Affaires autochtones et Développement du Nord Canada
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Un jour historique

Notes d'allocution

de l'honorable Jim Prentice, c.p., c.r., député,
ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et
interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits

à l'occasion

du paraphe de l'entente définitive de la Première nation Lheidli T'enneh

Prince George Civic Centre

Prince George (Colombie-Britannique)

Le 29 octobre 2006

Priorité au discours prononcé

Merci, Monsieur le ministre. Bonjour à tous, aux aînés, au chef Frederick, au premier ministre Campbell et aux invités d'honneur. C'est avec grand plaisir que je me trouve parmi vous aujourd'hui au nom du premier ministre Harper et du nouveau gouvernement du Canada.

Je tiens également à remercier le chef Frederick et les membres de la Première nation Lheidli T'enneh de leur généreux et aimable accueil sur leur territoire traditionnel. Je me réjouis d'ailleurs de constater qu'un grand nombre de membres de la collectivité assistent aujourd'hui au paraphe de l'entente définitive de la Première nation. C'est un véritable honneur pour moi de participer avec vous à cette journée importante.

Deux de mes collègues de la Chambre des communes sont également présents, Jay Hill et Dick Harris, et je veux les remercier d'assister à la cérémonie d'aujourd'hui.

Il s'agit vraiment d'une semaine importante pour le Canada et pour les peuples autochtones. Au Nunavik, dans le Nord du Québec, les dernières revendications territoriales importantes des Inuit ont été ratifiées. Ici également, en Colombie-Britannique, vous nous montrez à quel point il est important que les négociations se fassent de façon constructive, en collaboration et en toute bonne foi.

Je pense qu'il est important de reconnaître et de louanger le leadership dont a fait preuve la collectivité Lheidli T'enneh, le chef, le conseil, et en particulier les citoyens, lorsqu'ils ont accueilli les changements et les nouvelles initiatives proposées. Il y a dix ans, vous avez été une des quatorze premières collectivités qui ont adhéré à l'entente cadre sur la gestion des terres. Aujourd'hui encore, vous nous montrez la grandeur de la vision que vous avez pour votre collectivité. En effet, l'entente définitive que nous allons parapher aujourd'hui représente la première entente conclue dans le cadre du processus de négociation de traités de la Colombie-Britannique.

Il n'y a aucun doute que les traités établis bénéficient tous les canadiens, Autochtone et non-Autochtone. Les traités règlent les incertitudes en matière de propriété, d'utilisation des ressources et l'application des lois. De plus, ici en Colombie-Britannique ils fournissent la certitude que la province a besoin et aident a créer une base économique solide pour les communautés des Premières Nations et leurs voisins.

Quand le processus de négociation de traités de la Colombie-Britannique a débuté, il a fait l'objet de nombreuses critiques. Nombreux étaient ceux qui disaient qu'il était trop complexe et trop fastidieux, et qu'il ne menait à rien. Je peux comprendre leur frustration. La plupart des gens pensent que les processus gouvernementaux englobent nécessairement de longues périodes de négociation et de consultation, des réunions interminables, des études compliquées et de longs rapports.

On ne pense pas souvent aux résultats obtenus grâce à ce processus, soit aux réalisations qui résultent de patientes négociations, de la collaboration et du compromis, ainsi qu'à la réconciliation qui découle de la rencontre de différentes parties qui prônent l'égalité, la confiance et le respect mutuel. Des résultats comme l'entente historique que nous célébrons aujourd'hui.

La cérémonie d'aujourd'hui signifie bel et bien que le processus de négociation de traités de la Colombie Britannique fonctionne. En demandant au gouvernement provincial de participer pleinement au processus de négociation, nous nous sommes assurés que l'entente définitive soit juste et appropriée pour le peuple Lheidli T'enneh, pour les citoyens de Prince George et de la vallée du Fraser, et pour les habitants de la Colombie Britannique.

C'est précisément l'objectif que nous visons. Pour reprendre les propos de Miles Richardson, qui a participé à la mise en place du processus de négociation de traités de la Colombie-Britannique :

« Il ne s'agit pas de créer des barrières entre les quartiers ni d'exclure qui que ce soit. Il s'agit de se réunir pour décider comment nous allons vivre ensemble et partager ce que nous avons.»

Ces propos sont empreints de sagesse, et je peux vous assurer que le premier ministre et moi-même y adhérons pleinement. Dans le même esprit d'ouverture, de confiance et d'amitié dont témoignent les propos de Miles Richardson, je veux féliciter le premier ministre Campbell pour son engagement dans le cadre de ce processus, et remercier les représentants de la Commission des traités de la Colombie-Britannique pour leurs efforts.

Je souhaite également féliciter et remercier les équipes de négociation, dirigées par le négociateur en chef de Lheidli T'enneh Mark Stevenson, le négociateur provincial en chef Trevor Proverbs, et le négociateur fédéral en chef Tom Molloy.

