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Notes d'allocution de

Andrei Sulzenko,
représentant principal du projet gazier du Mackenzie
dans le cadre du

Forum annuel sur le pétrole et le gaz dans le Grand Nord

Calgary (Alberta)
Le 27 septembre 2006

Priorité au discours prononcé

Merci beaucoup, Andy, pour cette aimable présentation. Comme vous le savez, le ministre Prentice est désolé de ne pouvoir être ici aujourd'hui pour s'adresser à de si nombreux partenaires clés du secteur de l'exploitation gazière et pétrolière dans le Nord. Il reconnaît que cet événement annuel a constamment gagné en importance depuis sa création, il y a 8 ans.

Avant de commencer mon texte, je dois vous dire qu'à défaut d'être ici en personne, le ministre nous accompagne en pensée. Un article paru ce matin dans le National Post le cite abondamment et annonce, dans son titre, que le projet gazier du Mackenzie a de fortes chances d'aboutir. Le ministre se montre donc très optimiste. Comme vous pouvez lire l'article, je ne le commenterai pas plus longtemps.

Mais bien certainement, j'ai entre autres choses appris, dans le cadre de mon travail avec des ministres, que leur rôle consiste à se montrer optimistes, et que leurs fonctionnaires ont souvent le rôle de méchant policier; c'est notre rôle. Mais en bout de ligne, la combinaison des deux n'est pas mauvaise. C'est dans ce contexte que le ministre se situe, et je vais vous exposer certaines difficultés auxquelles, selon moi, nous devons nous attaquer pour que le projet se concrétise.

Sandy vous a dit que je vous expliquerais mon rôle. Je peux le résumer assez simplement à celui de représentant principal du gouvernement du Canada dans le projet gazier du Mackenzie. Mon travail consiste à seconder le ministre dans ses fonctions de ministre responsable du projet. Autrement dit, ce que le ministre me demande de faire, je le fais. C'est pourquoi je suis ici à sa place. En fait, ma fonction comporte deux volets. Le premier est de veiller à ce qu'à Ottawa - et par Ottawa, j'entends bien sûr Yellowknife, c'est-à-dire l'échelle fédérale dans son ensemble - les efforts soient coordonnés de façon efficace et opportune. Je suis en contact avec les hauts fonctionnaires du gouvernement, et nous serons en mesure de veiller à franchir des étapes cruciales à cette fin. Mon autre fonction sera de négocier les conditions de la participation fédérale avec les divers partenaires du projet .

Comme Sandy l'a signalé, je travaille à Ottawa depuis plus de 30 ans, et je peux vous assurer qu'il fait bon de s'éloigner de temps à autre. Aussi suis-je vraiment content d'être ici aujourd'hui.

Malgré certaines nouvelles récentes dont Sandy a parlées, je crois qu'il y a de bonnes raisons de voir l'avenir de l'exploitation gazière et pétrolière dans le Nord avec optimisme. Les prix ont diminué, mais ils sont stables; la demande est forte, et les résidants du Nord n'ont jamais été aussi nombreux à posséder les compétences et l'expertise nécessaires pour participer aux projets d'exploitation. À ce jour, une foule de propositions et de projets ont atteint diverses étapes de développement en Alaska, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Si on compte le projet gazier du Mackenzie, les investisseurs pourraient injecter quelque 20 milliards de dollars au cours des 15 prochaines années dans la prospection, l'exploitation et le transport vers les marchés gaziers et pétroliers du Sud.

Le premier ministre Harper a reconnu les incroyables possibilités économiques et sociales que peut générer le vaste potentiel énergétique du Nord. Depuis sa nomination, le ministre Prentice s'est rendu dans le Nord deux fois, notamment en août aux côtés du premier ministre. Ces voyages très fructueux lui ont permis de rencontrer des gens du Nord afin de discuter de divers dossiers, dont le projet gazier du Mackenzie.

J'irai moi aussi dans le Nord - le mois prochain, en fait - et ensuite, bien sûr, je serai de retour à Calgary. Au cours des prochaines semaines, nous rencontrerons le plus grand nombre possible d'intervenants concernés par le projet.

Le projet gazier du Mackenzie vise à ouvrir le bassin du Mackenzie et constitue donc un élément central de l'infrastructure économique nécessaire pour amener les ressources du Nord vers le Sud. Il contribuera pour beaucoup au produit intérieur brut du Canada, mais son incidence se fera avant tout sentir dans le Nord, où il favorisera la construction d'une économie durable.

