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de Rod Bruinooge, député, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits

à l'occasion de

la 20e assemblée générale annuelle de l'Assemblée des chefs du Manitoba

Nation ojibway de Brokenhead
Le 12 août 2008

Priorité au discours prononcé

Chef Deborah Chief, Grand chef Ron Evans, Mesdames, Messieurs, merci à la Nation ojibway de Brokenhead pour son aimable accueil. C’est pour moi un plaisir que de visiter le territoire visé par le Traité no 1 et un honneur de m’adresser à l’Assemblée des chefs du Manitoba au nom de l’honorable Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.

Cette 20e assemblée générale annuelle est l’occasion parfaite de célébrer le progrès remarquable accompli par les Premières nations du Manitoba et d’envisager des moyens d’ajouter à cette réussite.

À titre d’exemple, il est opportun que l’assemblée de cette année ait lieu ici, au casino de South Beach ÿ une entreprise prospère qui emploie beaucoup de citoyens des Premières nations et génère des revenus importants pour des initiatives communautaires dans tout le Manitoba. Si je comprends bien, le projet d’agrandissement, qui devrait être terminé à l’automne, permettra au casino de contribuer encore davantage à l’évolution de la communauté.D’autres initiatives excellentes doivent être soulignées, par exemple, le projet d’amélioration de l’enseignement, qui promet de meilleurs résultats scolaires pour les enfants des Premières nations du Manitoba. Sous la direction du Centre de ressources éducationnelles des Premières nations du Manitoba, plusieurs partenaires participent à la réalisation de ce projet : l’Assemblée des chefs du Manitoba, Manitoba Keewatinowi Okimakanak, la Southern Chiefs Organization, Affaires indiennes et du Nord Canada et la province du Manitoba.

Quatre écoles ÿ dont une ici même, dans la communauté de la Nation ojibway de Brokenhead ÿ piloteront le projet jusqu’en juin de l’an prochain. Les écoles participantes reçoivent de l’aide dans des secteurs clés, comme l’administration et le développement professionnel. Le progrès des élèves sera suivi de près et les résultats éclaireront la prise de décisions pour la suite des choses. Même s’il lui reste encore un an, je crois pouvoir déjà dire que ce projet pilote est un pas de géant dans la bonne direction.Nous reconnaissons tous les liens solides qui existent entre l’accès à des services éducatifs de haute qualité et la réussite dans la vie par la suite. Tous les partenaires doivent continuer de collaborer pour garantir aux enfants des Premières nations de cette province les services éducatifs dont ils ont besoin pour obtenir des emplois stables où ils pourront s’épanouir et contribuer à l’évolution de leurs communautés.

Des progrès ont été réalisés, aussi, en ce qui concerne l’eau potable. Le Programme de services itinérants de formation du Manitoba est une autre réussite qui mérite d’être célébrée. Ce programme a pris de l’ampleur le mois dernier et un autre instructeur des Premières nations s’est joint à l’équipe. Au début, la formation était offerte sur place seulement, mais le Programme permet maintenant de coordonner un programme externe de formation et d’agrément, et d’offrir de l’aide à toutes les Premières nations du Manitoba sur le plan opérationnel. Ces services aideront les opérateurs à se perfectionner et à garantir aux résidants des collectivités des Premières nations l’approvisionnement en eau potable de qualité.Je sais que les Premières nations du Manitoba s’intéressent vivement au progrès de l’initiative des droits fonciers issus de traités, ici, dans cette province. J’ai le plaisir de vous assurer qu’Affaires indiennes et du Nord Canada fait des progrès considérables dans la mise en œuvre de l’engagement pris par le ministre Prentice, il y a deux ans, de transférer 150 000 acres par année pour la période de quatre ans qui prendra fin en 2010. Nous avons atteint cet objectif l’an dernier et nous prévoyons, avec la participation continue de tous nos partenaires et des Premières nations, que nous aurons transféré une autre superficie de 150 000 acres d’ici la fin de l’automne qui vient.J’ai eu l’honneur, il y a quelques semaines, de participer à une cérémonie pour finaliser le règlement des droits fonciers issus du traité de la Première nation de Peguis. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre l’importance que revêt le règlement des droits fonciers issus de traités pour les Premières nations. Les citoyens de la Première nation comptent utiliser l’indemnité financière qu’ils ont reçue pour favoriser le développement économique et social. Les règlements négociés donnent lieu à des possibilités de grande valeur pour les Premières nations et les communautés environnantes. C’est en partie pour cette raison que le gouvernement du Canada est déterminé à donner suite à l’engagement qu’il a pris de régler les revendications en souffrance.Une loi adoptée au cours de la dernière session parlementaire en est le meilleur exemple. La Loi sur le Tribunal des revendications particulières est un jalon important dans l’histoire des relations entre le Canada et les Premières nations. Élaborée en collaboration avec l’Assemblée des Premières Nations, cette loi établit un tribunal indépendant dont les décisions sont exécutoires en matière de revendications particulières. Grâce à la Loi sur le Tribunal des revendications particulières, nous allons accélérer le règlement des revendications particulières, et le processus de règlement de ces revendications sera plus équitable.