C'est aussi une journée historique pour le peuple Lheidli T'enneh. L'entente définitive que nous célébrons aujourd'hui est une autre étape vers l'autonomie gouvernementale de la collectivité. L'autonomie gouvernementale est une valeur relativement simple mais très puissante. Pour reprendre les mots de l'ancien président des États-Unis, Franklin Roosevelt :

« L'autonomie gouvernementale est un pacte entre des hommes libres pour le respect des droits et des libertés de leurs semblables.»

Ce pacte, conclu ouvertement entre les membres de la Première nation Lheidli T'enneh et les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada, permettra aux membres de la Première nation d'avoir un plus grand contrôle sur les questions qui concernent vos peuples et leurs terres. Il vous permettra de faire des choix sur la façon d'utiliser vos ressources pour la prestation de programmes et de services. Il vous donnera la force de protéger et de consolider votre culture, ainsi que l'autorité juridique nécessaire pour créer des partenariats commerciaux et construire une collectivité autosuffisante qui est mieux préparée à participer à la croissance et au développement économique du Canada d'une façon générale.

L'autonomie gouvernementale permettra essentiellement à la collectivité de participer à la construction de l'avenir libre et prospère auquel tous les Canadiens ont droit.

Il est important de souligner que l'autonomie gouvernementale entraîne d'importantes responsabilités, et ce, tant pour les citoyens que pour les organisations dirigeantes. Non seulement les gouvernements doivent-ils rendre des comptes aux citoyens, mais les citoyens ont également l'obligation de s'impliquer dans le processus gouvernemental. C'est pourquoi il sera important que vous vous fassiez entendre tout au long du processus de ratification.

De nombreux membres de la collectivité Lheidli T'enneh on aidé leurs concitoyens à parvenir à cette entente et à franchir ainsi une autre étape importante vers l'autonomie gouvernementale. Je désire rendre hommage en particulier aux membres du Conseil du traité de la collectivité Lheidli T'enneh qui se sont dévoués sans relâche tout au long du processus qui a mené à l'entente définitive. Ces dernières années, le Conseil du traité s'est réuni tous les mardis - souvent ici même, dans cet édifice - pour suivre les progrès à la table de négociation. Vos efforts sont inspirants et j'ai confiance que vous poursuivrez ces travaux essentiels jusqu'à la signature et à l'adoption d'un traité définitif.

Aujourd'hui est une journée historique parce qu'elle témoigne de ce que l'on peut accomplir lorsque des collectivités autochtones et non autochtones collaborent. Il y a quatre ans, les Lheidli T'enneh, la Ville de Prince George et le district régional de Fraser Fort George ont franchi une étape audacieuse lorsqu'ils ont signé des ententes de coopération et de communication. Ces ententes ont contribué à insuffler un esprit de collaboration et d'efficacité aux négociations qui ont mené à l'entente définitive. Elles ont également défini les bases sur lesquelles les dirigeants de la collectivité ont pu élaborer le libellé de l'entente définitive qui régit les relations entre les gouvernements locaux.

Pour ceux d'entre vous qui ne seraient pas au courant, la Ville de Prince George, le district régional de Fraser Fort George et les Lheidli T'enneh ont créé des liens exceptionnels. Lorsque le traité définitif sera exécuté, les Lheidli T'enneh possèderont et administreront les terres visées par le traité au sein de Prince George.

Au Canada, peu de terres visées par un traité se trouvent en milieu urbain. Mais ici, à Prince George, les gouvernements locaux ont travaillé avec les Lheidli T'enneh pour que cette situation inhabituelle fonctionne. La Ville, le district régional et les Lheidli T'enneh élaborent un plan qui déterminera la façon dont les trois gouvernements devront collaborer pour concilier certaines activités municipales, par exemple celles qui portent sur le zonage, les droits et l'imposition, et pour assurer le transfert harmonieux de ces terres qui ne seront plus la propriété de la Ville mais qui deviendront un territoire Lheidli T'enneh.

En réalité, ces trois groupes mettent en pratique les conseils d'Antonio Lamer, ancien juge en chef de la Cour suprême du Canada. Dans une décision sur une cause charnière concernant les Premières nations Gitksan et Wet'suwet'en en Colombie Britannique, il a résumé la réalité des Canadiens, qu'ils soient autochtones ou non, de la façon suivante :

« Soyons réalistes, nous entendons tous rester ici.»

Ce sont des mots tout simples qui ont un sens profond. Tout comme l'ancien juge en chef Lamer, je conviens que les ententes ne peuvent effacer les erreurs et les injustices du passé. Toutefois, des ententes équitables, justes et honorables sont la promesse d'un avenir meilleur pour tous.

Je peux vous garantir que le nouveau gouvernement du Canada cherche des moyens d'accélérer le règlement des revendications territoriales afin que d'autres collectivités de Premières nations en Colombie Britannique puissent conclure des ententes définitives et célébrer elles aussi des journées historiques comme celle-ci. Aujourd'hui, les Lheidli T'enneh vivent une étape importante vers l'autonomie gouvernementale et prennent la place qui leur revient en Colombie Britannique et au Canada.

Merci

 

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