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Colloque national sur le développement économique des Autochtones

Saskatoon (Saskatchewan)
Le 24 janvier 2007

Priorité au discours prononcé

Merci pour cette aimable présentation, Maynard [Maynard Sonntag, ministre de la Saskatchewan]. Je suis très heureux de participer à cet important colloque national. Malheureusement, le ministre Jim Prentice ne pouvait être des nôtres, mais il m'a demandé de vous communiquer ses salutations et de vous dire qu'il vous souhaite la meilleure des réussites pour les échanges à venir.

J'aimerais tout d'abord féliciter les organisateurs du colloque pour l'excellence des thèmes choisis et le calibre exceptionnel des conférenciers invités. La liste des conférenciers comprend certains des plus grands experts du commerce et entrepreneurs autochtones que compte le Canada, et les réunions d'experts, ateliers et groupes de discussion permettront aux participants de discuter de questions vitales pour la réussite économique.

À maints égards, le colloque est à l'image de la vision qu'entretient le ministre relativement au développement économique des collectivités autochtones : chaque collectivité doit décider de la voie à suivre pour accroître le bien être de ses membres et favoriser son économie, tout en s'associant avec les partenaires qui sont en mesure de l'aider à atteindre ses objectifs.

Pour faciliter ce processus et mieux aider les collectivités à se donner un avenir économique, le gouvernement a décidé de faire d'Entreprise autochtone Canada ainsi que de l'équipe des programmes de développement économique d'Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) une unité de travail unique. De cette façon, nous assurerons une meilleure coordination des programmes dans l'ensemble du pays et serons en mesure d'appuyer davantage le développement de l'entreprise des Autochtones.

Le résultat est probant. Les programmes d'Entreprise autochtone du Canada et d'AINC sont, d'entrée de jeu, complémentaires. Entreprise autochtone du Canada appuie, notamment sur le plan financier, les entreprises particulières et communautaires ainsi que les organismes de développement et de financement des entreprises autochtones. Quant aux programmes du Ministère, ils s'adressent aux collectivités de façon globale et visent à financer la réalisation des plans d'affaires et des études de faisabilité nécessaires à la réussite de projets.

Nous savons également que nous pourrons nous appuyer sur les avis du Conseil national de développement économique des Autochtones afin d'innover et d'améliorer de façon importante le développement économique des Autochtones au cours des prochaines années.

Par ailleurs, l'intégration d'Entreprise autochtone Canada à AINC arrive à point nommé. Les entrepreneurs autochtones exploitent un nombre croissant d'entreprises dans toutes sortes de secteurs économiques, et ils sont aujourd'hui mieux outillés et plus prêts que jamais à lancer de nouveaux projets ou à en devenir les partenaires. Et même si la recette du succès ne peut être appliquée de la même façon à toutes les entreprises, il existe certainement au moins une façon de faire ou une approche qu'il vaut la peine de faire connaître.

Au cours des deux prochaines journées, vous aurez l'occasion de découvrir les nombreuses pratiques exemplaires de certains de entrepreneurs les mieux avisés au Canada, et je suis certain que cet échange d'idées sera à la source d'une croissance dans tous les secteurs de l'entrepreneurship autochtone. À la lumière des dernières tendances démographiques et économiques, le développement économique des Autochtones revêt une immense importance pour le Canada.

Je ne dirai jamais assez que nous sommes à la croisée des chemins. L'économie est en plein essor, et la population autochtone est jeune, ce qui représente pour les peuples autochtones des occasions de développement économique sans précédent. Et c'est à nous tous - les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que les gens d'affaires autochtones comme vous - de faire en sorte que les collectivités autochtones soient en mesure d'en profiter pleinement.

Avec les baby-boomers qui se préparent à prendre leur retraite, le Canada devra parer à une pénurie de main d'œuvre, en particulier dans le secteur des métiers spécialisés, et il se pourrait que cette pénurie dure. Il y a la pénurie, mais il y aussi la proximité de nombreuses collectivités autochtones et de grands projets d'exploitation de ressources : mis ensemble, ces deux éléments sont de nature à créer un contexte favorable au développement d'une économie robuste dans les collectivités et pour leurs membres, ce que nous ne pouvons ignorer. En effet, 50 000 nouveaux emplois sont créés dans le secteur minier seulement, selon la Société Radio Canada.

Si ces tendances ont des répercussions dans tout le pays, l'effet est particulièrement marqué ici, dans les Prairies. Selon une étude diffusée le printemps dernier par Eric Howe, de l'Université de la Saskatchewan, l'entrepreneurship autochtone dans cette province atteint des sommets inégalés jusqu'ici. De 1996 à 2001, la croissance de l'entrepreneurship chez les Autochtones a dépassé de 800 pour cent celle enregistrée chez les non Autochtones.

