary, Saskatoon, Winnipeg, Toronto et Halifax.

RECOMMANDATION 18

Le Gouvernement du Canada est depuis longtemps engagé dans une vaste gamme de programmes pour répondre aux besoins de ceux qui sont le plus à risque. Les comités de pilotage locaux, qui relèvent de la Stratégie autochtone en milieu urbain, attribuent 75 pour cent des ressources et des efforts pour aider les jeunes à risque.

À titre d'exemple, le Projet d'intégration des lieux de travail BladeRunners fournir de la formation et des emplois dans les métiers et la construction à 24 jeunes Autochtones, dont 16 hommes et 8 femmes. Les jeunes recevront de la formation, profiteront de placement d'emplois et d'un soutien continu et développeront un lien à long terme avec le marché du travail. L'objectif du projet est de fournir une expérience de travail enrichissante aux participants en construction et aux métiers, résultant d'un lien à long terme avec le marché du travail.

Les projets pilotes de la Stratégie autochtone en milieu urbain sont conçus et menés localement, et travaillent avec les organisations et les peuples autochtones. Il n'y a pas de solution unique aux défis auxquels font face les peuples autochtones vivant dans les villes. Pour cette raison, tous les projets pilotes de la Stratégie utilisent une différente approche pour répondre aux questions pressantes de leurs communautés et tentent de trouver des solutions locales à leurs priorités. L'accent mis sur la contribution locale pour la prise de décisions utilisant une multitude d'approches (agences de services locales, groupes communautaires, Centre d'amitié, etc.) devrait grandement contribuer au succès de ces projets pilotes.

RECOMMENDATION 19

Que les organismes et ministères du gouvernement fédéral qui participent à la coordination et à la mise en œuvre des mesures recommandées dans ce rapport établissent un compte rendu annuel de leurs actions et des progrès accomplis et qu'ils le remettent au Comité.

Le Gouvernement du Canada s'est engagé à évaluer les résultats atteints par les ministères et agences pour le compte des Autochtones canadiens, incluant les jeunes Autochtones urbains, et de rapporter les résultats aux peuples autochtones, au Parlement et au grand public.

Pour y parvenir, le Gouvernement démontre son engagement à soutenir le progrès des Autochtones canadiens par le biais du développement d'un Bulletin autochtone. Le Discours du Trône d'octobre 2004 engageait le Gouvernement à «développer des indicateurs spécifiques de la qualité de vie ainsi qu'un bulletin, destinés à assurer la reddition de comptes par tous les intervenants et à stimuler le progrès.»

Le Bulletin est une importante initiative pour mesurer le progrès accompli en matière de conditions socio-économiques et de transformation des relations avec les peuples autochtones. Le Bulletin inclura des indicateurs-clés développés conjointement et identifiera les domaines où davantage de travail sera nécessaire pour combler l'écart entre les conditions de vie des peuples autochtones et celles des autres Canadiens.

Comme premier pas vers la création du Bulletin, La Performance du Canada 2004, publié par le Président du Conseil du Trésor, contient un chapitre sur les questions autochtones et fournit de l'information sur la performance sur quatre résultats-clés pour les Autochtones canadiens : la participation dans l'apprentissage continu, l'autonomie économique, la santé des communautés et le renforcement des relations entre les peuples autochtones et le Canada.

En outre, une gamme de rapports lies à ces questions sont émis par les ministères et les programmes.

Combiné à la présente Réponse, ces initiatives devraient servir les besoins du Comité et des autres qui partagent les préoccupations du Gouvernement à l'égard des jeunes Autochtones urbains.

CONCLUSION

Le Gouvernement du Canada est de plus en plus engagé dans le soutien et les partenariats avec une vaste gamme d'intervenants, incluant les ministères fédéraux, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les autorités locales, les organisations non-gouvernementales, et - plus important encore - les organisations autochtones pour s'attaquer aux défis que rencontrent les jeunes Autochtones urbains, Comme plusieurs de ces questions chevauchent les champs de compétences, il importe que le Gouvernement du Canada travaille en étroite collaboration avec les provinces et les territoires pour répondre conjointement aux questions auxquelles font face les jeunes Autochtones.

Le Comité sénatorial, et les nombreux témoins qu'il a entendus, comprennent l'importance critique de permettre à la prochaine génération de partir du bon pied. Il existe un consensus autour des questions critiques que sont l'éducation, la formation en cours d'emploi et l'emploi. Ces questions sont essentielles pour que les jeunes Autochtones puissent occuper une place significative dans l'économie canadienne. Les parties sont aussi d'accord sur le fait que la participation sociale, le maintien d'une bonne santé, le sens de l'identité et les possibilités de développement artistique constituent une part essentielle du développement des jeunes et que dans tous ces domaines, les jeunes Autochtones font face à des défis uniques.

Le Gouvernement du Canada est d'accord avec le Comité lorsqu'il affirme qu'il est temps d'envisager les jeunes Autochtones urbains sous un angle positif, plutôt que de toujours mettre l'accent sur leurs problèmes. Bien que les défis soient réels et que davantage d'efforts doivent être déployés pour s'y attaquer, il est néanmoins important pour tous les intervenants de «pour commencer à envisager l'adoption d'une démarche plus constructive, qui mette l'accent sur la contribution effective et possible des jeunes Autochtones à l'avenir du Canada.»

Le travail du Comité et sa compréhension des enjeux et des principes identifiés pour guider le Gouvernement du Canada dans sa réponse aux besoins des jeunes Autochtones urbains, de même que les nombreuses et judicieuses recommandations qu'il a mises de l'avant, sont une contribution majeure à l'élaboration d'une réponse nationale à ces questions critiques, et le Gouvernement en remercie le Comité.



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