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l'honorable Chuck Strahl, c.p., député,
ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits
Ottawa (Ontario)
Le 22 novembre 2007
Priorité au discours prononcé
Merci à l’aînée Lindsay pour la prière d’ouverture.
Je vous souhaite à tous la bienvenue à Ottawa. Je suis fier d’être l’hôte du Forum des ministres responsables du développement du Nord à un moment si important dans l’histoire du Canada. Je crois que le thème de cette année, « Le dynamisme du Nord », résume bien l’esprit de ce moment.
Le Nord connaît actuellement des changements sans précédent, au sud comme au nord du 60e parallèle. De grands projets d’exploitation dans le secteur des sables bitumineux, des diamants et du nickel ont cours dans cette région et contribuent à la force de l’économie nationale. Étant donné la forte demande internationale, les vastes réserves inexploitées de ressources naturelles dans la région ont le potentiel d’assurer la prospérité du Canada pendant bien des années.
En outre, les Autochtones et les résidants du Nord participent de plus en plus à la vie économique, sociale et culturelle de la région et du Canada. Le transfert des responsabilités a commencé à transformer le paysage politique des territoires. Grâce aux accords sur les revendications globales et l’autonomie gouvernementale conclus dans le Nord, les communautés du Nord sont en train de devenir des partenaires à part entière du développement économique. Une cohorte de jeunes Autochtones, dont le nombre croît rapidement, sont impatients de contribuer à la prospérité de notre pays. Il est maintenant temps de tirer profit le mieux possible de ces changements.
Je crois que le succès du Canada et sa prospérité à long terme dépendent de notre capacité à intégrer le Nord aux autres régions du Canada et à susciter sa participation. Le Forum des ministres responsables du développement du Nord, en tant que principal véhicule pour la collaboration intergouvernementale, doit jouer un rôle central dans cette intégration. Le Forum doit influencer le cours des événements en contribuant à l’élaboration et à la mise en œuvre des principes, des politiques et des programmes pertinents. Il doit également contribuer à la conception de mesures visant à relever les défis et à profiter des occasions dans le Nord, au sud comme au nord du 60e parallèle.
Je me compte très chanceux d’avoir pu visiter, depuis ma nomination, les trois territoires, ainsi que le Nunavik et le Nord du Manitoba. J’ai entendu les opinions des résidants du Nord, particulièrement celles des Autochtones, sur les dossiers qui leur tiennent le plus à cœur. Je me suis entretenu avec des dirigeants autochtones qui veulent que leur peuple participe pleinement à l’exploitation du potentiel extraordinaire qu’offrent les ressources et profite des retombées qu’elles génèrent. J’ai également discuté avec des entreprises minières, pétrolières et gazières qui contribuent à créer une prospérité nouvelle dans le Nord. Elles s’inquiètent aussi de la durabilité du développement et de ses retombées pour les résidants du Nord. Enfin, j’ai parlé à des groupes environnementaux qui veulent assurer la protection de certaines des zones les plus sauvages du Canada, comme le bassin hydrographique de la rivière Nahanni, dans l’intérêt de tous les Canadiens et du monde entier.
Les défis liés aux changements climatiques sont évidemment parmi les plus grands défis que nous devons relever. L’Arctique canadien est la région la plus touchée par ces changements. Les données compilées à l’été 2007 ne ressemblaient à rien de ce que nous avions vu jusqu’à maintenant. À certains endroits, les températures enregistrées étaient de 10 à 15 degrés au‑dessus de la normale. Les rives ont reculé et les banquises, fondu comme jamais auparavant. Des scientifiques de l’Université Queen’s en poste sur l’île Melville ont vu d’énormes glissements de terrain causés par la fonte de couches souterraines de pergélisol. Bien des gens se demandent s’il faut voir ces phénomènes comme un signe que le réchauffement de la planète s’opère à un rythme encore plus rapide que prévu.
Le gouvernement du Canada reconnaît les dangers que posent les changements climatiques. Lors d’un discours qu’il a prononcé à une conférence sur la coopération économique Asie‑Pacifique en septembre, le premier ministre Harper a déclaré ce qui suit :
« La menace grandissante des changements climatiques est l’un des défis de politique publique les plus importants de notre époque. »
Le premier ministre croit que des mesures mondiales pratiques, réalisables et efficaces pour contrer les changements climatiques doivent allier croissance économique durable et gérance environnementale judicieuse. Ces mesures exigent des efforts internationaux soutenus, conjoints et coordonnés. C’est une des raisons pour lesquelles le gouvernement du Canada a investi 150 millions de dollars dans l’Année polaire internationale, une initiative de coopération internationale visant notamment à cibler les changements climatiques dans le Nord.