Le ministre est heureux de voir que le projet continue de progresser en jouissant d'un appui solide de la part des résidants du Nord. Il s'agit d'un projet clairement prioritaire pour le nouveau gouvernement du Canada, qui entend faire sa part chaque fois qu'il est appelé à contribuer au succès du projet.

Le projet mijote depuis longtemps, et beaucoup de travail demeure à faire. Mais je suis déterminé à faire de mon mieux pour le mener à terme. Comme Sandy l'a signalé, c'est peut-être la première fois qu'une personne est assignée à plein temps au dossier. C'est très bien, à mon avis. Mon prédécesseur avait un travail qui l'occupait toute la journée; il dirigeait un grand ministère fédéral. Mais depuis qu'il s'est joint au ministère de l'Environnement, le gouvernement a décidé qu'il était temps et opportun d'affecter un haut fonctionnaire à temps plein à ce travail.

Ceci dit, pour que le projet gazier du Mackenzie aille de l'avant, il doit satisfaire à trois grandes exigences. À ce titre, le gouvernement du Canada peut jouer un rôle utile et soutenir ces trois exigences, mais il ne peut y arriver seul.

Tout d'abord, le projet doit satisfaire à des évaluations environnementales rigoureuses et à des exigences de réglementation. Deuxièmement, le projet doit recevoir un appui solide de la part des résidants du Nord - Autochtones et non-Autochtones - qui y participeront et qui en bénéficieront. Troisièmement, il importe de se rappeler que la proposition d'Imperial Oil et de ses partenaires est de nature commerciale. En bout de ligne, c'est au marché de décider si le projet ira de l'avant.

Permettez-moi maintenant d'aborder tour à tour chacune des exigences. Le nouveau gouvernement du Canada a pris des mesures pour améliorer sa gestion des pipelines et pour éliminer les retards inutiles liés aux projets proposés. Lorsqu'il a accepté ses fonctions, le premier ministre a posé un geste sans précédent en confiant la responsabilité des pipelines au ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.

En réaction au fardeau croissant qui pèse sur les organismes de réglementation dans le Nord, qui peinent pour soutenir le rythme du développement toujours croissant, le ministre a chargé des fonctionnaires de son ministère d'apporter un soutien technique et administratif aux commissions d'examen du Nord.

En raison du nombre de projets qui s'annoncent, les organismes de réglementation doivent pouvoir compter sur l'appui nécessaire afin de procéder à un examen exhaustif des demandes et de rendre des décisions claires et homogènes. Des mécanismes sont actuellement instaurés dans le but de mettre en commun les pratiques exemplaires des commissions et des organismes du Nord, et d'améliorer leurs services. À titre d'exemple, je participerai à un atelier destiné aux responsables de la réglementation qui aura lieu à Yellowknife dans quelques semaines.

Compte tenu de l'ampleur et de la portée sans commune mesure du projet gazier du Mackenzie, le processus de réglementation est complexe et implique plusieurs commissions et comités d'examen dans le Nord. Parmi les plus importants, notons la Commission d'examen conjoint. Cet été, comme nous le savons tous, la Commission d'examen conjoint a annoncé qu'il lui faudrait plus de temps pour réaliser son travail. Il est bien sûr essentiel qu'elle dispose du temps nécessaire pour faire un ouvrage rigoureux. Cependant, nous espérons que la Commission et les intervenants trouveront le moyen de le terminer rapidement et efficacement.

Le gouvernement continuera de fournir à la Commission, ainsi qu'aux groupes autochtones et nordiques, les outils et les ressources qu'il leur faut pour travailler efficacement. Le ministre s'attend pleinement à ce que les types de mécanisme que j'ai décrits plus tôt améliorent du même coup les processus réglementaires d'examen en vue de l'octroi de permis et de licences associés aux projets qui suivront l'évaluation de la Commission d'examen conjoint.

Comme deuxième élément d'importance pour ce projet, il convient de veiller à ce que les résidants du Nord le soutiennent, y participent et en retirent des retombées à long terme. Je crois qu'il est juste de dire que, si on se fie aux rapports sur les diverses audiences d'examen, le soutien dans le Nord à l'égard du projet n'est pas universel. Il est à souhaiter que ce soutien se raffermira à mesure que les résidants du Nord seront en mesure de mieux profiter des bénéfices qui s'offrent à eux. Même si un appui solide s'impose, le ministre a dit qu'aucun groupe n'aura de droit de veto sur le projet.