Compte tenu de la situation, les forums et colloques comme celui auquel nous participons aujourd'hui prennent encore plus d'importance et sont d'une immense utilité. Il est également essentiel que les gouvernements fédéral et des provinces en profitent pour se rencontrer et discuter avec vous et que vous, de votre côté, saisissiez l'occasion d'échanger vos idées et pratiques exemplaires.

Ces dernières années, je crois que nous avons eu un aperçu de ce que représente le véritable potentiel de l'entreprise autochtone, tant ici dans la province que dans l'ensemble du pays. L'optimisme vigoureux que l'on n'associait auparavant qu'à des collectivités comme celle de la Première nation de Meadow Lake a fait des petits, et aujourd'hui, des membres des Premières nations de Muskeg Lake et Whitecap lancent à leur tour leurs propres projets. Les résultats parlent d'eux mêmes : des entreprises prospères, des possibilités de formation et des emplois nombreux, ainsi qu'une croissance des revenus dans les collectivités.

La même confiance est présente ailleurs au pays. Par exemple, l'Aboriginal Pipeline Group détient une part importante du projet gazier du Mackenzie, le plus important projet d'exploitation jamais proposé dans le Nord. D'est en ouest, des Nisga'a à la bande de Membertou, les collectivités s'assurent d'un avenir prospère en profitant pleinement des possibilités de développement économique, et tous les Canadiens en retirent des avantages, Autochtones comme non Autochtones.

Tous les intervenants ont un rôle à jouer pour accroître la participation des Autochtones à l'économie canadienne. L'industrie, par exemple, commence à voir les avantages d'embaucher et de former des Autochtones. Les collectivités autochtones concluent des partenariats avec les entreprises et organismes qui peuvent les aider à réaliser leurs objectifs. Les gouvernements des provinces élaborent et mettent en œuvre des politiques et des programmes efficaces. Quand au gouvernement du Canada, il continue de favoriser la mise en place des conditions nécessaires à la réussite.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a mis en place une stratégie cohérente visant à gérer tous les enjeux qui touchent les Autochtones. La stratégie consiste d'abord à investir des fonds immédiats pour répondre aux préoccupations relatives à la qualité de vie des Autochtones, comme l'eau potable et le logement. En deuxième lieu, la stratégie vise à accélérer la négociation d'ententes sur les revendications territoriales et l'autonomie gouvernementale. Elle consiste également, enfin, à améliorer les cadres législatifs régissant les relations entre le Canada et les Premières nations.

Nous croyons fermement que cette approche ciblée - dans le cadre de laquelle nous entendons améliorer la qualité de vie, établir des certitudes au moyen d'ententes sur l'autonomie gouvernementale et les revendications territoriales, ainsi que repenser nos cadres législatifs - établit les assises nécessaires pour que les collectivités bénéficient d'une solide économie et puissent contribuer à la prospérité du Canada.

Le ministre, dans le cadre de la mise en œuvre de cette approche, a eu l'honneur de travailler avec des groupes autochtones nationaux, comme l'Assemblée des Premières nations et l'Association des femmes autochtones du Canada. Car ce n'est qu'en unissant nos efforts que nous pourrons faire progresser de façon concrète et durable les dossiers qui nous préoccupent.

Les partenariats sont également essentiels au développement économique et pour les favoriser, il faut agir sur quatre plans. Ainsi, nous devons :

  • faciliter l'accès à du capital de risque;
  • encourager les entreprises autochtones qui connaissent du succès;
  • promouvoir les partenariats entre les entreprises autochtones et les entreprises non autochtones;
  • favoriser des liens à long terme avec la main d'œuvre.

À n'en pas douter, il s'agit d'un objectif de taille, et pour l'atteindre, nul ne peut faire cavalier seul, pas même le gouvernement du Canada. Heureusement, de nombreux partenaires des secteurs privé et public souhaitent contribuer à réaliser cet objectif, ce qui fait que d'importants progrès ont été accomplis sur les quatre plans susmentionnés.

En ce qui a trait à l'accès à du capital de risque, différentes solutions s'offrent, par exemple, aux entrepreneurs autochtones dans la province, dont le Fonds des Premières nations et des Métis et le Clarence Campeau Development Fund. En outre, les sociétés comme Westcap, qui gère le Fonds des Premières nations et des Métis, sont heureuses de veiller à ce que les projets prometteurs puissent bénéficier des capitaux nécessaires à leur réussite.

D'importants progrès ont aussi été réalisés en vue d'encourager les entreprises autochtones qui connaissent du succès. Par exemple, l'année dernière, AINC a financé la Première nation d'Onion Lake afin d'aider la collectivité à réaliser ses plans de développement économique. Et comme vous êtes nombreux à le savoir, il y a à peine deux jours, le gouvernement du Canada a annoncé qu'il s'engageait à investir 15 millions de dollars pour appuyer le développement économique des collectivités métisses près de Primrose Lake.