Le règlement des revendications nous permet d’accepter le passé et de cheminer vers un avenir meilleur. Avec chaque revendication réglée, la relation entre le Canada et les Premières nations devient un peu plus solide et plus harmonieuse, grâce à l’esprit de respect et de collaboration grandissant qui existe entre les Canadiens autochtones et non autochtones.C’est dans cet esprit que le premier ministre Harper a pris la parole à la Chambre des communes, plus tôt cette année, pour offrir des excuses sincères aux anciens élèves des pensionnats indiens. Comme la plupart des Canadiens, j’ai été profondément ému par les paroles du premier ministre et les sentiments qu’il a exprimés.

La présentation de ces excuses n’est qu’une étape du difficile processus que doit suivre le Canada pour redresser un tort historique et promouvoir la guérison. La mise en œuvre des paiements d’expérience commune et l’établissement du processus d’évaluation indépendant sont d’autres étapes de ce processus; c’est le cas aussi de la Commission de vérité et de réconciliation relative aux pensionnats indiens.Le travail accompli par la Commission indépendante est d’importance vitale parce qu’il donnera une voix aux anciens élèves, à leurs familles, aux églises et aux anciens employés des pensionnats pour qu’ils racontent leur histoire, ce qui constituera des archives publiques fidèles. Jusqu’à présent, l’histoire des pensionnats indiens a été racontée en grande partie par des reporters, des hauts fonctionnaires et des universitaires. La population canadienne entendra maintenant des récits de première main et elle sera mieux à même de saisir les répercussions à long terme de ce regrettable chapitre de notre histoire. Apprendre à mieux connaître le passé contribuera à établir la vérité et à favoriser la guérison et la réconciliation, ce qui aura pour effet d’ouvrir la voie à un avenir plus brillant pour toute la population du Canada.Le gouvernement du Canada est déterminé à faire sa part pour favoriser l’avènement d’un avenir meilleur pour les citoyens des Premières nations. C’est pour cette raison que nous avons travaillé avec autant d’acharnement pour abroger l’article 67 de la Loi canadienne sur les droits de la personne. La protection adéquate des droits est une composante fondamentale de la démocratie canadienne. Et pourtant, pendant trois décennies, les résidants des communautés des Premières nations n’avaient pas accès aux mécanismes utilisés par les autres Canadiens pour protéger leurs droits.

Le gouvernement du Canada prépare aussi l’adoption d’une loi pour combler l’écart législatif en ce qui concerne les biens immobiliers matrimoniaux dans les réserves. Le projet de loi C-47, Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux, a été soumis à l’étude du Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord.Cependant, malgré ces réussites, il reste beaucoup de travail à faire. Il faut négocier de nouveaux accords pour améliorer la qualité des services à l’enfance et à la famille dans les réserves de plusieurs provinces. Il faut créer de nouvelles possibilités d’emploi, de formation et d’études.

Pour faire avancer ces dossiers d’importance critique, il faudra des partenariats solides et une collaboration pleine et entière. Il ne fait pas de doute que l’Assemblée des chefs du Manitoba ÿ qui est elle-même un partenariat ÿ apprécie à sa juste valeur l’utilité de la collaboration. Toutes les réalisations que je viens de mentionner : le projet pilote en cours dans quatre écoles, le programme de formation itinérante, l’agrandissement du casino ÿ résultent du fait que divers groupes ont mis leurs efforts en commun.Tout en célébrant ces réalisations, je crois que nous devons aussi renouveler notre engagement à collaborer pour atteindre nos objectifs généraux. Trop de citoyens des Premières nations au Manitoba ne bénéficient pas équitablement de la prospérité du Canada. Le gouvernement du Canada est déterminé à changer cette réalité. Dans ce but, il doit collaborer avec des partenaires solides et engagés, comme l’Assemblée des chefs du Manitoba.

Je vous encourage à continuer de travailler d’arrache-pied au nom des électeurs que vous représentez. Renforcez les partenariats existants et formez-en de nouveaux. Au cours des 20 dernières années, cette Assemblée a accompli beaucoup grâce à un travail acharné et à des partenariats engagés; je suis convaincu que la même combinaison continuera de produire des résultats positifs.

Merci.