L'Aboriginal Pipeline Group (APG) est le meilleur exemple d'organisation qui s'emploie à veiller à ce que des retombées rejaillissent sur les résidants du Nord. L'APG également a mis en œuvre une initiative sans précédent; en effet, elle cherche à acquérir jusqu'au tiers des droits de propriété dans le pipeline, et à en tirer des avantages économiques à long terme pour les membres participants, une fois que le gaz naturel fera son entrée sur le marché.

En même temps, le gouvernement reconnaît que la construction et l'exploitation d'un pipeline dans un environnement fragile pourraient avoir de lourdes répercussions sur le milieu et les gens qui y vivent. Le nouveau gouvernement du Canada a pris des mesures décisives pour répondre aux inquiétudes que suscitent, dans la population, les effets potentiellement nuisibles du projet sur les collectivités du Nord.

Pour favoriser le développement communautaire chez les résidants du Nord qui risquent d'être touchés par le projet, le budget de cette année a réservé 500 millions de dollars au fonds d'aide pour atténuer les effets du projet, à condition qu'il aille de l'avant. Le travail est en cours afin de transformer la loi habilitante du budget en un système de gouvernance qui assurera une gestion efficace du fonds.

Le troisième élément important a trait aux aspects économiques du Projet. Le boom dans le secteur canadien des ressources exerce des pressions sur les coûts et sur la disponibilité des nouveaux projets. Les promoteurs de projet, comme nous le savons tous, travaillent très fort pour gérer ces pressions tout en respectant les échéanciers.

Nous espérons connaître les résultats de ces efforts plus tard cet automne. Je tiens toutefois à souligner que le projet émane du secteur privé, qu'il est financé au privé et que le marché décidera en dernier ressort si le projet va de l'avant. L'actuel gouvernement du Canada n'a aucun intérêt à subventionner un projet du secteur privé, et il n'a pas de rôle à jouer à cet égard.

Les gouvernements - et j'insiste sur la forme plurielle - les gouvernements sont nettement tenus de fournir un cadre financier, des politiques économiques et sociales et une infrastructure publique propices aux investissements du secteur privé. Ceci dit, le nouveau gouvernement du Canada est disposé à discuter de questions budgétaires avec les promoteurs du projet quand ils le voudront.

Dans l'ensemble, l'avenir du Nord semble prometteur. Et les projets d'exploitation des ressources tiendront une grande place dans la prospérité du Nord. Outre le projet de pipeline, la région est vite devenue l'une des plus grandes productrices de diamants bruts au monde. Nous voyons aussi les changements politiques qui s'opèrent actuellement par l'entremise du transfert de responsabilités et du règlement des revendications territoriales. Pour tirer profit au maximum des possibilités que recèlent les réserves énergétiques du Nord, il y a plusieurs difficultés à surmonter : le manque de main-d'oeuvre et d'expertise, les différents niveaux de réglementation, l'éloignement, la courte période de construction et les environnements fragiles.

Nous devons tous contribuer à surmonter ces difficultés. L'industrie, par exemple, doit reconnaître les avantages qu'il y a à embaucher et à former des Autochtones et des résidants du Nord. Le nouveau gouvernement du Canada, comme je vous l'ai démontré, doit veiller à ce que les organismes de réglementation disposent des ressources et des outils adéquats. La présente conférence est l'occasion idéale de se renseigner sur les rôles, les responsabilités et les points de vue de tous les partenaires engagés dans l'exploitation gazière et pétrolière dans le Nord.

De plus, elle constitue une excellente occasion d'établir des contacts utiles et de nouer des relations durables. En interagissant, nous pouvons commencer à mieux comprendre la position des uns et des autres et cheminer ensemble. Comme je suis le dernier venu, il s'agit là d'une grande priorité pour moi.

Enfin, à titre de représentant du gouvernement fédéral pour ce projet, je peux vous assurer que le ministre - le ministre Prentice - et notre gouvernement ont bon espoir que, grâce à la collaboration et à la coopération de toutes les parties, nous arriverons à exploiter les ressources abondantes du Nord de manière équitable, profitable et durable.

Je vous remercie beaucoup de votre temps.