L’Année polaire internationale, déjà bien lancée, est un événement historique qui changera à jamais notre compréhension des régions polaires. Des dizaines de projets scientifiques sont actuellement réalisés dans le cadre de cette initiative. Ceux‑ci nous permettront de recueillir des quantités sans précédent de données sur l’Arctique canadien qui nous guideront dans l’élaboration de stratégies de développement et de mesures visant à atténuer les changements climatiques et à nous y adapter.
Même si les changements climatiques les plus apparents que nous avons observés au Canada se produisent dans l’Arctique, ceux‑ci ne touchent pas que le Nord. Les solutions efficaces qui seront établies doivent tenir compte de toutes les régions du pays. Ceux et celles qui concevront et mettront en œuvre des moyens efficaces de contrer les changements climatiques se trouveront devant un monde de possibilités. Je suis convaincu que le Canada, si riche en esprits novateurs et en expertise dans les domaines de la science et de l’ingénierie, est bien placé pour trouver ces solutions.
Ce défi est semblable à celui que devront relever les membres du Forum : déterminer la manière la plus efficace de promouvoir la collaboration et de s’assurer que toutes les régions du Canada travaillent ensemble à la réalisation d’un but commun. Et pour atteindre ce but, les compétences constitutionnelles de chaque ordre de gouvernement doivent être respectées – un fait que le premier ministre Harper comprend entièrement. Le gouvernement du Canada reconnaît que les ordres de gouvernement ont tous des buts semblables et il a élaboré des mesures concrètes pour promouvoir la coopération.
Par exemple, dans ses deux premiers budgets, le gouvernement renforçait la capacité des territoires à offrir des services aux résidants du Nord, particulièrement dans le secteur du logement pour les Premières nations et les Inuits. Notre gouvernement a également entrepris la création de partenariats régionaux stratégiques; il a déjà signé des accords tripartites visant à améliorer les résultats scolaires dans les écoles des Premières nations en Colombie‑Britannique et les services à l’enfance et à la famille dans les réserves de l’Alberta.
Voici un énoncé tiré du discours du Trône qui reflète bien le thème de la collaboration intergouvernementale :
« [...] guidé par notre vision d’un fédéralisme d’ouverture, notre gouvernement déposera un projet de loi qui imposera des limites explicites à l’utilisation du pouvoir fédéral de dépenser pour des nouveaux programmes à frais partagés dans les compétences exclusives des provinces. Cette loi autorisera les provinces et les territoires à se retirer de ces nouveaux programmes, avec juste compensation, s’ils en offrent qui sont compatibles. »
Le premier ministre Harper sait que les Canadiens profitent au mieux des mesures prises lorsque tous les ordres de gouvernement agissent dans un but commun. La tâche des participants du Forum est d’établir un consensus sur ce qui doit être accompli et de déterminer quel est le meilleur moyen de collaborer à la réalisation des objectifs fixés.
Je crois que la Stratégie pour le Nord de notre gouvernement offre une orientation précieuse. Elle porte sur quatre priorités :
Les mesures instaurées par le gouvernement du Canada pour appuyer ces priorités profiteront aux Canadiens, au sud comme au nord du 60e parallèle, et les uniront. Par exemple, en créant un Centre de formation des Forces canadiennes à Resolute Bay et un port en eau profonde et centre de ravitaillement à Nanisivik, nous mettons en place une partie de l’infrastructure requise pour établir notre souveraineté. Le premier ministre a déclaré ce qui suit dans le discours du Trône :
« Nous devons exploiter le Nord sinon nous risquons de le perdre. »
D’autres mesures importantes ont été prises. Des projets comme les investissements dans l’Année polaire internationale, les levés cartographiques du plancher océanique et la création d’une station de recherche arctique, par exemple, permettront de recueillir les données nécessaires pour éclairer les décisions relatives aux politiques sociales et économiques.
Dans le cadre de mon mandat sur le développement du Nord, j’ai la chance de travailler directement avec les résidants du Nord et de chercher avec eux des moyens d’exploiter le potentiel économique des territoires. Le gouvernement du Canada a fait des investissements fondamentaux dans les connaissances économiques, y compris dans le domaine de la géoscience, dans les trois territoires. Nous travaillons avec nos partenaires dans le but d’assurer une croissance économique à long terme au moyen de la diversification, en favorisant le tourisme par exemple. Je suis certain que bon nombre d’entre vous avez entendu parler de la campagne de promotion Look Up North, qui prenait appui sur l’enthousiasme suscité par la tenue des Jeux d’hiver du Canada de 2007, à Whitehorse. Nous soutenons la réalisation d’études de préfaisabilité afin d’aider les résidants du Nord à obtenir du financement pour des projets d’infrastructure majeurs, comme ceux qui visent à étendre les services hydroélectriques.