Le nouveau gouvernement du Canada considère que ces fonds constituent un investissement pour l'établissement des solides assises nécessaires au développement économique durable dans le Nord de la Saskatchewan. Cet investissement favorisera d'autres projets de développement économique et une plus grande autonomie, tout en étant utilisé de façon responsable aux yeux des membres des collectivités. Cet investissement et ceux qui suivront favoriseront la viabilité et la prospérité des entreprises autochtones.

Le troisième élément d'importance consiste à promouvoir la conclusion de partenariats additionnels entre les entreprises autochtones et les entreprises non autochtones. Au pays, le nombre d'entreprises qui reconnaissent les avantages de conclure des partenariats avec des groupes autochtones n'a cessé de croître au cours des dernières années. En fait, les partenariats sont au cœur de certains des plus importants projets en cours au Canada : les mines de diamant dans le Nord, les projets gaziers et pétroliers dans l'Ouest, et les mines de nickel au Labrador.

Je suis heureux de constater que de plus en plus de groupes autochtones prennent le taureau par les cornes et qu'ils sont les instigateurs de partenariats. Il y a quelques mois, le ministre Jim Prentice a eu le plaisir de participer à l'événement CIBA 2006, un salon professionnel et une conférence sur le développement économique organisés par des Premières nations en Alberta. Cet événement n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des nombreux efforts déployés par des groupes autochtones pour conclure des partenariats avec le secteur privé.

Le gouvernement du Canada est fier de contribuer à ces efforts de diverses façons. Prenons par exemple l'Initiative sur la participation des Autochtones au marché du travail (IPAMT), dont Rick Hansen parlera un peu plus longuement demain matin.

Dans le cadre de l'IPAMT, des ententes de partenariat sont conclues avec des entreprises et des organismes publics d'envergure au Canada, de même qu'avec l'industrie, des groupes professionnels et des groupes de travailleurs. Au lieu de financer la création d'emplois, cette initiative a pour objectif d'éliminer les obstacles qui empêchent souvent les peuples autochtones d'occuper des emplois stables et valorisants.

Ce matin, j'ai signé une entente avec Siemens Canada Limited dans le cadre de l'IPAMT. Conformément à l'entente, nous unirons nos efforts en vue de créer des possibilités de développement économique qui auront des retombées pour les peuples autochtones, le gouvernement fédéral ainsi que Siemens Canada.

La Saskatchewan est déjà sur la voie du succès. Le gouvernement de la province investit de façon considérable dans les programmes d'éducation destinés aux peuples autochtones, et les résultats parlent d'eux mêmes. En effet, quelque 2 000 étudiants autochtones obtiennent chaque année un diplôme d'études postsecondaires en Saskatchewan. Les étudiants ont accès à 22 millions de dollars en bourses et en soutien financier non remboursable. L'an dernier, le budget de la province a permis la création de 83 nouvelles places au Saskatchewan Indian Institute of Technologies.

Le secteur privé en Saskatchewan est également désireux de faire sa part. Rawlco Radio, le plus important télédiffuseur privé de la province, a versé à l'Université de la Saskatchewan un million de dollars en don pour financer les études commerciales de membres de Premières nations. Plus récemment, la Banque Canadienne Impériale de Commerce a fait une contribution de 225 000 $ pour financer un programme de mentorat autochtone à l'Université de Regina. Grâce à ces investissements, les Autochtones ambitieux et dynamiques qui le souhaitent pourront acquérir la formation nécessaire à leur carrière.

Les programmes provinciaux et les partenaires privés locaux ne sont pas tous les mêmes dans l'ensemble du Canada, mais tant les premiers que les deuxièmes sont présents dans toutes les provinces. En fait, les Autochtones ont plus que jamais accès à du capital de risque, à un appui et à de la formation dans le domaine commercial, ainsi qu'à des programmes d'éducation. Le monde des affaires n'a jamais été aussi enclin à conclure des partenariats avec des groupes autochtones. Dans l'Ouest, l'essor économique continue de produire son lot de possibilités lucratives dans de nombreux secteurs clés, comme le secteur pétrolier et gazier. De nombreuses collectivités autochtones sont maintenant désireuses et capables de profiter de ces possibilités.

Nous devons tous travailler afin de faire en sorte que les Premières nations, les Inuits et les Métis puissent profiter des conditions actuelles. Notre colloque a attiré parmi les plus grands financiers et entrepreneurs au Canada, et j'encourage tous les délégués à tirer parti de cette expertise, à lancer des idées et à conclure de nouveaux partenariats. Nous devons entreprendre de nouveaux projets commerciaux. Nous devons encourager les jeunes Autochtones à avoir des carrières dans le commerce et dans les sciences et à occuper des métiers spécialisés. Nous devons éliminer les obstacles à l'emploi.

Je suis convaincu que si toutes les parties, soit le gouvernement, le secteur privé et les groupes autochtones, collaborent ensemble de façon dynamique, nous pourrons assurer la prospérité durable de l'ensemble de la population canadienne.

Merci.