
Lorsque les organisateurs de la visite royale ont demandé qu'on orne de perlage mi'kmaq traditionnel un ensemble que Sa Majesté la reine allait porter pendant son séjour en Nouvelle-Écosse, on a naturellement pensé à Geneviève Julian.
Geneviève effectue des ouvrages de perlage depuis des dizaines d'années. Elle a commencé avec des mocassins et des robes traditionnelles avant d'ornementer les parures de tête de chefs. « Ils sont tellement nombreux, j'ai perdu le compte », dit-elle en riant. C'est pourquoi elle affirme ne pas avoir été nerveuse du tout lorsque son petit fils Gordon lui a fait part de la demande.
« Ce n'est que lorsque nous avons terminé le travail que je me suis dit "oh mon Dieu, c'est pour la reine d'Angleterre!" » Elle dit nous, car elle a travaillé avec sa fille Valérie, qui a appris les techniques du perlage de sa mère et lors d'un séjour dans l'Ouest canadien.

Geneviève et Valérie ont reçu les cols et les poignets de la robe et de la veste de la reine, et ont commencé le travail en cherchant un motif. Elles savaient déjà qu'elles voulaient travailler avec le motif traditionnel de la double courbe, puisqu'il s'agit d'un des motifs d'ornementation les plus connus de la tradition mi'kmaq. La double courbe a été utilisée à de nombreuses fins au cours de l'histoire mi'kmaq; elle apparaît même dans des pétroglyphes. Les femmes ont donc pris le temps de déterminer la meilleure façon d'utiliser ce motif pour cette utilisation spéciale.
Une fois le motif choisi, Valérie a commencé le travail des dessins pour les cols, qui serviraient de base pour créer les poignets. Elles ont eu besoin d'une journée pour perfectionner les dessins. « Ma mère est difficile à satisfaire, c'est bien; j'ai dû souvent obtenir son approbation », affirme Valérie en souriant.
Satisfaites du motif et de leurs dessins, la mère et la fille de Millbrook ont commencé à fixer les perles. Elles ont travaillé pendant six heures, à trois ou quatre occasions au cours des semaines suivantes. Par une étrange coïncidence, elles ont terminé leur ouvrage le jour de l'anniversaire de la reine. Elles ont envoyé les cols et les poignets en Angleterre, puis ont commencé à attendre.

« C'était comme attendre Noël », dit Valérie. Le moment où les femmes Julian ont vu la reine porter leur perlage a été extraordinaire. Sa Majesté a porté l'ensemble durant sa visite du village culturel mi'kmaq et lors de la réception « Célébration de la Nouvelle-Écosse », tenue par le premier ministre Darrell Dexter.
« J'ai presque pleuré, affirme Valérie. C'était un si grand honneur; non seulement de faire le travail, mais de le faire avec ma mère. Une telle occasion ne se présente pas tous les jours. » « C'était un privilège », ajoute Geneviève.
Sa Majesté la reine et Son Altesse Royale le duc d'Édimbourg ont visité la Nouvelle-Écosse du 28 au 30 juin, au début de leur visite royale au Canada. Ils ont ensuite visité la région de la capitale nationale, Winnipeg, Toronto et Kitchener-Waterloo, avant de quitter le Canada le 6 juillet.

Le couple royal avait demandé à visiter le village culturel mi'kmaq, et cette activité a été un point marquant de leur séjour en Nouvelle-Écosse. Ils ont été accueillis à la commune par le grand chef Ben Sylliboy, le grand keptin Andrew Denny et l'éducatrice mi'kmaq respectée, sœur Dorothy Moore.
Au village culturel mi'kmaq cultural, on a fait la démonstration de techniques traditionnelles pour le tannage des peaux d'orignaux et la fabrication de paniers et d'attelles. On a joué au waltes, un jeu de dés mi'kmaq, et décrit l'importance des artefacts du site archéologique de Debert, vieux de 11 000 ans. Les élèves mi'kmaq ont présenté au couple royal deux légendes mi'kmaq sur les aurores boréales et le bison, et ce, à l'aide d'animation par ordinateur.
Sa Majesté et Son Altesse Royale ont aussi appris au sujet des festivités du 400e anniversaire du baptême du grand chef Membertou. La chorale des jeunes Se't A'newey Kina'matino'kuom de l'école St. Anne de Conne River (T.-N.-L.) a aussi chanté Weleyut (Amazing Grace) au village culturel mi'kmaq.