Nous veillons à ce que les résidants du Nord aient les moyens de participer pleinement à la croissance économique, en prenant diverses mesures, comme l’accroissement des capitaux de démarrage offerts aux petites entreprises par l’entremise d’organismes de prêts au développement comme les Sociétés d’aide au développement des collectivités.
Il est également essentiel de protéger nos espaces naturels uniques contre les projets d’exploitation, parce que le patrimoine naturel du Nord appartient à tous les Canadiens. Le premier ministre a annoncé à l’automne un immense projet d’agrandissement de la Réserve de parc national Nahanni visant à protéger 5 400 kilomètres carrés additionnels d’écosystème merveilleux et unique.
Le ministre John Baird et moi‑même étions heureux d’annoncer hier qu’environ 62 000 kilomètres carrés de terres dans les Territoires du Nord‑Ouest sont maintenant protégées contre les nouveaux projets de développement et le seront pour la durée des négociations avec les Premières nations dénées de l’Akaitcho.
Le gouvernement a également appliqué, au sud du 60e parallèle, certaines mesures qui lieront les régions du sud du Canada à celles du Nord. Plus tôt cette année, les premiers ministres Harper et Doer ont convenu de se partager les coûts relatifs à l’infrastructure raccordant le port de Churchill au centre du Canada. Au total, 48 millions de dollars seront investis pour améliorer le port en eau profonde et la section de chemin de fer entre Churchill et le Pas.
Churchill a reçu, au cours de l’été, une preuve flagrante de la demande potentielle pour ces installations, lorsqu’un navire‑citerne russe ayant appareillé à Murmansk est arrivé au port avec un chargement d’environ 9 000 tonnes métriques de fertilisant destiné aux fermiers de l’Ouest. Le chargement était le premier en sept ans à être débarqué au port de Churchill. En prenant une voie nordique, les affréteurs réduisent leurs coûts de transport de centaines de milliers de dollars.
Les projets d’infrastructure qui sont économiquement et socialement réalisables, ainsi que viables sur le plan de l’environnement, peuvent favoriser l’unification du pays. Ils sont nécessaires à notre prospérité. Le projet gazier Mackenzie est un bon exemple de ce type de projet. Il sera réalisé uniquement s’il attire suffisamment d’investissements et s’il obtient les approbations réglementaires requises. Si le projet répond à ces critères, je suis convaincu qu’il générera d’importantes retombées pour tous les Canadiens.
Le projet de la porte et du corridor Asie‑Pacifique est un autre bon exemple. L’amélioration des ports canadiens du Pacifique, ainsi que des routes, des chemins de fer, des aéroports et des postes frontaliers de l’Ouest, stimule la croissance. Le projet ne fait pas que rapprocher les Canadiens, il renforce également nos liens avec le cœur de l’Amérique.
Les projets de développement, qu’ils touchent les ports ou les pipelines, doivent obtenir les approbations réglementaires requises. Le but des processus réglementaires est de protéger les intérêts de tous les Canadiens. Toutefois, certains processus actuellement en place, surtout ceux régissant l’exploitation des ressources, ont eu du mal à suivre l’augmentation de la demande.
Notre gouvernement reconnaît qu’un régime de réglementation solide occupe un rôle important dans le développement économique et la protection de l’environnement. J’ai annoncé récemment l’Initiative d’amélioration de la réglementation dans le Nord et la nomination de M. Neil McCrank à titre de représentant ministériel pour cette initiative. Je suis impatient de vous entretenir davantage à ce sujet à notre discussion de cette après‑midi.
Les Canadiens ont raison d’être optimistes. Notre économie est robuste, et les prix ainsi que la demande pour nos ressources demeurent forts. Des principes de réglementation solides orientent notre développement et nos frontières sont sécurisées. Toutefois, nous avons d’importants défis à relever, comme ceux liés aux changements climatiques et aux disparités régionales, pour n’en nommer que deux.
Les délégués à ce Forum doivent se montrer à la hauteur de ces défis. Nous devons travailler ensemble dans le but de concevoir et de mettre en œuvre des moyens d’unifier le Nord et le Sud. Nous devons protéger les écosystèmes fragiles pour les générations à venir et obtenir l’entière participation des résidants et des gouvernements du Nord. Enfin, nous ne devons pas laisser les questions relatives aux processus de réglementation et de consultation entraver les progrès vers un Canada fort et unifié.
Je suis convaincu qu’en travaillant main dans la main, les femmes et les hommes rassemblés ici aujourd’hui peuvent trouver des moyens d’exploiter le potentiel du Nord et ainsi garantir une prospérité durable à tous les Canadiens. Merci.